Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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leucémie aigüe à mégacaryoblastes l.f.

megakaryoblastic leukemia

Variété de leucémie aigüe myéloblastique classée M7 dans la classification FAB représentant de 3 à 5% des leucémies aigües myéloblastiques.
La plupart des cas autrefois désignés sous le terme de myélofibrose maligne ou myélofibrose aigüe sont maintenant rangés dans cette variété. Les mégacaryoblastes leucémiques sont malaisés à reconnaître en microscopie optique à cause de leur aspect apparemment lymphoïde et de leur cytoplasme sans grains. L’aspiration médullaire est souvent difficile à cause de la myélofibrose. Les mégacaryoblastes peuvent être identifiés par la microscopie électronique ou par les marqueurs spécifiques de la lignée : glycoprotéines plaquettaires Ib, IIb, IIIa (CD41 et/ou CD61). Les anomalies cytogénétiques sont souvent complexes et plus fréquentes que dans d’autres leucémies aigües myéloblastiques ; elles portent sur -5/5q-, -7/7q+, 3q21 ou q26, les trisomies 19 et 21. La t(1;22)(p13;q13) est habituellement associée à la forme M7 de l’enfant ;celle-ci survient plus fréquemment chez l’enfant trisomique 21 (syndrome de Down).

leucémie aigüe lymphoblastique (LAL) l.f.

acute lymphocytic leukemia

L'une des deux grandes variétés de leucémie aigüe qui prédomine chez l'enfant et l'adulte jeune dont le diagnostic repose sur l'aspect morphologique des lymphoblastes, la cytochimie et le phénotype immunologique.
La classification FAB reconnaît trois sousgroupes : la LAL 1 faite de petites cellules souches de 10-15 nm de diamètre dont le noyau nucléolé est entouré d'une fine couronne de cytoplasme ; la LAL2 plus grande avec plus de cytoplasme, la LAL3 rare avec un noyau convoluté et un cytoplasme très basophile vacuolé. La LAL3 représente la forme leucémique du lymphome de Burkitt. Les cellules sont colorées dans la moitié des cas par le PAS (acide periodique Schiff), l'absence de granulations explique la négativité de la coloration par la peroxydase. Les marqueurs immunologiques (anticorps monoclonaux anti-CD) permettent de grouper les LAL, qui sont généralement TdT+ (désoxyribonucléotidyl-transférase terminale), CD34+, CD19+ et CD10+, immunophénotype qui correspond à des cellules immatures de la lignée B déjà engagées dans la différenciation dite pré B du fait du réarrangement des gènes des immunoglobulines. 20% des LAL sont de type T, CD2+, CD5+, CD7+ ou CD1+, se voient plus volontiers chez les garçons, une tumeur médiastinale volumineuse est fréquente. Les rares LAL exprimant des immunoglobulines à leur surface ont une morphologie de LAL3.

leucémie aigüe myéloblastique (LAM): apport de la génétique et des données moléculaires l.f.

acute myeloid leukaemia : genetics and molecular anomalies.
La génétique associée à la détection moléculaire des mutations géniques jouent un rôle primordial dans la classification des leucémies aigües myéloblastiques et dans la stratification de leur risque.
Les études moléculaires ne supplantent pas la place des résultats cytogénétiques mais jouent un rôle complémentaire en définissant un pronostic plus raffiné et en particulier dans certains sous-groupes spécifiques de LAM. À l’exception de la leucémie promyélocytaire aigüe, le traitement des LAM n’est pas ciblé et l’intensité de la thérapeutique est choisie et adaptée en fonction des sous-groupes pronostiques. Plusieurs systèmes de score pronostique classent les patients en sous-groupes favorable, intermédiaire et défavorable basées sur des données cliniques et génétiques. A ces données cytogénétiques les recherches de mutations de FLT3, NPM1, CEBPA et KIT conduisent à déterminer d’autres sous-groupes pronostiques.
La plupart des anomalies cytogénétiques pronostiques des LAM sont soit des réarrangements chromosomiques ou de larges délétions génomiques (Tableau 1). La leucémie promyélocytaire avec t(15 ;17) et les leucémies core binding factor avec inv(16)/t(16;16) ou t(8;21)sont de bon pronostic. Par contre, les caryotypes complexes ou monosomiques, les délétions des chromosomes 5 ou 7 ont un pronostic défavorable. D’autres images cytogénétiques telles que la t(9 ;11), un +8 isolé ou un caryotype normal ont un pronostic intermédiaire. Cependant la présence de certaines mutations peuvent modifier ces groupes pronostiques. Des mutations isolées NPM1 ou bialléliques CEBPA améliorent le pronostic des LAM avec cytogénétique normale d’intermédiaire à favorable. Par contre la mutation FLT3 ITD aggrave le pronostic d’un caryotype normal d’intermédiaire à défavorable. La présence d’une mutation KIT dans la leucémie core banding factor péjore le pronostic en intermédiaire.

