Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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conduit thoracique droit l.m.

ductus lymphaticus dexter, ductus thoracicus dexter (TA)

right lymphatic duct, right thoracic duct

Conduit lymphatique qui draine le membre supérieur droit, la paroi thoracique droite, le poumon droit, la face droite du cœur, une partie de la face diaphragmatique du foie et la moitié droite de la tête et du cou.
Ces différents collecteurs terminaux peuvent s’aboucher directement et séparément dans le confluent jugulo-sous-clavier droit. C’est leur regroupement avant l'abouchement dans le confluent jugulo-sous-clavier droit qui crée le conduit thoracique droit qui ne mesure quelques millimètres à un centimètre de long.

Syn. anc. canal lymphatique droit, grande veine lymphatique

[A1]

Édit. 2015

conduit thoracique gauche l.m.

ductus thoracicus lymphaticus sinister
left thoracic (lymphatic) duct
Simple dédoublement du conduit thoracique.
Il est inconstant. Il accompagne le conduit thoracique.

Syn. conduit lymphatique gauche

[A1]

Édit. 2015

conduit thoracique lymphatique l.m.

ductus thoracicus lymphaticus
thoracic lymphatic duct
Conduit qui collecte tous les lymphatiques sous-diaphragmatiques sauf une partie des lymphatiques du foie et de la partie sus-ombilicale de la paroi abdominale.
C'est le plus volumineux des troncs lymphatiques du corps. Il nait de la réunion des 2 troncs lymphatiques lombaires faisant suite aux nœuds lymphatiques aortiques droit et gauche. Une fois sur deux, cette réunion est intra-abdominale en avant des 2 premières vertèbres lombaires ; il traverse alors le diaphragme en arrière de la partie droite de l'aorte. Dans l'autre cas, la réunion se fait en regard des 2 dernières vertèbres thoraciques. Il monte en longeant le côté droit de l'aorte, oblique en haut et à gauche, très à gauche de la veine azygos, en avant des artères intercostales aortiques droites et des parties terminales transversales des veines hémi-azygos. Il croise la face interne de la crosse aortique en regard de la 5e ou 6e vertèbre thoracique, suit la face postéro-interne de l'artère sous-clavière gauche. À la base du cou, il décrit une crosse et se termine dans le confluent jugulo-sous-clavier gauche. Il porte 2 valvules à sa terminaison, habituellement. En l'absence de valvules, il chemine sur un certain trajet dans la paroi du vaisseau sanguin (effet valvulaire en cas d'hyperpression veineuse).
Le canal thoracique reçoit les canaux efférents des nœuds lymphatiques intercostaux, juxtavertébraux et une partie des lymphatiques efférents des nœuds médiastinaux postérieurs. Enfin, un certain nombre de collecteurs terminaux sus-diaphragmatiques du côté gauche s'abouchent dans le conduit thoracique : les lymphatiques gauches jugulaires, axillaires, de la moitié gauche de la paroi thoracique ainsi que le tronc bronchomédiastinal gauche.

Syn. canal thoracique

[A1]

Édit. 2015

conduit thoracique lymphatique droit l.m.

ductus lymphaticus dexter, ductus thoracicus dexter
right lymphatic duct, right thoracic duct
Conduit formé par la réunion de certains troncs collecteurs terminaux du système lymphatique droit (membre supérieur droit, moitié droite de la paroi thoracique sauf les lymphatiques intercostaux).
Il reçoit les troncs lymphatiques jugulaire et bronchomédiastinal droits. Il est inconstant et très court (1 à 2 cm) et s'abouche dans le confluent jugulo-sous-clavier droit.
Anc. dénom. grande veine lymphatique

Syn. canal lymphatique droit

[A1]

Édit. 2015

conduit thoracique lymphatique gauche l.m.

ductus thoracicus lymphaticus sinister
left thoracic (lymphatic) duct
Simple dédoublement du conduit thoracique.
Il est inconstant. Il accompagne le conduit thoracique.

[A1]

Édit. 2015

condylome acuminé l.m.

condyloma acuminatum, venereal wart, genital wart, acuminate wart, verruca acuminata

Lésion verruqueuse ou excroissance papilliforme des régions génitale et anale, due à des virus du groupe des VPH (virus des papillomes humains), contagieuse, auto-inoculable, sexuellement transmise, faisant généralement partie d'une efflorescence et récidivant fréquemment après destruction par cryothérapie, électrocoagulation, laser ou podophylline topique.
Certains VPH (16 et 18) ont un potentiel oncogène, notamment sur le col utérin, la vulve, le pénis.

