Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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lavage pleural l.m.

pleural lavage

Injection de solution salée isotonique, dans la cavité pleurale, que l'on réaspire en totalité.
Cette technique était réservée aux épanchements purulents en l'absence de toute fistule bronchique. La présence d'un pyopneumothorax la contrindiquait formellement. Le lavage, précédé d'une évacuation du liquide purulent présent, était répété une dizaine de fois en moyenne jusqu'à ce que le liquide revienne clair. Il était nécessaire de réaspirer tout le sérum injecté. On terminait par l'injection dans la plèvre sous un faible volume après la dernière aspiration, d'un antibiotique actif sur le germe préalablement isolé et testé. Ce geste était renouvelé quotidiennement pendant 8 à 10 jours jusqu'à la guérison. En pratique, le drainage pleural irréversible continu, est une technique moins contraignante pour le malade et le médecin. Elle s'applique en outre aux épanchements purulents s'accompagnant de fistules bronchiques.

lymphographie n.f.

lymphography

Etude radiographique des réseaux et des nœuds lymphatiques après opacification par un produit de contraste iodé ou étude scintigraphique après injection d’un radio-isotope (lymphographie isotopique).
L’injection se fait à l’extrémité d’un membre : la main pour l’exploration des chaînes axillaires et sous-clavières, plus souvent le pied pour les chaînes inguinales, pelviennes, lombo-aortique et du canal thoracique.
Pour découvrir les canaux lymphatiques, on injecte un colorant à résorption élective lymphatique (Blue V Patent) par voie sous-cutanée et en amont de l’incision. Cette technique est adaptée à l’étude des canaux et de leur drainage vers les nœuds lymphatiques superficiels (surtout axillaires et inguinaux) ou profonds tels les lymphatiques viscéraux, lors d’une laparotomie ou d’une thoracotomie. Le colorant est le même et l’injection se fait dans le viscère à étudier.
En chirurgie carcinologique mammaire, seul le BVP est couramment employé dans le but de limiter l’étendue du curage nodal. A cause de ses résultats intéressants, cette injection est de plus en plus utilisée dans la recherche de l’extension des nœuds (ganglions lymphatiques) pour les mélanomes et d’autres cancers (verge, anus, gynécologiques). Pour l’étude de l’extension des cancers gynécologiques l’injection se fait dans les lymphatiques du dos du pied.
Très utilisé par l’école radiologique française, cet examen est de plus en plus souvent remplacé par l’imagerie tomodensitométrique qui décèle les adénopathies quel que soit leur siège et analyse leur taille mais jamais la structure comme le fait la lymphographie. Cette technique était très utilisée dans la maladie de Hodgkin, mais manquait de sensibilité et de spécificité.

McIndoe (opération de) l.f.

McIndoe's operation

Technique chirurgicale visant à traiter l'hypertrophie et la ptose mammaire, variation de la technique de Biesenberger.

A. McIndoe, Sir, gynécologue britannique (1900-1960)

Melrose (méthode de) l.f.

Melrose’s technics

Technique d’arrêt volontaire et provoqué du cœur, par injection dans la racine de l’aorte (donc le lit coronaire) d’une solution de citrate de potassium.
Cette technique a été la première méthode proposée pour obtenir l’arrêt du cœur, afin de réaliser sur un cœur immobile une opération chirurgicale. Elle a été pratiquement abandonnée à cause de la toxicité possible du citrate de potassium, et on lui préfère aujourd’hui d’autres méthodes d’arrêt cardiaque provoqué (électrique ou ischémique).

