camptocormie n.f.
camptocormia, camptospasm
Inflexion en avant de la colonne vertébrale en hypercyphose avec flexion sur le bassin, flexion des hanches et redressement de l'extrémité céphalique.
Chez le sujet âgé c’est souvent l’aboutissement d’une arthrose vertébrale douloureuse. Chez les sujets plus jeunes, elle peut être considérée comme hystérique s’il n’y a aucun signe organique objectif.
A. Souques, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1916)
Étym. gr. kamptos : recourbé ; kormos : tronc
Syn. camptorachis, plicature rachidienne
[A1,I1,H3]
Canavan (maladie de) l.f.
Canavan's disease
Leucodystrophie transmise selon le mode autosomique récessif, surtout rencontrée dans la population juive et au Japon.
Dans sa forme infantile, la plus fréquente, une encéphalopathie progressive débute au cours de la première année, avec apathie, difficultés alimentaires, puis arrêt des acquisitions psychomotrices, convulsions possibles et syndrome pyramidal. Une mégaencéphalopathie progressive est observée dans plus de la moitié des cas. Des signes oculaires sont assez fréquents : cécité, nystagmus, atrophie optique, perte du réflexe photomoteur (inconstant), mouvements oculaires anormaux.
Une rigidité de décérébration terminale apparaît autour de 4 ou 5 ans, rarement plus tard, jusqu'à la trentaine.
Le diagnostic ne peut être affirmé que par l'anatomie pathologique, qui montre une spongiose diffuse par œdème intramyélinique et des mitochondries anormales dans les astrocytes, sans que soit prouvée actuellement une origine mitochondriale.
Un déficit en asparto-acylase, à la base du catabolisme de l'acide N-acétylaspartique fortement concentré dans le cerveau mais de fonction précise inconnue, constitue un signe important.
Le dosage de cet acide dans les villosités choriales en vue du diagnostic prénatal est impossible car les taux sont trop bas. Une vérification anatomique est nécessaire lors d'un décès dans la famille.
Myrtelle May Canavan, neuropathologiste américaine (1931)
Syn. idiotie amaurotique par dégénérescence spongieuse du névraxe (L. van Bogaert, neurologue belge (1949), dégénérescence spongieuse du système nerveux central, déficit en aspartoacylase, ASPA déficit, ASP déficit, déficit en amino-acylase-2, ACY2 déficit
[H1,Q2]
cancer de l'œsophage l.m.
oesophageal cancer
Le cancer de l’œsophage naît le plus souvent dans la muqueuse prenant, dans 80% des cas, les caractères d’un carcinome épidermoïde ou parfois, au niveau du bas œsophage, ceux d’un adénocarcinome tandis que les sarcomes naissant à partir de la musculeuse sont beaucoup plus rares.
En France (données InVS 2011), l’incidence annuelle qui a tendance à diminuer est d’environ 4 300 nouveaux cas, il est responsable d’environ 3700 décès annuels. Il touche plus volontiers les hommes sex ration : 2.75. Surtout fréquent dans le Nord et l’Ouest de la France. L’âge moyen de survenue est de 67 ans chez l’homme et de 73 ans chez la femme. Le cancer épidermoïde est essentiellement lié au risque alcoolo-tabagique ce qui explique sa survenue plus fréquente chez les sujets atteints de cancers du même type touchant la sphère ORL. Le facteur de risque de l’adénocarcinome, qui tend à devenir de plus en plus fréquent, est l’endobrachy-œsophage dit encore œsophage de Barrett, secondaire à une cicatrisation anormale d’une œsophagite liée à un reflux gastro-œsophagien ; il augmente le risque de 30 à 125 fois. Un indice de masse corporelle élevé est un autre facteur de risque. Le signe d’appel majeur est la dysphagie. Quelle que soit sa forme histologique, le pronostic de ce cancer est très sévère lié surtout à un envahissement médiastinal précoce, son traitement dépendant de son stade d’extension (précisé par la classification TNM) repose sur la chirurgie et/ou la radiothérapie. Il est relativement peu chimiosensible.
