Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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immunomarqueurs en dermatopathologie l.m.p.

immunological stains in dermatopathology

Anticorps utilisés pour l’immunomarquage, servant à reconnaître l’immunophénotype de certaines cellules et donc à apprécier le type de différenciation de processus tumoraux.
Surtout utiles pour identifier les tumeurs peu différenciées, ceux qui sont actuellement le plus utilisés appartiennent à plusieurs groupes.
Parmi ceux qui marquent la différenciation épithéliale les principaux sont ceux qui reconnaissent la cytokératine, composant structural du cytosquelette des cellules épithéliales, tels les anticorps CK7 et CK20, l’antigène épithélial de membrane (EMA) qui marque les éléments glandulaires eccrines, apocrines et sébacés, et l’antigène carcino-embryonnaire (CEA) qui identifie les tumeurs eccrines et la maladie de Paget extra-mammaire.
La mise en évidence d’une différenciation mésenchymateuse a recours à différents anticorps : aux CD31 et CD34 pour les tumeurs d’origine endothéliale ; à la desmine pour le tissu musculaire, aussi bien squelettique que lisse et cardiaque, à l’actine, plus sensible, qui marque aussi les cellules myoépithéliales et les myofibroblastes et dont une variété (HHF35) est spécifique du muscle tandis que l’autre (7GFA1) l’est du seul muscle lisse ; au CD34 qui est également utilisé pour identifier les lipomes à cellules fusiformes, certains sarcomes des tissus mous et le dermatofibrosarcome de Darier-Ferrand, ce qui permet de le différencier du dermatofibrome qui, lui, est CD34 négatif mais, en revanche réagit avec le facteur XIIIa.
Les marqueurs neuro-ectodermiques sont la Protéine S-100 qui reconnaît les tumeurs mélanocytaires et nerveuses, les cellules de Langerhans et les glandes eccrines et apocrines, ainsi que l’anticorps monoclonal HMB-45 utilisé pour identifier les mélanomes et certains types de naevus, de même que le MelaA et le MART-1 pour les mélanocytes.
L’identification des éléments du système hématopoïétique fait appel à plusieurs marqueurs : au CD3 ou antigène leucocytaire commun (ALC), au CD20 ou Pan-leucocyaire B, au CD43 (Leu-22) ou Pan-leucocyaire T, au CD30 (Ki-1) qui est utile pour identifier des lésions de maladie de Hodgkin, des lymphomes anaplasiques et la papulose lymphomatoïde, ainsi qu’au CD68 (Kp-1) qui reconnaît les macrophages et histiocytes mais peut-être aussi les mélanocytes tumoraux.

J. Darier, membre de l’Académie de Médecine et  M. Ferrand, dermatologues français (1924) ; T. Hodgkin, anatomopathologiste britannique (1932)

Étym. lat. immunis : exempt de

immunophiline n.f.

immunophilin

Récepteur intracellulaire capable de lier des médicaments immunosuppresseurs.
Protéine dotée d'activités de peptidyl-prolyl-isomérase qui se lie à certaines substances immunosuppressives telles que la ciclosporine A, FK506 et la rapamycine. Il en existe plusieurs familles.
La cyclophiline est le récepteur de la cyclosporine A, la FKbp (FK binding protein) est le récepteur de FK506 ou tacrolimus et de la rapamycine.

Étym. lat. immunis : exempt de

induction du prophage l.f.

prophage induction

Type d'induction conduisant à l'excision du prophage et au déclenchement du cycle lytique du phage tempéré.
Le répresseur du prophage est inactivé par la protéine RecA activée en protéase.

