dystonie neurovégétative l.f.
neurotonia, neurovegetative dystonia
Perturbation présumée du tonus neurovégétatif par dysfonctionnement des composantes sympathique et parasympathique.
Le "dysfonctionnement neurovégétatif somatoforme" CIM 10 désigne des états dont les symptômes sont attribués par le patient à un trouble physique affectant un système ou un organe innervé par le système neurovégétatif : "névrose cardiaque", "gastrique", "hyperventilation psychogène", etc. Ce terme n'apporte qu'une explication parcellaire aux équivalents de l'angoisse et à leur nature émotionnelle. Comme il peut entraîner un retard excessif à des soins appropriés, son usage doit être abandonné.
→ fonctionnel (trouble), somatoforme (trouble)
ectoblaste n.m.
ectoblast
Couche cellulaire du disque embryonnaire tridermique qui, au cours de la troisième semaine du développement, va se constituer par le processus de gastrulation à partir des cellules épiblastiques du disque embryonnaire didermique qui ne migrent pas en profondeur au niveau de la ligne primitive et du nœud primitif de Hensen ; elles vont former le revêtement externe de l’embryon du côté de la cavité amniotique.
L’ectoblaste, sous l’influence de la notochorde et du mésoblaste prochordal sous-jacent, s’épaissit longitudinalement pour former la plaque neurale, processus initial de la neurulation. In fine, l’ectoblaste constitue le neurectoblaste qui donne naissance au système nerveux central, au système nerveux périphérique et à l’épithélium sensoriel des organes des sens, et à l’ectoderme, ses annexes cutanées et ses dérivés : glandes mammaires, hypophyse, émail dentaire.
Syn. ectoderme
→ disque embryonnaire tridermique, gastrulation, épiblaste, disque embryonnaire didermique, ligne primitive, nœud primitif de Hensen, cavité amniotique, notochorde, neurectoblaste, entoblaste, mésoblaste
[A4, ]
Édit. 2019
élastographie ultrasonore l.f.
ultrasonographic elastography, transient elastography, shear wave elastography
Ensemble de techniques ultrasonographiques destinées à mesurer la rigidité des tissus, dont le principe est identique : application d’une contrainte qui va déformer la structure à étudier ; recueil des signaux des tissus déformés puis analyse de la déformation tissulaire induite.
1. Elastographie avec impulsion mécanique
(« transient elastography »). Cette technique, moins utilisée actuellement, nécessite un appareil spécifique : « FibroscanTM », sans système de guidage, ni imagerie morphologique. La contrainte appliquée est une onde de cisaillement mécanique créée par un vibreur externe. A partir de la moyenne de 10 mesures consécutives le système calcule indirectement le module de Young sur la zone d’intérêt. Il est utilisé en pathologie hépatique.
2. Elastographie ultrasonique quasi-statique en temps réel par contrainte mécanique continue
« strain elastography »). On comprime la zone à étudier avec la sonde à ultrasons et on observe en temps réel par rapport à une coupe identique sans compression les modifications colorimétriques de l’image obtenues qui sont fonction de la rigidité des tissus. Cette technique ne permet pas de mesure mais seulement une estimation qualitative.
3. Elastographie ultrasonique dynamique avec impulsion ultrasonographique
[« Shear wave elastography » (SWE)]. Cette technique, la plus utilisée de nos jours, équipe la plupart des échographes récents de haut niveau. Après repérage échographique de la zone d’intérêt, on y applique une onde à ultrasons de compression, qui génère elle-même des ondes de cisaillement perpendiculaires à elle. Ce cisaillement est mesuré en temps réel et mesure d’élasticité en kilopascals déduite de la vitesse des ondes de cisaillement.
La principale application de cette technique est l’évaluation et la quantification de de la fibrose hépatique et la caractérisation des nodules mammaires, accessoirement l’étude des nodules thyroïdiens et de certaines pathologies rénales, prostatiques et musculo-tendineuses.
