Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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diarrhée n.f.

diarrhoea

Émission de selles liquides, trop fréquentes et trop abondantes (plus de 300 grammes par jour), de causes variées.
Témoin d’une accélération du transit intestinal, elle s’accompagne habituellement d’une digestion incomplète des aliments ingérés, ce qui la différencie de la fausse diarrhée ou diarrhée de redilution.

Étym. gr. diarrhoê : écoulement

→ diarrhée (fausse)

diarrhée aigüe du nourrisson l.f.

infant's acute diarrhoea

Diarrhée de l'enfant dont le nombre de selles anormalement liquides dépasse dix par jour.
Elle peut résulter d'un dysfonctionnement des entérocytes ou être une réaction à diverses stimulations. Le plus souvent, sous nos climats, elle est la conséquence d'une entérite bactérienne ou virale. La diarrhée peut être due à une malabsorption (intolérance congénitale au gluten ou à différents disaccharides, comme le lactose) avec fuite plus ou moins importante de nutriments, à une charge excessive après le pylore par des solutions dont l'osmolarité est supérieure à celle du plasma (nutrition par sonde duodénale) ou à une accélération du transit (effet de certains médicaments).
L'apport dans le tube digestif de solutions glucosées enrichies en ions (solution de l’OMS) permet d'enrayer la perte de liquide en rétablissant le fonctionnement normal des entérocytes.

Étym. gr. diarrhoê : écoulement

→ solution réhydratante de l'OMS

diarrhée des antibiotiques l.f.

antibiotics diarrhoea

Diarrhée suivant la prise d’antibiotiques qui modifient l’écosystème bactérien intestinal, détruisent l’effet protecteur de barrière et permettent la prolifération de certains germes pathogènes.
Ces germes modifient les activités métaboliques intraluminales. De la conjonction de ces anomalies peut résulter une malabsorption de l’eau et des électrolytes.

Étym. gr. diarrhoê : écoulement

diarrhée (fausse) l.f.

false diarrhoea

Emission de selles liquides faites de matières fécales rediluées par hypersécrétion intestinale réactionnelle et fermentation due à la stase en amont d’un obstacle, un cancer obstructif du côlon gauche le plus souvent.
Elle s’intègre dans un tableau clinique d’alternative de diarrhée et de constipation qui doit faire évoquer le cancer colique sténosant, subocclusif. Elle simule une diarrhée et est dite aussi diarrhée de redilution. Ce tableau, à ne pas méconnaître, est devenu plus rare depuis les modes de dépistage précoce du cancer colique

Étym. gr. diarrhoê : écoulement

dichorial adj.

dichorial

Qualifie une grossesse gémellaire mono ou bizygote dont les jumeaux se développent dans deux poches séparées ayant chacun leur amnios et leur chorion.

Syn. bichorial

dichorie n.f.

dichorial

Etat d'une grossesse dichoriale, homo ou hétérozygote.

dichotomie n.f.

dichotomy

Division d’un élément initial en deux parties.
En mycologie, se dit de la division d’un filament en deux branches.

Dickinson (méthode de) l.f.

Examen de l'hymen grâce à l’introduction d’une sonde vaginale munie d’un ballonnet qui après avoir été gonflé exerce une légère traction propre à extérioriser l'hymen

R. L. Dickinson, gynécologue américain (1861-1950) ; D. Dargent, gynécologue obstétricien français (1937-2005)

Dieck (méthode de) l.f.

retro-alveolar X-ray method

Méthode de réalisation classique d'un cliché radiographique dentaire par film intrabuccal, préconisée dès 1911, et utilisant la règle d'isométrie.

W. Dieck, stomatologue allemand (1911)

différenciation lymphocytaire l.f.

lymphocytic differentiation

Processus de maturation d'un lymphocyte T ou B qui, à partir de la cellule vierge entrant en contact pour la première fois avec un antigène et après divisions successives, aboutit à la constitution d'un clone de cellules effectrices.
Parallèlement d'autres cellules vierges vont se multiplier et se différencier en cellules mémoires préinduites pour devenir ultérieurement des cellules effectrices lors d'un contact ultérieur avec le même antigène.

→ site de combinaison antigénique

diffluence de la pensée l.f.

diffluence of thought

Perturbation des associations idéiques se traduisant par des digressions répétées, sans rapport entre elles.
Aucun thème n'étant terminé, le passage de l'un à l'autre s'opère par le biais de quasi-homonymies, phonétiquement proches, avec tous les intermédiaires possibles entre un discours pauvre mais compréhensible et une incohérence totale de la pensée.
Elle s'observe le plus souvent comme mode d'expression de la dissociation schizophrénique, mais aussi chez des confus, des déments et des maniaques, où s'associe fréquemment une fuite des idées avec toutefois maintien d'une relative cohérence.

difformité faciale (répercussions psychologiques de la) l.f.