Étym. lat. inductio : action d'introduire, de conduire (inducere : tirer dedans, vers)

→ régulon SOS

inflammation (protéine de l') l.f.

protein of inflammation

Terme générique pour les protéines plasmatiques dont la teneur est augmentée au cours des réactions inflammatoires.
La biosynthèse cellulaire des protéines de l’inflammation est sous la dépendance principale de l’interleukine-6 (IL6) dont les effets sont potentialisés par l’interleukine-1 et le facteur de nécrose tumorale (respectivement IL-1 et TNFα).
Ces protéines dites aussi protéines de la phase aigüe (PPA) sont classées en trois groupes suivant l’importance de l’augmentation de leur teneur : groupe I : protéines dont la teneur augmente d’environ 50 % (céruléoplasmine, composants C3 et C4 du complément, inhibiteur de la C1-estérase,α1-antiplasmine); groupe II : protéines dont la teneur augmente deux à quatre fois (α1-antichymotrypsine,α1-antitrypsine, α1-glycoprotéine acide ou orosomucoïde, haptoglobine, fibrinogène) et groupe III : protéines dont la teneur augmente de 10 à 1 000 fois (protéine réactive C ou CRP et SAA). La synthèse cellulaire des protéines de l’inflammation est sous la dépendance principale de l’interleukine-6 (IL6) dont les effets sont potentialisés par l’interleukine-1 et le facteur de nécrose tumorale (respectivement IL-1 et TNF α).

Étym. lat. flamma : flamme

→ inflammation, protéine C-réactive

initier v. tr.

initiate (to)

Commencer en introduisant un premier élément p. ex. un premier acide aminé pour la biosynthèse d'une protéine, ou un premier nucléotide pour celle d'un acide nucléique.

Étym. lat. initium : commencement

inositol-triphosphate n.m.

inositol triphosphate

Dérivé de l'inositol dont trois fonctions alcool sont estérifiées par des molécules d'acide phosphorique.
En pratique l'inositol-triphosphate qu'on trouve dans l'organisme animal est le triester phosphorique en 1,4,5 du méso-inositol.
Il se forme lors de l'hydrolyse par une phospholipase C d'une molécule de phosphatidylinositol-4',5'-bisphosphate, en même temps qu'une molécule de diglycéride ; cette réaction, qui se produit au niveau de membranes cellulaires stimulées par certains effecteurs physiologiques, donne ainsi naissance à deux messagers secondaires dans le cytoplasme, le diglycéride qui active une protéine-kinase C et l'inositol-trisphosphate qui provoque la libération d'ions Ca2+ à partir de vésicules du réticulum endoplasmique.

Étym. gr. is, inos : muscle ; itol : suffixe des polyalcools dérivés des oses

Abrév. IP3

intégrale (protéine) l.f.

integral protein

Protéine intégrée dans une membrane comportant trois domaines, dont le second est intramembranaire et les autres de part et d'autre de la membrane.

→ transmembranaire

intéine n.f.

intein

Segment excisé lors de l’épissage post-traduction d’une protéine.

→ épissage, extéine

[C1]

Édit. 2017

interleukine 1 n.f.

interleukin-1

Cytokine produite essentiellement par les phagocytes mononucléés activés intervenant de façon déterminante dans l’immunité innée et les réactions inflammatoires au cours desquelles, en synergie avec TNF-α, elle stimule la production des molécules d’adhésion par les cellules endothéliales, la production de chimiokines par ces mêmes cellules et par les macrophages, la biosynthèse hépatique des protéines de la phase aigüe et la fièvre.
L’IL-1ß est une molécule soluble de 17,5 kDa obtenue par protéolyse de la pro-IL-1ß par un enzyme de conversion (ICE ou interleukin-1 converting enzyme) de la famille des caspases. L’IL-1α de masse moléculaire 31 kDa est principalement membranaire. L’IL-1Ra ou antagoniste du récepteur de l’IL-1 est une molécule soluble de 22 kDa. Ces trois formes moléculaires se lient à des récepteurs d’IL-1 de type 1 qui induisent un signal cellulaire ou de type 2 qui n’induisent pas de signal. Les deux récepteurs existent sous forme soluble. Ces récepteurs sont exprimés sur un ensemble de cellules : lymphocytes T et B, hépatocytes, fibroblastes, ainsi que de cellules d’organes tels que le muscle, la moelle osseuse.
L’IL-1 stimule l’hématopoïèse, la synthèse des protéines de la phase aigüe de l’inflammation (protéine C-réactive), la résorption osseuse, la fièvre et l’expression des molécules adhésives à la surface des cellules endothéliales. Dans toutes ces activités elle agit en synergie avec le TNFα.