T. Young, physician britannique (1773-1829)
[B1, B3, L1, O5]
Édit. 2019
épiploopexie n.f.
epiploopexy
Geste chirurgical consistant à fixer le grand épiploon à la paroi abdominale en vue de créer des anastomoses vasculaires collatérales entre le système porte et le système cave inférieur pour réaliser une circulation collatérale, afin de favoriser la disparition d'une ascite et une diminution durable des varices œsophagiennes.
S. Talma, chirurgien néerlandais (1898)
Étym. gr. epiploos : qui flotte dessus
Syn. omentopexie, opération de Talma
[L2]
Édit. 2020
épreuve rotatoire multifréquentielle l.f.
rotation test
Epreuve de stimulation du système vestibulaire assistée par ordinateur.
Elle soumet un sujet, assis dans un fauteuil, à des stimulations rotatoires, périodiques, séquentielles ou pseudo aléatoires, suivant un axe vertical, de fréquence variable dans le domaine de sensibilité du système vestibulaire (0,01 à 10 Hz). Le mouvement du fauteuil est commandé par un programme informatisé et la vitesse de la phase lente du nystagmus provoqué est comparée à celle du stimulus, afin d’établir une fonction de transfert du réflexe vestibulo-oculomoteur.
[B3, H1, P1]
Édit. 2020
extinction d'un aimant supraconducteur n.f.
quench
En physique, rupture accidentelle des conditions de supraconduction d'un aimant.
Celui-ci devient brutalement résistif et l'importante chaleur provoquée en son sein entraîne l'évaporation de l'hélium liquide du système de refroidissement, d'où un dégagement d'hélium gazeux dans la salle d'examen. Cet accident rare impose des normes de sécurité lors de l'installation d'une salle destinée à recevoir un système d'imagerie par résonance magnétique.
→ imagerie par résonance magnétique
[B2,B3]
Édit. 2018
facteur contact de la coagulation sanguine l.m.
contact factor
Facteur impliqué dans l'initiation de l'activation de la voie de la coagulation dite voie intrinsèque.
Cette séquence d'activation active aussi le système fibrinolytique et a des liens étroits avec l'inflammation.
Les principaux facteurs qui composent ce système sont le facteur XII, le facteur XI et le kininogène de haute masse moléculaire.
→ facteur XII de la coagulation sanguine, le facteur XI de la coagulation sanguine, kininogène de haute masse moléculaire
[F1]
Édit. 2018
feuillet embryonnaire l.m.
embryonic sheet
Epithélium qui constitue l’embryon à son stade primitif de disque.
Le disque embryonnaire comprend d’abord deux feuillets, l’épiblaste superficiel, futur revêtement superficiel du corps ainsi que futur système nerveux central, et l’hypoblaste en profondeur, futur entoblaste extra-embryonnaire. Lors de la gastrulation (15ème à 18ème jour après la fécondation) un troisième feuillet se met en place, intermédiaire entre les deux précédents, le mésoblaste, qui est à l’origine de tous les tissus conjonctifs et de leurs dérivés. La plus grande partie du corps est constituée par le mésoblaste. La chorde dorsale, inducteur du système nerveux central, se met en place en même temps que le mésoblaste.
→ disque embryonnaire, épiblaste, ectoderme, ectoblaste, hypoblaste, entoblaste, endoderme, mésoblaste, mésoderme
[A2,O6]
Édit. 2018
fibrinolyse n.f.
fibrinolysis
Processus enzymatique de dissolution de la fibrine pouvant être la cause d'hémorragies graves.
A l'état normal il n'y a guère de fibrinolyse. Elle participe avec l'hémostase primaire et la coagulation à l'homéostasie du sang par le maintien d'un équilibre entre coagulation et thrombose.
Le système fibrinolytique est régi par un équilibre entre activateurs et inhibiteurs. Il y a hyper- ou hypofibrinolyse si l'équilibre physio
La fibrinolyse anormale est rarement isolée (fibrinolyse primaire ou primitive de la chirurgie cardiaque ou portocave). Elle est en général secondaire (fibrinolyse réactionnelle) à une thrombose (participant à la lyse du caillot) ou surtout à une coagulopathie de consommation (CIVD).
Enfin la fibrinolyse peut être thérapeutique pour agir contre une thrombose aigüe, en général artérielle, p. ex. coronaire ou carotide, plus rarement veineuse. On utilise alors la streptokinase ou l'urokinase.