N. R. Barrett chirurgien britannique (1950)
Syn. carcinome œsophagien
→ adénocarcinome, sarcome du tube digestif, Barrett (œsophage de)
[F2,L1]
cancer du rein de l'adulte l.m.
adult renal carcinoma
Tumeur maligne née aux dépends du parenchyme rénal qui est dans la très grande majorité des cas une forme d’adénocarcinomes, parmi lesquels on distingue, les adénocarcinomes à cellules claires (tumeur de Grawitz) (70% des cas), les adénocarcinomes papillaires (10% des cas), les adénocarcinomes à cellules chromophobes (5% des cas) et les exceptionnels adénocarcinomes du tube collecteur.
Ces adénocarcinomes doivent être distingués des cancers urothéliaux dérvivés à partir du bassinet et de l’uretère dont l’histologie est celle du cancer de la vessie. Les autres lésions plus rarement rencontrées sont les tumeurs carcinoïdes, à petites cellules. Les lymphomes malins, les sarcomes, les cancers secondaires sont exceptionnels.
Avec 9100 nouveaux cas par an en France et une mortalité qui lui est liée de 3840 cas annuels (projections InVS 2011), l’incidence du cancer du rein est en augmentation. Il représente environ 3% des cancers en France. Il atteint plus volontiers l’homme (sex ratio : 2,1). Les facteurs de risque en sont l’insuffisance rénale des dialysés au long cours avec le risque de maladie kystique, dans une moindre mesure le tabagisme, l’hypertension artérielle, une obésité sévère, peut-être certaines professions exposées (industries sidérurgiques, pétrolières). Il existe des formes familiales entrant dans le cadre de la maladie de von Hippel- Lindau et héréditaires des adénocarcinomes papillaires (syndrome de Birt Hogg et Dubé)
Dans la majorité des cas le signe révélateur est une hématurie. Les métastases les plus fréquentes sont pulmonaires, osseuses et cérébrales. Le pronostic dépend du grade histopronostique (grade nucléaire de Fuhrman) et de l’extension précisée par la classification TNM. Le traitement en dépend ; il est essentiellement chirurgical dans les formes localisées. Peu radiosensible , il est pratiquement insensible à la chimiothérapie, il répond un peu mieux à l’immunothérapie non spécifique, les thérapies ciblées en particulier anti-angiogéniques paraissent prometteuses.
P. A. Grawitz, anatomopathologiste allemand (1883) ; E. von Hippel, ophtalmologiste allemand (1895) ; A.V. Lindau, anatomopathologiste suédois (1926) ; A. R. Birt, Georgina R. Hogg, W. J. Dubé, médecins canadiens (1977) ; Susan A. Fuhrman, anatomopathologiste américaine (1982)
Syn. carcinome du rein de l’adulte
→ adénocarcinome rénal, Birt, Hogg et Dubé (syndrome de), Fuhrman (grade nucléaire de), von Hippel-Lindau (maladie de), TNM classification
[F2,M2,M3]
cancer du testicule l.m.
Les cancers du testicule sont essentiellement des tumeurs germinales (95% des cas) parmi lesquelles on distingue deux grandes catégories : les tumeurs séminomateuses (dites séminomes) qui apparaissent aux dépens de l’épithélium germinal des tubes séminifè
Les tumeurs non germinales : sont rares (moins de 5 %) : il peut s’agir de tumeurs du stroma et des cordons sexuels (tumeur à cellules de Leydig et tumeur à cellules de Sertoli), les tumeurs para-testiculaires (épididyme, déférent, albuginée) et les tumeurs secondaires (lymphome malin, leucémie, métastase).
L’incidence des cancers du testicule augmente, en France. Inférieure à 1500 en 1990, elle est actuellement de 2300 (projection InVS 2011). La mortalité qui lui est liée, en revanche diminue passant de près de 200 en 1990 à 86 en 2011 (données InVS). Quelle qu’en soit la forme histologique, les tumeurs germinales touchent des hommes plutôt jeunes (séminomes 25 à 55 ans, tumeurs non séminomateuses 35 ans). La cryptorchidie est un facteur de risque.
Le signe révélateur le plus fréquent est la découverte d’un gros testicule. Avant tout traitement, le dosage des marqueurs tumoraux :α-fœtoprotéine, β HCG et LDH est indispensable de même qu’un bilan d’extension à la recherche de métastases principalement ganglionnaires essentiellement lombo-aortiques et pulmonaires. La classification de Peckham distingue 4 stades.
L’orchidectomie, indispensable au diagnostic, est le premier temps thérapeutique. Le traitement dépend de la forme histologique et de l’extension. Il peut s’agir d’un curage lombo-aortique, d’une radiothérapie à laquelle les séminomes sont particulièrement sensibles et/ou d’une chimiothérapie très efficace dans toutes ces formes de tumeurs qu’elle guérit souvent même lorsqu’elles sont métastasées.