facial deformity, disfigurement

Souffrance psychique fréquente, liée à une difformité congénitale ou à une défiguration traumatique ("gueule cassée"), plus rarement pathologique (dermatose, infection maligne, etc.).
L'importance sociale d'une belle apparence étant élevée au rang de norme, la "perte d visage" peut accentuer le malaise, bien que le retentissement personnel de ces anomalies dépende d'autres facteurs : personnalité foncière, réaction familiale, incidences existentielles, notamment.
Comportement d'alerte en face d'autrui, évitement des contacts, excès alcooliques, agressivité, état dépressif ou anxieux, conduites suicidaires sont fréquemment relevés.
Chez les blessés de la face, il semble s'agir du type de mutilation le moins bien supporté. La relation avec le sujet doit se maintenir pendant toute la durée d'un traitement long et minutieux. Une prise en soins globale est indispensable. Mais l'amélioration est surtout fonction de l'amélioration esthétique et de la réadaptation sociale.

diffusion pulmonaire (mesure de la) l.f.

measure of the pulmonary diffusion

Les méthodes usuelles de mesure de la diffusion pulmonaire utilisent le monoxyde de carbone à faible concentration (de l'ordre de 0,2%), deux principales méthodes sont utilisées celle en apnée de Marie Krogh et celle en état stable.

Marie Krogh-Jørgensen, physiologiste danoise (1915)

[Méthode en état stable : le sujet respire dans un sac contenant le mélange chargé du CO et expire dans un autre sac. Lorsque la CO est stabilisée dans le second sac,on peut calculer la DLCO. Cette méthode est moins précise que la précédente du fait de l']

diholoside n.m.

disaccharide

Glucide constitué de deux molécules d'oses ou de dérivés d'oses, tels que osamine ou acide uronique, unies par une liaison osidique.
On distingue les diholosides non-réducteurs comme le saccharose et le tréhalose, dans lesquels la liaison concerne les deux fonctions réductrices, et les diholosides réducteurs tels que le maltose, l'isomaltose, le lactose, le cellobiose, etc.

Syn. disaccharide

dihydrocholestérol n.f.

dihydrocholesterol

Dérivé du cholestérol formé par hydrogénation de la double liaison.
Il en existe deux isomères selon que l'atome d'hydrogène fixé sur le C5 est en trans (forme a) ou en cis (forme b) par rapport au méthyle du C10. La forme 5b est appelée coprostanol ou coprostérol. La forme 5a est appelée cholestanol. Une telle réaction d'hydrogénation a lieu dans l'intestin sous l'effet de bactéries, formant le coprostanol, qui est éliminé dans les fèces.

1,25-dihydroxy-cholécalciférol n.m.

1,25-dihydroxy-cholecalciferol

Dérivé dihydroxylé de la vitamine D3, formé dans le rein par hydroxylation du 25-hydroxy-cholécalciférol sur son carbone 1.
Le 1,25-dihydroxy-cholécalciférol constitue l’hormone dérivée de la vitamine D, active sur la mobilisation du calcium osseux et sur l’absorption intestinale du calcium.

Syn. calcitriol

→ 25-hydroxycholécalciférol, vitamine D

dilatations des bronches (lésions anatomiques des) l.f.p.

bronchiectasis (pathology of)

Augmentation permanente et irréversible du calibre des bronches, associée à des remaniements importants de leurs parois, pouvant entraîner une hypersécrétion bronchique avec stase favorisant l'infection et une hypervascularisation artérielle bronchique, cause d'hémoptysies graves.
On sépare les dilatations bronchiques diffuses étendues à un vaste territoire ou à la totalité de l'arbre bronchique, des dilatations localisées n'intéressant qu'un territoire voire une seule bronche.
La dilatation affecte des bronches moyennes entre leur quatrième et huitième division. L'ampleur du territoire ainsi que la sévérité des lésions conditionnent symptômes, diagnostic et pronostic. On peut observer une insuffisance respiratoire grave si les territoires atteints sont très importants.
On distingue les bronchectasies cylindriques et fusiformes, les bronchectasies variqueuses ou moniliformes avec des dilatations irrégulières alternant avec des zones rétrécies et les dilatations sacciformes kystiques qui siègent au niveau des bronches proximales et se terminent en cul-de-sac au niveau des bronches de 5e génération. Dans cette forme, les constituants de la paroi bronchique sont remplacés par du tissu fibreux, la muqueuse bronchique est ulcérée et présente des zones de métaplasie faites de cellules épidermoïdes non ciliées.
Il est des formes localisées segmentaires, lobaires, voire plurilobaires. Les bronchectasies sont bilatérales dans 50% des cas. Habituellement elles siègent au niveau des segments basaux des lobes inférieurs. L'atteinte du lobe moyen ou de la lingula est rarement isolée sans atteinte du lobe inférieur correspondant. L'atteinte des lobes supérieurs est rare, souvent asymptomatique.
Les hémoptysies sont dues à l'hypervascularisation par le réseau des artères bronchiques des parois bronchiques anormalement épaissies, comme l'a montré l'angiographie bronchique sélective.
Le court-circuit vasculaire entre les circulations pulmonaires et bronchiques, évolue vers une hypoxémie sans hypercapnémie, qui peut à la longue se compliquer d'insuffisance respiratoire et d'un retentissement cardiaque droit.

