Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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analgésie épidurale l.f.

epidural analgesia

Analgésie locorégionale utilisant des anesthésiques locaux instillés dans l'espace épidural, entre la face externe de la dure-mère et la face interne du canal rachidien, espace appelé également péridural.
Le terme « épidural » était réservé par l'usage à la partie basse de cet espace qui peut être infiltré par voie caudale ou par ponction du premier trou sacré.

Étym. gr. analgesia : insensibilité à la douleur (an : privatif, algesis : douleur)

Syn. analgésie péridurale, analgésie extra-arachnoïdienne, infiltration caudale

[B3,G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésie extra-arachnoïdienne l.f.

extra arachnoid analgesia

→ analgésie épidurale

[B3,G1,G3 ,G5]

Édit. 2017

analgésie extradurale l.f.

epidural analgesia

Ensemble des anesthésies locorégionales incluant les anesthésies caudale, épidurale et péridurale.

Étym. gr. analgesia : insensibilité à la douleur (an : privatif, algesis : douleur)

[B3,G1,G3 ,G5]

Édit. 2017

analgésie extrathécale l.f.

extrathecal analgesia

Syn. analgésie épidurale

[B3,G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésie intra-arachnoïdienne l.f.

intra arachnoid analgesia

Syn. rachi-anesthésie, analgésie intra-dure-mérienne

→ rachianesthésie

[B3,G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésie intra-dure-mérienne l.f.

intradural analgesia

Syn. rachi-anesthésie, analgésie intra-arachnoïdienne

→ rachianesthésie

[B3,G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésie locale du périnée l.f.

local analgesia of the perineum

Anesthésie locale du périnée par injection, habituellement sur le trajet de l'incision périnéale d'une épisiotomie médiane, médiolatérale ou latérale, d'un anesthésique local sous-cutané.
Elle est actuellement peu employée du fait du développement des anesthésies tronculaires et locorégionales.

Étym. gr. analgesia : insensibilité à la douleur (an : privatif, algesis : douleur)

[B3,G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésie obstétricale l.f.

obstetrical analgesia

Suppression de la douleur du travail de l’accouchement.
Les techniques d'analgésie utilisent :
- la relaxation : la préparation psychoprophylactique, la sophrologie, le yoga ;
- les stimulations neurologiques : la réflexothérapie, l’acupuncture, la neurostimulation électrique ;
- les antalgiques et sédatifs par voie générale : les morphiniques, leurs dérivés et les apomorphiniques, notamment, ou le protoxyde d’azote ;
- l'anesthésie locale : l’ analgésie locale du périnée, les blocs paracervicaux ;
- l'anesthésie tronculaire : l’analgésie des nerfs honteux internes ;
- les anesthésies locorégionales : la rachi-anesthésie, l’analgésie péridurale ;
- l'anesthésie générale, éventuellement selon des techniques spécifiques : l’ « anesthésie à la Reine » utilisant un anesthésique volatile pour la période d'expulsion, l’« anesthésie toulousaine » utilisant un hypnotique à doses liminaires pour la durée du travail.

Étym. gr. an privatif; algos: douleur

[B3,G1,G3,G5,H1,H4]

Édit. 2017

analgésie obstétricale locorégionale l.f.

regional obstetrical analgesia

Ensemble des techniques d'anesthésie obstétricale agissant au niveau des émergences des nerfs sensitifs périphériques.
Ce terme générique recouvre les analgésies caudale, épidurale, extra-arachnoïdienne, intra-dure-mérienne, péridurale et rachidienne.

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

[B3,G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésie par acupuncture l.f.

analgesia with acupuncture

Type d'analgésie (par acupuncture traditionnelle ou modifiée avec stimulation électrique par les aiguilles), utilisée seulement pour des interventions mineures et superficielles.
Elle agirait en provoquant la libération d'endorphines. Dans la pratique, on doit souvent lui associer une sédation médicamenteuse car l'acupuncture n'assure qu'une analgésie peu efficace et peu reproductible. Elle semble plus efficace dans le traitement de certaines douleurs chroniques.