D. G. Melrose, physiologiste britannique (1955)

mesure (appareil de) l.m.

gauge, measure apparatus

Appareil destiné à comparer une grandeur à un étalon de même nature.
La mesure d'une grandeur est proportionnelle à la grandeur de l'étalon, il en résulte qu'elle est exprimée par un nombre rationnel, comportant souvent des décimales, qui doit être suivi du nom de l'unité (p. par exemple 1,5 mètre).
La mesure n'est pas indépendante de la technique de mesure : Benoit Mandelbrot à posé la question : «Quelle est la longueur de la côte de Bretagne ? ». Il est impossible d'y répondre sans préciser la méthode de mesure car plus le pas de mesure est petit plus la longueur croit : au micron près elle serait quasiment infinie.
La remarque est valable pour toutes les mesures, en médecine notamment : le résultat d'une mesure devrait toujours être accompagné de l'indication de sa précision, car une précision exagérée peut amener à un résultat aléatoire qui ne tend pas forcément vers une limite.
Outre son coût, qui n'est pas une qualité technique, quatre facteurs définissent les qualités d'un appareil de mesure:
- Précision, elle est indiquée par le nombre de chiffres du résultat, le dernier fixe l'ordre de grandeur de la mesure : par exemple 0,83 g = 0,83 ± 0,01 g.
- Exactitude, elle dépend de l'étalonnage et des indispensables contrôles périodiques, sinon les résultats sont entachés d'erreurs systématiques.
- Fidélité, l'appareil doit donner toujours le même résultat pour la mesure d'une même grandeur.
- Fiabilité, il doit être suffisamment robuste pour qu'il ne se casse pas ou ne tombe pas en panne.
La lecture du résultat donné par l'appareil peut être analogique (par exemple position d'une aiguille sur un cadran) ou numérique (affichage des chiffres du résultat sur un tableau).
En médecine d'urgence il faut en outre tenir compte de trois autres qualités
- Maniabilité (temps perdu pour la mise en œuvre).
- Encombrement
- Poids, pour les appareils portables.

B. B. Mandelbrot, mathématicien américain (1924-2010)

Étym. lat. mensura, mesure, mesurage (déverbal de metior, mesurer, même racine que «mètre»)

méthode par projection-reconstruction l.f.

projection-reconstruction technique

En IRM, méthode proposée pour reconstruire un plan préalablement sélectionné par un gradient de sélection Gs, consistant à utiliser un gradient de lecture Gl dont la direction, dans le plan de coupe, tourne d'un petit angle à chaque séquence.
A la fin des N séquences, l'ensemble des signaux du plan examiné aura été "projeté" sur 180° ou 360° et l'intensité du signal en chaque point pourra être calculée. La rotation du gradient Gl dans le plan de lecture est effectuée en combinant deux gradients perpendiculaires. Ainsi, si l'on fait des coupes axiales, le gradient Gs est dirigé selon l'axe z'z ; pour faire tourner le gradient Gl on combinera deux gradients GY et GX dirigés suivant y'y et x'x : en contrôlant leur intensité respective, on "balaie" l'ensemble des directions du plan. Cette méthode a l'avantage d'être simple, mais elle est très sensible aux artéfacts de mouvement et aux inhomogénéités du champ magnétique : on lui préfère la technique par double transformation de Fourier (technique 2DFT).

Étym. lat. projectio : action de jeter en avant (pro et jacere : jeter), 

calcul matriciel

méthode par projection-reconstruction en IRM l.f.

projection-reconstruction technique

En IRM, méthode proposée pour reconstruire un plan préalablement sélectionné par un gradient de sélection Gs, consistant à utiliser un gradient de lecture Gl dont la direction, dans le plan de coupe, tourne d'un petit angle à chaque séquence.
A la fin des n séquences, l'ensemble des signaux du plan examiné aura été "projeté" sur 180° ou 360° et l'intensité du signal en chaque point pourra être calculée. La rotation du gradient Gl dans le plan de lecture est effectuée en combinant deux gradients perpendiculaires. Ainsi, si l'on fait des coupes axiales, le gradient Gs est dirigé selon l'axe z'z ; pour faire tourner le gradient Gl on combine deux gradients GY et GX dirigés suivant y'y et x'x. En contrôlant leur intensité respective, on "balaie" l'ensemble des directions du plan.
Cette méthode, qui a l'avantage d'être simple, est très sensible aux artéfacts de mouvement et aux inhomogénéités du champ magnétique. On lui préfère actuellement la technique par double transformation de Fourier (technique 2DFT).

