cyclosporose n.f.
cyclosporiasis
Protozoonose provoquée par une coccidie du genre Cyclospora, en particulier Cyclospora cayetanensis, essentiellement marquée par un syndrome diarrhéique.
Elle a été récemment décrite dans différents pays d’Amérique, d’Afrique ou d’Océanie. Le mode de contamination humaine ainsi que l’existence d’un réservoir animal sont encore inconnus. De rares observations ont été décrites chez des patients infectés par le VIH.
[D1]
cycloverticale (chirurgie) l.f.
cyclovertical surgery
Traitement chirurgical du syndrome vertical.
[P2]
CYLD gene sigle angl. pour CYLD lysine 63 deubiquitinase
Gène situé sur le locus chromosomique 16q12.1, codant pour une protéine régulatrice du facteur nucléaire kappa-B. Celui-ci protège les cellules vis-à-vis d’une autodestruction en réponse à certains signaux ; il joue un rôle de suppresseur de tumeur.
Des mutations de ce gène entraînent le syndrome de Brooke-Spiegler, la cylindromatose,
le trichoépithéliome familial multiple.
Syn. BRSS, CDMT, CYLD1, CYLD_HUMAN, CYLDI, cylindromatosis (turban tumor syndrome), EAC, HSPC057, KIAA0849, MFT, MFT1, SBS, TEM, USPL2
→ cylindromatose, Brooke-Spiegler (syndrome de), trichoépithéliomatose familiale multiple
cylindres urinaires l.m.p.
urinary casts
Formations cylindriques qui moulent les portions distales des néphrons.
Les cylindres s'observent au sein des tubes sur les coupes histologiques rénales et dans le sédiment urinaire. Ils sont formés de mucoprotéine de Tamm et Horsfall avec insertion éventuelle dans le gel protéique d'éléments figurés de l'urine et de granules et dépôts divers donnant aux cylindres des aspects très différents, évocateurs du type anatomoclinique de la néphropathie sous-jacente.
Les cylindres hyalins, formés du seul gel protéique sont, à eux seuls, sans signification pathologique. Les cylindres hématiques, granuleux, graisseux, parfois cireux, sont souvent présents au cours de l'évolution des divers types de glomérulopathies avec ou sans syndrome néphrotique. Les cylindres leucocytaires témoignent d'une inflammation rénale de causes variées. Des cylindres larges sont le reflet d'une dilatation tubulaire importante telle qu'on l'observe en cas d'insuffisance rénale avancée.
I. Tamm et F.L. Horsfall Jr, virologues américains (1950)
[C2,M1]
cystalgique (syndrome) l.m.
Syndrome clinique associant pollakiurie, impériosités mictionnelles et douleurs vésicales, évoluant de façon intermittente et fantasque en dehors de toute infection urinaire et de toute cause organique.
Il est l'apanage de la femme et les douleurs peuvent avoir une irradiation uréthrovaginale. Il peut s'accompagner de dyspareunie. Il est généralement admis que les facteurs psychogènes sont prédominants dans cette affection qui peut être très invalidante.
Il convient d'éliminer, pour son diagnostic, une cystite interstitielle, une cystite chimique médicamenteuse ou une neurovessie.
Syn. cystalgie à urines claires, névralgie vésicale
→ syndrome uréthral de l'homme
[M3,N1]
cystinose n.f.
cystinosis
Groupe du métabolisme de la cystine avec dépôts généralisés à l’origine d’une insuffisance tubulaire rénale, et d’un nanisme avec rachitisme rénal vitaminorésistant.
La forme infantile est mortelle sans transplantation (apparaît avant un an et stade terminal de l'insuffisance rénale vers 10 ans après dépôts cornéens, retard de croissance, hypothyroïdie, et diabète insulinodépendant, hépatosplénomégalie, hypertension portale, et atteinte cérébrale), la forme juvénile est grave et ressemble à l'infantile (les dépôts cornéens précédent la découverte de la tubulopathie), la forme de l'adulte est bénigne et ne donne pas de néphropathie, ni de rétinopathie. Les dépôts de cystine sont surtout rénaux et oculaires. Le syndrome de Toni-Debré-Fanconi apparaît au décours de la maladie. Il existe des dépôts cristallins réfringents et dorés conjonctivo-cornéens, une photophobie en rapport avec les dépôts cornéens. On peut également trouver une rétinite pigmentaire avec dépigmentation progressive de l'épithélium pigmentaire rétinien ou une dystrophie maculaire du type de la Stargardt. Locus du gène en 17p. L’affection est autosomique récessive (MIM 219800 infantile, 219900 juvénile, 219750 adulte) ou mitochondriale.
