Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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tissu de granulation l.m.

granulation tissue

Système de proliférations conjonctives bourgeonnantes apparaissant au cours de la réparation tissulaire d'une inflammation, et, par extension, tout tissu conjonctif jeune, riche en néocapillaires et en cellules, représentant le début d'une organisation conjonctive.
Y participent les fibrocytes devenant des fibrocytes activés ou fibroblastes, les cellules endothéliales des capillaires préexistants engendrant des néocapillaires, les myofibroblastes, les fibroclastes, les macrophages, des polynucléaires.

TNM (classification) sigle angl. pour Tumor Node Metastasis

TNM System

Système d’évaluation du stade évolutif des cancers avant tout traitement, fondé sur la taille de l'extension tumorale directe (tumeur primitive T : de T1 à T4, T0 désignant le cancer in situ), sur l’extension aux nœuds lymphatiques locorégionaux (N, de N1 à N3, N0 désignant l’absence d’atteinte ganglionnaire), sur la présence de métastases à distance (M, soit absentes : M0, soit présentes, désignées alors M1 ou M2 suivant leur nombre).
Cette classification a été proposée par Pierre Denoix entre 1940 et 1950 et adoptée par la communauté internationale pour de nombreuses localisations cancéreuses.

P. Denoix chirurgien français (1946)

toxidermie n.f.

cutaneous drug eruption, cutaneous adverse drug reaction, toxicoderma

Terme servant à désigner les effets dermatologiques secondaires à l'administration systémique d'un médicament, ce qui exclut les effets secondaires des médicaments topiques.
Les toxidermies peuvent être de nature immunologique, nécessitant l'activation du système immunitaire du malade, ou non immunologique, qu'il s'agisse d'effets prévisibles tels que surdosage, effet cumulatif ou exacerbation de la maladie ou de réactions pseudoallergiques anaphylactoïdes, ou encore de réactions imprévisibles qui faisaient parler d'intolérance ou d'idiosyncrasie.

→ idiosyncrasie

tractus de Lancisi l.m.

Ensemble formé par les stries longitudinales médiale et latérale.
Ces deux bandelettes sagittales circonscrivent la face dorsale du corps calleux au contact de l’indusium gris, le long du sillon du corps calleux. Unies à l’indusium gris, elles se continuent en arrière par le gyrus fasciolaris et en avant par la bandelette diagonale. Elles appartiennent au système archicortical hippocampique dorsal de la circonvolution intra limbique formée du gyrus dentatus, du gyrus fasciolaris, du tractus de Lancisi, du pédoncule du corps calleux, de la bandelette diagonale et de la bandelette de l’uncus.

G. Lancisi, anatomiste italien (1654-1720)

→ strie longitudinale latérale, strie longitudinale médiale

transactionnelle (analyse) l.f.

transactional analysis

Système d'analyse et de thérapeutique dérivé de la psychanalyse, créé par E. Berne, fondé sur des "états du moi" (familièrement dénommés "parent", "adulte" et "enfant") définis par une analyse structurale avant l'analyse transactionnelle.
Elle reconnait des transactions simples puis stéréotypées et des opérations complexes faisant intervenir plusieurs personnes et se fondant sur des fantasmes.
Dans la thérapie, sont représentées et vécues des "manœuvres sociales" remplissant des fonctions défensives et procurant des satisfactions dénommées des passe-temps et des jeux. Certaines opérations complexes, impliquant "une large planification de la vie à l'état inconscient", sont nommées scénarios.

E. Berne, psychiatre américain (1961)

transamination n.f.

