anticorps anticardiolipine l.m.
anticardiolipin antibodies
Immunoglobuline de type G ou M de la classe des anti-phospholipides, auto-anticorps souvent associés aux anticoagulants circulants lupiques et à d'autres anticorps immuns tels que les antithyroïdiens ou les anti-peroxydases.
Ils sont responsables d'échecs de la reproduction, fausses couches à répétition, morts fœtales in utero, regroupés sous le terme de syndrome des anti-phospholipides.
On tente d’en réduire les effets par les corticoïdes, l’aspirine ou l’héparine pendant ou même avant la nouvelle grossesse.
Syn. anticorps anticardiolipide
antithrombine III n.f.
antithrombin III
Glycoprotéine de biosynthèse hépatique, inhibiteur physiologique de la coagulation, s'opposant spécifiquement à la thrombine et aux facteurs Xa, IXa, XIa .
Elle fait partie du groupe des serpines (dont le modèle est l'alpha1-antitrypsine) qui sont les inhibiteurs des enzymes à activité sérine-protéase. Le gène (situé sur le chromosome 1) et la séquence protéique sont entièrement connus. Différentes mutations peuvent être à l'origine des déficits héréditaires quantitatifs (déficits de type I) ou qualitatifs (déficits de type II) en antithrombine III. Les déficits de types II sont caractérisés par la synthèse d'une protéine anormale incapable de neutraliser la thrombine (type II RS, reactive site), ou incapable de fixer l'héparine (type II HBS, heparin binding site).
On distingue les déficits constitutionnels, de transmission autosomique dominante, quantitatifs ou qualitatifs, et les déficits acquis survenant au cours des maladies hépatiques sévères, des syndromes néphrotiques, des coagulopathies de consommation, de la grossesse et des traitements hépariniques.
L'augmentation du risque de thrombose notamment veineuse est bien établie dans les déficits constitutionnels homozygotes et qualitatifs. Ces déficits de prévalence, estimée de 1/2 000 à 1/5 000, sont à l'origine d'états thrombophiles. La transmission s'effectue sur le mode autosomique dominant. La prévalence des accidents veineux thromboemboliques est supérieure à 50% chez les patients hétérozygotes. Les thromboses veineuses cérébrales restent toutefois rares et les thromboses artérielles cérébrales le sont encore plus.
Un traitement anticoagulant à long terme est indiqué après un premier accident thrombotique.
O. Egeberg, hématologue norvégien (1965)
aplasie vaginale isolée avec utérus fonctionnel l.f.
congenital absence of the vagina with functionnal uterus
Malformation génitale associant une aplasie vaginale totale ou partielle à un utérus fonctionnel.
Elle ne représente que 10% des cas d'aplasie vaginale. L’aménorrhée s’accompagne d’une masse pelvienne plus ou moins importante selon le volume de l’hématométrie. Une anastomose chirurgicale utérovulvaire permet la restition des règles et quelques fois une grossesse.
Étym. gr. a privatif ; plassein : façonner
apoplexie n.f.
apoplexy
Accident hémorragique brutal non lié à une obstruction vasculaire, et caractérisé par une infiltration massive des structures intéressées par des hématies, entrainant une nécrose tissulaire.
Ce terme ancien ne s’applique plus guère qu’à l’appareil génital féminin, que l’accident survienne au cours de la grossesse (apoplexie utéroplacentaire) ou en dehors d’elle (apoplexie tubo-ovarienne). L’apoplexie apparaît comme la conséquence d’une perturbation circulatoire fonctionnelle.
Étym. gr. apoplessô : je frappe de stupeur
appendicite gravidique l.f.
appendicitis in pregnancy
Inflammation de l’appendice pendant la grossesse.
La symptomatologie est volontiers atypique et trompeuse, retardant le diagnostic. Le retentissement fœtal et maternel peut être sévère, responsable d'accouchement prématuré, d'infection ovulaire, de mort fœtale, de péritonite. Les cas survenant dans le postpartum sont également graves.
Arias-Stella (images d') l.f.p.
Arias-Stella’s phenomenon
Aspect histologique de l'endomètre dont les cellules sont vacuolisées et ballonnées, au cours de la grossesse extra-utérine.
