Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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déstructuration n.f.

destructuralisation

Concept inspiré du jacksonisme et de notions holistiques et gestaltistes, qui envisage une organisation ou une désorganisation de l'être psychique dans une perspective organodynamiste (H. Ey).
La maladie mentale est conçue comme une régression qui comporte à la fois : un déficit de l'organisation (structure négative) avec dissolution du "corps psychique", perte de l'efficience, de la liberté et signes négatifs ou déficitaires ; une organisation subsistante (structure positive) avec, comme dans le rêve, libération de fonctions inférieures archaïques, proches des couches inconscientes, jusqu'alors contrôlées et inhibées par les instances cérébropsychiques supérieures, et signes positifs.
L'auteur s'est attaché à situer les diverses psychoses aigües selon leur niveau de dissolution. Il semble que seul, le délire onirique, dans le cadre de la confusion mentale, réponde réellement à une telle approche.

H. Ey, psychiatre français (1900-1977)

→ gestaltpsychologie, jacksonisme, organodynamisme, structure

désubiquitinase n.f.

deubiquitinase

Enzyme protéasique agissant sur une protéine qui porte une ou plusieurs ubiquitines, et qui permet le détachement de ces copules d'ubiquitination.

désubiquitination n.f.

deubiquitination

Hydrolyse par un enzyme de la liaison isopeptidique entre l’ubiquitine et la protéine acceptrice ; cet enzyme présent dans les cellules est une thiol-protéase isopeptidase.

désulfhydrase n.f.

desulfhydrase

Enzyme catalysant le détachement d'une molécule de H2S à partir d'un thiol, laissant une liaison éthylénique, comme p. ex. la cystéine-désulfhydrase qui permet la transformation de la cystéine en acide pyruvique.

→ sulfhydrase

désynapse n.f.

desynapsis

Séparation précoce, au cours du diplotène ou de la diacinèse, de chromosomes homologues qui se sont appariés au zygotène et se retrouvent à l'état d'univalent à la métaphase I.
La désynapse résulte de l'action de gènes de désynapses qui empêchent la formation d'enjambement.

→ asyndèse

désynaptique adj.

desynaptic

Qui a trait à la désynapse.

désynchronisation n.f.

Phénomène résultant d'une altération de la perception des synchroniseurs par l'horloge interne (noyaux suprachiasmatiques) comme dans le travail posté, le travail de nuit, les vols transméridiens, la cécité.
La désynchronisation s'accompagne de fatigue persistante, de perturbations du sommeil, de troubles de l'humeur, de baisse de la vigilance et des performances.

→ noyaux suprachiasmatiques

détachement n.m.

withdrawal

Mise à distance du patient par rapport à son vécu, plus apparente que réelle, avec pauvreté de l'expression affective.
Selon H. Ey, associée à l'ambivalence, à la bizarrerie et à l'impénétrabilité, elle constitue un des quatre éléments de la discordance schizophrénique. L'activité n'est pas absente, mais stérile.

H. Ey, psychiatre français (1900-1977)

→ apathie

détatouage n.m.

tattoo removal

Ablation d'un tatouage provoqué ou accidentel.
Il existe plusieurs procédés techniques selon le type de tatouage et sa localisation : chimique par utilisation de produits caustiques, physique par brûlure, mécanique par usure de la peau, chirurgical par exérèse du tatouage. Les nouveaux lasers utilisés en dermatologie tendent à remplacer toutes ces techniques et permettent un effacement progressif du tatouage sans séquelles cicatricielles; leur emploi est limité par leur coût.
A défaut de véritable suppression du tatouage, on peut recourir à un camouflage.

détecteur l.m.

detector (CT)

Dispositif mesurant le rayonnement X avant et après l'atténuation de celui-ci par le sujet examiné.
Les détecteurs constituent un des points clefs de la qualité de l'image et de la performance des appareils. Sur les installations anciennes, ils étaient constitués par des cristaux photoluminescents associés à des photomultiplicateurs. Un détecteur primaire mesurait l'intensité du faisceau incident et une batterie de détecteurs secondaires l'intensité du faisceau émergent. Le calculateur de l'appareil faisait la différence, mesurant ainsi, pour chaque position du tube, l'atténuation du faisceau.
Ce type de détecteurs, assez encombrant, ne permettait pas d'en augmenter considérablement le nombre. Ils ont été remplacés successivement par des chambres d'ionisation au xénon sous pression séparées par des cloisons de tungstène, par des détecteurs solides au tungstate de cadmium, puis des céramiques dont le rendement et la stabilité sont excellents. Sur les appareils modernes à acquisition hélicoïdale, leur nombre oscille autour de 1 000, disposés en arc de cercle en face du tube à rayons X, avec lequel ils tournent de 360° autour du patient.
2) En médecine nucléaire :

