Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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colique néphrétique l.f.

renal colic

Syndrome douloureux lombaire paroxystique irradiant vers l'hypogastre et les organes génitaux externes, lié à un obstacle aigu, souvent lithiasique, du haut appareil urinaire.
Il peut s'accompagner de manifestations digestives (vomissements, iléus paralytique), de troubles mictionnels ou d'hématurie. L'étiologie obstructive (lithiasique, tumorale, malformative) est la plus fréquente ; elle peut être vasculaire ou liée à la pathologie du rétro-péritoine.

[M1,N1]

colique salivaire l.f.

salivary colic

Crise douloureuse lors de la migration d’un calcul dans le canal excréteur d’une glande salivaire principale, surtout sous-maxillaire.
Elle se manifeste à l’occasion d’un repas, par une intumescence rapide et douloureuse de la glande en cause, interdisant tout essai alimentaire. Un afflux de salive dans la bouche marque la fin de la crise, susceptible de se renouveler jusqu’à l’élimination du calcul.

lithiase salivaire, calcul salivaire, parotidite calcifiante, calcinose salivaire, lithiase salivaire

[P3,N1]

compression sinocarotidienne l.f.

carotid sinus compression

Manœuvre à visée thérapeutique ou diagnostique consistant à réaliser une excitation vagale par compression digitale de la région du sinus carotidienne.
La compression sinocarotidienne peut arrêter brutalement une crise de tachycardie supraventriculaire. Dans d’autres circonstances, elle peut permettre de mettre en évidence un flutter auriculaire en allongeant provisoirement la conduction auriculoventriculaire, pour démarquer le tracé de flutter auriculaire sur l’électrocardiogramme.

[N1,K2]

conditionnement n.m.

conditioning

1- En médecine : le fait de mettre un organe ou un matériel dans un état particulier pour le préparer à une opération ultérieure.
2- En pharmacie, présentation des produits pour leur mise en vente.
3- En physiologie, psychologie et pharmacologie, apprentissage d’un organisme vivant en vue d’un comportement constant : réflexe de Pavlov.
4- En psychologie, processus d’apprentissage.

Étym. bas lat. conditio : action de fonder

conditionnement d'un médicament, conditionnement classique, conditionnement opérant, réflexe de Pavlov

[N1,G5,C2,H4]

conjonctivite allergique l.f.

allergic conjunctivitis

Réaction de défense de la conjonctive créée par un allergène mis à son contact soit par voie externe, contact direct ou diffusion de proximité (rhinopharyngite, paupières), soit par voie interne (allergie bactérienne, mycosique, etc.).
Elle est en général bilatérale.
Il y en a plusieurs types :
- aiguë type conjonctivite pollinique : larmoiement, photophobie, prurit, chémosis,
- subaiguë ou chronique : la conjonctive palpébrale a un aspect variable : papillaire, pseudofolliculaire, macropapillaire, pavimenteux ou seulement hyperhémié. Elle peut être associée à une kératite ponctuée superficielle ;
- allergique de contact : l'allergène en cause est très variable : cosmétiques, produits chimiques, médicaments, etc

[P2,N1,F3]

contraception masculine l.f.

male contraception

Interruption temporaire et réversible de la fécondité naturelle du couple, par des méthodes concernant l'homme : le préservatif et le coït interrompu.
L'usage de la testostérone retard destinée à provoquer une azoospermie transitoire n'est pas encore au point.

[N1]

contraception mécanique l.f.

barrier contraception

Contraception utilisant les barrières physiques à la rencontre des gamètes : préservatifs masculins ou diaphragmes.

[O3,N1]

contraception orale l.f.

oral contraception

Ensemble des méthodes contraceptives utilisant l'ingestion de substances à activité hormonale, dans la majorité des cas par la femme.
En langage courant on parle de « pilules »
L'effet le plus souvent demandé à un œstrogène, est d'inhiber, par rétroaction, l'activité ovarienne cyclique et d'empêcher ainsi l'ovulation. Le progestatif associé a pour but essentiel d'éviter les hémorragies incontrôlées. Cet œstrogène, le plus souvent l'éthinyl-œstradiol, peut être administré à doses variables, et on parle ainsi de pilule microdosée, minidosée ou normodosée ; le progestatif associé peut l'être à chaque prise, en association dite monophasique, ou réservé à certaines périodes, en association bi ou triphasiques qui se suivent au cours du cycle. L'effet peut être demandé au seul progestatif dont la prise entraîne l'obstruction cervicale par un bouchon muqueux coagulé et l'atrophie endométriale, en prise permanente commencée peu après le début des règles.

[O3,N1]

contrindication n.f.

contra-indication

Circonstance susceptible de faire renoncer, provisoirement ou définitivement, à un acte diagnostique ou thérapeutique.
La comparaison du risque couru et du bénéfice attendu peut rendre une contrindication absolue ou relative.