J. Arias-Stella, anatomopathologiste péruvien, Presidente de la Academia Nacional de Medicina (1954)
Arnoux (signe d') l.m.
Arnoux's sign
Rythme cardiaque fœtal à quatre temps perçu à l'auscultation stéthacoustique d'une grossesse gémellaire, lié à la superposition des battements des deux cœurs donnant l'impression d'un cœur unique.
E. Arnoux, gynécologue obstétricien français né en 1871
[O3]
Édit. 2018
artériole spiralée l.f.
spiral artery
Artère de la couche superficielle de l'endomètre, qui devient spiralée en deuxième partie de cycle menstruel et le reste pendant la grossesse.
Elle alimente alors la chambre inter-villeuse.
Atad (sonde cervico-utérine d') l.f.
Atad's catheter
Sonde à double ballonnet introduite dans le col utérin pour les interruptions médicales de grossesse du deuxième trimestre.
J. Atad, gynécologue obstétricien israélien (1997)
avitaminose E n.f.
avitaminosis E
Carence en tocophérol, décelée chez l'animal par une azoospermie ou un trouble de la grossesse.
Cette avitaminose touche surtout le tissu musculaire et entraîne une intoxication par les radicaux libres.
avortement n.m.
abortion
Interruption de grossesse accidentelle, volontaire, médicale ou thérapeutique avant le terme légal de viabilité, soit 22 semaines d’aménorrhée.
On distingue les avortements précoces avant le 3ème mois et les avortements tardifs après le 3ème mois. L’avortement spontané précoce est le plus souvent dû à une anomalie chromosomique de l’embryon.
Répété plus de deux fois, un avortement doit faire chercher une malformation utérine, une anomalie endocrinienne, une maladie de l’auto-immunité. Les avortements tardifs sont presque toujours dus à une béance du col de l’utérus à corriger par un cerclage.
→ interruption volontaire de grossesse
avortement immunologique l.m.
immunological abortion
Interruption spontanée et répétée de grossesse, précoce presque toujours, due à une anomalie de l'immunité.
La cause en est une maladie de système comme le lupus érythémateux disséminé ou plus souvent la présence d'anticoagulants circulants de type lupique et d'auto-anticorps anticardiolipidiques définissant le Syndrome des antiphospholipides. Des auto-anticorps antinoyau, anti-ADN, ou antithyréoglobuline sont souvent associés. Le traitement associe les glucocorticoïdes, l'aspirine et l'héparine.
Parfois la seule explication proposée est un excès de compatibilité dans les groupes tissulaires HLA entre les partenaires, et donc une mauvaise reconnaissance par la mère des antigènes paternels, car une différence franche d'identité immunologique permet normalement l'apparition de phénomènes de facilitation de la part du système immunitaire de la mère, et donc une tolérance à l'égard des antigènes paternels portés par l'embryon. Des essais cliniques d'immunisation antipaternelle par injection à la mère de lymphocytes de l'homme ont été proposés.
avortement môlaire l.m.
molar abortion
Evacuation spontanée ou provoquée d'une grossesse môlaire.
Elle est souvent hémorragique et exige une révision utérine prudente afin d'éviter de disséminer les villosités môlaires. Elle doit être suivie d'une surveillance rigoureuse pour dépister l'évolution vers un éventuel choriocarcinome.
avortement précoce l.m.
early abortion
Interruption spontanée de la grossesse avant 15 semaines d'aménorrhée, presque toujours accidentelle, due à une anomalie chromosomique de l'embryon.
avortement provoqué l.m.
induced abortion
Avortement instrumental, chimique ou médicamenteux, pratiqué pour une interruption volontaire, médicale ou thérapeutique, de la grossesse.
avortement provoqué thérapeutique l.m.
induced therapeutic abortion
Interruption avant 22 semaines d'aménorrhée d'une grossesse dont la poursuite menacerait gravement la santé, voire la vie, de la mère atteinte par ex. de cardiopathie sévère, d'hypertension maligne ou d'une maladie psychiatrique.
avortement spontané l.m.
spontaneous abortion
Interruption de grossesse indépendante de toute intervention instrumentale ou pharmacologique.
