lipoprotéine de très basse densité (VLDL) l.f.
very low density lipoprotein.
Lipoprotéine plasmatique de densité inférieure à 1,006.
Ce terme désigne un ensemble de particules lipoprotéiniques contenant plus de 90 % de lipides, constitués en majorité de triglycérides, un peu d'esters de cholestérol et de phospholipides choliniques, et une molécule d'apolipoprotéine B (B100), accompagnée de quelques molécules d'apolipoprotéines C et E de faible masse. Elles proviennent surtout du foie, qui les biosynthétise pour se débarrasser des acides gras au profit des tissus périphériques. Leur dégradation s'effectue dans ces tissus par l'action d'une lipoprotéine-lipase qui hydrolyse les triglycérides. Les VLDL se transforment en IDL, puis en LDL.
lipoprotéine-lipase n.f.
lipoprotein lipase
Enzyme qui catalyse l'hydrolyse des triglycérides au sein des lipoprotéines.
Biosynthétisée dans les cellules adipeuses et musculaires, la lipoprotéine-lipase est transférée sur les parois des vaisseaux capillaires, où elle se trouve attachée à des glycoprotéines de la membrane des cellules endothéliales ; c'est là qu'elle se lie aux lipoprotéines circulantes, chylomicrons ou VLDL, dont elle dégrade les triglycérides, libérant des acides gras destinés à être utilisés par le tissu sous-jacent.
Cet enzyme peut être détaché de la paroi vasculaire sous l'effet de l'héparine ou des héparinoïdes. Le plasma prélevé après injection d'héparine contient donc la lipoprotéine-lipase capable d'agir sur les chylomicrons in vitro et de clarifier un sérum riche en triglycérides, d'où le nom de "facteur clarifiant" qui a été donné à cet enzyme.
Sigle : LPL ou LPLase
lipoprotéine X n.f.
lipoprotein X
Lipoprotéine présente dans le plasma au cours des ictères par rétention.
Sa composition diffère beaucoup des lipoprotéines plasmatiques normales. Pauvre en protéines (5 %), elle est très riche en phospholipides (65 %) et en cholestérol non estérifié (25 %), pauvre en esters de cholestérol et en triglycérides, sa composition en protéines (albumine, apoC, apoA-I, protéines biliaires) et sa teneur en sels biliaires l'apparentent aux lipoprotéines biliaires. On trouve aussi une lipoprotéine X dans le plasma des patients déficients en LCAT.
Sigle : Lp-X
lipoprotéinique adj.
lipoprotéin-
Relatif à une lipoprotéine.
lipoprotéinogramme n.m.
lipoproteinogram
Diagramme électrophorétique des lipoprotéines.
Le lipoprotéinogramme du sérum sanguin humain est obtenu après électrophorèse sur un support approprié, tel que papier, gélose, amidon, polyacrylamide, etc., puis révélation des lipides au moyen de colorants spécifiques comme le Noir Soudan, qui se fixe sur les zones où sont situées les lipoprotéines : α1-lipoprotéines, les plus proches de l'anode, les α2-lipoprotéines ou pré-β-lipoprotéines, et les β-lipoprotéines. La mesure des intensités de coloration permet une estimation des concentrations des différentes catégories de lipoprotéines et la mise en évidence des anomalies pathologiques, comme les absences d'une fraction ou les excès d'une autre.
lipoprotéinose n.f.
lipoproteinosis
→ Urbach et Wiethe (lipoprotéinose d')
lipoprotéinose alvéolaire l.f.
alveolar lipoproteinosis
lipoprotéinose palpébrale l.f.
palpebral lipoproteinosis
Manifestation palpébrale pathognomonique du syndrome d’Urbach-Wiethe ou hyaloinosis cutis et mucosae, affection très rare à transmission autosomique récessive.
La lésion caractéristique, et qui peut être le premier symptôme de l'affection, est la présence sur le bord libre des paupières d'une série de petits nodules alignés comparés à un chapelet de perles (blépharite moniliforme). L'examen anatomopathologique de ces lésions montre un dépôt de matériel amorphe dans le stroma et autour des vaisseaux sanguins, matériel dont les caractéristiques de coloration indiquent la présence de glycoprotéine.
Le syndrome d’Urbach-Wiethe est la conséquence d'une mutation survenant sur le gène ECM1 du chromosome 1q21. Il se caractérise par des dépôts de matériel de type hyalin en différents points de l'organisme et se manifeste essentiellement par une atteinte cutanée, une raucité de la voix et la blépharite moniliforme. L'évolution de l'affection est chronique mais à un pronostic vital favorable.
D'autres manifestations ophtalmologiques ont été décrites mais elles sont exceptionnelles: trichiasis, atteinte localisée de la membrane de Bruch au niveau de la macula, glaucome, cataracte, uvéites.