Étym. lat. acutus ; pointu ; punctum : piqûre

[B3,G1,G5]

Édit. 2017

analgésie péridurale l.f.

epidural analgesia

Analgésie locorégionale, par infiltration de l'espace rachidien épidural avec un anesthésique local.
Elle consiste en la mise en place par voie lombaire inter-épineuse d'un cathéter souple dans l'espace épidural, situé entre le ligament jaune et la dure-mère. Cet espace est repéré, après ponction transcutanée sous anesthésie locale, par la technique du mandrin liquide qui recherche la perte de résistance à la pression dans l'espace péridural après franchissement du ligament jaune. Des anesthésiques locaux ou des morphiniques sont injectés dans cet espace visant à la suppression des afférences nociceptives en limitant le bloc moteur. Le cathéter permet des réinjections itératives. Technique d'analgésie obstétricale la plus employée concernant plus de 80% des accouchements dans certaines maternités, elle a aussi ses indications en chirurgie gynécologique ou en cancérologie et, en fonction du niveau métamérique d'analgésie recherché, la ponction peut se faire en région lombaire, dorsale, voire cervicale. Enfin, dans certaines indications particulières d'analgésie prolongée, le cathéter peut être implanté en sous-cutané (en langage courant « péridurale tunnelisée »).

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

Syn. analgésie épidurale

[B3,G1,G3 ,G5]

Édit. 2017

analgésie préventive l.f.

pre-emptive analgesia

Administration d'un analgésique avant l'application prévisible d'un stimulus nociceptif.
Elle permettrait de diminuer l'amplification douloureuse en agissant sur la plasticité des voies de la douleur et de réduire ainsi les doses d'analgésiques nécessaires dans les suites postopératoires. L'acupuncture semble agir partiellement ainsi.

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

[B3,G1,G3 ,G5]

Édit. 2017

analgésie rachidienne l.f.

spinal anaesthesia

Anesthésie régionale consistant en l’injection dans le liquide cérébrospinal, après ponction de l’espace sous-arachnoïdien par rachicentèse, d’un anesthésique local ou, plus rarement, de dérivé morphinique.
L’injection est responsable, avec les anesthésiques locaux, d’un blocage d’abord des afférences sensitives puis des afférences motrices. Le niveau de l’anesthésie obtenu dépend de la position du patient et de la densité du mélange injecté par rapport à celle du liquide cérébrospinal. Cette technique est utilisée essentiellement en chirurgie et très peu en obstétrique du fait de l’impossibilité d’injections itératives et du bloc moteur. La mise au point d’un microcathéter implantable en position sous-arachnoïdienne permettra probablement d’élargir les indications.

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

Syn. rachianesthésie

[B3,G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésique n.m.

analgesic drug

Médicament qui supprime ou atténue la sensibilité à la douleur.
Selon leur mécanisme d’action, on distingue les analgésiques périphériques et les centraux.

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

→ analgésique central, analgésique périphérique, néphropathie des analgésiques

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésique adj.

analgesic

Se dit d'une substance capable d'abolir la perception des sensations douloureuses sans entraîner la perte de conscience.
On divise ces substances en deux classes : les analgésiques morphiniques toxicomanogènes réservés aux douleurs intenses, et les analgésiques non morphiniques (aspirine, paracétamol), non toxicomanogènes, utilisés pour combattre les douleurs moins intenses.