Ses principales causes sont :
- chromosomique par anomalie parentale ou embryonnaire ;
- infectieuse par cytomégalovirus, rickettsiose, herpès, listériose, chlamydia, mycoplasme ;
- hormonale par insuffisance lutéale, hypothyroïdie, hyperandrogénie, diabète ;
- mécanique par béance cervico-isthmique, malformation utérine ou fibrome ;
- maternelle par maladie cardiovasculaire ou immunologique.
Syn. avortement à répétition
avortement tardif l.m.
late abortion
Interruption spontanée de la grossesse, survenant entre la 15ème et la 22ème semaine d'aménorrhée.
Il est dû presque toujours, lorsque le fœtus est vivant, à une béance cervico-isthmique. En cas de mort fœtale in utero, il est souvent dû à un syndrome des antiphospholipides, un diabète mal équilibré ou une syphilis non traitée.
avortement thérapeutique l.m.
therapeutic abortion
Interruption médicale d’une grossesse dont la poursuite comporterait un risque vital pour la mère.
Par ex. en cas d’hypertension maligne ou de cardiopathie majeure.
avortement thérapeutique et psychisme l.m.
medically induced interruption of pregnancy and psychism
Réactions de la mère après l'intervention légalement définie comme pouvant être pratiquée à tout moment en milieu hospitalier "si deux médecins attestent, après examen et discussion, que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou qu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic..." (code de la santé publique, art. 162-12 et 162-13).
Cette décision difficile, très souvent vécue comme inhumaine, engage profondément le couple et l'équipe soignante au plan éthique, religieux et émotionnel. Un accompagnement pluridisciplinaire cohérent est indispensable.
Aux facteurs classiques de risque peuvent s'ajouter ici : l'appartenance à un groupe social et - ou religieux (principalement catholique) opposé à l'avortement ; des indications somatiques plutôt que psychiatriques (anomalies génétiques ou complications médicales majeures) ; la non-adhésion de la femme à une telle décision.
avortement tubaire l.m.
tubal abortion
Expulsion spontanée par le pavillon de la trompe, vers la cavité péritonéale, d'une grossesse tubaire, mettant ainsi un terme à son évolution.
ballottement céphalique l.m.
cephalic ballottement
Variété de ballottement abdominal permettant en fin de grossesse d'identifier le pôle céphalique.
Édit. 2017
Basedow (maladie de) l.f.
Grave’s disease
Elle constitue la cause emblématique, la plus fréquente et sémiologiquement la plus impressionnante des hyperthyroïdies, qu’explique l’apparition d’autoanticorps stimulants du récepteur de la TSH.
Sa prévalence est estimée à 1-2 % de la population. L’affection prédomine largement chez la femme adulte (sex ratio homme/femme=1/7), même si elle n’épargne pas l’homme et l’enfant où le diagnostic est souvent plus tardivement évoqué. Elle survient volontiers chez des sujets considérés de longue date comme inquiets et fragiles, fréquemment à l’occasion d’un épisode de la vie génitale (puberté, à distance des grossesses, ménopause) ou d’un stress (séparation, décès, licenciement, déménagement…).
Elle s’exprime cliniquement sous forme d’un goitre d’apparition récente, diffus, homogène, vasculaire, de signes orbitaires (gonflement et rétraction des paupières, exophtalmie, troubles de l’oculomotricité…) et d’un ensemble de signes de thyrotoxicose qui sont l’expression clinique de l’inflation hormonale : tachychardie permanente, amaigrissement malgré une polyphagie, tremblement fin et rapide des extrêmités, thermophobie, sueurs, polydipsie, diarrhée, asthénie musculaire, hyperémotivité…Un vitiligo, une capsulite rétractile des épaules, d’autres désordres auto-immuns (polyarthrite rhumatoide, diabète insulinopénique..)constituent des associations possibles., , Les examens biologiques caractérisent une baisse de la TSH, un accroissement des concentrations sanguines des hormones thyroïdiennes et la présence accrue d’anticorps antirécepteur de la TSH, ce qui dispense ordinairement de la scintigraphie thyroïdienne qui révèlerait une fixation homogène et diffuse du technetium ou de l’iode 123. L’échographie quantifierait le volume thyroidïen, révèlant ordinairement un aspect globalement hypoéchogène du parenchyme avec hypervascularisation diffuse (« thyroïde infernale ») .