Le traitement d'une fibrinolyse fait appel aux antifibrinolytiques (aprotinine, acide épsilon-aminocaproïque, acide tranexamique). Le traitement des fibrinolyses secondaires, associées à une CIVD ou à des excès de traitement fibrinolytique, doit tenir compte du caractère réactionnel et éventuellement bénéfique de la lyse.
Étym. lat. fibra : filament ; gr. luein : dissoudre
→ fibrine, coagulopathie de consommation, facteurs de coagulation, CIVD, antiplasmine, antifibrinolytique
[C1,F1,F4]
Édit. 2018
fonction de dispersion ponctuelle l.f.
point spread function
Fonction mathématique définissant sur l'image la répartition des informations issues d'un même point-objet.
Tout système d'imagerie dégrade la représentation car les informations issues d'un point-objet se retrouvent dispersées dans une petite tache entourant le point-image attendu. La fonction de dispersion ponctuelle définit comment l'information, issue du point-objet, se répartit pour constituer la tache. La largeur à mi-hauteur de la courbe représentant cette répartition (FWHM pour "full width at half maximum") est souvent prise comme index de résolution car elle correspond à la plus petite distance de deux points-objets visibles séparément sur l'image. On démontre que la transformée de Fourier de la fonction de dispersion ponctuelle correspond à la fonction de transfert de modulation du système et caractérise plus complètement ses qualités de résolution.
[B2]
Édit. 2018
fréquence propre l.f.
natural frequency
Fréquence à laquelle oscillerait un système comportant une masse et une élasticité, ou l'équivalent (en électricité : self et capacité), s'il n'y avait pas d'amortissement.
En oscillations forcées, la dissipation d'énergie est minimale à la fréquence propre et l'amplitude des oscillations est alors maximale.
Si les oscillations sont trop fortes, elles peuvent dépasser la limite de rupture du système et entrainer des dommages. En traumatologie, l'effet des vibrations sur les organes abdominaux est maximal à la fréquence propre. Pour des raisons de similitude la fréquence propre est inversement proportionnelle à la taille du sujet ou de l'organe soumis aux vibrations. Par conséquent elle est plus élevée chez l'enfant - c'est pour cela qu'il est plus sujet aux cinétoses (ou mal des transports )- et pour les petits organes
→ cinétose, fréquence, inertance, inertie, similitude biologique, vibration
[B1]
Édit. 2019
ganglioneurome n.m.
ganglioneuroma
Tumeur du système nerveux central ou périphérique correspondant à plusieurs entités, toutes très rares.
Au niveau central, le gangliocytome dysplasique ou maladie de Lhermitte-Duclos de l'adulte, est une tumeur cérébelleuse malformative d'un lobe, formée de lamelles hyperplasiques anormalement riches en neurones dans la couche des grains, qui envoient d'épais prolongements myélinisés vers la surface. Révélé par des signes d'hypertension intracrânienne, son traitement est chirurgical. Le gangliogliome cérébral est une tumeur de l'enfant appelée aussi gangliocytome ou neuro-astrocytome. Il siège principalement dans les hémisphères cérébraux, essentiellement le lobe temporal, mais aussi dans les structures médianes, tronc cérébral ou moelle. Il associe une double composante cellulaire, faite de neurones matures regroupés sans ordre, parfois binucléés, et d'astrocytes accompagnés de microcalcifications, d'infiltrats lymphocytaires et de corps éosinophiles. Les mitoses sont rares. La microscopie électronique peut aider au diagnostic. Souvent révélée par des crises comitiales, la tumeur guérit après exérèse. Quand celle-ci n'est pas possible ou incomplète, une transformation maligne peut survenir. Le gangliogliome desmoplastique de l'enfant vient d'être identifié. Le très exceptionnel ganglioneuroblastome cérébral associe neurones peu matures et neuroblastes.