Sophia Yohe, hématobiologiste américaine (2015) ; E. J. Duncavage, pathologiste américain (2021)

leucémie aigüe myéloblastique (définition et critères), leucémie aigüe myéloblastique (paysage génomique), FLT3, NPM1, CEBPA, KIT

[F1,Q1]

Édit. Édit 2021

leucémie aigüe myéloblastique (LAM) : classification OMS l.f.p.

acute myeloid leukaemia (classification) AML

La notable diversité de formes de leucémie aigüe myéloblastique a conduit à les classer en plusieurs sous-goupes identifiables par leur caractère cytologique propre basé sur des données morphologiques, histochimiques et phénotypiques.
L’étude cytogénétique des cellules leucémiques a permis d’identifier des anomalies spécifiques parmi ces sous-groupes de leucémies aigües.
La première classification a été établie en 1976 par un collège d’hématologues cytologistes Français, Américains et Britanniques (d’où le sigle FAB de cette classification) ; celle-ci répartit les leucémies aigües myéloblastiques en neuf variétés reprises ci-dessous avec leur fréquence relative :


L’apport de la cytogénétique et de la biologie moléculaire, l’importance que revêtent des données morphologiques complémentaires–en particulier les signes de dysmyélopoïèse–et l’identification de nouvelles entités anatomocliniques ont conduit les hématologues, sous l’égide de l’OMS, à élaborer une nouvelle classification en 2002 qui bénéficia de précisions complémentaires en 2008 ; elle établit comme suit les différentes classes :
1 – LAM avec anomalies génétiques récurrentes
A – Translocations équilibrées / inversions,
B – Mutations génétiques ;
2 – LAM liées à des anomalies myélodysplasiques ;
3 – LAM thérapie-induites ;
4 – autres LAM (LAM NOS) voir classification FAB ;
5 – sarcome myéloïde ;
6 – proliférations myéloïdes liées au Syndrome de Down ;
7 – leucémie à cellules dendritiques blastiques plasmocytoïdes.
Ces classifications, universellement appliquées, permettent une meilleure identification des leucémies aigües myéloblastiques, un choix plus adapté de la thérapeutique et une identité de langage.

J. M. Bennett, hématologue américain (1976, 1985, 1991) pour le FAB ; J. W. Vardiman, hématobiologiste américain (2002 et 2008) pour l’OMS ; D. A. Arber, anatomopathologiste américain (2016)

leucémie aigüe myéloblastique (définition et critères), leucémie aigüe myéloblastique: apport de la génétique et des données moléculaires, FAB

leucémie aigüe myéloblastique (LAM) : définition et critères l.f.

acute myeloid leukaemia (definition, criteria) (AML)