M. J. Peckham, oncologue et urologue britannique (1985)
Syn. carcinome testiculaire
→ carcinome embryonnaire, choriocarcinome, dysembryome, séminome, Peckham (classification de), tumeurs germinales du testicule, tératome du testicule, cryptorchidie, α foetoprotéine, β HCG, LDH, Peckham (classification de)
[F2,M2,M3]
caput varum l.m.
caput varum
Bascule de la tête fémorale vers le bas par rapport au col.
C’est le signe habituel de l’épiphysiolyse fémorale des adolescents où le noyau épiphysaire proximal glisse en bas et en arrière. L’évolution peut être aigüe (véritable décollement épiphysaire) ou subaigüe. C’est le déplacement des fractures sous capitales.
L’expression coxa vara est souvent employé pour caput varum mais désigne aussi les inflexions cervicodiaphysaires.
Étym. lat. caput : tête ; varum : en-dedans
[I2]
cardinal adj.
cardinal
Qualifie un signe clinique essentiel.
Étym. lat. cardo :gond de porte
[N1]
catalepsie n.f.
catalepsy
Perte de l'initiative motrice avec prise en masse musculaire le plus souvent pâteuse (flexibilité cireuse de C. Wernicke) et fréquente conservation des attitudes spontanées (signe de l'oreiller psychique) ou imposées (bras levé).
Elle est observée essentiellement dans les états catatoniques, l'hystérie de conversion et le sommeil hypnotique.
C. Wernicke, neuropsychiatre allemand (1848-1905)
Étym. gr. katalepsis : action d'attraper, de saisir, prise
[H3]
cavernographie m. f.
cavernography
Examen radiographique des corps caverneux du pénis par ponction directe et injection d'un produit de contraste iodé hydrosoluble de basse osmolalité.
Il a pour but de dépister une fuite veineuse responsable de l'impuissance.
L'injection unilatérale obtient l'opacification des deux corps caverneux qui communiquent physiologiquement.
L'injection doit être réalisée avec une pompe dont le débit est augmenté par paliers jusqu'à l'érection. Les clichés ne sont effectués qu'au cours de l'érection; sinon l'opacification des veines dorsales et péniennes qui signe une fuite veineuse est physiologique. L'examen est généralement pratiqué après injection intracaverneuse d'agents vaso-actifs (prostaglandine E1 par exemple).
Étym. contraction de corps caverneux et de radiographie
[M3,B2]
cavité pulmonaire l.f.
lung cavity
En radiologie, hyperclarté du parenchyme pulmonaire, arrondie, variable de taille, de contours, de siège et de nombre.
Une cavité à paroi épaisse, à contours internes irréguliers traduit un foyer de nécrose de nature infectieuse (abcès après vomique), tumorale maligne (primitive ou secondaire) ou vasculaire (angéite nécrosante).
La tuberculose en fut longtemps la première cause, sa cavité ou caverne, résultat d'une fonte caséeuse, étant souvent reliée au hile par une bronche de drainage (image en rail).
Une cavité finement cerclée peut correspondre à un kyste aérien congénital, à des bulles d'emphysème, mais aussi à une caverne détergée.
Une cavité contenant un "grelot mobile" correspond le plus souvent à sa colonisation mycélienne (aspergillome).
Le kyste hydatique est caractéristique lorsqu'il est surmonté d'un croissant clair (image en ménisque) ou lorsque sa membrane, une fois rompue, flotte sur le niveau liquide (signe du nénuphar ou du soleil couchant).
Le pneumatocèle, dont les variations rapides de taille suggèrent un mécanisme de clapet, s'observe dans la staphylococcie et les dilacérations traumatiques du poumon.
[A1,K1]
Édit. 2015
champ magnétique (symb. B) l.m.
magnetic field
Entité fondamentale du magnétisme ; propriété de l'espace environnant un aimant d'exercer des forces sur la matière voisine présentant le phénomène de magnétisme.
Le champ magnétique peut se définir à partir de la loi de Laplace comme une grandeur vectorielle liée à l'espace, exprimant la force F exercée sur une charge électrique q qui se déplace à une vitesse v au point considéré.