Au niveau périphérique, il s'agit de ganglioneuromes (ou sympathicocytomes) développés principalement à partir des neurones du système sympathique dans l'abdomen, le thorax, le cou. Ces tumeurs bénignes bien encapsulées, souvent de grande taille, associent de volumineuses cellules ganglionnaires et des filets disposés en faisceaux entrelacés. Leur traitement est chirurgical. La ganglioneuromatose intestinale diffuse est isolée, non intégrée dans le syndrome des néoplasies endocriniennes multiples ni dans la maladie de von Recklinghausen.
J. J. Lhermitte, membre de l'Académie de médecine et P. Duclos, neurologues français (1920)
ganglioplégique n.m.
ganglioplegic drug
Produit bloquant les récepteurs nicotiniques des ganglions du système nerveux végétatif.
Les ganglioplégiques (hexaméthonium et trimétaphan) ont une action prédominante sur le système sympathique entraînant surtout une action cardiovasculaire, une hypotension artérielle par vasodilatation artérielle et veineuse et une tachycardie réactionnelle. Ils ne sont plus utilisés en anesthésie.
génétique et développement neural précoce l.m.
genetics and early neural development
Recherches sur le rôle des facteurs génétiques dans le développement neural précoce et ses perturbations.Cela a notamment permit l'identification de nombreux gènes de développement et facteurs de croissance qui participent à l'induction età la compartimentation morphologique et physiologique du système nerveux selon axes antéropostérieur et dorsoventral. Ces recherches ont également permit d’établir les bases moléculaires des prédictions de H. Spemann et H. Mangold.
Résultant, grâce à l'induction neurale, de la transformation de la région dorsale de l'ectoderme en tissu nerveux, la plaque neurale s'internalise et se ferme, donnant naissance au tube neural, qui se différenciera, d'avant en arrière, en prosencéphale, mésencéphale, rhombencéphale, pour se subdiviser encore. Chacun de ces compartiments aux devenirs morphologiques et physiologiques distincts, est marqué par l'expression d'une combinatoire précise de gènes de développement, notamment des homéogènes.
Par exemple, pour en rester aux structures antérieures, l'inactivation du gène Otx2 est suivi d'un embryon anencéphale, sans prosencéphale ni mésencéphale, mais avec un système nerveux postérieur normal.
Lors d'une deuxième période de construction et d'affinement, la différenciation des divers territoires et de leurs fonctions physiologiques est modulée par les afférences sensorielles venant de la périphérie et faisant relais dans le thalamus. Mais les gènes de développement conservent probablement un rôle essentiel car ils régulent p. ex., les niveaux d'expression des gènes du métabolisme des neuromédiateurs et de leurs récepteurs.
H. Spemann, prix Nobel de médecine en 1935 et Hilde Mangold, embryologistes allemands (1924)
génophotodermatose n.f.
genophotodermatosis
Dermatose héréditaire liée à une photosensibilité.
L'anomalie responsable de la photosensibilité peut relever de deux mécanismes. L'un est lié à l'existence d'un métabolite photosensibilisant accumulé dans la peau par déficit enzymatique, comme dans les porphyries ou les anomalies congénitales du tryptophane telles que maladie d'Hartnup, tryptophanurie, etc. L'autre correspond à une déficience, identifiée ou non, du système de protection naturelle avec plusieurs possibilités : soit anomalie de formation ou de distribution de la mélanine, ce qui est le cas de l'albinisme oculocutané, du piebaldisme, etc, soit déficience du système de réparation de l'ADN, comme dans le xeroderma pigmentosum, soit poïkilodermies congénitales avec photosensibilité tels les syndromes de Bloom, de Rothmund-Thomson, etc.
D. Bloom, dermatologue américain (1954) ; A. von Rothmund Jr, ophtalmologiste allemand (1868) ; M. S. Thomson, dermatologue britannique (1936)
Étym. gr. genetês : qui engendre ; phôs, phôtos : lumière ; derma : peau ; ôsis : qui exprime l’idée de phénomène pathologique
glande surrénale l.f.
adrenal (glande)
Glande endocrine située au-dessus et en dedans de chaque rein, composée de deux zones embryologiquement et physiologiquement distinctes : la médullaire (médullosurrénale) qui sécrète l'adrénaline et la noradrénaline, et la corticale (corticosurrénale) qui sécrète le cortisol, l'aldostérone et leurs précurseurs androgéniques.