Étym. lat. projectio : action de jeter en avant (pro et jacere : jeter), 

calcul matriciel, technique 2DFT

[B2,B3]

Édit. 2018

microscopie biphotonique  l.f.

two-photon microscopy

Technique de microscopie par réflexion utilisant comme source de rayonnement un faisceau laser pulsé en infrarouge dont l’intervalle entre deux pulsations très court, de l’ordre de la femtoseconde (10-15s), permet d’exciter la cible moléculaire de façon quasi-instantanée par deux photons avec émission secondaire d’un seul photon de longueur d’onde plus courte.
Pour le même rendement optique l’énergie du faisceau incident peut être diminuée de moitié, ce qui évite de léser les molécules ou les tissus observés et permet les explorations microscopiques in vivo. Le rayonnement  infrarouge, moins nocif qu’un rayonnement de plus courte longueur d’onde, pénètre plus profondément dans les tissus (de l’ordre de 600 nm contre 150 nm en technique monophotonique). Un rayonnement visible (λ plus faible) est ré-émis après excitation en infrarouge par effet anti-Stokes ; le point focal peut être déplacé par un système à balayage ( angl. scanning).
Parmi les utilisations de la microscopie biphotonique, deux sont plus courantes : la microscopie biphotonique en fluorescence et la génération de second harmonique.

Étym. gr. micros : petit : scopein : voir ; phos, photos : lumière ; lat. bis deux fois 

microscopie biphotonique en fluorescence, microscopie biphotonique en génération de second harmonique, Stokes (loi de)

MLPA sigle angl. pour Multiplex Ligation dependent Probe Amplification

Multiplex Ligation dependent Pobe Amplification, MLPA

Technique de marquage moléculaire pour la détection et l’analyse des anomalies chromosomiques par électrophorèse avec la possibilité d’automatisation et d’analyses multiples.
Elle permet l’analyse de très petites séquences d’ADN, de petites délétions et mutations chromosomiques jusqu’à l’altération d’un seul gène, trop petites pour être analysées par d’autres techniques (PCR- Polymerase Chain Reaction-, FISH -Fluorescence In Situ Hybridization-). Elle est surtout utilisée en recherche génétique et en cancérologie pour le dépistage des anomalies chromosomiques. Les analyses multiples et un délai d’exécution rapide en font une technique économique.

PCR, FISH, microdélétion

Mueller (épreuve de) l.f.

Mueller's test

Technique consistant à prendre un cliché thoracique en inspiration moyenne à glotte fermée.
Inverse de la technique de Valsalva, elle provoque l'augmentation du volume des opacités d'origine vasculaire.

Syn. Mueller (cliché en), Mueller (manœuvre ou technique de)

Musset (plastie en Z de) l.f.

Musset's Z type vaginoplasty

Technique opératoire de cure des diaphragmes vaginaux incomplets, utilisable lorsque l'orifice subsistant est encore relativement large.
Une incision en Z est pratiquée au niveau du diaphragme, dégageant deux lambeaux triangulaires qui sont disséqués puis entrecroisés. On répète l'opération une ou deux fois suivant l'importance du diaphragme. Cette technique expose peu aux cicatrices fibreuses rétractiles puisque les cicatrices sont perpendiculaires ou obliques par rapport au plan originel de la cloison.

R. Musset, gynécologue français (1956)

Musset (technique de trachéloraphie de) l.f.

Musset's procedure for cervicoplasty

Technique chirurgicale permettant la cure des déchirures graves du col de l'utérus.
Elle s'applique particulièrement aux cols éclatés, béants, porteurs de multiples déchirures, et particulièrement de déchirures latérales prolongées au-dessus de l'insertion vaginale. Le principe de l'intervention est d'obtenir un abord très large, permettant d'évaluer et de réparer la totalité des lésions. On pratique successivement une colpotomie antérieure, un large décollement vésico-utérin, jusqu'au cul-de-sac, une incision circulaire de la paroi vaginale jusqu'au cul-de-sac de Douglas, dégageant les ligaments utérosacrés, une ouverture du cul-de-sac de Douglas, libérant le col et l'isthme utérin et permettant un bilan visuel de l'étendue des lésions, une ligature-section des artères cervicovaginales, un avivement des berges des déchirures cervico-isthmiques, une suture avec transposition des ligaments utérosacrés selon Shirodkar, et enfin une fermeture avec réparation vaginale classique. Cette technique permet de rétablir l'aspect normal du museau de tanche, mais aussi, et c'est là son intérêt, de traiter efficacement la béance cervico-isthmique associée.