→ Urbach-Wiethe (syndrome de), blépharite, trichiasis, glaucome, cataracte, uvéite
liposarcome n.m.
liposarcoma
Tumeur maligne d'origine mésenchymateuse et à différenciation adipocytaire de degré variable, pouvant se développer à tout âge, principalement chez l'adulte.
Les liposarcomes peuvent siéger au contact des organes profonds, comme le tube digestif ou le rein. Ils représentent les plus fréquents des sarcomes rétro-péritonéaux.
La tumeur est souvent volumineuse, ses limites souvent imprécises. Sur le tégument, elle siège fréquemment aux cuisses et à la région périnéo-fessière, se présentant comme une infiltration nodulaire diffuse du tissu sous-cutané. La chirurgie d'exérèse élargie n'empêche pas des récidives locorégionales fréquentes et le pronostic est mauvais.
L'aspect histologique est variable : on distingue des tumeurs bien différenciées - encore appelées sarcomes lipocytaires de Masson ou liposarcomes adultes de Enzinger - des tumeurs peu différenciées présentant souvent un remaniement myxoïde et des tumeurs à cellules pléiomorphes. Contrairement aux tumeurs bien différenciées, ces dernières s'accompagnent fréquemment de métastases qui ont un pronostic sévère.
liposarcome rénal l.m.
renal liposarcoma
Tumeur conjonctive maligne du rein, de structure lipomateuse.
C'est le plus fréquent des sarcomes rétropéritonéaux. La tumeur est souvent volumineuse, ses limites souvent imprécises. La chirurgie d'exérèse élargie n'empêche pas des récidives locorégionales fréquentes, et le pronostic est mauvais.
liposclérose péri-urétérale l.f.
retro-peritoneal fibrosis
Compression progressive, uni- ou bilatérale des uretères par une liposclérose post-inflammatoire du tissu cellulaire périurétéral.
Syndrome d'Ormond (1948), déjà décrit par Albaran (1905), l'adénoliposclérose dysprotéinique rétro-péritonéale ou lipomatose rétro-péritonéale pseudotumorale est caractérisée par des signes généraux (altération de l'état général avec asthénie, poussées fébriles intermittentes et hypertension artérielle) des signes locaux de la région lombaire (lombalgies, coliques néphrétiques, oligo-anurie intermittente) avec des signes de compression vasculaire (artérielle ou veineuse) rectosigmoïdienne et duodéno-pancréatique. L'imagerie (échographie, urographie) montre une rétention pyélique avec hydronéphrose bilatérale et sténose des uretères par compression extrinsèque visible à l'urétropyélographie rétrograde.
Ce syndrome peut survenir au cours d'un traitement au long cours de migraines par antisérotonine (méthylsergide) ou par d'autres dérivés de l'ergot de Seigle (tartrate d'ergotamine, dihydroergotamine). Il régresse, en principe, à l'arrêt du traitement et peut réapparaître lors de sa reprise. Le même syndrome a été signalé au cours de traitements par β-bloquant, amphétamine, carboplatinium. Certaines observations évocatrices d'un processus comparable font état d'autres localisations viscérales (cœur, médiastin, poumon et plèvre, pédicule du foie, tissus rétro-orbitaire), des anévrismes aortiques avec péri-aortite ont été signalés. La pathogénie est mal connue (phénomènes vasomoteurs avec persistance de l'effet de la sérotonine sur des récepteurs non bloqués, angéite d'hypersensibilité, affection auto-immune, etc.).
Étym. gr. lipos : graisse ; skleros : dur, raide
Syn. adiposclérose (du lat. adeps : graisse), mot hybride, à éviter
liposoluble adj.
liposoluble
Soluble dans des lipides ou des solvants des lipides.
liposolvant adj.
liposolvant
Qui dissout les graisses.
liposome n.m.
liposoma
Vésicule artificielle sphérique formée par une paroi constituée d'une ou de plusieurs couches de phospholipides séparant un milieu aqueux intra-vésiculaire du milieu extra-vésiculaire par une membrane analogue à une membrane cellulaire.
Cette structure lui permet de contenir des principes actifs inclus, selon leur solubilité, dans le milieu aqueux ou lipidique, leur assurant ainsi une protection, un milieu de transport et une meilleure biodisponibilité.
Obtenus par ultrasonation d'une émulsion lipidique de composition appropriée, les liposomes sont utilisés comme véhicules pour introduire certains médicaments dans les cellules. Il en existe deux types : vésicule multi-lamellaire dont le diamètre varie de 0,5 à 10 μm et vésicule uni-lamellaire dont le diamètre varie de 0,02 à 0,05 μm. Le liposome multi-lamellaire est formé de multiples bicouches. Le liposome uni-lamellaire est fait d'une seule couche bilipidique externe contenant la phase aqueuse. Les niosomes sont des liposomes dont la paroi est constituée de lipides non ioniques de synthèse, ce qui augmente leur stabilité.
Étym. du grec : lipos : graisse; soma : corps.
liposuccion n.f.
liposuccion
Action de retirer de la graisse sou-cutanée et profonde avec l'aide d'une canule d'aspiration.