Chacune des deux glandes est comprise dans une loge fibreuse juxtaposée à celle du rein correspondant. La sécrétion de la corticosurrénale dépend de la corticotrophine hypophysaire, sauf pour la zone glomérulée qui est sous le contrôle du système rénine-hypertensine. La sécrétion de la médullosurrénale dépend du système nerveux autonome.
Syn. capsule surrénale désuet
hémovigilance n.f. ]]
bloodmonitoring, haemovigilance
Système d’alerte à l’attention des professionnels de santé concernant le don et l’utilisation des éléments du sang humain (Code de la santé publique art. R1221-22, modifié par le décret n° 2006-99 art. 3 JORF 3 fév.2006).
Le système national d’hémovigilance comprend :
- l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé,
- la Commission nationale d’hémovigilance,
- les Coordinateurs régionaux d’hémovigilance mentionnés à l’article R. 1221-32,
- l’Etablissement français des syndicats interhospitaliers,
- les Groupements de coopération sanitaire autorisés à assurer les missions de ces établissements,
- le Centre de transfusion sanguine des armées,
- l’Institut de veille sanitaire,
- les Etablissements de santé,
- les Syndicats interhospitaliers et groupements de coopération sanitaire autorisés en vertu des articles L. 6132-2 et L. 6133-1 à assurer les missions d’un établissement de santé,
- les Hôpitaux des armées,
- ainsi que tout professionnel de santé.
histamine n.f.
histamine
Imidazolyl-4-éthylamine, amine biogène, hormonale et neurotransmettrice, provenant de l'histidine par décarboxylation.
Elle existe dans tous les tissus animaux, en particulier dans le poumon et le foie et spécialement dans les mastocytes et les polynucléaires basophiles. Présente dans les plaquettes, elle peut être libérée lors de leur agrégation et sous l'effet du Platelet Activating Factor (PAF), dans des réactions faisant intervenir des IgE. Elle est sécrétée par les mastocytes (en cas d'agression de l'organisme, lors des réactions inflammatoires banales ou allergiques, lors du choc anaphylactique), ainsi que par les neurones histaminergiques. Elle a une action vasodilatatrice et bronchoconstrictrice. Elle stimule la sécrétion gastrique et joue probablement un rôle dans l'éveil et le maintien de la vigilance. Elle est désaminée par une histaminase et secondairement oxydée en acide imidazole-acétique qui est éliminée dans les urines.
Ses récepteurs sont de trois types principaux:
- H1 dont la stimulation provoque la contraction des fibres lisses (bronches, intestin, utérus) et augmente la perméabilité capillaire,
- H2 dont la stimulation provoque la sécrétion des ions H+ par la muqueuse gastrique et l'accélération du cœur,
- H3 que l'on trouve en particulier dans différentes régions du système nerveux central, associés à une diminution de la libération de l'histamine par les neurones histaminergiques. Ces derniers sont également mis en évidence dans le système cardiovasculaire ainsi que sur les terminaisons nerveuses sympathiques.
A. Windaus, prix Nobel de chimie en 1928 et W. Vogt, chimistes allemands (1907)
Étym. gr. histos : tissu
→ autacoïde, histaminolibération, PAF, histaminase
[C1]
histiocyte n. m.
histiocyte
Cellule ubiquitaire, naissant dans la moelle osseuse, d’une durée de vie longue, migrant dans le sang (monocyte) et/ou la lymphe vers les tissus périphériques où elle prend des formes et des fonctions variées : histiocyte dans les parties molles, cellule de Kupffer dans le foie, cellules endothéliformes dans la rate et les nœuds lymphatiques d’où l’ancien nom, donné par Aschoff, de système réticulo-endothélial.