Prolifération clonale de cellules à caractère anarchique développées à partir des précurseurs hématopoïétiques (blastes) des lignées médullaires.
Le terme “myéloblastique” inclut toutes les cellules appartenant aux lignées granulocytaire (neutrophile, éosinophile, basophile), monocytaire/macrophagique, érythrocytaire, mégacaryocytaire et mastocytaire. Des critères cytologiques, histochimiques et immunophénotypiques conduisent à préciser l’origine de la lignée des cellules malignes et leur état de maturation. L’étude cytogénétique identifie de façon précise certaines variétés de leucémies aigües. Des mutations géniques se rencontrent au cours de variétés de LAM ; certaines de ces mutations péjorent le degré de gravité, d’autres l’améliorant.
Le pourcentage de blastes demeure le critère déterminant pour affirmer la néoplasie myéloïde. Un pourcentage de blastes égal ou supérieur à 20 des cellules leucocytaires sanguines ou des cellules nucléées médullaires signe le diagnostic de leucémie aigüe myéloblastique.
La maladie se développe en règle générale dans la moelle osseuse :
- sa présence altère l’hématopoïèse normale, aboutissant au syndrome d’insuffisance médullaire, caractérisé par des cytopénies (anémie, granulopénie, thrombopénie), dont les conséquences cliniques conduisent aux manifestations révélatrices de la maladie ;
- la maladie peut également s’étendre au sang avec apparition de blastes circulants ou à d’autres organes hématopoïétiques (rate, ganglions, foie ...) ou non hématopoïétiques (peau, gencives, système nerveux central ...), constituant le syndrome tumoral présent plus fréquemment dans certaines formes de leucémies.
Les LAM, avec une incidence globale de l’ordre de 3 pour 100.000 habitants par an en France, sont pour la majorité, des pathologies de l’adulte ; leur incidence s’accroît avec l’âge ; l’âge médian de survenue est de 65 ans. L’origine des LAM n’est pas connue. Cependant, un certain nombre de facteurs de risque leucémogène ont été identifiés : les radiations ionisantes, les chimiothérapies anticancéreuses (et principalement les alkylants), le benzène… Plusieurs affections constitutionnelles prédisposent au risque de leucémie aigüe, telle le syndrome de Down.

leucémie aigüe myéloblastique (classification) ,leucémie myéloblastique aigüe : apport de la génétique et des données moléculaires ,leucémie myéloblastique aigüe (paysage génomique)

leucémie aigüe myéloblastique (LAM) : paysage génomique l.f.

acute myeloid leukemia : genomic landscape

Etude du génome de la leucémie aigüe myéloblastique (LAM) par de nouvelles techniques génomiques.
Ces techniques faisant appel au séquençage de l’ensemble du génome et de l’exome ont montré que de nombreuses leucémies sont caractérisées par une hétérogénéité clonale au moment du diagnostic avec la présence d’un clone fondateur et d’au moins un sous-clone. Ces données obtenues par des études de l’évolution clonale sont un support pour un modèle dans lequel les gènes impliqués dans la régulation épigénétiques (DNMT3A, ASXL1, IDH2, et TET2) sont présents dans les cellules souches hématopoïétiques préleucémiques et interviennent très tôt dans l’évolution de la LAM. De telles cellules souches ancestrales préleucémiques sont capables d’une différenciation en plusieurs lignées, peuvent survivre à la chimiothérapie, et se développer durant les rémissions conduisant à d’éventuelles rechutes. Cette hématopoïèse clonale avec des mutations somatiques, portant sur les mêmes gènes (DNMT3A, ASXL1 et TET2), s’accroît avec l’âge et est associée avec un risque accru de cancer hématologique et de décès.
Le modèle mutationnel peut être indicatif de l’ontogénie de la LAM : c’est-à-dire, soit que la leucémie apparaît au diagnostic comme une maladie primaire, soit comme une affection secondaire à une pathologie myéloïde préalable telle qu’un syndrome myélodysplasique. C’est ainsi que les mutations de gènes SRSF2, SF3B1, U2AF1, ZRSR2, ASXL1, EZH2, BCOR, STAG2 définissent un sous-type génétique distinct de LAM qui partage des caractéristiques cliniques et pathologiques avec des LAM secondaires cliniquement confirmées.
Les investigations génétiques menées auprès de fratries atteintes de leucémie myéloïde mettent en évidence chez ces patients atteints de pathologies héréditaires une association avec des mutations germinales dans 10 gènes : ANKRD26, CEBPA, DDX41, ETV6, GATA2, RUNX1, SRP72, TERC, TERT, TP53.

H. Döhner, médecin interniste allemand, D. J. Weisdorf, hématologiste américain, C. D. Bloomfield, oncologue américaine (2015)

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[F1,Q1]

leucémie aigüe myéloblastique (LAM) : stratification de risques l.f.

Données cytogénétiques et moléculaires utilisées dans la stratification de risques des LAM.

RISQUE CYTOGENETIQUE MOLECULAIRE
inv (16) ou t (16 ;16) cytogénétique normale avecFavorable t(8 ;21) mutation biallélique CEBPA isoléet(15 ;17) mutation NPMI sans FLT3 ITD
cytogénétique normale+ 8 isolé mutation KIT dans les leucémiesIntermédiaire t(9 ;11) core banding factorAnomalies non reprises dans inv (16) ou t (16 ;16)favorable et défavorable t (8 ;21)
complexe (≥3 anomalies clonales)cariotype monosomique-5/-5q ou -7/-7qDéfavorable réarrangements 11q23 autres que t(9 ;11) cytogénétique normale avecinv(3) ou t(3 ;3) FLT3ITI)t(6 ;9)t(9 ;22)

[F1,Q1]

leucémie oligoblastique l.f.