- les claustrophobies sévères,
- la présence de dispositifs électroniques implantés (stimulateur cardiaque, neurologique ou de croissance, pompes à perfusion, implants cochléaires…) susceptibles d’être détériorés par le champ magnétique, avec les conséquences cliniques que cela implique…
- la présence de dispositifs en contact avec le corps et comportant des boucles de conducteurs susceptibles de s'échauffer, par effet d'induction, au point de risquer des brûlures (patients en réanimation…)  ;
- la présence de corps étrangers ferromagnétiques, que la puissance du champ magnétique peut mobiliser, en fonction de leur localisation en zone sensibles : corps étranger métallique intra-oculaire, clip ferromagnétique intra-crânien, balle, éclats, clips divers, etc….). Les prothèses articulaires, le matériel d’ostéosynthèse, les agrafes digestives, les stents ne constituent pas des contrindications, mais peuvent être source d’artefacts gênants.

Syn. contre-indication

[N1,G5,B2,B3]

Édit. 2018

contrindication n.f.

contra-indication

Circonstance susceptible de faire renoncer, provisoirement ou définitivement, à un acte diagnostique ou thérapeutique.
La comparaison d'un risque couru et d'un bénéfice attendu peut rendre une contrindication absolue ou relative.
En radiologie classique, il n'y a pas de contrindication aux examens, mais seulement des précautions à prendre pour limiter les doses de rayonnement ou pour éviter les problèmes éventuels dus aux produits de contraste.
En scanographie, la seule contrindication est l'agitation du patient, qui peut rendre l'anesthésie générale indispensable.
En IRM, on retrouve ce problème lié à l'agitation et à la claustrophobie, compliqué par le fait que les anesthésistes ne peuvent utiliser que du matériel non ferromagnétique ; il existe en outre en IRM des contrindications qui peuvent relever :
- de l'existence de dispositifs, implantés ou posés sur la peau et dont le fonctionnement pourrait être perturbé par les champs magnétiques (stimulateur cardiaque, neurologique ou de croissance, pompes à perfusion, implants cochléaires) ;
- de dispositifs en contact avec le corps et comportant des boucles de conducteurs susceptibles de s'échauffer, par effet d'induction, au point de risquer des brulures ;
- de la présence de corps étrangers ferromagnétiques, dangereux par leur possibilité de mouvement du fait des gradients, en fonction de leur localisation (balle, éclat, clips, limaille, prothèse métallique, etc.)

[N1,G5]

convalescence n.f.

convalescence

Période de transition entre la fin d’une maladie et le retour à un état de santé satisfaisant.

[N1]

coprolithe n.f.

coprolith

1) En médecine, concrétion retrouvée dans les selles, formée soit de matières fécales durcies, soit de calcaires, pouvant alors correspondre à de très gros calculs biliaires passés dans le tube digestif au travers d'une fistule biliaire interne cholécysto-intestinale ou cholécysto-gastrique.
2) En archéologie, déjection calcifiée trouvée dans un habitat ancien, un site funéraire, etc.

Étym. gr. kopros : excrément ; lithos : pierre

Syn. calcul fécaloïde

[N1,L1]

coryza n.m.

coryza, common cold

Inflammation aigüe de la muqueuse nasale d'origine virale, souvent compliquée par une infection bactérienne.
Elle est provoquée par un virus (Rhinovirus, virus respiratoire syncitial ou Coronavirus).

Étym. gr. koruza

Syn. rhume de cerveau, rhinite aigüe virale, rhume

[D1,N1]

coryza spasmodique périodique l.m.

Catarrhe aigu des muqueuses nasales et oculaires survenant périodiquement chez certains malades à l’époque de la floraison des graminées 

Il est considéré comme un équivalent de l’asthme avec lequel il peut alterner.

[F3,N1]

coup de chaleur l.m.

heat stroke

Ensemble variable de manifestations occasionnées par une exposition à une chaleur excessive : céphalée intense, somnolence, vomissements, arrêt par déshydratation des sécrétions (salivaires, urinaires…), troubles neurologiques (hallucinations, délire, perte de connaissance…).
Le coup de chaleur peut être causé par une exposition prolongée au soleil, une chaleur ambiante excessive, une inadaptation climatique à une chaleur humide, une atmosphère professionnelle (foyer des chaudières à vapeur, repassage professionnel…). L’ensemble de ces désordres sont fréquemment mortels. Des manifestations similaires peuvent être induites par certains médicaments comme les neuroleptiques.

syndrome malin des neuroleptiques, hyperthermie maligne d'effort, coup de chaleur épidémique, coup de chaleur exogène

[C2,G2,G4,N1]

Édit. 2017

coup de chaleur d'exercice l.m.

hyperthermie maligne d'effort

[N1]

coup de chaleur épidémique l.m.

epidemic heatstroke

Coup de chaleur exogène frappant de nombreux individus dans une foule du fait de la fatigue et de la marche à la chaleur, se voit p. ex. à l'occasion du pélerinage à La Mecque.