R. Musset, gynécologue français (1976)

Étym. gr : trakhélos : col, cou : raphein  suturer

Musset (technique d'hystéroplastie) l.f.

Musset's procedure for hysteroplasty

Technique chirurgicale d'hystéroplastie des utérus bicornes dérivée de celle de Bret-Palmer et permettant de restaurer la fonction utérine.
Après un décollement soigneux de la vessie, on incise sagittalement l'utérus dans l'angle d'union des deux cornes jusqu'à pénétration dans la cavité isthmique, puis on incise le bord interne des deux cornes jusqu'à 2 cm de l'implantation tubaire. La réunion des deux cornes se fait selon la technique de Bret-Palmer. En pratique, une bonne prise en charge obstétricale permet le plus souvent de se passer de cette intervention.

R. Musset, gynécologue français (1968) ; A. J. Bret, gynécologue français (1959) ; R. Palmer, gynécologue français (1962)

Étym. gr : hystera : uterus ; plassein : modeler

Muzsnai (opération de) l.f.

Muzsnai procedure

Technique chirurgicale de cure d'incontinence urinaire chez la femme par voie basse exclusive.
Variante de la technique de Pereyra dont le principe fondamental est un abord a minima de l'espace de Retzius avec passage des fils de suspension du col vésical à l'aide d'une aiguille spécifique pour les amarrer à la paroi abdominale. La particularité de cette variante est de réaliser la colposuspension par plusieurs points étagés de haut en bas sur le fascia vaginal de part et d'autre de l'urètre. Une aiguille spéciale disposant de trois chas permet de faufiler les trois fils en un seul passage.

D. Muzsnai, gynécologue américian (1982); A. J. Pereyra, chirurgien urologue américain (1959)

myopexie rétroéquatoriale l.f.

Cüppers myopexy

Technique opératoire proposée dans le strabisme,  permettant de freiner une hyperactivité musculaire, sans danger de surcorrection si son indication est bien posée.
Sa technique consiste à solidariser le muscle à la sclère, bien en arrière de l’arc de contact, au niveau du pôle postérieur, là où la sclère est la plus épaisse.
La myopexie, qui n’est efficace que dans le champ d’action du muscle, est indiquée dans les incomitances paralytiques, l’élément variable d’une déviation et l’adduction de fixation des ésotropies précoces.

C. Cüppers, ophtalmologiste  allemand (1976)

Étym. gr. mus : souris, muscle ; pexis : fixation

fadenopération

néphrolithotomie percutanée l.f.

percutaneous nephrolithotomy

Technique qui consiste en l'ablation des calculs intra-rénaux par un endoscope opérateur atteignant les cavités rénales à travers la paroi lombaire et le parenchyme rénal.
Cette technique endo-urologique comporte un repérage radiologique et échographique des cavités, la mise en place de l'endoscope après dilatation du trajet, la destruction des calculs par pinces mécaniques, ondes de choc ou ultrasons, l'ablation des fragments par préhension ou lavage, un drainage transitoire des cavités rénales.

chirurgie percutanée du rein

neuroleptanalgésie n.f.

Méthode d'anesthésie associant un neuroleptique et un morphinique dont aucun, a lui seul, n'a un effet hypnotique

Elle a eu une grande influence pour la compréhension et la définition du concept d'anesthésie. Les neuroleptiques utilisés ont été le chloroprotixène, la lévopromazine et surtout le dropéridol. Les analgésiques ont été le dextromoramide, la phénopéridine et le fentanyl. Le neuroleptique était destiné à la protection neurovégétative vis-à-vis des stimulations nociceptives.
Cette méthode d'anesthésie a été abandonnée en raison de ses inconvénients dont les principaux étaient ses effets cardiovasculaires et ceux prolongés de réduction de la vigilance. Dans la littérature le terme neuroleptanesthésie désigne une technique d'anesthésie comportant aussi une composante hypnotique (Par ex. du thiopental pour l'induction anesthésique). Cette technique ne devrait plus être utilisée.