Une définition équivalente rattache le champ magnétique B à son flux à travers une surface limitée par un conducteur, le flux se déduisant de la différence de potentiel que son établissement fait apparaître aux bornes du conducteur.
Le champ magnétique B, régnant dans un milieu matériel au voisinage d'un aimant, se décompose en deux termes selon B = mu0 (H + I) relation où mu0 représente la perméabilité magnétique du vide, H l'effet de l'aimant lui-même (champ magnétisant, appelé jadis champ magnétique) et I la réponse de la matière (intensité d'aimantation) qui vient ajouter son effet propre à H.
Le rapport de I sur H, appelé susceptibilité magnétique permet de définir, en fonction de son signe et de sa valeur le diamagnétisme, le paramagnétisme et le ferromagnétisme.
L'unité SI de champ magnétique est le tesla (T) : les appareils d'IRM ont habituelement des champs de 0,5 à 3 T ; le champ magnétique terrestre, voisin de 0,5.10-4T se mesure plus volontiers en gauss (G), unité CGS. Un gauss vaut 10-4 T.
Désigné autrefois par l'expression "champ d'induction magnétique"
→ B0 (champ magnétique) flux magnétique, moment magnétique, précession, diamagnétisme, ferromagnétisme, paramagnétisme, champ d'induction magnétique
[B1,B2,B3]
Édit. 2018
Charles Bell (signe de) l.m.
Bell’s phenomenon
Signe de paralysie faciale périphérique, tel que le globe oculaire se porte en haut et en dehors, lorsque le sujet veut fermer l'œil.
Charles Bell, Sir, chirurgien et physiologiste britannique, membre de l'Académie de médecine (1774-1842)
Syn. signe de Bell, phénomène de Bell
→ paralysie faciale périphérique
[H1]
Child-Pugh (syndrome de) l.m.
Child-Pugh’s syndrome
Ensemble de troubles qui associent l'insuffisance hépatique et/ou l'hypertension portale, à un dysfonctionnement cérébral potentiellement réversible.
On distingue habituellement quatre stades cliniques. Le stade 1 est caractérisé par des anomalies des tests psychométriques, des troubles du sommeil, du comportement ou de l'humeur ; un astérixis peut être présent, comme au stade 2 où il est associé à une confusion mentale ; l'existence d'un coma réactif définit le stade 3, un coma profond aréactif le stade 4. Un fœtor hepaticus est souvent associé. L'électroencéphalogramme montre un ralentissement du rythme électrique cérébral, avec parfois des ondes triphasiques caractéristiques. Une hyperammoniémie est constante. Il n'existe pas de signe réellement spécifique d'encéphalopathie hépatique, et le diagnostic est fait devant une association de signes survenant dans un contexte évocateur, en éliminant d'autres causes possibles. En cas d'hépatite aiguë, l'existence d'une encéphalopathie peut faire rechercher l’existence d’un facteur déclenchant curable (hémorragie digestive, infection, insuffisance rénale et perturbation électrolytique et acidobasique). La répétition d'épisodes d'encéphalopathie aiguë, grave ou fulminante, fait discuter l'indication d'une transplantation hépatique en urgence. En cas de cirrhose, elle indique un pronostic sévère qui peut s'associer à des perturbations neurologiques irréversibles (dégénérescence “pseudowilsonienne” et myélopathie portocave).
Le traitement symptomatique de référence comporte celui d'un éventuel facteur déclenchant, l'évacuation du sang du tube digestif, la réduction des apports protéiques per os, et l'administration de lactulose et/ou d'antibiotiques ; en cas d'hépatite grave, des mesures visant à prévenir ou à traiter l’œdème cérébral sont indiquées. D’autres traitements sont d'efficacité incertaine : administration d'α-cétoglutarate d'ornithine, de benzoate ou de phénylacétate, d'acides aminés.
La physiopathologie de l'encéphalopathie hépatique est obscure, l'hyperammoniémie étant probablement un facteur nécessaire mais non suffisant.
C. G. Child, chirurgien américain (1964) ; R. N. Pugh, hépatologue britannique (1973)
[L1]
choc en dôme l.m.
Choc perçu par la main palpant la pointe du cœur, généralement abaissée jusqu’au sixième ou septième espace intercostal gauche : choc systolique brusque et violent, donnant parfois la sensation d’une balle se durcissant.
C’est un signe d’insuffisance aortique sévère.