Elle correspond à l'une des deux variétés de syndromes myélodysplasiques : l'anémie réfractaire avec excès de blastes (AREB) et la leucémie myélomonocytaire chronique (LMMC)

leucémies aigües myéloïdes (classification OMS des) l.f.p.

Révision en 2016 de la classification de 2008 ayant pour but l’intégration des informations récentes concernant la clinique, le pronostic, la morphologie, l’immunophénotype et la génétique. 
1. LAM avec anomalies cytogénétiques récurrentes :
- LAM avec t(8;21) (q22;q22) ; RUNX1-RUNX1T1,
- LA promyélocytaire avec PML-RARA,
- LAM avec inv(16)(p13.1q22) ou t(16 ;16)(p13.1q22) ; CBFB-MYH11,
- LAM avec t(9;11)(p22;q23) ; MLLT3-KMT2A,
- LAM avec t(6;9)(p23;q34) ; DEK-NUP214,
- LAM avec inv(3)(q21q26.2) ou t(3;3)(q21;q26.2) ; GATA2, MECOM,
- LAM (mégacaryoblastique) avec t(1;22)(p13;q13) ; RBM15-MKL1,
- LAM avec mutation NPM1,
- LAM avec mutation bi allélique CEBPA,
- Entités provisoires : LAM avec BCR-ABL1 et LAM avec mutation RUNX1.
2. LAM avec anomalies associées aux myélodysplasies :
- soit faisant suite à un syndrome myélodysplasique (SMD) ou un syndrome myéloprolifératif/myélodysplasique,
- soit avec anomalie(s) cytogénétique(s) de syndrome myélodysplasique (voir le tableau ci-dessous). 
3. Néoplasies myéloïdes post chimiothérapie :
Correspondent soit à une LAM-t soit à un SMD-t.
4. LAM sans autre spécification par ailleurs (NOS) :
- LA Myéloblastique avec différenciation minime,
- LA Myéloblastique sans maturation,
- LA Myéloblastique avec maturation,
- LA myélomonocytaire,
- LA monoblastique / monocytaire,
- LA mégacaryoblastique,
- LA Myéloblastique à composante basophile,
- LA avec myélofibrose (panmyélose aigüe.)
5. Sarcome granulocytaire :
6. Proliférations myéloïdes associées à la trisomie 21 constitutionnelle :
-  réaction leucémoïde transitoire,
-  LAM associée à la trisomie 21 constitutionnelle.
Ce sont souvent des proliférations mégacaryoblastiques, soit transitoires (découvertes à la naissance et persistant quelques semaines à quelques mois], soit une LAM (survenant souvent dans les 3 premières années de vie, précédées ou non d’une myélopoïèse anormale transitoire (Transient Abnormal Myelopoiesis,  TAM) ; la blastose sanguine et médullaire est variable ; il y a fréquemment des mutations de GATA1 et de la voie JAK/STAT.
Modifications par rapport à la classification OMS de 2008 :
1. LAM avec anomalies cytogénétiques récurrentes
-LAM avec t(15 ;17) : dénommée maintenant : leucémie aigüe promyélocytaire avec PML-RARA,
- inv(3)(q21.3q26.2) ou t(3;3)(q21.3;q26.2) : ne correspond pas à un gène de fusion, mais à un repositionnement distal de l’enhancer de GATA2 pour activer l’expression de MECOM et simultanément entraîner l’haplo-insuffisance de GATA2,
- entité provisoire : LAM avec mutation RUNX1 :n’est pas associée à des anomalies liées aux myélodysplasies ; semble dotée d’un mauvais pronostic,
- entité provisoire LAM avec BCR-ABL1 : parce qu’il est parfois difficile, sans anamnèse ou renseignements cliniques, de séparer crise blastique de LMC et LAM de novo avec BCR-ABL1. La délétion de gènes de récepteurs d’antigènes (IGH, TCR), de IKZF1 et/ou de CDKN2A peut permettre le diagnostic différentiel entre la LAM de novo et la phase blastique de LMC.
2. LAM avec dysplasie multilignée.
- La présence d’une dysplasie multilignée ne suffit plus pour le classement dans ce groupe (pas de caractère pronostique isolé, mais seulement s’il existe des anomalies cytogénétiques de myélodysplasie),
- Si une mutation de NPM1 ou biallélique de CEBPA est retrouvée : classement dans les nouvelles entités correspondantes.
Tableau des anomalies cytogénétiques suffisantes pour diagnostiquer une LAM avec modifications liées aux myélodysplasies quand il y a plus de 20% de blastes dans le sang ou la moelle et qu’une thérapeutique préalable a été exclue :