coup de chaleur, hyperthermie maligne d'exercice

[N1]

coup de chaleur exogène l.m.

exogenous heatstroke

Hyperthermie causée par une exposition prolongée en ambiance chaude (ex. séjour prolongé dans une voiture fermée au soleil), même en l'absence de tout effort musculaire.
Le coup de chaleur frappe plus spécialement les âges extrêmes, les jeunes enfants surtout et dans une moindre mesure les vieillards.
La tolérance individuelle au stress thermique est réduite en cas de troubles qualitatifs et quantitatifs de la sudation (mucoviscidose, dysplasie ectodermique, ichtyose), ou de déficits constitutionnels des enzymes musculaires, aggravés par la prise de médicaments qui modifient la thermorégulation, la thermogénèse et la sudation.

coup de chaleur d'exercice, hyperthermie maligne, insolation

[N1]

coup de soleil l.m.

sunburn

érythème actinique

[N1,J1]

coupure n.f.

cut

En médecine, blessure nette faite par un objet tranchant (arme blanche frappant de taille, éclat de verre, tôle, etc.), plus ou moins profonde mais souvent hémorragique.
On distingue les plaies propres ne contenant pas de corps étranger ni de souillure et les plaies souillées. En premier secours il convient d'éviter toute souillure supplémentaire, d'enlever les petits corps étrangers évidents, de protéger la plaie et de contenir l'hémorragie en comprimant. Si le rapprochement des lèvres de la plaie n'est pas efficace. Après désinfection en milieu médical, la suture d'une plaie propre peut être faite par première intention après ablation des corps étrangers éventuels. La vaccination antitétanique peut être indiquée. Le traitement des plaies souillées ou profondes ainsi que les plaies par arme blanche (laisser l'arme en place jusqu'à l'arrivée en salle d'opération) doit être chirurgical, le transport rapide vers un centre de traitement est urgent. La pose d'un garrot doit être évitée, à moins que la compression locale ou artérielle en amont soit inefficace.

Étym. gr. kolaphos : coup sur la figure, soufflet, devenu colpus par contraction en bas lat. et par attraction avec le lat. culter (mot d'origine germanique), coutre de charrue, couteau

choc de levée de garrot, plaie

[N1,N2]

Courvoisier (loi de) l.f.

Observation que l’augmentation de volume de la vésicule biliaire signifie, en cas d’ictère, que l’obstacle sur la voie biliaire est situé au-dessous de l’abouchement du canal cystique, soit un cancer du pancréas ou un ampullome vatérien.
En cas de pathologie lithiasique, la vésicule n’est pas augmentée de volume du fait de l’épaississement pariétal dû à la cholécystite chronique.

L. Courvoisier, chirurgien suisse (1890) ; L. F. Terrier, chirurgien français, membre de l’Académie nationale de médecine (1837-1908)

Courvoisier et Terrier (loi de)

[L1,N1]

crampe n.f.

cramp, muscle spasm

Contraction brusque, involontaire, douloureuse et transitoire d'un muscle ou d'un groupe musculaire.
Elle peut intéresser soit des muscles squelettiques et survient au cours d'un effort, du froid, de troubles vasculaires ou métaboliques, soit des muscles viscéraux, intestinaux, gastriques, utérins, etc.

Étym. francique et all. kramp : recourbé

Syn. spasme musculaire

[I4,N1]

craquement n.m.

crack, crunch

Sensation à la fois tactile et auditive perçue lors du jeu d'une articulation, ou lors du frottement de deux extrémités osseuses anormales p. ex. dans une fracture.

[I1,N1]

crépitation, n.f.

Bruit spécial, produit par

-le frottement des deux fragments d’un os fracturé (c.osseuse).
-le broiement des caillots sanguins dans un hématome (c.sanguine) 
- le frottement d’un tendon enflammé contre la paroi rugueuse de la synoviale
-la pression sur certains ostéosarcomes pourvus d’une mince coque osseuse (c. parcheminée).
La crépitation sous-pleurale est un bruit sec et fin perçu aux deux temps de la respiration.

- la pression sur un emphysème sous-cutané (c.neigeuse)

[N1,I2]

crépitation osseuse l.f.

bone crepitation

En orthopédie, sensation de crissement perçue à la palpation qui résulte, lors de la fracture d’un os, du frottement l'une contre l'autre des deux extrémités.
Ce terme peut aussi s'appliquer à une articulation pathologique. P.ex. un crissement peut être noté entre la rotule et les condyles fémoraux lors de la mobilisation de l'articulation du genou, au cours de l'arthrose fémoropatellaire.
2) En obstétrique, perception particulière des os crâniens au toucher vaginal lorsque le fœtus est mort depuis plus de deux jours.
Elle est due à une mobilité anormale et à un chevauchement des écailles pariétales.

[N1,I2,O3,O6]

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