A. Buschke, dermatologue allemand, L. Löwenstein, dermatologue américain d’origine allemande (1925)

Étym. gr. kondylôma : grosseur calleuse, de kondylos, saillie articulaire ; lat. acumen : pointe

Syn. crête-de-coq, chou-fleur, papillome vénérien, végétation vénérienne, condylome vénérien

[F5,D1]

conidiophore n.m.

conidiophore

En mycologie, structure spécialisée portant la spore ou la cellule conidiogène.

→ conidie

[D2]

Conradi-Hünermann (syndrome de) l.m.

Conradi-Hünermann’s syndrome, Conradi’s disease, dysplasia epiphysalis punctata, stippled epiphysis disease, chondrodystrophia congenita

Maladie rare à transmission dominante liée à l’X, avec létalité chez le fœtus mâle hétérozygote, dont le tableau clinique, complet à la naissance, est fait de nanisme avec raccourcissement asymétrique des membres, macrocéphalie, nez aplati, scoliose, coudes et genoux en demi-flexion, aspect radiologique typique de calcification ponctuée des épiphyses et du rachis, dystrophies variées portant sur l’œil, avec cataracte focale asymétrique, le cœur, le tube digestif et la peau ; un retard mental est possible.
L’atteinte cutanée comporte une peau fine et brillante ou des lésions en nappes érythémato-squamo-croûteuses ou une éruption hyperkératosique suivant les lignes de Blaschko, manifestations très précoces mais qui peuvent disparaître plus tard tandis que survient parfois ultérieurement une atrophodermie folliculaire avec hyperpigmentation et alopécie en aires.
L’affection, peroxysomale, est liée à un trouble de la biosynthèse du cholestérol par mutation d’un gène codant pour une hydroxysteroïd-δ8-isomérase, locus en Xp11.22-p11.23.

E. Conradi, pédiatre allemand (1914) ; C. Hünermann, médecin allemand (1931) ; A. Blaschko, dermatologiste allemand (1901) ; R. Happle, dermatolgiste allemand (1977)

Syn. Happle (syndrome de)

→ atrophodermie folliculaire, épiphyses ponctuées (maladie des)

[Q2]

Édit. 2018

conseil d'administration d'hôpital l.m.

Dans tout établissement hospitalier, organisme assurant l’administration de l’établissement.
Il en établit la politique générale, en conformité avec les directives nationales, il vote le budget, il arrête le programme des gros travaux, il fixe le tableau des emplois permanents nécessaires, il décide des emprunts, etc.


  1. La plupart des décisions du conseil d’administration sont soumises à l’approbation des autorités de tutelle : le préfet et le ministre chargé de la santé.

  2. Il est composé de représentants des collectivités territoriales, du personnel de l’établissement, de la sécurité sociale et de personnes qualifies.

  3. Il est présidé par le maire dans le cas communaux, ou par le président du conseil général dans le cas des établissements départementaux.

[E]

contracture psychogène l.f.

psychogenic contracture

Principalement localisée aux membres, la contracture psychogène offre le tableau clinique d’une posture irréductible à l’état de veille, sous forme d’une extension ou plus fréquemment d’une flexion d’un ou de plusieurs segments articulaires ; des contractures psychogènes peuvent également être observées au tronc, réalisant alors dans les cas extrêmes un opisthotonos ou une camptocormie.
La contracture psychogène est une réponse involontaire à un trauma d’ordre émotionnel ou physique. Un conflit intrapsychique, non reconnu par le patient, est souvent présent. Dans sa forme isolée, la contracture psychogène se relâche dans le sommeil profond et sous narcose ; l’examen sous anesthésie générale permet d’en assurer le diagnostic. Une contracture psychogène de longue durée peut néanmoins s’accompagner de troubles trophiques et de raideurs, rendant alors le diagnostic plus difficile.
La contracture psychogène est probablement plus fréquente qu’on ne croit dans la mesure où il existe des formes méconnues, frustes et transitoires, d’évolution spontanément favorable.
Le traitement d’une contracture psychogène est transdisciplinaire et multimodal, impliquant une prise en charge psychiatrique. La personnalisation des soins semble jouer un rôle déterminant dans la guérison. De nombreux procédés thérapeutiques peuvent être utilisés : kinesthésiologie, entretiens verbaux, hypnose, faradisation douce…Les indications de la chirurgie sont exceptionnelles et concernent des formes compliquées.
A l’heure actuelle, les éclairages croisés de la psychiatrie, de la psychologie cognitive, des neurosciences et de l’imagerie fonctionnelle conduisent à considérer la contracture psychogène comme un trouble de la volition qui obéirait à un mécanisme d’ordre adaptif.
La contracture psychogène entre dans le cadre des troubles de conversion qui, eux-mêmes, sont issus d’un dénombrement de la notion désormais obsolète d’hystérie.