Caryotype complexe (3 anomalies ou plus) 
Anomalies déséquilibrées : -7/del(7q) del(5q)/t(5q) i(17q)/t(17p) -13/del(13q) del(11q) del(12p)/t(12p) idic(X)(q13) Anomalies équilibrées : t(11;16)(q23.3;p13.3) t(3;21)(q26.2;q22.1) t(1;3)(p36.3;q21.2) t(2;11)(p21;q23.3) t(5;12)(q32;p13.2) t(5;7)(q32;q11.2) t(5;17)(q32;p13.2) t(5;10)(q32;q21.2) t(3;5)(q25.3;q35.1)

3. Néoplasies myéloïdes post traitement cytotoxique.
Il existe parfois une mutation germinale dans des gènes de susceptibilité au cancer. L’importance d’une étude familiale attentive recherchant une telle susceptibilité est soulignée.
4. LAM non caractérisées par ailleurs.
Un seul changement : la LA érythroïde. Les myéloblastes sont maintenant toujours comptés pour 100 cellules médullaires, et les cas avec au moins 50% d’érythroblastes et au moins 20% de blastes sont inclus parmi les LAM et les cas avec moins de 20% de blastes parmi les SMD. La majorité de ces LAM se reclasse parmi les LAM avec anomalies de myélodysplasie, et les autres parmi les LAM – NOS. Seule persiste la LA érythroïde pure, définie par la présence de plus de 80% de précurseurs érythroïdes immatures avec au moins 30% de proérythroblastes.
5. Définition de la nature « myéloïde » des hémopathies.
Ce sont toutes les cellules appartenant aux lignées granulocytaire (neutrophile, éosinophile, basophile), monocytaire/macrophage, érythroblastique (érythroïde), mégacaryocytaire et mastocytaire.
Remarques concernant les "blastes" : myéloblastes, monoblastes, promonocytes et mégacaryoblastes (mais pas les mégacaryocytes dysplasiques) sont comptés ensemble en « blastes » et ce pourcentage est utilisé pour le diagnostic de la LAM en cause. Les proérythroblastes : ne sont pas comptés en « blastes », sauf dans le cas de LA proérythroïde pure.
6. Correspondance morphologique OMS 2008 / FAB
 OMS 2008  FAB
Groupe avec anomalies cytogénétiques récurrentesLAM avec t(8;21) (q22;q22) ; RUNX1-RUNX1T1 LAM avec t(15;17) (q22;q12) ; PML-RARA LAM avec inv(16)(p13.1q22) ou t(16 ;16)(p13.1q22) ; CBFB-MYH11LAM avec t(9;11)(p22;q23) ; MLLT3-MLL LAM avec t(6;9)(p23;q34) ; DEK-NUP214 LAM avec inv(3)(q21q26.2) ou t(3;3)(q21;q26.2) ; RPN1-EVI1 LAM (mégacaryoblastique) avec t(1;22)(p13;q13) ; RBM15-MKL1Entités provisoires : LAM avec mutation NPM1  LAM avec mutation CEBPA Groupe avec anomalies associées aux myélodysplasies- Faisant suite à un syndrome myélodysplasique ou un syndrome myéloprolifératif/dysplasique- Ou présentant des anomalies cytogénétiques identiques à celles des myélodysplasies- Ou présentant une dysplasie sur > 50% des cellules d’au moins 2 lignées myéloïdes Groupe des LAM post chimiothérapieUne seule entité quel que soit le  traitement  Groupe sans spécification particulièreLAM avec différenciation minime LAM sans maturationLAM avec maturation LA myélomonocytaire LA monoblastique / monocytaire LA érythroïde :     LA érythroïde pureErythroleucémie : n'existe plus dans la classification OMS 2016 LA mégacaryoblastiqueLAM à composante basophileLA (panmyélose aigüe) avec myélofibrose LAM avec maturation (LAM2 – FAB) LA à promyélocytes (LAM3 – FAB) LA Myélomonocytaire aiguë avecéosinophiles anormaux(LAM4eo – FAB) LA Monoblastique (LAM5 – FAB) LAM avec maturation et excès debasophiles (LAM2 – FAB) LAM avec mégacaryocytes anormaux(voir LA à mégacaryocytes) LA mégacaryoblastique(LAM7 – FAB) Divers types de LAM (souvent LAsans maturation, myélomonocytairesou monoblastiques)  Divers types morphologiques :souvent LAM sans ou avec maturation,ou LA myélomonocytaires Divers types morphologiques : souventLAM sans ou avec maturation ou LA myélomonocytaires  LAM 0 – FAB LAM 1 – FAB LAM 2 – FAB LAM 4 – FAB LAM 5 – FAB LAM 6 – FAB  LAM 7 – FAB