transamination

Réaction générale de transfert d'un groupement aminé d'un acide aminé à un acide alpha-cétonique, ce dernier devenant un acide aminé et le premier un composé cétonique :
R-CH(NH2)-COOH + R'-CO-COOH <→ R-CO-COOH + R'-CH(NH2)-COOH
Cette réaction est catalysée par une transaminase dont le coenzyme est le phosphate de pyridoxal ; le phosphate de pyridoxamine est le composé intermédiaire ayant fixé transitoirement la fonction aminée et celle-ci sera transférée ultérieurement à l'acide α-cétonique.
La transamination constitue un moyen de désamination indirecte des acides aminés et le système acide α-cétoglutarique-acide glutamique y joue un rôle important : alanine + acide α-cétoglutarique → acide pyruvique + acide glutamique, acide aspartique + acide α-cétoglutarique → acide oxaloacétique + acide glutamique. L'acide glutamique libère l'ammoniac sous l'effet d'une glutamodéshydrogénase spécifique (enzyme à Nicotinamide-Adénine-Dinucléotide (NAD) en régénérant l'acide α-cétoglutarique. Certains acides aminés se transaminent activement (alanine, acide aspartique, valine, leucine, isoleucine, tyrosine, phénylalanine, méthionine, tryptophane, arginine, cystéine, acide γ-aminobutyrique), d'autres se transaminent plus faiblement (glycine, ornithine, diiodotyrosine, dihydroxy-phénylalanine), d'autres encore se transaminent peu (sérine, histidine, lysine, citrulline, acide α-amino-isobutyrique). La glutamine peut remplacer l'acide glutamique : L-glutamine + acide α-cétonique → acide α-cétoglutaramique + acide α-aminé. La fonction amine en α d'une fonction acide peut subir la transamination : acide α-aminobutyrique + acide α-cétoglutarique → semi-aldéhyde succinique + acide L-glutamique. Les réactions de transmination étant réversibles, certains acides aminés (non indispensables) peuvent être synthétisés à partir de leur acide α-cétonique si celui-ci est formé dans l'organisme. La transamination est donc un processus général de dégradation et de synthèse des acides aminés. 

transcriptase inverse l.f.

reverse transcriptase

Enzyme ou système enzymatique catalysant la biosynthèse d'un acide désoxyribonucléique complémentaire d'une matrice ribonucléique.
Les transcriptases inverses sont impliquées dans la réplication de virus ribonucléiques tels que les virus de l'immunodéficience humaine.

→ transcriptase réverse

transcriptase réverse l.f.

reverse transcriptase

Enzyme ou système enzymatique catalysant la biosynthèse d'un acide désoxyribonucléique complémentaire d'une matrice ribonucléique.
Les transcriptases réverses sont impliquées dans la réplication de virus ribonucléiques tels que les virus de l'immunodéficience humaine.

H. M. Termin, virologue et généticien américain, prix Nobel de médcine en 1975 (1970) ; D. Baltimore, biologiste américain, prix Nobel de médecine en 1975 (1970) : découverte indépendante et simultanée chez ces deux auteurs

Syn. reverse transcriptase

[C1]

Édit. 2020

transforming growth factor (TGF) l. angl. m.

Facteur de croissance transformant, appartenant à une large famille de cytokines qui comportet actuellement une vingtaine de membres importants dans le développement, les réactions inflammatoires et la cicatrisation.
Les facteurs de croissance transformants (TGF) sont des facteurs de croissance polypeptidiques exprimés dans toutes les cellules de l’organisme et jouant un rôle important dans le développement embryonnaire, la cicatrisation, les fibroses, la régulation du système immunitaire et certains cancers.
Ils ont été isolés de cultures de cellules malignes et ajoutés au milieu de culture de cellules normales, il leur confèrent la capacité de se multiplier indéfiniment.
Cette famille de polypeptides comporte au moins deux groupes de molécules nommées TGF alpha et TGF bêta dans lequel on distingue 3 isoformes chez l’Homme, appelées TGF-bêta 1, TGF bêta-2 et TGF bêta-3.
- un TGFalpha a été isolé de cultures de mélanome, constitué de 63 acides aminés de structure très proche de l'EGF (facteur de croissance de l'épiderme) ;
- les TGFbêta en diffèrent par la nature des récepteurs auxquels ils se fixent ; certains TGFbêta ont une structure voisine de la protéine transformante codée par l'oncogène sis. La plasmine agit sur un TGFbêta par protéolyse et permet de stimuler la multiplication des cellules musculaires lisses des parois vasculaires.