→ camptocormie, opisthotonos

[I4,H3]

contraphobique adj.

contraphobic

Se dit d'un objet ou d'une personne qui permet au sujet porteur d'une névrose phobique de se réassurer devant une situation phobogène et d'affronter celle-ci.
Un médicament anxiolytique peut jouer ce rôle d'objet contraphobique. Le choix de l'objet contraphobique est rarement le fruit du hasard, mais il a souvent une signification symbolique inconsciente.

[H4]

contre-immunoélectrophorèse n.f.

counter immunoelectrophoresis

Technique rapide d'électrophorèse appliquée à la méthode de double diffusion en plaque d'Ouchterlony.
La sensibilité et la rapidité sont augmentées en provoquant la migration l'un vers l'autre des deux réactants à l'aide d'un courant électrique.

Ö. Ouchterlony, bactériologue et immunologiste suédois (1949)

→ électrosynérèse

[C1]

convulsions fébriles de l'enfance l.f.p.

childhood febrile convulsions

Crise épileptique survenant à l'occasion d'une infection fébrile non spécifique, observée au-dessous de l'âge de 5 ans avec une incidence maximale dans la deuxième année et touchant environ 3% des enfants.
Le plus souvent, il s'agit d'un paroxysme clonique, apparemment généralisé d'emblée, de brève durée, chez des enfants normaux, et ne laissant aucun déficit postcritique : convulsions fébriles simples. Plus rares, des convulsions fébriles complexes, fréquemment latéralisées, peuvent être prolongées ou répétées en série, voire en salves, et entraîner des séquelles neurologiques transitoires ou permanentes.
Les récidives sont évaluées différemment, jusqu'à un tiers des cas, et le risque d'épilepsie-maladie ultérieure à seulement 4%. L'instauration d'un traitement prophylactique continu est considérée comme inopportune par la plupart des auteurs.
L'hérédité de certaines formes familiales est complexe, avec présence de plusieurs gènes.
En cas de convulsions prolongées, le diazépam intraveineux ou intra-rectal (0,3-0,5 mg/kg) doit être ajouté au traitement général. Une prévention discontinue lors des accès fébriles est souvent pratiquée avec cette même substance intra-rectale.

→ convulsions de l'enfance

[H1,P1]

cophémie n.f.

J. Dejerine et A. Thomas, neurologues français, membres de l’Académie de médecine (1893)

Étym. gr. kôphos : sourd ; phêmi : je parle, je dis

Syn. kophémie

→ surdité verbale pure

[H1]

cophochirurgie n.f.

surgery of the deafness, cophosurgery

Chirurgie de la surdité.
Ce terme a été initialement employé en France pour désigner les interventions chirurgicales utilisées dans le traitement de l’otospongiose : fenestration, mobilisaton de l’étrier, platinectomie ou platinotomie et interposition d’une prothèse stapédienne. La tendance actuelle est d’utiliser ce terme pour tout geste chirurgical visant à améliorer l’audition.
Néologisme du gr. kophos : sourd

→ otospongiose

[P1]

cophose n.f.

cophosis, deafness

Perte totale de l’audition, uni ou bilatérale.
Une cophose peut survenir lors d’une destruction complète de l’oreille interne ou d’une destruction du nerf auditif. Elle s’associe à une involution des voies et des centres auditifs issus de l’oreille cophotique. Une oreille cophotique est inappareillable. Les sujets ayant une cophose bilatérale sont sourds profonds ; ils peuvent bénéficier d’une technique de réhabilitation auditive : l’implant cochléaire.

Étym. gr. kophos : sourd

Syn. anacousie

→ surdité

[P1]

cophotique adj.

Qui est en rapport avec la cophose.

[P1]

coque cytotrophoblastique externe l.f.

Mince couche de cellules cytotrophoblastiques des villosités placentaires qui, vers la fin de la 3ème semaine, traversent progressivement le syncytiotrophoblaste pour atteindre l’endomètre maternel où elles entrent en contact avec les expansions similaires des villosités choriales voisines.
Cette coque apparaît au pôle embryonnaire puis s’étend pour entourer le trophoblaste. Participant à la structure des villosités crampons elles amarrent la masse chorionique à l’endomètre.