G. de Toni, pédiatre italien (1933) ; R. Debré, pédiatre français, membre de l'Académie de médecine (1934) ; G. Fanconi, pédiatre suisse, membre de l'Académie de médecine (1936) ; G. Lignac, anatomopathologiste néerlandais (1924) ; K. Stargardt, ophtalmologiste allemand (1909)
Syn. cystinéphrose, Lignac-Fanconi (syndrome de), Lignac (syndrome de)
[Q2,R1,O1,M1,I1]
cystinurie n.f.
cystinuria
1) Présence ou concentration de cystine dans l'urine, normalement de l'ordre de 10 mg/j.
2) Syndrome pathologique caractérisé par une élimination importante de cystine dans les urines.
La principale cystinurie est constituée par la cystinurie-lysinurie dans laquelle l'élimination de cystine peut atteindre 1g/j.
[C2,R1,M1]
cystite n.f.
cystitis
Syndrome clinique et biologique associant pollakiurie, douleurs uréthrale et vésicale et pyurie.
Due à l'inflammation de la muqueuse vésicale, la cystite peut être aigüe ou chronique, microbienne ou purement inflammatoire, parfois hémorragique.
[M3]
cystite à éosinophiles l. f.
cystitis with eosinophil polymorphonuclears
Entité mal définie associant un syndrome cystalgique à la présence d’éosionophiles dans les biopsies de muqueuse vésicale.
Un mécanisme immuno-allergique a été évoqué et paraît disposer de cas singuliers le justifiant. Il n’existe aucun traitement spécifique.
[M3]
cystite gangréneuse l.f.
gangrenous cystitis
Variété de cystite aigüe grave due habituellement à une infection à anaérobies.
Elle associe un syndrome infectieux général sévère à la purulence des urines, avec présence de gaz dans la cavité vésicale ; les lésions pariétales vont de la nécrose muqueuse au sphacèle complet de la paroi vésicale avec suppuration périvésicale, éventuellement fistulisation dans un organe creux voisin (côlon, rectum, vagin).
[M3,D1]
cytolyse hépatique aigüe l.f.
acute hepatic cytolysis
Destruction massive des cellules du foie.
Les signes cliniques sont une asthénie profonde, un astérixis, une torpeur, une tendance hémorragique, des convulsions évoluant vers le coma avec ralentissement des tracés électro-encéphalographiques.
La destruction massive des hépatocytes libère leur contenu d'où élévation très forte des transaminases plasmatiques SGOT (serum glutamic oxaloacetic transaminase) et SGPT (serum glutamic-pyruvic transaminase) appelées respectivement aussi actuellement AST ou ASAT (aspartate-aminotransférase) et ALT ou ALAT (alanine-aminotransférase). La diminution du nombre de cellules fonctionnelles du foie entraîne la diminution des produits de synthèse à courte demi-vie, tels que les protéines de coagulation, alors que l'albuminémie reste stable plus longtemps. Dans les formes graves l'ammoniémie s'élève et, le stock de glycogène s'épuisant, l'hypoglycémie est manifeste.
Si le syndrome est intense et durable, un œdème cérébral peut se développer.
Étym. gr. (en biologie) cyte- : cellule ; lyse : dissolution des tissus
→ insuffisance hépatocellulaire de l'enfant, mort cellulaire, œdème cérébral
[L1]
cytomégalovirus (infection congénitale à) l.f.
congenital infection with cytomegalovirus
Infection anténatale responsable d'une embryofœtopathie à pronostic sévère qui comporte microcéphalie, convulsions, hypotrophie, pneumopathie, hépatosplénomégalie avec ictère et purpura thrombocytopénique.
Les lésions cérébrales sont des calcifications périventriculaires, parfois une porencéphalie, une hydro-encéphalie, une micro ou une pachygyrie. On peut également trouver dans certains cas un retard psychomoteur, un syndrome pyramidal et une surdité.
Dans 20% des cas il y a des lésions choriorétiniennes en larges placards nécrotiques et hémorragiques avec destruction de l'épithélium pigmentaire et infiltrats périvasculaires dont la cicatrisation donne une atrophie rétinienne qui ressemble à de la boue séchée ou à un aspect blanc-jaunâtre fibroglial avec en regard des vaisseaux rétiniens rétrécis et réduits à l'état de cordons blanchâtres. Le pronostic visuel dépend de la région rétinienne altérée et de l'atrophie optique poststase.
Le diagnostic est fait par la mise en évidence du virus dans les urines.