Syn. bronchectasie

DILS (Syndrome) l.m. sigle angl. pour Diffuse Infiltrative Lymphocytic

Maladie systémique, secondaire à une prolifération oligoclonale des lymphocytes T CD8 en réponse à certains antigènes du VIH, caractérisée dans tous les cas par une infiltration lymphocytaire massive des glandes parotidiennes.
Les poumons, les muscles, le foie, les nerfs et le rein présentant les antigènes du VIH peuvent être affectés. L’atteinte rénale est rare. Elle se manifeste par une acidose tubulaire de type IV et/ou une néphrite interstitielle aiguë avec infiltration lymphocytaire sur la biopsie rénale. Le traitement repose sur une corticothérapie et la trithérapie antirétrovirale laquelle a fortement diminué la prévalence de cette affection.

Syn. lymphocytose infiltrative diffuse, Sjögren-like syndrome.

diméthylsulfoxyde n.m.

dimethylsulphoxide

Solvant polaire facilitant la mise en solution dans l'eau de substances normalement insolubles ou peu solubles.
Promoteur d'absorption, p. ex. de médicaments topiques, il agit par altération du stratum corneum dont il augmenterait l'effet réservoir grâce à son pouvoir liposolvant. Son utilisation est limitée par les irritations cutanées et les réactions allergiques qu'il provoque.
Utilisé comme dégraissant industriel dans l’industrie chimique et pharmaceutique, en médecine humaine ou vétérinaire pour congeler des cellules ou comme liniment d’entorses des animaux, pourrait être responsable en cas d’exposition massive ou répétée, d’encéphalopathies chroniques avec altération des fonctions cognitives, ralentissement psychomoteur, troubles de la dextérité, de la mémoire, de l’attention, et des fonctions exécutives.
Cette intoxication est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 84 du RG et 48 du RA) avec un délai de un an entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes, sous réserve d’une durée d’exposition d’au moins 10 ans et de tests psychométriques confirmés par leur répétition six mois plus tard après au moins six mois sans exposition.
Pour les manifestations aiguës à type de syndrome ébrieux ou narcotique pouvant aller jusqu’au coma le délai de prise en charge est de 7 jours seulement.

Sigle DMSO

[E2, G4]

Édit. 2018

dipalmityl phosphatidylcholine l.f.

dipalmityl phosphatidylcholine

Lécithine, phospholipide tensioactif, produite par les cellules alvéolaires de type II du poumon fœtal, constituant du surfactant, nécessaire au déplissement des alvéoles du nouveau-né.

diphosphate n.m.

diphosphate

→ pyrophosphate

diphosphoglycérate-mutase n.f.

bisphosphoglycerate mutase

Enzyme catalysant le transfert réversible du radical phosphorique entre la fonction acide du C1 et la fonction alcool du C2 de l'acide diphosphoglycérique, transformant le 1,3-DPG en 2,3-DPG.

Syn. glycérate-phosphomutase

diphosphoglycérate mutase (déficit en) l.m.

bisphosphoglycerate-mutase deficiency

Cause congénitale d'une augmentation d'affinité pour l'oxygène de l'hématie.
Les formes hétérozygotes sont parfaitement bien tolérées et loin d'être exceptionnelles. Les formes homozygotes ou hétérozygotes composites conduisent à une polyglobulie de compensation.

diphospho-inositide n.m.

diphosphoinositide

→ phosphatidylinositol-4'-phosphate

diplopie pathologique binoculaire l.f.

pathological diplopia

Lors de la fixation d'un seul objet avec les deux yeux, perception en deux endroits distincts de l'espace de deux images visuelles identiques.
Elle résulte de la stimulation par un même objet de deux points non correspondants de la rétine des deux yeux. Elle peut être horizontale, verticale ou torsionnelle ou une combinaison des trois.
La diplopie hétéronyme (croisée) est la diplopie rencontrée dans l'exotropie où l'image d'une cible fixée est reçue par la rétine temporale de l'œil dévié et donc localisée dans l'espace du côté nasal. Quand les axes visuels "se décroisent", les images "se croisent".
La diplopie homonyme (non croisée) est la diplopie rencontrée dans l'ésotropie où l'image de la cible fixée est reçue par la rétine nasale de l'œil dévié et donc localisée dans l'espace du côté temporal. Quand les axes visuels "se croisent", les images "se décroisent".

Étym. gr. diploos : double ; ops : vue

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