Syn. coque trophoblastique

→ cytotrophoblaste, villosités placentaires, syncytiotrophoblaste, pôle embryonnaire

[A4,O6]

coqueluche n.f.

whooping-cough, pertussis

Maladie infectieuse, endémo-épidémique, très contagieuse, due à une bactérie, Bordetella pertussis.
Dans sa forme classique, elle atteint surtout l’enfant de 4 à 5 ans. Après une période d’invasion de 10 jours, marquée par une toux nocturne, cyanosante et émétisante, elle se caractérise, à la phase d’état, par des quintes de toux spasmodique, durant plusieurs semaines. Avant l’ère des antibiotiques et de la vaccination, elle se compliquait principalement de bronchopneumonies, dues à des bactéries de surinfections, et de malnutrition du fait des vomissements succédant aux quintes, ce qui s’observe encore dans les pays en développement. Dans les pays qui vaccinent depuis longtemps les nourrissons, la coqueluche de l’enfant a disparu, mais on observe une résurgence de la coqueluche chez de jeunes adultes, anciens vaccinés et chez les très jeunes nourrissons de moins de 6 mois, non encore vaccinés, contaminés par de proches parents atteints par la maladie. La forme du nourrisson est grave, caractérisée par la survenue d’apnées et d’accès de bradycardie ; la coqueluche maligne associe une tachycardie importante et permanente, des troubles vaso-moteurs, des œdèmes, des troubles de la conscience ou des convulsions, une hyperlymphocytose ; son pronostic est très péjoratif (mortalité proche de 75 %), justifiant une hospitalisation d'urgence en service de réanimation. La prévention est efficace, grâce aux vaccins de la coqueluche, à germes entiers ou acellulaires. Des rappels tardifs sont proposés en France et dans d’autres pays, pour diminuer les cas chez les adultes et pallier ainsi à la contamination des nourrissons.

→ vaccin coqueluche, Bordetella

[D3]

coqueluchoïde adj.

Se dit d’une toux qui, par ses caractères, évoque celle de la coqueluche

[D3]

coque trophoblastique l.f.

→ coque cytotrophoblastique apparente

[A4,O6]

cordage n.m.

chordae tendineae

Formation anatomique située à l’intérieur d’un ventricule du cœur et contribuant à assurer l’attache et la suspension de la valve auriculoventriculaire, mitrale ou tricuspide.
Un cordage normal est un fin cordon fibreux qui s’attache en bas sur un des muscles papillaires du ventricule et en haut sur la valve correspondante. Selon son point d’attache valvulaire, le cordage est de 1er ordre (rejoignant le bord adhérent de la valve), de 2e ordre (rejoignant la face pariétale de la valve), ou de 3e ordre (rejoignant le bord libre de la valve). Les cordages normaux assurent à la valvule une suspension en parachute qui joue un grand rôle dans son étanchéité systolique. La pathologie des cordages du cœur comporte des maladies dégénératives pouvant aboutir à la rupture spontanée, et des maladies infectieuses (rhumatisme articulaire aigu) qui les épaississent et les rétractent.

[A1,K2]

Édit. 2015

cordages tendineux du cœur l.m.p.

chordae tendinae cordis (TA)

chordae tendinae of heart ; tendinous cords of heart

Fins cordons fibreux qui se détachent du sommet des muscles papillaires pour se terminer sur les bords et les faces pariétales des valves atrio-ventriculaires.
Ils rendent le jeu des valves solidaire de l’état de contraction du muscle papillaire. Selon leur insertion valvulaire, on les classe en trois catégories : les cordages tendineux de premier ordre s’attachent au bord adhérent de la valvule, ceux de deuxième ordre à la face pariétale et ceux de troisième ordre au bord libre.

[A1,K2]

Édit. 2015

corde du tympan l.f.

chorda tympani, radix parasympathica ganglii sublingualis (TA)

chorda tympani, parasympathetic root of sublingual ganglion, parasympathetic root of submandibular ganglion

Filet nerveux anastomotique né du nerf facial dans la portion verticale de son trajet intrapétreux.
Il traverse la caisse du tympan dans sa paroi latérale (replis malléolaires de la membrane du tympan) et rejoint le nerf lingual dans l’espace interptérygoïdien. Il contient les fibres viscérales préganglionnaires, vasomotrices et sécrétoires qui innervent la glande submandibulaire et la glande sublinguale après relais dans le ganglion submandibulaire. Il véhicule également des fibres sensorielles gustatives qui, en amont, constituent le nerf intermédiaire.

Syn. racine parasympathique du ganglion sublingual, racine parasympathique du ganglion submandibulaire

[H5]

Édit. 2015

cordite de Virchow l. f.

R. Virchow, anatomo-pathologiste et anthropologue allemand (1821-1902)

→ Virchow (cordite de)

[P1]

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