→ Cytomegalovirus, Herpesviridae
[D1,O6]
Dandy-Walker (syndrome de) l.m.
Dandy-Walker’s syndrome
Anomalie du développement encéphalique caractérisée par une dilatation kystique du quatrième ventricule (V4), associée à une agénésie ou hypoplasie du vermis cérébelleux et initialement considérée comme secondaire à une atrésie du trou de Magendie et des trous de Luschka à l'origine d'une hydrocéphalie parfois majeure et non communicante.
Dans au moins la moitié des cas, s'y adjoignent d'autres malformations surtout cérébrales (agénésie du corps calleux), cardiaques (du septum atrioventriculaire), rénales (dysplasie kystique), fentes palatine et labiale, des éléments des syndromes de Warburg, de Meckel, d’Aicardi ou de Cross (albinisme oculocutané de).
L'atrésie du trou de Magendie semble être plutôt la conséquence d'une accumulation liquidienne trop rapide dans un V4 distendu, plutôt que la cause de ce syndrome.
On trouve habituellement des signes de souffrance de la fosse postérieure avec paralysie des nerfs crâniens, nystagmus et ataxie tronculaire. En dehors du regard en coucher de soleil et des paralysies oculomotrices, les altérations ophtalmologiques correspondent aux complications de l’hydrocéphalie (œdème papillaire, atrophie optique et anomalies du champ visuel).
L’imagerie médicale met en évidence, outre l’élargissement de la fosse cérébrale postérieure, un défaut de déplacement postérieur du sinus transverse, un bombement du toit du V4 sous tension et une hypoplasie relative du vermis inférieur. La grande citerne s’étend anormalement vers le haut, à travers un hiatus postérieur de la tente du cervelet, ainsi qu'en avant, au-dessus du vermis et entre les deux lobes occipitaux, avec également un dédoublement de la faux du cerveau.
L’affection autosomique récessive (MIM 220200) est le plus souvent sporadique avec un risque de récurrence faible, de 1 à 5%. Elle est provoquée par la mutation du gène FOXC1
W. E. Dandy, neurochirurgien américain (1921) ; A. E. Walker, neurochirurgien américain (1944)
Syn. Dandy-Walker (malformation de)
Sigle DWM
→ FOXC1
Dandy-Walker et anomalies rénales (syndrome de) l.m.
Dandy-Walker’s syndrome and renal abnormalities
Syndrome caractérisé par des lésions kystiques multiples de taille variable exclusivement rénales décrit initialement chez trois frères.
M. Buttiëns, médecin généticien belge (1987)
dapsone n.f.
dapsone
Sulfamide actif contre le bacille lépreux et les Plasmodium, qui agit en inhibant la synthèse d’acide folique par compétition avec la dihydroptéroate-synthétase (médicament antifolique).
Elle est synergique de la pyriméthamine à laquelle elle est associée dans une spécialité pharmaceutique. Les sulfamides exposent à des effets secondaires hématologiques et cutanés, parfois graves (syndrome de Lyell). Ils sont donc contrindiqués dans les antécédents d’hypersensibilité et dans les atteintes hépatiques et rénales sévères. Outre ses indications dans le traitement de la lèpre, la dapsone peut être prescrite dans la dermatose à médiation neurotrophilique, la polychondrite atrophiante, la dermatose bulleuse auto-immune et le lupus bulleux
→ lèpre
de Barsy (syndrome de) l.m.
de Barsy’s syndrome
Syndrome associant retard mental et statural, cutis laxa, microcéphalie, hypertélorisme, cataracte.
La transmission est autosomique récessive.
Anne-Marie de Barsy, baronne neurologue belge (1967)
→ cutis laxa, opacités cornéennes et retard mental
décalage horaire (syndrome de) l.m.
jet lag
Syndrome de désynchronisation des rythmes circadiens physiologiques, en relation avec un décalage horaire de plus de quatre heures (trajets par avions transcontinentaux).
Chez les sujets sains, la privation de sommeil s'accompagne d'asthénie et de somnolence diurne, plus rarement de céphalées, d'intolérance gastrique et de diarrhée.
L'essai de maintien éveillé jusqu'à la nuit qui suit l'arrivée pourra être associé à la prise dégressive d'un hypnotique léger à demi-vie courte. Les résultats de la mélatonine semblent prometteurs, ainsi que l'exposition à la lumière solaire.
décalcification osseuse l.f.
bone decalcification
Appauvrissement du squelette en calcium, qui se traduit par une augmentation de la transparence radiologique des os, par un risque de fractures et qui peut être apprécié par une densitométrie osseuse.