T. Schwann, anatomiste et physiologiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1839), H.T. Lynch, oncogénéticien américain (1967)

[A2,C3]

Édit. 2017/2

translocateur n.m.

translocator

Système moléculaire assurant le transfert d'une molécule à travers une membrane généralement en échange avec une autre.
Un translocateur de ce type a été identifié dans la membrane interne des mitochondries effectuant l'échange d'un ADP qui entre dans la mitochondrie contre un ATP qui en sort.

transplantation cardiaque (complications neurologiques de la) l.f.p.

neurologic complications of cardiac transplantation

Complications infectieuses, vasculaires, tumorales, métaboliques, iatrogènes ou par atteinte du système nerveux périphérique, survenant en phase péri-opératoire, mais également tardive, après deux mois, et touchant 40 à 70% des patients ayant subi une greffe de cœur.
Les rejets de greffe et les infections opportunistes sont les principales causes de mortalité. Mais la pathologie vasculaire cérébrale est fréquente, surtout anoxo-ischémique en péri-opératoire et cardio-embolique à distance de l'intervention.
Facteurs de risque vasculaire, thrombus intracardiaque, rejet du greffon et traitement immunodépresseur jouent une rôle pathogénique certain.

transplantation de moelle osseuse (complications neurologiques de la) l.f.p.

neurologic complications of bone marrow transplantation

Complications neurologiques chez les patients ayant subi une greffe de moelle.
Leur fréquence atteint 50% des patients, et elles entrainent le décès dans 5% des cas.
L'encéphalopathie métabolique est la plus commune ; viennent ensuite les infections fongiques et virales du système nerveux central, puis la pathologie cérébrovasculaire liée ou non à une endocardite. Moins fréquentes sont les complications iatrogènes, les récurrences malignes ou les leuco-encéphalopathies.
Lors de la maladie du "graft-versus host", s'observent des myasthénies graves ou encore des zonas multiples.

→ greffon contre l'hôte (réaction du)

transporteurs d'anions organiques l.m.p.

Famille de protéines transmembranaires composées d’environ 550 amino-acides, exprimées dans tous les épithéliums

Les transporteurs d’anions organiques servent au transport de petites molécules organiques anioniques à travers les barrières épithéliales et entre les différents compartiments de l’organisme : sang-urine, sang-système nerveux central, intestin-sang, etc…

Abrév. OAT

traumatisme médullaire l.m.

spinal cord trauma

Lésion de la moelle épinière par blessure (projectile, arme blanche), fracture, entorse (coup du lapin), luxation ou élongation de la colonne vertébrale.
La lésion médullaire est généralement associé à une fracture avec ou sans luxation vertébrale. Elle peut être isolée ou associée à d'autres lésions, du système neurovégétatif notamment. D'une manière générale les lésions de la substance nerveuse ont une évolution très particulière qui commence à être mieux connue : il en est de la moelle comme de l'encéphale et l'on peut espérer qu'un traitement préventif contre l'extension des lésions initiales pourra bientôt être disponible.
Les signes révélateurs peuvent être discrets (douleur vertébrale spontanée ou provoquée par la pression) ou dramatiques (paraplégie, tétraplégie), déjà sur place ou apparaître brusquement au cours du relevage ou du transport (section possible de la moelle ou des fibres sympathiques sortant de la moelle) : c'est la hantise des services d'urgence lors du ramassage et du transport.
Lors des premiers soins, il importe chez toute victime d'un trauma direct ou indirect du rachis de prendre toutes précautions possibles (collier cervical pour une suspicion d'atteinte du cou, matelas coquille pour immobiliser la tête et transport sur le dos sur un plan dur) avant que la recherche des signes nerveux ait attesté l'absence d'une lésion radiculomédullaire. Si ce n'est pas le cas, il faut en préciser le niveau pour orienter les soins. Il importe aussi de traiter une insuffisance ventilatoire et circulatoire (il y a souvent une vasoplégie des territoires paralysés) et de calmer l'anxiété et les douleurs. La conduite ultérieure dépend du siège et de l'importance des lésions ostéoarticulaires à évaluer par imagerie (radiographies, scanner, IRM). Le blessé doit alors être pris en charge conjointement par les chirurgiens, les réanimateurs et les neurologues.
Exceptionnellement le traumatisme initial, parfois minime, peut entrainer un hématome extradural compressif ou responsable d'une rupture des méninges, cause d'une hernie médullaire, qui se traduit par l'apparition, souvent retardée d'un syndrome de Brown-Séquard (on voit une image «en vilebrequin» au scanner ou en IRM).
Les traumatismes du rachis lèsent souvent les rameaux sympathiques, particulièrement au niveau du cou, il en résulte une vasoplégie intéressant la partie du corps sous-jacente. Cette vasoplégie entraîne une chute de pression artérielle et rend la victime très sensible aux modifications de position. La réanimation doit en tenir compte (pantalon anti-G, pour le transport, perfusions et sympathomimétiques pour contrôler la pression artérielle). Le pronostic fonctionnel est toujours très péjoratif, mais la mortalité a diminué grâce aux progrès de la réanimation, du "nursing" et de la réadaptation fonctionnelle