G. De Castro et P. Mundeleer, anesthésiologistes belges (1959)

Étym. contraction de neuroleptique-analgésie

no touch technique angl. f.

no touch technique

1° Par souci d'asepsie renforcée, discipline chirurgicale qui interdit que l'extrémité des instruments pénétrant dans le champ opératoire ait le moindre contact avec les doigts ou la peau des doigts de l'opérateur, toujours suspects de désinfection insuffisante.
2° En cancérologie, technique opératoire qui réalise d'abord les gestes de dissection, de libération d'adhérences, d'adénectomie, avant que les instruments aient un contact avec la tumeur elle-même avant son extraction finale.
On dit aussi « non touch technique ».

opérations de Colonna l.f.p.

Colonna’s procedures

1° Technique de coaptation trochantéro-iliaque, pour pseudarthrose du col du fémur.
2° Technique de traitement de la luxation congénitale invétérée de la hanche par creusement du cotyle et interposition capsulaire.

P. C. Colonna, chirurgien orthopédiste américain (1932)

[I2]

Édit. 2017

orthopantomographie n.f.

orthopantomography

Technique de tomographie dentaire utilisée pour l'étude des volumes courbes que constituent le maxillaire supérieur et la mandibule avec leurs arcades dentaires.
Conçue par Paatero en 1944, puis perfectionnée par la suite, cette technique repose sur le déplacement homothétique du foyer et du film autour d'un axe virtuel passant par le centre de la mandibule et sur l'utilisation de la radiographie par fente ; elle est actuellement complétée en implantologie par des scanographies des maxillaires pour étudier les rapports anatomiques en vraie grandeur et la densitométrie osseuse.

Y. V. Paatero, dermatologiste finlandais (1949)

Sigle : OPT

panoramique dentaire (cliché)

Édit. 2017

packing (méthode du) l.f.

packing method

Technique de curiethérapie endo-utérine préconisée initialement par l'Ecole suédoise pour le traitement des cancers de l'endomètre.
Après dilatation cervicale, le procédé consiste à bourrer la cavité utérine de sources radioactives en vue de stériliser la totalité de la tumeur. Des tubes de radium furent initialement utilisés, puis par la suite des capsules de cobalt 60, des sources d'iridium 192 ou de césium 137. Cette technique est pratiquement abandonnée. Ses inconvénients résident dans l'impossibilité d'obtenir une dosimétrie précise de l'application et dans le risque d'exposer le pelvis à des surdosages localisés des organes voisins (vessie, utérus, sigmoïde, rectum).

patch-clamp (électrophysiologie moléculaire) l.m

Technique permettant l’étude électrophysiologique des canaux ioniques présents sur les membranes plasmiques cellulaires en enregistrant l’activité électrique d’un fragment microscopique de la membrane, isolé électriquement et contenant quelques canaux.
Cette technique permet d’étudier les canaux ioniques à l’échelon individuel. L’intensité du courant est mesurée à des potentiels imposés en présence de solutions ioniques variées. On peut ainsi déterminer la conductance du canal et sa sélectivité ionique.

canal ionique conductance

Patey (opération de) l.f.

Patey’s operation

Technique chirurgicale de mastectomie pour cancer qui réalise l’exérèse de la totalité du sein (glande mammaire et peau qui la recouvre) ainsi que des premiers nœuds lymphatiques dits sentinelle.
L’exérèse peut être élargie à la totalité des nœuds lymphatiques axillaires pour contrôle de l’extension locale du cancer. Les muscles pectoraux sont conservés, ce qui différencie de l’opération de Halsted plus mutilante car, enlevant les muscles pectoraux, elle répond à un souci d’exérèse en masse de la tumeur, des voies et des nœuds lymphatiques de drainage. L’opération de Patey peut laisser le mamelon et l’aréole en place permettant plus facilement une reconstruction mammaire avec plastie, soit d’emblée, soit après radiothérapie. Cette technique est indiquée lorsque le cancer est trop étendu pour une exérèse partielle de la glande mais ne nécessite pas le recours à l’opération de Halsted de moins en moins pratiquée. Une variante élargie est l’opération d’Auchincloss.