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

Syn. antalgique

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésique agoniste-antagoniste ou agoniste partiel l.m.

analgesic agonist-opposing or agonist partial

→ analgésique central

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésique central l.m.

opioid analgesic, narcotic analgesic

Médicament opioïde dont le chef de file est la morphine et qui atténue ou supprime la douleur par une action sur des récepteurs spécifiques du système nerveux central, de la moelle épinière et des nerfs périphériques.
Les récepteurs aux opiacés sont de trois types principaux : mu, delta et kappa. Les opiacés règlent la transmission des stimulus nociceptifs par l'intermédiaire de ces récepteurs. Ils sont liés aux protéines G et leur activation présynaptique inhibe la libération de neuromédiateurs algogènes comme la substance P. Les ligands endogènes de ces récepteurs sont les enképhalines, les bêta-endorphines et les dynorphines.
Les opiacés utilisés en anesthésie sont des 4 phénylpipéridines, dérivées du fentanyl. Ce sont des agonistes sélectifs. Certains opiacés sont des agonistes partiels et sont utilisés pour l'analgésie postopératoire (buprénorphine, nalbuphine). Les opiacés sont administrés par voie entérale ou parentérale. La dépression respiratoire, effet indésirable le plus important, peut être à l'origine de complications hypoxiques graves. Dans sa forme caractéristique, cette dépression se traduit par l'«oubli de respirer» (analogue à la malédiction d'Ondine) facilement contrecarré par une simple stimulation verbale.

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

→ Ondine (malédiction de), P (substance)

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

analgésique périphérique l.m.

non-narcotic analgesic, non-opioid analgesic

Médicament non opioïde qui atténue ou supprime la douleur par une action prédominante sur ses mécanismes périphériques.
Ils inhibent la synthèse ou la libération de médiateurs algogènes comme les prostaglandines, la sérotonine, l'histamine et la bradykinine. On distingue 3 classes d'analgésiques périphériques :
1) antipyrétiques (paracétamol) ;
2) anti-inflammatoires (acide acétyl-salicylique, anti-inflammatoires non stéroïdiens) ;
3) analgésiques purs (glafénine qui n’est plus commercialisé).

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

analogue de la LH-RH l.m.

LH-RH (Luteinizing Hormone-Releasing Hormone) analog

Décapeptide de synthèse reproduisant les effets sur les sécrétions hypophysaires de la LH-RH, hormone naturellement sécrétée par l'hypothalamus : sa sécrétion intermittente pulsatile déclenche la réponse hypophysaire ; sa sécrétion continue bloque les fonctions gonadiques,
Ses indications thérapeutiques sont variées : l’induction de l'ovulation en procréation médicalement assistée, endométriose, fibromes utérins, puberté précoce, cancers du sein hormonodépendants chez la femme non ménopausée et cancer de la prostate chez l'homme. La plupart des molécules sont utilisées sous leur forme retard, par ex. la triptoréline, la buséréline.

Syn. agoniste de la LH-RH

[C1, C3, G5, O4]

Édit. 2020

analogue des prostaglandines l.m.

prostaglandin analog

Molécule de synthèse reproduisant les effets des prostaglandines naturelles endogènes.
En gynécologie, ce sont surtout les analogues des prostaglandines E1, le misoprostol et le géméprost, et E2, le sulprostone, qui sont utilisés pour leurs effets ocytociques puissants pour les interruptions de grossesse, en association avec le RU 486, la mifégyne, et pour les hémorragies de la délivrance par inertie utérine.

→ prostaglandine

[G5, O3, O4]

Édit. 2020

analogues nucléosidiques inhibiteurs de la transcriptase inverse l.m.p.

analogues nucléosidiques inhibitory of reverse transcriptase

Antirétroviraux virustatiques, utilisés par voie orale et en association dans le traitement de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH1 et VIH2).
On distingue l’AZT (azidothymidine) et l’abacavir analogues de la thymidine, la ddI analogue de l’adénosine, la ddC analogue de la déoxycytidine, le d4T analogue de la thymidine, le 3TC analogue de la cytidine, le ténofovir, seul inhibiteur nucléotidique de la transcriptase inverse.

→ azidothymidine, abacavir, ténofovir, sida

[D1, G5]

Édit. 2020

analyse prédictive en médecine l.f.

clinical decision analysis

Étude des étapes du raisonnement médical pour préciser la validité d'un diagnostic, l'efficacité probable d'une thérapeutique et la marge de confiance d'un pronostic.
Outil d'appréciation du rapport qualité/coût, il évalue l'efficacité des soins, l'utilité ou l'inutilité des examens de laboratoire, des mesures de sécurité, la limite d'erreur d'un pronostic en fonction du temps, la validité des techniques d'enseignement, etc. L'analyse prédictive s'appuie sur la théorie des probabilités, notamment sur le théorème de Bayes.