[K2,N1]
chondromalacie n.f.
chondromalacia
Atteinte du cartilage de la face articulaire de la rotule dans la zone de contact avec les condyles fémoraux, lorsque le genou est en demi-flexion et qui se traduit par une douleur mécanique à la montée et à la descente des escaliers.
Cette pathologie touche préférentiellement la femme jeune. A l'examen clinique, il existe un signe du rabot parfois associé à une crépitation à l'extension contre résistance. Un petit épanchement peut se constituer. Les radiographies nécessitent une incidence fémoropatellaire qui met en évidence des lésions du défilé fémororotulien. L'évolution est en général favorable, sous réserve qu'il n'existe pas de déséquilibre majeur de l'appareil extenseur ou de traumatisme à l'origine du trouble. Le traitement repose sur les contractions isométriques du quadriceps en extension, les antiinflammatoires non stéroïdiens et la physiothérapie antalgique.
[I1,I3]
Chvostek (signe de) l.m.
Chvostek’s sign
Contraction des muscles de la face lors de la percussion percutanée des branches du nerf facial observée dans les syndromes d’hyperexcitabilité neuromusculaire, la tétanie en particulier.
La percussion faite dans la zone d’épanouissement des branches du nerf facial à mi-distance du lobule de l’oreille et de la commissure labiale entraîne une contraction rapide des muscles faciaux du même côté. Observé dans la spasmophilie, ce signe peut être un élément du diagnostic rétrospectif d’une crise de tétanie, mais il est inconstant.
F. Chvostek, médecin militaire autrichien d’origine morave (1876)
Syn. signe du facial (désuet)
[H1,I4]
claquement d'ouverture mitrale l.m.
mitral opening snap
Bruit sec et claqué entendu à l'auscultation pendant la diastole qui est proche du deuxième bruit cardiaque normal et correspond à l'ouverture d'une valve mitrale pathologique.
Cet excellent signe d'auscultation du rétrécissement mitral va habituellement de pair avec un éclat du premier bruit et un roulement diastolique. Le claquement d'ouverture survient d'autant plus précocement après le deuxième bruit que la sténose mitrale est plus serrée. Il peut disparaître dans les formes, très calcifiées, avec appareil valvulaire rigide. Il doit être distingué du dédoublement physiologique du deuxième bruit ou d'autres bruits pathologiques audibles en début de diastole (vibrance péricardique, galop proto-diastolique).
[N1,K2]
clarification hépatocytaire l.f.
hepatocytic clarification
Lésion élémentaire de l'hépatocyte qui apparaît tuméfié avec un cytoplasme clair alors que le noyau conserve une taille normale et une position centrale.
Il s'agit d'une lésion aspécifique considérée comme un signe réversible de souffrance cellulaire.
[A3,L1]
claudication n.f.
limping
Démarche dissymétrique dans laquelle le sujet abrège le temps où un membre inférieur supporte le corps par rapport à l'autre, le plus souvent pour soulager le membre malade.
La cause de la claudication peut être une douleur, une déficience de siège musculaire, tendineuse ou articulaire, une anomalie de forme, d'axe ou de longueur d'un membre, une lésion neurologique centrale ou périphérique, une affection vasculaire.
La claudication peut s'objectiver par la vue, par la dissymétrie des empreintes des pas dans un sol meuble, par une différence acoustique des bruits des pas : en écoutant un cheval trotter, on décèle une boiterie qui pouvait passer inaperçue : c'est le "signe du maquignon".
Étym. lat. claudus : boiteux
[N1,I]
claudication intermittente l.f.
intermittent claudication
Arrêt fréquent de la marche en raison d’une crampe douloureuse du mollet après un parcours d’une certaine distance dite périmètre de marche, disparaissant après quelques minutes de repos et dû à une insuffisance du débit artériel musculaire à l’effort des muscles du ou des membres inférieurs.
Ce trouble fonctionnel n’est pas à proprement parler une claudication mais une interruption de la marche ; il est souvent révélateur d’une obstruction partielle ou totale de l’aorte ou des artères du membre inférieur. Le périmètre d’apparition de la claudication intermittente est le mode d’évaluation de la gravité de la lésion artérielle. L’abrègement de la longueur de chaque étape signe la gravité et l’évolution de la maladie et, à l’inverse, l’amélioration de ce périmètre est de bonne valeur pronostique et permet d’apprécier l’efficacité du traitement.
