Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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désoxyhémoglobine n.f.

deoxyhemoglobin

Forme de l'hémoglobine où le fer de l'hème bivalent (Fe2+) et pentacoordonné n'est lié à aucun ligand.
Cette transformation de l’hémoglobine est réalisée dans les tissus qui captent l’oxygène. La fixation d'oxygène sur la désoxyhémoglobine conduit à l'oxyhémoglobine. Cette réaction s'accompagne d'un changement de la configuration tridimensionnelle de la molécule d'hémoglobine : plusieurs liaisons hydrogène et ponts salins situés à l'intérieur des sous-unités et entre elles, sont rompus lors de ce processus. La structure contrainte (forme T) de la désoxyhémoglobine, de faible affinité pour l'oxygène, est remplacée par la structure relâchée (forme R) de l'oxyhémoglobine, de forte affinité pour l'oxygène. La présence d'une concentration anormalement élevée de désoxyhémoglobine, de coloration bleuâtre, est cause de cyanose.
Dans un hématome, la présence de désoxyhémoglobine est observée dès les premières heures du centre à la périphérie. Débute alors la lyse des parois des hématies avec apparition de désoxyhémoglobine et de méthémoglobine.
En imagerie, ce phénomène est intéressant car ces deux molécules du fait de la présence d’électrons non appariés, ont une forte susceptibilité magnétique. L’hématome passe alors par un hyposignal très net sur les séquences à pondération T2 et en discret signal sur celles en T1.

désoxyhexose n.m.

deoxyhexose

Dérivé des hexoses dont une ou plusieurs fonctions alcool sont réduites.
On connaît surtout les désoxy-6-hexoses, ou méthylpentoses, qui sont très répandus dans le règne végétal. Les principaux sont le quinovose ou désoxy-6-D-glucose de l'écorce de quinquina, le D-fucose (appelé aussi rhodéose) ou désoxy-6-D-galactose de certains hétérosides, le L-fucose ou désoxy-6-L-galactose des algues, qu'on trouve aussi dans les mucopolysaccharides et glycolipides animaux, le L-rhamnose ou désoxy-6-L-mannose de certains polysaccharides. Des didésoxy-2,6-hexoses sont présents dans les hétérosides digitaliques.

désoxylapachol  n.m.

Benzoquinones présentes dans certains bois exotiques, en particulier dans le teck, responsable

d’allergies.

→ bois tropicaux (allergie aux)

désoxyose n.m.

deoxyose

Ose dans lequel une fonction alcool a disparu.

→ ose, désoxyribose, fucose

désoxyribonucléase (DNase) n.f.

deoxyribonuclease

Enzyme catalysant l'hydrolyse des acides désoxyribonucléiques.
On en connaît plusieurs types : Les DNases pancréatiques scindent les liaisons phosphodiester en 3', libérant des oligonucléotides ; elles sont utilisées pour l'étude de la structure des ADN. Les DNases thymiques scindent les liaisons en 5', libérant des oligonucléotides. Les DNases bactériennes scindent aussi les liaisons en 5' et agissent généralement jusqu'à libérer des mononucléotides.

désoxyribonucléoside n.f.

deoxyribonucleoside

Composé de l’ADN formé par la liaison N-osidique entre une molécule de 2-désoxyribose et une base purique ou pyrimidique.
Les 4 désoxyribonucléosides qui constituent les ADN sont les désoxyadénosine, désoxyguanosine, désoxycytidine et désoxythymidine.

désoxyribonucléotide n.f.

deoxyribonucleotide

Composé de l’ADN formé par la liaison N-osidique entre une molécule de 2-désoxyribose-5-phosphate et une base purique ou pyrimidique.
Les 4 désoxyribonucléotides qui constituent les ADN sont les acides désoxyriboadénylique, désoxyriboguanylique, désoxyribocytidylique et désoxyribothymidylique.

désoxyribonucléotidyl-transférase terminale l.f.

TdT : Terminal deoxyribonucleotidyl-transferase

Enzyme qui insère des nucléotides au niveau des jonctions entre des segments de gènes, en particulier au cours du réarrangement des éléments d’ADN lors de la différenciation des lymphocytes T.
Cet enzyme est actif dans le thymus, la moelle osseuse et les centres germinatifs. Il permet l’insertion de nucléotides de part et d’autre des segments génétiques D des locus TCRB, TCRD, et IgH. Cet enzyme est par ailleurs utilisé pour fixer le dUTP sur les brins libres d’ADN dans les cellules en apoptose.

Sigle  : TdT

désoxyribose n.m.

deoxyribose

Pentose dérivant du ribose par la réduction d'une fonction alcool portée par le carbone 2.
Le désoxyribose est un constituant de l’acide désoxyribonucléique (ADN)
Sa biosynthèse s'effectue sur un ribonucléoside-diphosphate par des réductases spécifiques comportant une thiorédoxine, protéine riche en thiols et portant du sulfure de fer.

Syn. ribodésose (désuet)

→ acide désoxyribonucléique, ADN

désoxyribozyme n.m.

catalytic DNA, deoxyribozyme, DNA enzyme, DNA-zyme

ADN artificiel simple brin présentant des propriétés catalytiques, comme le clivage d’une molécule d’ARN.