D. H. Patey, chirurgien britannique (1948) ; W. S. Halsted, chirurgien américain (1894) ; H. Auchincloss, chirurgien américain (1963)

mastectomie, nœuds lymphatiques axillaires, Halsted (opération d'), Auchincloss (opération d')

[F2,J2,N2,O5]

péridural (espace) l.f.

epidural space

Espace extradural autour de la dure-mère rachidienne, qui s'étend du trou occipital à la membrane sacrococcygienne.
L'espace péridural, de forme grossièrement cylindrique, présente des expansions latérales au niveau des trous de conjugaison. Cet espace virtuel, contient des éléments vasculonerveux, de la graisse et du tissu conjonctif. Il communique avec la cavité thoracique, ce qui explique que la pression y soit légèrement négative lors de l'inspiration. Au cours de la ponction, l'identification de l'espace péridural se fait soit par la technique de perte de résistance, soit par la mise en évidence de la pression négative qui entraîne l'aspiration d'une goutte liquide placée au niveau de l'embase de l'aiguille de ponction (technique de la goutte pendante).

Étym. gr. peri : autour ; lat. médiéval dura mater : dure-mère

préoxygénation l.f.

pre-oxygenation, denitrogenation

Administration d'oxygène pur avant d'aborder une situation critique, particulièrement l'intubation lors de l'induction anesthésie, afin d'augmenter les réserves en oxygène, dans la capacité pulmonaire résiduelle fonctionnelle principalement.
Les réserves d’oxygène se trouvent sous forme gazeuse dans les poumons et dissoute dans les liquides de l'organisme : elles augmentent en fonction linéaire de la PiO2 (pression inspirée). Par contre l'hémoglobine des globules rouges et la myoglobine musculaire ont une capacité rapidement saturée, cette réserve n'augmente plus avec l'accroissement de la pression partielle d’oxygène dans les poumons. En gros l'augmentation des réserves est de 200 mL d’oxygène pour une augmentation de 100 mm de Hg de la PiO2 chez un adulte normal au repos respirant l'air ambiant au niveau de la mer.
Comme la réserve d’oxygène est de l'ordre de 2 L et que la consommation d’oxygène est d'environ 300 mL/min, dans ces conditions au bout de 3 min environ la moitié de la réserve d’oxygène est consommée, c'est-à-dire que l'on se trouve dans les conditions d'hypoxie comme on peut le voir sur la figure ci-dessus. De plus il faut noter que la V'O2 est augmentée dans l'hyperthermie, la grossesse, chez les enfants en bas âge etc. C'est pourquoi il est indiqué de faire inhaler de l’oxygène pour élever les réserves, mais l'élévation n'est pas immédiate parce que l'air alvéolaire et le reste du corps contiennent de l'azote qui doit être éliminé ce qui demande de nombreuses minutes : en inhalant de l’oxygène pour la dénitrogénation des poumons demande quelques minutes, un peu plus chez l'emphysémateux. En pratique l'oxygénation au masque est moins efficace parce que l'étanchéité n'est pas parfaite, il faut alors au moins 5 min pour obtenir la réserve d’oxygène convenable permettant de tolérer sans risque d'accident hypoxique une apnée de plus d'une minute lors des manœuvres d'intubation.
On peut réaliser la pré-oxygénation en ventilation spontanée au masque pendant 5 min et hâter, si possible, le rinçage alvéolaire en faisant faire 4 grandes inspirations et expirations en 30 s. Cette technique est principalement indiquée chez les enfants, les cardiaques, les insuffisants respiratoires, la femme enceinte, les obèses et lorsqu'on prévoit une intubation difficile.
Cette technique est parfois appelée «dénitrogénation», mais ce n'est qu'une dénitrogénation très partielle : en réalité une dénitrogénation beaucoup plus poussée est nécessaire chez les plongeurs ou les pilotes de chasse pour prévenir les risques d'embolie gazeuse : elle nécessite un temps d'oxygénation beaucoup plus long, 15 min. au moins.
 
Réserve d'oxygène en fonction de la PiO2 en ventilation normale au repos.

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