Sigle  : IL-1

→ phagocytes mononucléés (système des), cytokine, protéine C-réactive, TNFα.

interleukine 4 n.f.

interleukin-4

Interleukine produite par les lymphocytes T activés, et induisant la prolifération des lymphocytes B activés et des cellules T.
Elle stimule l'expression du CD23 et du complexe majeur d'histocompatibilité. Protéine de masse moléculaire 15 kDa, composée de 129 acides aminés avec 2 sites de N-glycosylation.

Sigle  : Il-4

→ lymphocytes-B, cellule T, complexe majeur d'histocompatibilité

interleukine 5 n.f.

interleukin-5

Interleukine produite par les lymphocytes T activés, et induisant la différenciation des éosinophiles.
C'est une protéine de masse moléculaire de 30 kDa se présentant comme un dimère d'une chaîne de 115 acides aminés.

Sigle  : IL-5

→ lymphocytes T

interleukine 11 n.f.

interleukin-11

Interleukine qui a été trouvée dans le milieu de culture de cellules stromales de Singe et qui a une activité proche de celle de l'IL-6.
C'est une protéine basique de 199 acides aminés dépourvue de cystéine, mais riche en leucine et en proline. Elle est identique au facteur inhibant la différenciation des adipocytes (AGIF).

Sigle  : IL-11

interleukine 13 n.f.

interleukin-13

Interleukine produite par les cellules T, capable d'activer les cellules B.
Elle inhibe la production d'autres cytokines telles que Il-6, Il-1β, Il-8 et TNFα par les monocytes stimulés. C'est une protéine de 132 acides aminés. Elle paraît douée d'effets multiples, en synergie avec Il-2 pour augmenter la sécrétion d'interféron γ, et elle aurait une action inhibitrice sur le développement du virus VIH.

Sigle  : IL-13

→ cytokine, lymphocytes T, lymphocytes-B, Il-6, Il-1, Il-8, TNFα, interféron, monocyte, virus VIH

iodoprotéine n.f.

iodoprotein

Protéine contenant des acides aminés iodés, tyrosine ou histidine.
La thyroglobuline contient 95% de l’iode thyroïdien sous forme de iodotyrosine, d’iodothyronine et d’iodohistidine. On prépare des iodoprotéines artificielles.

isodesmosine n.f.

isodesmosin

Acide aminé tétra-acide et tétra-aminé présent parmi les produits d'hydrolyse de l'élastine et qui est cause de la réticulation de cette protéine des tissus conjonctifs.
Isomère de la desmosine, l'isodesmosine, se forme par condensation de trois molécules d'allysine et d'une molécule de lysine, donnant naissance à un cycle pyridinium portant quatre résidus d'acides aminés.

JO-1 antigène l.m.

JO-1 antigen

Protéine cytoplasmique de nature enzymatique (activité histidyl tRNA synthétase).
Des autoanticorps anti-JO-1 sont trouvés dans le sérum de 41 % des polymyosites, 18 % des dermatopolymyosites, 8 % des syndromes de chevauchement et 0 % des malades ayant un cancer associé à une dermatopolymyosite.

jonction dermoépidermique l.f.