→ ribozyme

[Q1]

Édit. 2019

desquamation n.f.

desquamation, peeling

Elimination spontanée de la couche cornée de l'épiderme sous forme de squames d'aspect variable.

→ exfoliation

desquamation estivale en aires l.f.

keratolysis exfoliativa

Particularité non pathologique de la peau des paumes et des plantes observée en été, correspondant à une desquamation physiologique de la peau, formant des ilots de desquamation sèche, polycyclique, à évolution centrifuge, non prurigineuse.

desquamation familiale continue l.f.

familial continual skin peeling syndrome, deciduous skin

Affection familiale rare, associant une peau sèche, hyperkératosique, et des zones de desquamation superficielle spontanée, de contour polycyclique, sans prurit, de siège essentiellement palmaire.

Syn. érythrokératolyse, peeling skin syndrome

desquamation lamelleuse du nouveau-né l.f.

collodion baby, lamellar desquamation of the newborn

→ bébé collodion

desquamation persistante des lèvres de Brocq l.f.

Brocq’s persistent desquamation of the lips

L. Brocq, dermatologiste français (1856-1928) ; H. R. Crocker, dermatologiste britannique (1903)

→ chéilite exfoliatrice de Crocker

dessalement des eaux n.m.

desalination of waters

Production d’eau douce (principalement destinée à la consommation humaine) à partir d’eau salée ou saumâtre par élimination des sels contenus.
Le dessalement fait appel à diverses techniques, dont la distillation, l’osmose inverse ou la congélation. Ces diverses façons de produire de l’eau douce sont utilisées sur les bateaux, mais aussi à plus grande échelle dans des zones géographiques où l’eau est rare (certaines îles de la mer Méditerranée, Proche et Moyen-Orient, etc.).

dessiccation du cordon ombilical l.f.

desiccation of the umbilical cord

Déshydratation puis effritement du segment de cordon attaché à l'ombilic quelques jours après la naissance du nouveau-né.
Elle survient aussi après une procidence négligée du cordon si celui-ci s'extériorise hors de la vulve.

DES (syndrome du) sigle pour DiEthyl-Stilboestrol l.m.

DES syndrome

Ensemble des troubles gynécologiques et obstétricaux retrouvés chez les patientes exposées au diéthyl-stilboestrol pendant leur vie fœtale : adénose vaginale et cervicale, adénocarcinome à cellules claires du vagin, anomalies du col utérin, des trompes et de la cavité utérine dont la surface est diminuée ou déformée en T.
Il s'accompagne d'une augmentation de la fréquence des avortements spontanés, des grossesses extra-utérines et des accouchements prématurés.

déstérilisation tubaire l.f.

reversal of tubal sterilization

Technique microchirurgicale permettant de restaurer la perméabilité tubaire.
Le taux de succès avoisine 50% avec cependant augmentation du risque de grossesse extra-utérine.

destinée (névrose de) l.f.

fate neurosis

→ névrose de destinée

Destombes (maladie de) l.f.

Destombes’ disease

P. Destombes, anatomopathologiste français (1965) ; J. Rosai et R. F. Dorfman, anatomopathologistes américains (1969)

Syn. maladie de Destombes et Dorfmann

→ adénite sinusale cytophagique, histiocytose sinusale hémophagocytaire, adénite sinusale cytophagique

Destombes-Rosai-Dorfman (syndrome de) l.m.

Destombes-Rosai-Dorfaman’s syndrome

P. Destombes, anatomopathologiste français (1965) ; J. Rosai et R. F. Dorfman, anatomopathologistes américains (1969)

→ histiocytose sinusale avec adénomégalie, histiocytose sinusale hémophagocytaire

destruction géographique de l'os l.f.

geographic destruction of the bone

En radiologie, plage d'étendue variable où la structure normale de l'os a disparu (lacune).
L'étude de l'interface entre les zones détruite et normale permet d'en distinguer trois variétés :
- le type A comporte une démarcation nette avec un liseré d'ostéosclérose plus ou moins épais et s'observe habituellement dans des lésions tumorales bénignes.
- le type C comporte une limite peu nette avec une zone de transition de largeur variable ; plus celle-ci est large, plus la lésion causale est agressive.

destruction mitée de l'os l.f.

moth eaten pattern of the bone

En radiologie, multiples lacunes de l'os compact, de tailles variées mais de moins de 5 mm, d'abord isolées, mais tendant ensuite à confluer.
Ce type de destruction, intermédiaire entre les formes géographique et ponctuée est le fait des tumeurs malignes agressives, mais aussi d'infections comme l'ostéomyélite.

destruction ponctuée de l'os l.f.

permeative lytic pattern of the bone

En radiologie, petites clartés arrondies ou linéaires qui donnent à l'os cortical un aspect vermoulu; dans certains cas, seule une moindre densité localisée indique l'atteinte osseuse.
Ce type de destruction s'explique par une résorption haversienne intense résultant d'une activation des ostéoclastes. Elle s'observe dans des tumeurs malignes agressives (sarcome d'Ewing), mais aussi dans l'ostéomyélite, l'hyperparathyroïdie, etc.

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