→ paraplégie, tétraplégie, traumatisme crânien, système nerveux autonome, Brown-Séquard (syndrome de)

traumatisme obstétrical l.m.

birth injury

Au sens le plus large, effets adverses subis par l'enfant lors de la naissance correspondant en pratique aux conséquences d'agressions mécaniques lors d'un passage difficile dans la filière génitale ou lors de l'extraction. Les lésions du système nerveux sont prédominantes : traumatismes cranio-encéphaliques, lésions médullaires, étirement du plexus brachial, paralysie faciale. On peut aussi observer des fractures et des hémorragies viscérales (foie, rate, surrénales).

→ diaphragmatique (paralysie), paraplégie, traumatisme du crâne

triangulation n.f.

1) En chirurgie :

technique de suture en triangulation qui consiste à placer trois points de suture équidistants au niveau des tranches de section des deux vaisseaux à suturer.
La tension des fils permet alors de placer les autres points de suture entre ces trois points.
2)En psychiatrie :
Système formé par l'enfant et ses parents, qui recouvre un conflit dans lequel l'enfant se trouve à la fois engagé par l'une et l'autre partie.
Selon le moment, l'enfant se vit comme un attaquant soit de l'un, soit de l'autre parent. Une inhibition liée à cette "situation d'équilibre" au sens psychophysiologique peut en résulter, il s'agit alors de rompre une triangulation pathogène.

Alexis Carrel, chirurgien français,  prix Nobel de médecine en 1912

TRICKS (séquence IRM) sigle angl pour Time Resolved In Contrats Kinetics

(Elliptic Centric)

Séquence IRM en écho de gradient rapide pondérée T1 avec une résolution temporelle très élevée.
La dénomination est propre à la compagnie General Electric MS, mais d’autres marques possèdent des séquences similaires : TWIST (Siemens), 4D-TRACK (Philips)….. Cette séquence dynamique, destinée à explorer le système vasculaire, implique une injection IV de produit de contraste gadoliné. Un masque fournit des images soustraites de type angiographique. Une dizaine de séries d’images MIP, produites automatiquement, simulent une angiographie (d’où le nom de ARM-DSA (digital substraction angiography). Cette séquence dynamique sert essentiellement à étudier la vascularisation cranio-encéphalique, celles des tumeurs….

[B2,B3]

Édit. 2018

tronc sympathique l.m.

truncus sympathicus (TA)

sympathetic trunk

Chaine ganglionnaire du système nerveux sympathique située de part et d’autre du rachis, depuis la base du crâne jusqu’au coccyx.
Il existe vingt-deux ou vingt-trois paires de ganglions sympathiques qui, chez l’homme, ont perdu leur disposition segmentaire stricte. Les ganglions sont unis entre eux par les cordons intermédiaires, aux centres médullaires par les rameaux communicants, et aux ganglions de la chaine prévertébrale par les nerfs splanchniques. On peut schématiser la systématisation de cet ensemble de la façon suivante : chaque fibre effectrice issue d’un centre médullaire atteint le ganglion vertébral de l’étage correspondant par un rameau communicant blanc. Si elle est destinée à un viscère périphérique (artère, glande sudoripare…), elle y fait relais et rejoint le nerf spinal par le rameau communicant gris. Si elle est destinée à un autre organe, elle traverse la chaine latéro-vertébrale sans y faire relais et empreinte un nerf splanchnique jusqu’au ganglion prévertébral ; elle peut auparavant suivre le chaine latérale sur une certaine longueur. Les fibres afférentes au centre médullaire vont sans relais de l’organe à ce centre par les ganglions prévertébraux, le nerf splanchnique, la chaine latéro-vertébrale, le rameau communicant gris et la racine postérieure du nerf spinal.