T. Bayes, mathématicien britannique (1763)

Étym. gr. analusis : décomposition

→ bayésienne (démarche), Bayes (théorème de), information

[E1,G5]

Édit. 2017

anaphrodisie n.f.

anaphrodisia

Dans son sens restreint, absence durable ou temporaire de sensation voluptueuse, qui doit être distinguée des échecs dans l'obtention de l'orgasme.
Rare en fait, ce défaut de pulsions érotiques au cours d'excitations sexuelles appropriées entraîne une inaptitude au plaisir, même s'il y a eu réalisation de l'acte.
À l'origine de l'anaphrodisie secondaire, ont été décrits surtout des psychotraumatismes majeurs, des traitements tranquillisants ou antidépresseurs et des accouchements. Il semble plutôt s'agir de frigidité acquise.

Étym. gr. aphrodisia : plaisir de l'amour

→ frigidité, impuissance, anorgasmie féminine

[G4,G5,H4,O3]

Édit. 2017

androgénothérapie n.f.

androgenotherapy

Traitement par les androgènes ou leurs dérivés synthétiques.
Son indication essentielle est la correction des déficits gonadiques primitivement testiculaires ou dans les cas de
déficit antéhypophysaire. Elle est utilisée aussi dans les dystrophies vulvaires, l'endométriose, l’impuissance, les dysfonctions érectiles ou la contraception masculine. Favoriser le développement musculaire par l’androgénothérapie en raison de son effet anabolisant est une pratique courante du dopage.

[G5, M3, O3, O4]

Édit. 2020

anémie hémolytique auto-immune l.f.

autoimmune hemolytic anemia

Maladie caractérisée par une destruction des globules rouges (anémie) provoquée par des auto-anticorps qui se fixent sur les antigènes membranaires de globules rouges.
L’hémolyse est due à l’opsonisation des érythrocytes et leur phagocytose par des cellules (macrophages) ayant des récepteurs de Fc, particulièrement au niveau de la rate.
Cette affection peut être la complication d’une maladie auto-immune ou d’un lymphome malin.
Le diagnostic biologique d’anémie hémolytique est réalisé par le test de Coombs direct (présence d’anticorps à la surface des érythrocytes du malade) et indirect (présence d’anticorps anti-hématies dans le sérum du malade). Les auto-anticorps « chauds », dirigés le plus souvent contre des épitopes de la molécule Rhésus, se fixent sur l’antigène à 37°C. Les auto-anticorps « froids » se fixent à des températures inférieures à 37°C mais sont lytiques à 37°C. Il s’agit souvent d’IgM dirigées contre le groupe sanguin Ii. L’hémolyse a lieu au niveau des extrémités, avec, dans les formes sévères, nécrose périphérique due à l’agrégation et aux microthromboses dans les petits vaisseaux. Ces formes s’observent plus volontiers chez les sujets âgés et impliquent des auto-anticorps oligoclonaux ou monoclonaux. On observe aussi des formes aigües régressives après infection par Mycoplasma pneumoniae. Certaines anémies auto-immunes peuvent être d’origine médicamenteuse.
Outre la transfusion sanguine le traitement fait appel aux glucocorticoïdes et aux immunosuppresseurs. La splénectomie conserve des indications. L’administration d’anticorps monoclonaux anti-CD20 (Rituximab) ouvre des voies thérapeutiques nouvelles. Des études montrent de meilleurs résultats (réponse prolongée) avec l'association gucocortocoïdes /rituximat que chez des patients traités par glucocorticoïdes seuls.

R. A. Brodsky, hématologiste américain (2019) ; S. Berentsen, hématologiste norvégien (2021)

Étym. gr. an privatif, haimos sang

→ Coombs

[F1,F3, G5]

Édit. 2021

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