La décalcification est un phénomène naturel au cours du vieillissement de l'organisme, plus marqué chez la femme (surtout après la ménopause) que chez l'homme.
Une ostéose décalcifiante diffuse peut être due soit à une insuffisance de l'ostéogenèse, soit à un excès de l'ostéolyse, soit à ces deux facteurs réunis. Chaque syndrome se traduit par des signes propres et son mécanisme est différent. L’ostéoporose est la conséquence d'un défaut d'élaboration de la trame protéique de l'os avec raréfaction des travées et diminution de la quantité de calcium fixé sur l'os par manque de charpente ;
- l'ostéomalacie résulte d'un défaut de fixation du calcium sur une charpente protéique normale, soit par défaut d’apport calcique soit par déficit en vitamine D. C’est cette deuxième cause qui détermine, chez l’enfant, l’apparition du rachitisme.
- la décalcification de l'hyperparathyroïdie provient d'une activité excessive des ostéoclastes ;
- l'ostéolyse est le fait d'une destruction des travées osseuses par l'envahissement de cellules malignes, qu'il s'agisse de métastases de cancers viscéraux, de plasmocytes d'un myélome multiple ou d’une lésion locale bénigne (kyste osseux, kyste anévrysmal, angiome).
→ ostéose, ostéoporose, ostéomalacie, ostéolyse, rachitisme
décollement de rétine par traction l.m.
tractional retinal detachment
Soulèvement mécanique de la rétine par traction vitréorétinienne, essentiellement antéro
Ce décollement qui n'est pas dû à une déchirure du neuroépithélium rétinien peut être la complication de tout syndrome de traction vitréomaculaire, primitif ou secondaire. La forme clinique la plus fréquente est le décollement tractionnel compliquant une rétinopathie diabétique proliférante; il est la conséquence d'une contraction du gel vitréen soulevant la rétine au niveau des attaches néovasculaires; ce soulèvement, qui débute souvent au niveau des arcades temporales vasculaires, progresse lentement vers la macula et/ou la périphérie rétinienne.
Syn. décollement de rétine tractionnel, soulèvement tractionnel de la rétine
décrément n.m.
decrement
Diminution d'amplitude et de surface du potentiel d'action global du muscle (PAM) lors de la stimulation répétitive du nerf efférent, caractéristique d'une anomalie de la transmission neuromusculaire (myasthénie).
Le décrément est observable à basse fréquence de stimulation (-3 Hz). Au cours des blocs présynaptiques (syndrome de Lambert-Eaton), il est relevé à basse fréquence. Au contraire un incrément encore appelé potentiation est observé à haute fréquence de stimulation (20-50 Hz). La technique de recherche d'un décrément doit être très stricte en ce qui concerne la contention du membre stimulé et la température cutanée doit être contrôlée. Les réponses faussement positives peuvent être dues à des problèmes techniques.
E. H. Lambert physiologiste et L. M. Eaton, neurologue américains (1956)
décroisement n.m.
uncrossing
Geste chirurgical qui, au cours d'une intervention modifie l'anatomie normale en changeant les positions respectives de deux organes (généralement un conduit et un vaisseau ou pédicule vasculaire, ou encore deux vaisseaux) pour reconstituer une fonction.
On pratique ainsi des décroisements dans la chirurgie du cou et du thorax, dans les organes urinaires entre uretère et vaisseaux, particulièrement dans la cure de l'hydronéphrose congénitale ou du syndrome de Fraley, etc.
E. E. Fraley, chirurgien urologue américain (1966)
décroisement (technique de) n.m.
uncrossing
Geste chirurgical qui, au cours d'une intervention modifie l'anatomie normale en changeant les positions respectives de deux organes (généralement un conduit et un vaisseau ou pédicule vasculaire, ou encore deux vaisseaux) pour reconstituer une fonction.
On pratique ainsi des décroisements dans la chirurgie du cou et du thorax, dans les organes urinaires entre uretère et vaisseaux, particulièrement dans la cure de l'hydronéphrose congénitale ou du syndrome de Fraley, etc.
E. E. Fraley, chirurgien urologue américain (1966)
déefférentation motrice (syndrome de) l.f.
locked-in syndrome
Syndrome dit de verrouillage de la plupart des fonctions motrices, en particulier de l'expressivité, peu fréquent, presque toujours mortel à court terme, généralement lié à une thrombose du tronc basilaire responsable d'un infarctus protubérantiel bilatéral.