epidermal-dermal junction, dermal-epidermal junction

Située entre épiderme et derme souvent mentionnée sous le nom de membrane basale épidermique, la jonction dermo-épidermique qui se présente comme une ligne sinueuse de 10 nm d’épaisseur semblant séparer la couche basale épidermique de la limite superficielle du corps papillaire dermique a une structure complexe au sein de laquelle au moins 26 composants ont été identifiés et une double fonction d’ancrage des cellules épidermiques et de filtration.
En microscopie électronique on distingue trois zones visibles ; une zone supérieure correspondant au pôle basal des kératinocytes, comportant les hémidesmosomes avec les filaments intermédiaires de cytokératine et la membrane cytoplasmique des kératinocytes basaux ; une zone intermédiaire comprenant un feuillet clair, la lamina lucida, et un feuillet sous-jacent plus foncé, la lamina densa, la lamina lucida étant traversée par les filaments d’ancrage faits de laminine reliant le pôle basal de chaque kératinocyte à la lamina densa ; une zone inférieure correspondant à la sousbasale intradermique superficielle qui contient des fibres de collagène et des microfilaments appelés fibrilles d’ancrage faites de collagène VII reliant lamina densa à des structures denses du derme nommées plaques d’ancrage constituées de collagène IV.
En pathologie de nombreux antigènes contenus dans les différents étages de la jonction dermoépidermique sont impliqués dans le déclenchement de maladies bulleuses telles que pemphigoïdes, épidermolyses, dermatose bulleuse à IgA ; le sérum des malades atteints de pemphigus vulgaire contient des auto-anticorps démontrables par immunofluorescence indirecte dirigés contre certains de ces antigènes, en particulier des anticorps anti-desmogléine-3, protéine appartenant à la superfamille des cadhérines. Dans le lupus érythémateux systémique on observe par immunofluorescence directe des dépôts d’immunoglobulines et de certains composants du complément sur la jonction dermo-épidermique en peau malade mais également en peau saine, la mise en évidence de ces derniers étant à la base du « lupus band test » (LBT) qui a un double intérêt diagnostique et pronostique pour l’étude de la maladie.

junctophiline n.f.

junctophilin

Protéine située è la jonction de la membrane plasmique avec le réticulum endoplasmique et dont la fonction est un couplage entre des récepteurs voltage-sensibles et des canaux calcium intra cellulaires.
La junctophiline-3 est impliquée dans un type de neuropathie congénitale HDL2 (Huntington disease-like 2) avec amplification d’un triplet CAG/GTC.

kallicréinogène n.m.

kallikreinogen

Protéine plasmatique se comportant comme un proenzyme générateur de kallicréine sous l'effet de divers facteurs protéolytiques, tels que la trypsine, des protéases de venins de serpent, ou du facteur Hageman libéré par des tissus lésés.

Syn. prékallicréine, callicréinogène

kallidine n.f.

kallidin

Décapeptide hypotenseur et vasodilatateur, qui se forme dans le plasma sanguin à partir d'une protéine dite kininogène, sous l'effet de la kallicréine.
Sa formule est Lys-Arg-Pro-Pro-Gly-Phe-Ser-Pro-Phe-Arg.

kallidinogène n.m.

kallidinogen

Protéine plasmatique précurseur de la kallidine.

Syn. kininogène

képhastine n.f.

kephastin

Protéine membranaire de l’entérocyte impliquée dans la sortie du fer de la cellule.

kératine n.f.

keratin

Scléroprotéine de la laine, des poils, des cheveux et des ongles, présente dans presque toutes les cellules épithéliales.
Les kératines sont des protéines fibreuses insolubles dans l'eau. Riche en cystine qui peut représenter 11 % de la protéine et qui par ses ponts disulfure maintient la structure des fibres, la kératine peut prendre une forme ramassée, dite kératine a, et une forme étirée, dite kératine b. Des filaments de kératine (cytokératine) peuvent s'accumuler dans des cellules épithéliales ou hépatiques. Ils sont constitués à partir de prékératine.

Étym. gr. keras, keratos : corne

kinine n.f.

kinin

Chacun des polypeptides hypotenseurs formés par protéolyse d'une protéine plasmatique dite kininogène, médiateurs sériques de l'inflammation.
Il existe plusieurs kinines de structure voisines : la bradykinine, la kallidine et la méthyl-lysyl-bradykinine. Les kinines ont la propriété d'augmenter la perméabilité vasculaire et de provoquer la contraction des muscles lisses.

Étym. gr. kinein : mouvoir

lactalbumine n.f.

lactalbumin

Protéine du lactosérum, représentant 12 % des protéines.
De masse moléculaire 14 kDa, elle participe avec une galactosyl-transférase à la constitution d'un système enzymatique, la lactose-synthétase.

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