Syn. anc. chaine ganglionnaire du sympathique, chaine sympathique latéro-vertébrale

trophoblaste n.m.

trophoblast, trophoblastic tissue

Couche périphérique des blastomères de la morula apparaissant aux environs du 8e jour après l’ovulation et faite de cellules qui pénètrent dans l’endomètre au lieu de l’implantation de l’œuf fécondé, participant à la constitution du placenta.
Au stade du blastocyste elle formera la paroi du blastocèle.
Cette plaque trophoblastique primitive qui se développe considérablement, notamment au pôle embryonnaire, comportera rapidement deux types cellulaires recouvrant les villosités placentaires : le cytotrophoblaste, couche interne qui progressivement disparaîtra aux alentours de la 16e semaine de gestation, au profit de la couche externe ou syncytiotrophoblastique. Celle-ci sécrète un grand nombre d’hormones dont l’hormone chorionique gonadotrope, HCG. Le trophoblaste constitue une interface essentielle entre les tissus maternels et les tissus fœtaux et ce sont les cellules trophoblastiques qui ouvrent les terminaisons des petites artères spiralées de l’endomètre, aboutissant, au milieu du second trimestre, à la constitution des larges canaux du système artériel utéroplacentaire.
Sa biopsie permet de déterminer le sexe, le caryotype, l’ADN et l’existence de certaines maladies héréditaires.

Étym. gr. trophê : nourriture ; blastein : engendrer

→ stades carnegie, horizons de Streeter, cytotrophoblaste, syncytiotrophoblastique

[A4,O6]

troponine n.f.

troponin

Protéines du muscle strié attachées à la tropomyosine et nécessaires à la contraction : la troponine C, qui fixe le calcium, la troponine T, qui est fixée sur la tropomyosine, et la troponine I, dite inhibitrice, également fixée sur la tropomyosine.
La troponine C, de masse moléculaire 18 kDa, contient 159 acides aminés formant 4 boucles capables de fixer chacune un ion calcium. Sous l'effet du calcium, la protéine subit un changement de conformation qui se transmet aux autres troponines voisines et à la tropomyosine, qui déclenche l'interaction de l'actine avec la myosine. La troponine T, de masse moléculaire 30,5 kDa, contient 259 acides aminés portant 3 sites sérine phosphorylables par l'ATP. La troponine I, de masse moléculaire 20,9 kDa contient 178 acides aminés et sa présence module les réactions de phosphorylation du système.
Dans le myocarde existent deux isoformes spécifiques des troponines T (cTnT) et I (cTnI). Le dosage plasmatique de ces isoformes spécifiques est devenu le marqueur de référence pour le diagnostic des syndromes coronariens aigüs. Toute augmentation de ce marqueur au-delà du 99ème percentile d’une population de référence chez un patient souffrant de douleurs thoraciques signe un infarctus du myocarde. Des techniques de dosage de la cTNt à haute sensibilité (TnT hs), récemment mises sur le marché, permettent une détection très précoce de son élévation, mais au prix d’une diminution de la spécificité

→ infarctus du myocarde

Trypanosoma cruzi

Trypanosoma cruzi

Trypanosome latinoaméricain, agent de la maladie de Chagas, existant chez l’Homme sous forme amastigote, immobile, localisée dans le système lymphomonocytaire et le myocarde.
Dans le sang périphérique, il se présente sous forme trypomastigote où il a l’aspect d’un trypanosome (flagellé) mais dont la membrane ondulante est moins marquée que dans les espèces africaines.
Chez l’insecte vecteur, une réduve, Trypanosoma cruzi est absorbé sous forme trypomastigote. Dans l’estomac de l’insecte, après un passage sous forme épimastigote (également observée en culture) se produit une multiplication sous forme promastigote. La forme épimastigote réapparaît dans l’intestin moyen et, dans l’intestin postérieur, il y a transformation en forme trypomastigote métacyclique infestante qui sera déposée sur la peau avec les déjections de l’insecte. Trypanosoma cruzi n’est en effet pas transmis par piqûre de la réduve. Il pénètre activement dans la peau par l’orifice de piqûre ou au niveau des muqueuses, en particulier oculaires (d’où le signe de Romaña).

C. Romaña, médecin argentin (1935)

T suppresseur l.m.

T suppressor

Population de lymphocytes T qui module le système immunitaire maintenant la tolérance de l’organisme à ces propres antigènes et s’opposant ainsi aux maladies auto-immunitaires.