En l’absence de thérapeutique, l’affection expose à des complications : extrasystolie, flutter et fibrillation atriale, insuffisance cardiaque (ces manifestations, lorsqu’elles sont révélatrices constituent la thyrotoxicose) ; ostéopénie et ostéoporose avec accroissement du risque fracturaire ; hypercalcémie ; crise thyrotoxique aigüe (fièvre élevée, tachycardie extrême, deshydratation, agitation extrême ou apathie et coma),
Des complications oculaires sont observées dans 3 à 5 % des cas, surtout favorisées par le tabagisme, l’intensité des désordres auto-immuns, et des traitements inadaptés induisant notamment un défreinage de la TSH. L’intensité des signes inflammatoires, de la protrusion des globes oculaires, de l’infiltration des muscles expliquent les risques de chemosis, conjonctivites, kératites, diplopie et souffrance du nerf optique menaçant la vision. Au maximum se constitue un tableau d’exophtalmie maligne.
L’affection nécessite une prise en charge spécialisée : antithyroïdiens de synthèse en traitement prolongé ordinairement durant 18 mois à 2 ans, administration thérapeutique d’une dose d’iode 131, thyroïdectomie ordinairement totale après réduction préalable soigneuse de l’hyperfonctionnement thyroïdien. L’atteinte cardiaque impose un traitement radical chirurgical ou radioisotopique, solution thérapeutique souvent aussi envisagée lorsque la maladie récidive après un traitement médical par antithyroïdien correctement conduit. Les signes oculaires invalidants nécessitent précocément une prise en charge multidisciplinaire, l’administration de corticoïdes habituellement en bolus discontinus, parfois radiothérapie, décompression chirurgicale en urgence ou au stade de séquelles. La gestion d’un éventuel projet de grossesse est impérative, car cette situation nécessite aussi d’importantes précautions pour prévenir notamment les risques de dysthyroïdies transplacentaires ou néonatales. .
K. von Basedow, médecin allemand (1840)
Syn. goitre exophtalmique, maladie de Graves, maladie de Graves-Basedow, thyréotoxicose, goitre exophtalmique, goitre toxique diffus, ophtalmopathie de Graves
→ hyperthyroïdie, Basedow (maladie de) et psychisme
Édit. 2017
basophilie n.f.
basophilia
propriété de certaines cellules ou de certains constituants cellulaires de se colorer par des colorants basiques, hématoxyline p. ex.
2) En hématologie :
basophilic leukocytosis
augmentation du nombre des polynucléaires basophiles circulants en valeur absolue, supérieure à 0,15. 109par litre.
Les causes de basophilies sont variées. Certaines sont physiologiques : ovulation, grossesse sauf à la fin, stress. D'autres sont pathologiques : myxœdème, rectocolite hémorragique, sinusite chronique, varicelle, injection de protéines étrangères. On peut aussi observer une basophilie dans les carences en fer, les cancers bronchiques, après splénectomie et surtout au cours des syndromes myéloprolifératifs et plus particulièrement dans la leucémie myéloïde chronique. Les dermatites de contact, dans lesquelles les IgE sont impliquées, sont infiltrées par des basophiles qui ne passent généralement pas dans le sang.
Édit. 2017
Benson (technique de) l.f.
Benson’s procedure
Cerclage du col utérin par voie abdominale réalisé pendant la grossesse à la hauteur des ligaments utérosacrés.
Cette intervention est réservée aux cas où un cerclage par voie vaginale est impossible ou contre-indiqué par des déchirures importantes du col utérin, des amputations excessives ou des échecs répétés de cerclages réalisés par voie vaginale.
Elle nécessite une laparotomie, un isolement de l'isthme utérin des gros vaisseaux et des uretères, puis le faufilage d'un fil de mersilène qui encercle l'isthme utérin en dedans des gros vaisseaux. Elle est délicate à réaliser, a l'inconvénient de nécessiter deux laparotomies : l'une pour la mise en place du cerclage, l'autre pour la césarienne.
R. C. Benson, gynécologue obstétricien américain (1965)
Édit. 2017