→ compteur de particules

détecteur à semi-conducteur l.m.

detector with semi-conductor

→ compteur de particules

détecteur corps entier l.m.

whole body counter

Détecteur utilisé en radioprotection pour mesurer chez un sujet la charge corporelle globale en radioéléments.
Ces appareillages sont dotés de cristaux de grande taille et d'un blindage important de façon à assurer à la fois une grande sensibilité de détection et un très faible bruit de fond ; ils permettent également une spectrométrie pour l'identification des radioéléments en cause.

→ anthropogammamétrie, compteur de particules

détecteur de particules l.m.

particle detector

→ compteur de particules

détecteur de positons l.m.

detector of positrons

→ caméra à positons

détecteur radioluminescent à mémoire l.m.

storage phospholuminescent detector

Syn. détecteur phospholuminescent

→ écran radioluminescent à mémoire

détection du quorum l.f.

quorum sensing

Mode de signalisation bactérien reposant sur la production, lors de la phase de croissance bactérienne, de petites molécules médiatrices (auto-inducteurs) permettant l'expression d'un groupe de gènes lorsque un seuil de densité des bactéries de la même espèce atteint un certain seuil.
Les autoinducteurs sont des dérivés de petits peptides pour les bactéries à Gram positif et des dérivés d’acides gras pour les bactéries à Gram négatif. L’un des auto-inducteurs les plus étudiés est le N-acylhomosérine lactone (AHL). Il est impliqué dans le premier mécanisme de Quorum Sensing décrit : le contrôle la bioluminescence chez le vibrion marin Vibrio fischeri. Le mécanisme de Quorum Sensing peut aussi agir sur l’expression de gènes spécifiques de fonctions essentielles pour la croissance et la survie bactérienne dans l’environnement : conjugaison, réplication, sporulation, synthèse d’exoenzymes, production de facteurs de virulence, de biofilms d’antibiotiques, expression de facteurs de résistance aux antibiotiques.
La locution "détection du quorum" est maintenant utilisée pour qualifier tout processus de communication impliquant des molécules diffusibles produites par les bactéries.

Syn. détection de densité bactérienne

[D1,D2]

Édit. 2017

détection en coïncidence l.f.

detection in coincidence

→ coïncidence, radioactivité bêta plus

détection oculaire n.f.

eye detection

En ophtalmologie, recherche d’une cible, objet ou image.
Les éléments essentiels à la détection sont un champ visuel normal, des mouvements de la tête et des yeux normaux, un sens lumineux normal, un sens des contrastes de luminance temporels et spatiaux normaux.

détendeur n.m.

pressure regulator

Dispositif de réduction de la pression d'un gaz conçu pour fournir une pression constante d'alimentation en aval à partir de pressions plus élevées et variables en amont.
Ces appareils comprennent un clapet équilibré par un ressort et séparant la haute pression, en amont, de la basse pression, en aval. Ils délivrent une basse pression constante si la haute pression est suffisamment élevée, ce qui est le cas des distributions centrales de gaz médicaux. Pour les bouteilles de gaz comprimés, par contre, comme la haute pression diminue en cours d'utilisation et devient très faible quand la bouteille est presque vide, le débit délivré à la fin est, soit réduit (détendeur à clapet aval), soit augmenté (clapet amont), ce qui est une source d'accidents en anesthésie (par hypoxie ou par surdosage). Enfin les détendeurs sur les bouteilles peuvent provoquer des accidents lors d'une chute ou de chocs (cisaillement de la tête de bouteille) : les normes actuelles imposent la position du détendeur dans l'axe de la bouteille et une protection spéciale de la tête de bouteille.
De toute façon il ne faut jamais vider complètement une bouteille de gaz comprimé, on évite ainsi une rentrée d'air humide (source de rouille) et de souillure (cause d'éventuelle infection) ce qui nécessiterait un traitement spécial de la bouteille avant un nouveau remplissage.