La phagocytose des grosses et des petites particules en est la fonction essentielle, d’où le nom de macrophages donné à ces cellules (par opposition à microphages, représentés par les granulocytes (polynucléaires) et le nom de « système mononucléé phagocytaire », attribué au réseau. Développant une intense activité de membrane, susceptible de former des cellules géantes ou polycaryocytes, possédant d’innombrables récepteurs, capables d’élaborer d’innombrables chemokines et interleukines, dont le TNF α, ces cellules sont capables de concentrer des antigènes et de prendre une part importante dans les premières étapes de l’immunité innée. Ces cellules sont nommées « cellules présentatrices d’antigènes ». Quand cette fonction est privilégiée, la cellule prend volontiers une forme dendritique, caractérisée par de nombreuses expansions membraneuses, multipliant ainsi les occasions de contacts et d’échanges (cellule de Langerhans de l’épiderme, cellule interdigitée située près des veinules post-capillaires dans les organes lymphoïdes). Les cellules histiocyto-macrophagiques prennent une part importante dans « la réaction inflammatoire » et la défense de l’organisme.
Étym. gr. istion : tissu ; kutos : cellule
→ réponse immunitaire, cellule dendritique, système des phagocytes mononucléés, histiocytose
[F1]
histocompatibilité (système d') l.m.
histocompatibility system
Système génétique codant pour les différents groupes tissulaires qui commande les rapports entre les tissus d'individus différents.
Le système HLA, très complexe, a une action prédominante. L'existence d'une bonne histocompatibilité entre donneur et receveur est l'un des éléments de succès d'une transplantation d'organes.
J. Dausset, immunologiste français, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine de 1980 (1958)
[Q1,A2]
Édit. 2015
histohybridation in situ l.f.
in situ hybridization.
Formation in vitro de molécules double-brin d'ADN, d'ARN ou d'hybrides ADN-ARN par appariement des séquences nucléotidiques complémentaires appartenant à un même brin ou à deux brins différents.
Elle peut être appliquée sur des cellules en suspension recueillies à partir de liquide biologique (sang périphérique, liquide cérébro-spinal, produit de lavage bronchoalvéolaire), de cellules cultivées in vitro, et sur coupes histologiques de tissu. Une séquence nucléique complémentaire de l’ARNm recherché est utilisée comme “sonde” ; cette sonde nucléotidique, destinée à reconnaître un fragment d’acide nucléique, est couplée à un système de détection, pour la mise en évidence de l’hybridation, système de détection qui utilise soit des radio-isotopes (sonde chaude), soit des traceurs, fluorochromes ou enzymes (sonde froide). Dans ce dernier, cas, la visualisation en microscopie photonique de l’acide nucléique recherché auquel est fixée la sonde froide, utilise des méthodes identiques à celles de l’immunohistochimie.
Syn. hybridation moléculaire
[Q1]
hypercapnie n.f.
hypercapnia
Acidose gazeuse définie par une pression partielle artérielle de gaz carbonique supérieure à la limite normale (PaCO2 = 56 hPa = 42 mm de Hg) due à une inadaptation de la clairance pulmonaire en CO2 et correspondant en général à une ventilation alvéolaire insuffisante.
Cette insuffisance de la ventilation alvéolaire est due, soit à une oligopnée :
- par dépression des centres respiratoires (comas, intoxication par opiacés, surdose chez les toxicomanes, inhalation d'O2 à trop forte concentration chez les insuffisants respiratoires chroniques, effet résiduel des anesthésiques au cours du réveil anesthésique, administration de barbituriques ou autres sédatifs, apnées du sommeil, etc.),
- par réduction des mouvements du thorax à la suite d'une compression du thorax (victime ensevelie p. ex.) ou fractures de côtes,
- soit à une augmentation de l'espace mort d'appareillage, en cas de respiration dans un système respiratoire.
L'hypercapnie entraîne une acidose respiratoire :
- dans un premier temps elle provoque une excitation des centres respiratoires et du système sympathique d'où hypertension artérielle et excitation des glandes sudoripares (la peau est chaude et moite) ;
- ensuite elle produit une dépression des centres respiratoires. Comme elle augmente fortement le débit sanguin cérébral, l'hypercapnie favorise l'œdème cérébral (encéphalopathie respiratoire, le patient, d'abord irritable, devient progressivement confus) et conduit au coma.
L'hypercapnie chronique entraîne une augmentation compensatrice de la réserve alcaline (augmentation des bicarbonates) qui favorise une réduction de la diurèse.