D. A. Arber. The 2016 revision to the World Health Organization (WHO) classification of myeloid neoplasms and acute leukemia (Blood 2016)

[On classe ici uniquement les sarcomes myéloïdes de novo sans évidence de maladie médullaire,les sarcomes myéloïdes s’observent soit de novo (présentation inaugurale unique de n’importe quelle leucémie aigüe myéloblastique (LAM),soit accompagnant une LAM]

ligne de jonction amnio-ectoblastique l.f.

amnioectoblastic junction streak

Ligne de réflexion entre l’amnios et l’ectoblaste.
Elle constitue l’anneau ombilical primitif.

amnios, cavité amniotique, ectoblaste, ombilic, anneau ombilical

[A4,O6]

lipoblastomatose bénigne l.f.

benign lipoblastomatosis

Prolifération bénigne d'adipocytes immatures, histologiquement proche du lipoblastome bénin mais plus profondément située, plus diffuse et tendant à récidiver après extirpation.

Étym. gr. lipos : graisse ; blastos : germe

lipoblastome bénin l.m.

benign lipoblastoma

Tumeur bénigne du tissu adipeux, rare, survenant dans les trois premières années de la vie avec prédilection chez le garçon, siégeant au cou, dans la région inter-scapulaire, les aisselles, le creux poplité et parfois le médiastin, réalisant une tuméfaction bien circonscrite, souple et indolore.
Elle est composée d'amas d'adipocytes immatures ronds ou fusiformes à cytoplasme multi-vacuolaire et finement granuleux avec un noyau rond central, séparés par des cloisons conjonctives : elle se rapproche ainsi de l'hibernome.

Étym. gr. lipos : graisse ; blastos : germe ; ôma : tumeur

Syn. lipome foetal, lipome embryonnaire

Lobo (blastomycose chéloïdienne de Jorge) l.f.

Jorge's lobo's disease

J. Lobo, dermatologiste brésilien (1931)

blastomycose chéloïdienne de Jorge Lobo

Lobo (maladie de) l.f.

lobomycosis

Mycose cutanée chronique d'Amérique tropicale provoquée par un micromycète inférieur, Lobomyces loboi.
Cette affection rare touche l'Homme et quelques mammifères (Dauphin). La plupart des cas ont été décrits au Brésil et en Guyane française mais la maladie est aussi observée, en milieu forestier, dans d'autres pays de la région. L'infestation a lieu par voie transcutanée, à l'occasion d'un traumatisme : piqûre ou coupure, plus rarement morsure d'arthropode ou de serpent. Les adultes jeunes de sexe masculin exerçant une activité extérieure sont les plus fréquemment touchés. Les lésions restent limitées à la peau et sont presque toujours localisées dans les zones découvertes. Même si les aspects cliniques simulent le plus souvent des chéloïdes, fermes, brunes, indolores, parfois pédiculées, ils sont assez polymorphes, prenant aussi l'apparence de gommes, de placards nodulaires infiltrés, verruqueux ou ulcérés évoquant une lèpre nodulaire, une chromomycose ou un carcinome spinocellulaire. L'évolution est lente et chronique.
Le diagnostic repose sur la mise en évidence de courtes chaînes d'éléments ronds, globuleux, avec une double paroi réfringente, réunis les uns aux autres par une sorte d'isthme, dans les squames recueillies par grattage ou à l'examen histologique d'une biopsie. Les antifongiques sont inactifs.