Par extension on applique l’expression à des phénomènes douloureux intermittents qui n’ont pas toujours une cause vasculaire.
Étym. lat. claudus : boiteux
→ artériopathie oblitérante des membres inférieurs, arthérite ?
[N1,K4]
clonus n.m.
clonus
Suite inépuisable de secousses d'un rythme régulier, obtenue sur un muscle dont le tendon est soumis à une tension prolongée.
Le clonus de la rotule est provoqué en empaumant celle-ci de haut en bas ; le clonus du pied par le maintien d'une pression régulière sur sa face plantaire et en flexion dorsale.
L'inhibition périodique de la contraction a pour origine les organes de Golgi.
Le clonus est un signe pyramidal.
Syn. trépidation épileptoïde
[N1,H1]
cœur fœtal l.m.
fetal heart
Organe formé par la réunion des deux tubes cardiaques au 22e jour de la vie embryonnaire.
Il est caractérisé par la présence d’un shunt droit-gauche, la communication interauriculaire et surtout canal artériel qui anastomose à plein canal la branche gauche de l’artère pulmonaire avec la crosse de l’aorte, de sorte que les cœurs droit et gauche fonctionnent en parallèlle avec des débits différents. Il est aussi caractérisé par la richesse fibreuse du myocarde et donc un manque de compliance tel que le débit cardiaque baisse avec la fréquence cardiaque sans augmentation compensatrice du volume d’éjection systolique. Il est enfin caractérisé par une dominance vaginale telle que tous les stimulus, notamment l’hypoxémie, se traduisent par un ralentissement du rythme. L’exclusivité de son énergie vient du glucose car il n'est pas capable comme le cœur adulte de métaboliser les acides gras désaturés à longues chaînes. Son activité contractile commence au 23e jour, et elle est perceptible à l'échographie qui pourra aussi préciser, vers la 22e semaine d'aménorrhée, les éventuelles malformations du cœur fœtal. La grande variabilité d'un cycle à l'autre de la fréquence du cœur fœtal est un signe de bonne vitalité. Elle est enregistrée par un capteur à effet Doppler, le cardiotocographe.
[A1,K2,O6]
colobome de l'iris, de la choroïde et de la rétine l.m.
coloboma of iris choroid and retina
Colobome présent dans de nombreuses familles recensées, signe premier de l'association CHARGE. Rares exceptions récessives qui sont souvent mises en doute.
L’affection est autosomique dominante (MIM 120200) ou autosomique récessive (MIM 216820).
R. Eldridge, médecin généticien américain (1967) ; B. D. Hall, médecin généticien américain (1979)
[Q2]
comédon n.m.
comedo, black head .
Follicule pilosébacé fait d’une glande sébacée volumineuse à large canal excréteur et d’un poil assez fin, dont l'orifice d'évacuation a été obturé par un amas de kératinocytes adhérents les uns aux autres.
Le comédon est un signe cardinal de l'acné rétentionnelle : il peut s'agir soit de comédon fermé, ou microkyste, caractérisé par une petite papule couleur de la peau normale, soit de comédon ouvert, le « point noir », lorsque l'orifice dilaté laisse apparaître de la kératine oxydée en surface et du sébum. Les lésions siègent sur la face ou la moitié supérieure du tronc ; leur traitement a été grandement amélioré par les rétinoïdes locaux.
Étym. lat. comedo : mangeur
Syn. point noir
→ élaïkoniose, élastoïdose nodulaire à kystes et comédons
[J1]
complexe de castration l.m.
castration complex
Pour S. Freud, à la fois signe et pivot du complexe d'Œdipe, décrit dans un premier temps chez le garçon ("Le petit Hans", 1909), c'est la peur qui s'attache à la menace de perdre le pénis, associée à la vue des organes génitaux féminins.
À partir de 1923, avec la mise en place du primat du phallus, la question se pose tout autant pour le garçon que pour la fille. Freud maintient, pour le garçon, l'angoisse de castration, et pour la fille, l'envie de pénis ("Penisneid"). Les deux peuvent, selon lui, constituer la butée d'une analyse.
Pour J. Lacan, la castration ne peut se comprendre qu'à partir de la privation : absence de pénis chez la femme. La castration est une opération symbolique marquée par l'intervention du père réel et qui porte sur un objet imaginaire : le phallus imaginaire. En effet, cette castration n'est jamais, du moins dans la structure névrotique, une castration réelle.
[H4]