Traitement : on peut combattre dans une certaine mesure l'oligopnée par dépression respiratoire en maintenant le patient éveillé (lui parler sans arrêt pour éviter l'«oubli de respirer», syndrome d'Ondine), les antagonistes des morphiniques et des benzodiazépines sont efficaces dans ces intoxications. Sinon dans tous les cas graves la ventilation artificielle s'impose en urgence par bouche à bouche, faute de mieux, par ressucitateur manuel, puis par ventilation mécanique après intubation. Il faut prendre garde à ne pas faire une trop forte ventilation qui, chez les hypercapniques chroniques, entraîne un collapsus de reventilation.
H. D. Davenport, physiologiste américain (1974)
→ hypercapnémie, antagonistes des opiacés, carbonarcose, collapsus de reventilation, Davenport (diagramme de), espace mort, espace mort d'appareillage, Henderson-Hasselbalch (équation d'), respiratoire (centre), syndrome d'Ondine, hypercapnie contrôlée
[K1]
Édit. 2015
hypertension et anesthésie l.f.
chronic hypertension and anaesthesia, anaesthesia for hypertensive patients
Avant une intervention chirurgicale, une hypertension artérielle essentielle est fréquente.
Elle demande une prise en charge spécifique en anesthésiologie car elle augmente le risque de complications cardiovasculaires péri-opératoires (hémorragie cérébrale ou, à la suite d'une thrombose artérielle, infarctus cérébral, angor ou infarctus du myocarde, insuffisance ventriculaire gauche avec œdème du poumon).
Un contrôle de la pression artérielle par un traitement antihypertenseur, diminue la fréquence des complications.
L'hypertension artérielle modifie la réactivité du système cardiovasculaire aux stimulations nociceptives (intubation, stimulations chirurgicales) et aux variations de la masse sanguine en réponse à une hémorragie, à la ventilation artificielle et aux changements de position. L'hyperréactivité du système résistif artériolaire favorise les poussées hypertensives. Mais la sensibilité aux médicaments inotropes négatifs et aux vasodilatateurs est souvent accrue : lors de l'induction l'hypotension est fréquente. Il en est de même lors des anesthésies rachidiennes (rachianesthésie et péridurale) : le risque d'hypotension est aussi grand que celui d'hypertension. Ce qu'on vérifie surtout lors des accidents vasculaires cérébraux (il y a une diminution de l'autorégulation de la circulation cérébrale chez l'hypertendu) et la thrombose des artères extra- ou intracrâniennes est plus fréquente en cas d'hypotension artérielle prolongée.
Le traitement antihypertenseur doit être maintenu jusqu'au jour de l'intervention pour éviter les accidents par rebond. En ce qui concerne les inhibiteurs de l'enzyme de conversion, il est recommandé de suspendre leur administration la veille d'une l'opération majeure pour éviter l'hypotension. Pour prévenir ce risque, il faut :
- utiliser les médicaments les moins dépresseurs cardiovasculaires et les administrer de façon continue pour éviter les pics de concentration qui augmentent les effets pharmacodynamiques ;
- ne pas hyperventiler,
- veiller au remplissage vasculaire, le plus tôt possible ou administrer précocément des vasopresseurs.
L'hypertension artérielle justifie dans certains cas un monitorage perfectionné (surveillance du débit cardiaque et de la pression de remplissage par un cathéter de Swan-Ganz ou surveillance de la fonction myocardique par échographie transœsophagienne).
Au réveil, l'hypothermie et la douleur postopératoire entraînent des réactions cardio
→ Swan-Ganz (sonde de), inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine
hyperthermie maligne d'effort l.f.
Elévation extrême de la température centrale qui survient au cours d’un exercice musculaire intense, et conduit à un syndrome de défaillance multiviscérale.
Son apparition est favorisée par des conditions climatiques particulières (température élevée, hygrométrie >75%, absence de vent) ainsi que par des facteurs personnels (myopathie infraclinique, obésité, absence d’acclimatation, défaut d’entraînement, déshydratation, motivation extrême, vêtements inadaptés, prise d’alcool ou de médicaments agissant sur le système nerveux autonome).