→ réponse immunitaire à médiation cellulaire, lymphocyte

tube neural l.m.

neural tube

Formation tubulaire résultant de la fermeture de la gouttière neurale par fusion des crêtes neurales.
Cette fusion sur la ligne médiane commence dans la région cervicale au niveau du 4ème somite et va se poursuivre en direction crâniale et caudale entre le 18e et le 25e jour de la gestation. Ce tube reste temporairement ouvert dans la cavité amniotique à ses extrémités crâniale et caudale par les neuropores antérieur et postérieur. Le neuropore antérieur se ferme vers le 25ème jour (stade de 18 à 20 somites). Le neuropore postérieur se ferme au 27ème jour (stade à 25 somites). Cette ébauche du système nerveux central apparaît dès lors comme une formation tubulaire fermée comprenant une portion cylindrique étroite, le cordon médullaire, et une portion céphalique plus large caractérisée par un certain nombre de dilatations, les vésicules cérébrales.
La fermeture incomplète du neuropore postérieur à la partie basse du rachis constitue le spina bifida.

→ plaque neurale, gouttière neurale, crêtes neurales, neuropore antérieur, neuropore postérieur, cordon médullaire, vésicule cérébrale

[ A4,O6]

tube vasculaire endothélial de l'embryon l.m.

1ère ébauche du système vasculaire de l’embryon apparue au milieu de la 3ème semaine, dans la période présomitique, par l’individualisation de « cellules cardiaques » situées dans l’épiblaste, immédiatement en dehors de la ligne primitive.
Ces cellules, situées dans l’épiblaste migrent à travers la ligne primitive. Elles gagnent l’aire cardiaque au contact de la membrane pharyngienne et de la plaque neurale. Elles sont situées dans la splanchnopleure intraembryonnaire. La migration commence par les cellules destinées à la partie supérieure de cœur et aux gros vaisseaux puis par celles destinées aux parties distales, ventricule et sinus veineux. Au contact du feuillet entoblastique de la membrane pharyngienne elles se transforment en myoblastes cardiaques tandis que les cellules endocardiques (angioblastes) se multiplient dans le mésoblaste en amas cellulaires angioformateurs. Ces amas confluent pour former le tube vasculaire endothélial entouré des myoblastes. Sa partie antérieure constitue l’aire cardiaque autour de laquelle s’individualise la cavité péricardique à partir de la cavité cœlomique. La splanchnopleure intraembryonnaire formera l’épicarde ou péricarde viscéral.
En aval de l’aire cardiaque du tube vasculaire endothélial d’autres amas cellulaires angioformateurs apparaissent de chaque côté de la ligne médiane. Creusés d’une lumière ils forment la paire des aortes dorsales qui entreront en connexion avec le tube vasculaire endothélial.

→ épiblaste, ligne primitive, aire cardiaque, membrane pharyngienne, plaque neurale, cavité cœlomique, splanchnopleure intraembryonnaire

[A4,K2,K4,O6]

tumeur intracanalaire papillaire mucineuse du pancréas (TIPMP) l.f.

papillary intraductal tumor mucinous of pancreas

La tumeur intracanalaire papillaire et mucineuse du pancréas, de haut potentiel de malignité naît des cellules qui tapissent les canaux pancréatiques et secrètent une quantité importante de mucus à l’origine d’une dilatation ou d’une obstruction des canaux pancréatiques.
Elle peut toucher tout ou partie du système pancréatique, le canal pancréatique principal (canal de Wirsung) ou les canaux secondaires ou les deux.
Les progrès dans la qualité de l’IRM font que ces lésions sont découvertes de plus en plus fréquemment. La TIPMP peut être rencontrée fortuitement (dans plus de 50 % des cas) ou à l’occasion de crises de pancréatite aigüe, les bouchons de mucus obstruant le canal pancréatique. Ce peut être au stade de tumeur maligne du pancréas, la TIPMP ayant un potentiel élevé de dégénérescence (15 % si la maladie concerne les canaux secondaires à 50 % si elle touche le canal principal).
L’imagerie initiale doit réunir les éléments diagnostiques : communication des lésions kystiques avec les canaux pancréatiques (caractère essentiel qui permet de différentier les TIPMP des autres lésions kystiques du pancréas qui sont non communicantes), présence de bourgeons et caractère multifocal des lésions. Dans 30 % des cas, il est possible de visualiser la béance papillaire avec issue de mucus.

Étym. lat. tumor : gonflement

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