En résultent, dans sa forme complète : une tétraplégie, une diplégie faciale, une paralysie labioglossolaryngée, notamment de la phonation interdisant toute expression verbale, par lésions des faisceaux pyramidaux et géniculés, auxquelles s'associe habituellement une paralysie de la latéralité par atteinte des voies supranucléaires d'origine corticale et de la voie réticulée pontine paramédiane.
Chez ces patients incapables de parler et de mobiliser leurs membres ou les muscles du visage, en fait conscients, un examen attentif est souvent nécessaire pour éliminer un coma. On pensera à explorer les seuls mouvements volontaires subsistants : ouverture oculaire assurée par le releveur de la paupière supérieure et mouvements verticaux des yeux, permettant d'établir un code relationnel. La préservation de la conscience s'explique par l'intégrité des hémisphères cérébraux et de la partie rostrale mésodiencéphalique de la formation réticulée activatrice ascendante, qui assure l'éveil cortical.
Étym. néologisme lat. (suppression des efférences) formé sur le préfixe de : qui marque la cessation ; efferere : porter au dehors
défaillance viscérale l.f.
organ failure
Altération fonctionnelle d'un organe le rendant inapte à maintenir la vie à assez court terme.
Il faut distinguer la défaillance d'une fonction, dont la forme terminale est la détresse vitale, de l'insuffisance de la fonction, qui peut être compensée par une autre fonction. Par ex. l'insuffisance respiratoire peut être compensée par un travail cardiaque accru et par une rétention des bicarbonates par les reins : l'organisme réalise ainsi un nouvel équilibre anormal mais compatible assez longtemps avec la vie.
Différents critères ont été proposés pour définir la limite de défaillance de chaque organe, le tableau ci-dessous donne celle de Fagon et al. (1993).
Défaillance d’une fonction viscérale : au moins un des critères donnés ci-dessous
| respiratoire | PaO2 < 60 mm Hg=80hPa ; ventilation artificielle. |
| cardio-vasculaire | (en l’absence d’hypovolémie) : pression artérielle systolique < 90 mm Hgavec signes d’hypoperfusion périphérique ; utilisation de médicaments inotropes ou vasopresseurs pour maintenir une PA systolique > 90 mm Hg. |
| rénale | (en l’absence d’insuffisance rénale chronique) créatininémie > 300 µmoles/L ;diurèse < 500 mL /24 h ;nécessité d’une épuration extra-rénale. |
| neurologique | score de Glasgow≤6 (en l’absence de sédation) ; apparition brutale d’un syndrome confusionnel |
| hépatique | Bilirubine>100 µmol/L ; phosphatase alcalines> x3 |
| hématologique | hématocrite≤20% ; leucocytes < 2 000/mm3 ; plaquettes< 40 000/mm3 |
J-Y. Fagon, médecin réanimateur français (1993)
Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de
défaut de croissance fœtale intra-utérine l.m.
intrauterine growth retardation
Anomalie de la croissance du fœtus qui se traduit par un poids de naissance inférieur à ce qu'il devrait être pour l'âge gestationnel.
Il peut être dû à une diminution du débit utéroplacentaire au cours d'un syndrome vasculorénal, à une lésion placentaire vasculaire ou tumorale, un chorio-angiome, à une anomalie funiculaire, une insertion vélamenteuse du cordon, une artère ombilicale unique, ou à un déséquilibre circulatoire entre deux jumeaux, à un état de malnutrition ou à une cardiopathie cyanogène maternelle. Il est alors dysharmonieux, affectant le tronc et les membres, respectant la tête. Il peut aussi être secondaire à une embryofœtopathie virale (la rubéole, l’herpès, le cytomégalovirus, le parvovirus) ou parasitaire (la toxoplasmose), ou toxique (l’alcool ou le tabac) ou tératogène ou enfin malformative, chromosomique ou génétique. Il est alors harmonieux, affectant en même temps le tronc, les membres et la tête. Le diagnostic est suspecté par la mesure de la hauteur utérine et confirmé par des mesures biométriques échographiques. La gravité de la souffrance fœtale chronique est attestée par l'augmentation de la résistance vasculaire ombilicale mesurée en vélocimétrie Doppler, et les ralentissements tardifs à l'enregistrement du rythme cardiaque fœtal. En l'absence de traitement médical efficace, il nécessite souvent une interruption prématurée de la grossesse.
Étym. lat. de : préfixe intensif, fallo : tromper, manquer à ce qu'on aurait dû faire
Syn. hypotrophie fœtale, malnutrition fœtale intra-utérine, souffrance fœtale chronique, retard de croissance intra-utérin