J. Lobo, dermatologue brésilien (1930)

Syn. lobomycose, Jorge Lobo (maladie de), blastomycose chéloïdienne de Jorge Lobo

Lobomyces loboi

Lutz-Splendore-Almeida (blastomycose sud-américaine de) l.f.

Lutz Splendore Almeida’s disease

A. Lutz, bactériologiste brésilien (1908) ; A. Splendore, médecin italien en activités au Brésil (1912) ; F. P. de Almeida, bactériologiste brésilien (1928)

paracoccidioïdomycose

lymphadénopathie angio-immunoblastique l.f.

angioimmunoblastic lymphadenopathy

Lymphome T particulier qui comporte une prolifération de vaisseaux contournés atypiques et une infiltration lymphoïde, dont les atteintes initiales électives sont ganglionnaires et/ou cutanées et qui s'accompagne d'un syndrome général alarmant, d'une polyadénopathie et d'une hypergammaglobulinémie polyclonale.
Les lésions ganglionnaires comprennent une infiltration cellulaire diffuse, avec extension extraganglionnaire, par des lymphocytes T à cytoplasme clair, des immunoblastes B, des plasmocytes polyclonaux, une prolifération vasculaire, des dépôts de matériel amorphe, une involution folliculaire.
L'atteinte cutanée est très trompeuse puisqu'elle se présente sous la forme d'une grande éruption maculopapuleuse pseudotoxidermique. L'examen anatomopathologique montre des vaisseaux nombreux et contournés entourés de lymphocytes qui, aux phases initiales, ne présentent que peu ou pas d'anomalies cytologiques. Les études en immunomarquage et en biologie moléculaire permettent de démontrer la présence d'une prolifération T monoclonale.

Syn. Lymphome T de type lymphadénopathie angio-immunoblastique.

lymphoblaste n.m.

lymphoblast

Lymphocyte T ou B activé caractérisé par une augmentation de taille, une décondensation de la chromatine et une augmentation du contenu en ARN et en protéines ainsi que par l'expression de marqueurs d'activation.
Sur les lymphocytes T ces marqueurs d’activation peuvent apparaître précocement pendant la phase G1 du cycle cellulaire (CD69, CD25, CD95) ou plus tardivement (CD71 récepteur de la transferrine, et molécule HLA de classe II) ou enfin de façon très tardive (intégrines VLA pour very late antigens).

lymphoblastome n.m.

lymphoblastoma

Tumeur maligne développée dans les nœuds lymphatiques ou la rate, par prolifération des cellules lymphoblastiques.

maladie hémolytique du nouveau-né   l.f.

erythroblastostosis fetalis, hemolytic disease of the newborn (Rh disease)

Anémie hémolytique du fœtus et du nouveau-né due à l’immunisation de la mère par des antigènes érythrocytaires fœtaux lors d’une grossesse, d’une interruption de grossesse ou d’une transfusion (incompatible) antérieures.
L’anémie (qui s’accompagne d’érythroblastose et d’hyperbilirubiénémie) s’aggrave au fur et à mesure des grossesses successives  et peut aboutir à l’anasarque fœto-placentaire ou à la mort fœtale in utero.
L’antigène D (Rh+) était le plus souvent en cause. Cette affection est systématiquement prévenue par l’injection d’immunoglobulines anti-D, chez toute femme Rh négatif, dès la première grossesse. Cependant des MHNN peuvent être entraînées par des antigènes érythrocytaires fœtaux autres que D. Les enfants de père hétérozygote D/d peuvent être Rh négatifs et échapper à la maladie, (d’où l’intérêt de la détermination par PCR du groupe Rh du fœtus sur DNA extrait des érythrocytes fœtaux passés dans la circulation maternelle).
L’exsanguinotransfusion du nouveau-né est l’une des thérapeutiques efficaces de cette affection.

Étym. gr. haima : sang ; luein : délier

Syn. incompatibilité Rhésus

Sigle  : MHNN

anémie érythroblastique, anasarque fœtoplacentaire, transfusion fœtale, exsanguino-transfusion

maladie trophoblastique l.f.

gestational trophoblastic disease

Ensemble des tumeurs développées à partir du placenta caractérisé par une hyperplasie du trophoblaste périvillositaire et l'absence d'embryon.
On distingue trois entités qui sont la môle hydatiforme, ou maladie trophoblastique non persistante, la maladie trophoblastique persistante non métastatique, ou chorioadenoma destruens et la maladie trophoblastique persistante métastatique, ou choriocarcinome placentaire.