Étym. lat. detendo (de : préfixe marquant la cessation ; tendo : tendre)

détergent adj et n.m.

detergent

Substance ayant la propriété de détacher des impuretés adhérant à un tissu ou un support.
Un détergent est un composé tensioactif, ayant un pôle hydrophile et une chaîne grasse hydrophobe, capable de solubiliser sous forme micellaire l'impureté qui se trouvait adsorbée sur la surface à nettoyer.
On en distingue plusieurs types: les uns anionique (savons, sels biliaires ou détergents sulfoniques de synthèse ou syndets), les autres cationiques (saponiums et acylpyridiniums, ammoniums quaternaires), amphotères (bétaïnes, imidazolines) et les derniers non-ioniques (composés aliphatiques du polyéthylène-glycol, alcanolamines). Le pouvoir détergent est facilité par la présence d’un ion de même signe que la matière à détacher par substitution. Ces substances peuvent exercer un effet perméabilisant sur les membranes lipoprotéiniques. Elles sont utilisées en cosmétologie et en pharmacie. Elles ont un pouvoir irritant sur la peau en cas d’utilisation intensive.

Étym. lat. detergere : nettoyer

→ saponium, saponine, détersif

détérioration intellectuelle l.f.

mental deterioration

Concept né de la psychométrie, adopté secondairement par la psychiatrie, et qui désigne une baisse de l'efficience intellectuelle sans que cette notion ait une valeur pronostique ou étiologique. Ce concept peut donc refléter de nombreuses réalités.
On distingue : la détérioration physiologique normale, liée à l'âge ; la détérioration pathologique, qui peut être d'étiologie organique (dans la démence) ou fonctionnelle (dans un état dépressif).
Il existe différentes méthodes d'appréciation de la détérioration pathologique, qui reposent sur des constatations expérimentales :
- la similitude qualitative entre la détérioration physiologique et la détérioration pathologique ;
- le déclin différentiel des tests d'intelligence ; les tests verbaux sont stables dans le temps et résistent aux agressions pathologiques, alors que les tests non verbaux déclinent avec l'âge et sont sensibles à la détérioration pathologique.
À l'heure actuelle, la psychométrie dispose d'outils fidèles, contribuant à préciser l'étiologie d'une détérioration.

détérioration mentale alcoolique l.f.

alcoholic mental deterioration

Affaiblissement des capacités mentales d'un sujet, dû aux altérations cérébrales secondaires à une alcoolisation excessive chronique.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[H1,H3,G3,G4]

déterminant antigénique l.m.

antigenic determinant

Domaine de la surface d'un antigène se combinant avec le site antigénique correspondant de l'anticorps ou du récepteur lymphocytaire.
Un antigène possède ainsi sur sa surface, une multitude de déterminants antigéniques ; les plus immunogéniques sont dits immunodominants, leur réaction dominant l'ensemble de la réponse immunitaire ; les autres sont dits immunorécessifs.
Généralement, un antigène déclenche la réponse immunitaire de plusieurs centaines de clones de lymphocytes T ou B, la réponse est dite polyclonale. Elle est plus rarement oligoclonale ou même monoclonale.
Parmi ces déterminants antigéniques appelés épitopes les uns sont séquentiels ou linéaires et les autres sont conformationnels ou discontinus. Ces derniers sont détruits par dénaturation de la molécule antigénique (chauffage, réduction des ponts S-S).

Étym. lat. determinatio : fixation d’une limite

Syn. épitope

→ anticorps monoclonal

détermination n.f.

determination, commitment

Engagement d’une cellule ou d’un groupe de cellules dans un programme particulier de différenciation ou de développement.
Par ex. la détermination d’une espèce en botanique et en zoologie, la détermination d’une sanction chirurgicale, la différenciation du sexe chez l’embryon.

Étym. lat. determinatio : fixation d’une limite

→ induction embryonnaire

[C1, Q1]

Édit. 2019

détermination cellulaire l.f.

cell determination

Processus de transformation cellulaire qui, à partir d'une cellule totipotente et au travers de ses divisions successives, produit des cellules non encore différenciées mais irrémédiablement engagées quant à leur devenir.
Ces cellules déterminées se différencieront ultérieurement. En hématologie, une cellule souche totipotente hématopoïétique ne se développe vers la prolifération et la différenciation que dans une seule lignée hématologique, érythroblastique, granulocytaire ou mégacaryocytaire.

Étym. lat. determinatio : fixation d’une limite

→ différenciation cellulaire, induction embryonnaire

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