Trois mécanismes physiopathologiques entrent en jeu : dysfonction du système nerveux central (incompétence de l’hypothalamus antérieur), déséquilibre entre la production et l’élimination de la chaleur produite par l’exercice, anomalie structurelle ou enzymatique du muscle squelettique (des similitudes ont été retrouvées avec l’hyperthermie maligne anesthésique dans près de 50% des cas).
Ils sont responsables d’une altération des activités mitochondriales, des synthèses protéiques et des débits sanguins régionaux à l’origine d’insuffisances hépatique et rénale.
La survenue de troubles du comportement, d’une démarche ébrieuse, d’une soif intense, de nausées et vomissements, de crampes musculaires précèdent le plus souvent la perte de connaissance, le coma de profondeur variable, avec convulsions, hypotension artérielle et tachycardie, signes tégumentaires (anhydrose, chaleur intense, pli cutané, cyanose et pétéchies), masses musculaires tendues et douloureuses. La température centrale est alors supérieure à 40°C. Les examens biologiques découvrent une hémoconcentration, une acidose métabolique, une élévation des teneurs plasmatiques en enzymes musculaires, une cytolyse hépatique et une insuffisance rénale fonctionnelle avec urines foncées (rhabdomyolyse)
Le traitement comporte outre la réfrigération, et la correction de l’hypovolémie, l’utilisation des moyens de suppléance des fonctions vitales. L’emploi du dantrolène est controversé.
Les éléments fâcheux du pronostic sont la durée de l’hyperthermie et des troubles de la conscience. La mortalité atteint 20% des formes graves, moins de 10% de l’ensemble des cas. Ces chiffres illustrent l’importance de la prévention individuelle et collective (annulation des activités dans les conditions extrêmes de température et d’humidité).
Syn. coup de chaleur d’exercice
→ hyperthermie maligne anesthésique, insuffisance rénale fonctionnelle, insuffisance hépatique, rhabdomyolyse
hypoglycémie n.f.
hypoglycemia
Diminution de la teneur du sang en glucose, au-dessous de la limite normale de 0,8 g/L (4,5 mmol/L).
On peut observer une hypoglycémie sous l’influence des traitements par l'insuline, dans les hyperinsulinismes pathologiques, dans les insuffisances antéhypophysaires et corticosurrénaliennes, au cours du jeûne et chez des gastrectomisés, de même que dans le carcinome hépatocellulaire.
Elle se traduit par des malaises généraux avec transpiration, des altérations du comportement avec agressivité, agitation, ébriété pseudo-alcoolique. Il existe des formes confusionnelles, confuso-oniriques ou hallucinatoires ainsi que des troubles thymiques dépressifs ou maniaques, des manifestations plus ou moins chroniques d'asthénie ou d'anxiété. Sont également observés des signes déficitaires en foyer, des crises épileptiques généralisées ou focales.
Elle peut être responsable d’un coma avec sueurs abondantes, signe de Babinski bilatéral, hypothermie et parfois accès de décérébration. L'apport glucidique a un effet spectaculaire.
Le glucose est la seule substance métabolique à franchir la barrière hémocérébrale assez rapidement, pour assurer les besoins énergétiques cérébraux. La rapidité et la sévérité des incidences encéphaliques de l'hypoglycémie résultent de la faiblesse des réserves cérébrales en glucose et de l'importance de sa consommation par le système nerveux central, qui en dépend presque exclusivement pour son énergie.
Un tableau inexpliqué de coma ou d'encéphalopathie doit évoquer systématiquement une hypoglycémie et faire injecter par voie veineuse, une solution de glucosée hypertonique avant même de connaître la valeur de la glycémie. Devant un coma survenant lors d'une intoxication éthylique aigüe, la glycémie doit être systématiquement mesurée en raison d'hypoglycémies sévères occasionnées par l'alcool.
Les neuropathies hypoglycémiques sont surtout motrices. Leur rareté illustre la moindre sensibilité du système nerveux périphérique à l'hypoglycémie.
La présence de critères cliniques et biologiques significatifs est indispensable pour éliminer un état psychiatrique d'un autre registre, en particulier névrotique. Le retentissement cognitif des hypoglycémies prolongées et répétées reste discuté.
[R1,G5]