Étym. gr. trephein : nourrir ; blastos : bourgeon

maladie trophoblastique métastatique l.f.

metastatic trophoblastic disease

Maladie trophoblastique persistante présentant des localisations extra-utérines au sein desquelles on distingue les localisations génitales, les localisations pulmonaires et les localisations en n'importe quel autre site.

Étym. gr. trephein : nourrir ; blastos : bourgeon ;  metastasis, de methistemein : canger de place

Syn. choriocarcinome placentaire, chorioépithélome

masculinovoblastome n.m.

masculinovoblastoma

Variété de tumeur ovarienne à cellules lipidiques d'aspect surrénaloïde.

mastoblastome n.m.

hamartoma of the breast

Syn. hamartome mammaire, mastome

médulloblastome l.f.

medulloblastoma

Néoformation classée dans les tumeurs embryonnaires du système nerveux comme la tumeur neuro-ectodermique primitive de référence (Rorke, 1983), qui représente 20% des tumeurs intracrâniennes de l'enfant, mais s'observe aussi chez l'adulte surtout jeune (1 à 2% des tumeurs cérébrales). Elle est plus fréquente dans le sexe masculin.
Développé aux dépens de la couche des grains du cervelet, le médulloblastome intéresse plus volontiers le vermis et le quatrième ventricule. Macroscopiquement, il est infiltrant, parfois kystique et hémorragique. Il est constitué de petites cellules rondes très basophiles, à gros noyau, souvent en mitose, qui se disposent en nappes ou en rosettes caractéristiques, dites de Homer Wright. On peut observer des plages de différenciation neuronale, astrocytaire ou oligodendrogliale. En revanche, des cellules de grande taille ou une surcharge lipidique sont plus rares.
La forme desmoplastique serait plus superficielle et de meilleur pronostic. Elle comporte des ilots cellulaires, siège d'une différenciation neuronale ou gliale particulière, entourés ou non de fibres collagènes.
Les formes rares comprennent des différenciations cellulaires (médullomyoblastomes) ou une surcharge mélanique (médulloblastomes mélanotiques).
Cette tumeur survient vers l'âge de 9 ans chez l'enfant, avec un siège essentiellement vermien, et à un âge médian de 25 ans chez l'adulte, avec un siège préférentiel latéral.
Le mode de révélation est généralement un syndrome d'hypertension intracrânienne, avec parfois atteinte des paires crâniennes. Le diagnostic est évoqué sur un scanner et surtout une IRM.
Le traitement comporte une exérèse chirurgicale la plus large possible, suivie d'une radiothérapie craniospinale dont les séquelles sont souvent sévères chez l'enfant (troubles de la croissance, séquelles endocriniennes, atteinte cognitive) et moindres chez l'adulte. La chimiothérapie peut être utile lors de récidives locales et en cas de dissémination ménigospinale ou systémique (osseuse). Le pronostic peut être favorable avec 50% de survie à 5 ans, notamment chez l'adulte.
Le médulloblastome est une tumeur d'évolution rapide qui a tendance à métastaser dans tout l'organisme ou par voie liquidienne. Les nombreux essais d'histopronostic aident peu dans la décision thérapeutique. Les récidives sont fréquentes.

J. H. Wright, anatomopathologiste américain (1910) ; Lucy Bilian Rorke-Adams, neuropahologiste américaine (1983)

Étym. lat. medulla : moelle ; gr. blastos : bourgeon, germe ; -ome suffixe indiquant une tumeur

mégaloblaste n.m.

megaloblast

Cellule de la lignée érythroïde décrite au cours des carences cellulaires en cobalamines ou en folates.
Il s'agit d'érythroblastes de grande taille à la chromatine perlée avec un asynchronisme fréquent de maturation nucléocytoplasmique : le noyau est d'allure encore jeune alors que le cytoplasme est déjà hémoglobinisé. Les mégaloblastes sont le reflet de la dysérythropoïèse induite par le blocage du métabolisme de l'ADN. Malgré une érythroblastose médullaire importante, la production érythrocytaire est faible.

Étym.   gr. mégas : grand ; blastos : germe, bourgeon

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