Cette technique, qui se réalise notamment dans la région trochantéro-fessière (culotte de cheval), sur l'abdomen ou le menton dans un but esthétique, est aussi parfois utilisée pour traiter certains lipomes.
Syn. lipoaspiration
lipothymie n.f.
lipothymy
Syndrome d'origine vasomotrice, avec pâleur, sueurs, vue trouble et tintement des oreilles, perçu subjectivement comme l'impression angoissante d'une perte de conscience imminente.
La perte de conscience n'est pas totale, mais une lipothymie peut souvent précéder une syncope proprement dite.
Étym. gr. leipein : quitter, abandonner ; thumos : souffle de vie, conscience
→ malaise
lipotrope adj.
lipotropic
Qui peut favoriser la mobilisation ou la dégradation des graisses du foie.
Il existe de nombreux facteurs lipotropes, agissant soit sur la mobilisation des lipides à partir du foie sous forme de VLDL, soit sur leur catabolisme dans les hépatocytes. Ces facteurs sont utilisés en thérapeutique pour s'opposer à la stéatose.
On range parmi les facteurs lipotropes, ceux qui apportent la choline ou les radicaux méthyle, comme la méthionine, la bétaïne ou les précurseurs de ces radicaux, tels que la sérine et la glycine, ainsi que les vitamines coenzymatiques, comme l'acide folique et la cobalamine ; des facteurs participant à la biosynthèse des lipoprotéines, comme les acides gras polyéthyléniques, l'inositol, la thréonine ; des facteurs qui favorisent la β-oxydation, tels que la carnitine, les hormones ou facteurs lipocaïques, et des substances dont le mode d'action n'est pas élucidé.
Étym. gr. lipos : graisse ; tropos : tour, direction vers
lipotrope (facteur) l.m.
lipotropic factor
Composé ayant pour effet d’aider le foie à se débarrasser de triglycérides accumulés, soit par la sécrétion de lipoprotéines VLDL, soit par le catabolisme des acides gras et/ou du cholestérol.
La choline, constituant des phospholipides choliniques, est indispensable à la mobilisation des lipides. Les radicaux méthyle nécessaires à sa biosynthèse, et tous leurs précurseurs métaboliques sont des facteurs lipotropes (méthionine, bétaïne, méthylcobalamine, méthyltétrahydrofolate).
Étym. gr. lipos: graisse; tropos : tour, direction vers
lipotropie n.f.
lipotropism
Processus par lequel un organe se débarrasse de ses lipides.
Il s'agit habituellement du foie, qui joue un rôle particulier dans le métabolisme des lipides en captant les acides gras et les lipoprotéines circulants, et en synthétisant des triglycérides à partir des glucides alimentaires. Une déficience en facteurs lipotropes conduit à une stéatose hépatique.
lipotropine n.f.
lipotropin ou lipotropic hormone
Hormone provenant de l'antéhypophyse et agissant en stimulant la libération des acides gras des cellules adipeuses.
La β-lipotropine (β-LPH) est formée par le clivage des 91 acides aminés de la partie C-terminale de la pro-opiomélanocortine (POMC) ; elle est aussi clivable en deux peptides : la γ-LPH (de 59 acides aminés), qui a les mêmes propriétés que la γ-LPH, et la β -endorphine (31 acides aminés) à activité opioïde.
lipovitellénine n.f.
lipovitellenin
Lipoprotéine du jaune d'œuf dont la partie protéinique est constituée par la vitellénine et la partie lipidique par des phospholipides et du cholestérol.
Elle représente plus de la moitié de l'extrait sec du jaune d'œuf de Poule.
Étym. gr. lipos : graisse ; lat. vitellus : jaune d'œuf
lipoxine n.f.
lipoxin
Acides gras à 20 atomes de carbone dérivés de l'acide arachidonique, portant trois hydroxyles et quatre doubles liaisons, possédant des propriétés anti-inflammatoires.
Les lipoxines font partie des médiateurs pro-résolvants de l'inflammation. Il en existe deux principales, appelées lipoxines A4 et B4. Elles sont formées par oxydation de l'acide arachidonique (ou acide éicosatétraénoïque) par une 15-lipoxygénase. La lipoxine A est l'acide Δ 7trans,9trans,11cis,13trans-trihydroxy-5(S), 6(R), 15(S)-eicosatétraènoïque et la lipoxine B l'acide Δ 6trans,8trans,10cis,12trans-trihydroxy-5(S), 14, 15-eicosatétraènoïque. Les lipoxines inhibent la migration des polynucléaires neutrophiles vers le site de la réaction inflammatoire et la production de médiateurs de l'inflammation. Elles diminuent la sensation douloureuse.
→ inflammation, acide gras, acide arachidonique, médiateurs pro-résolvants de l'inflammation
[C1, C2]
Édit. 2019
lipoxydase n.f.
lipoxidase
Enzyme catalysant l'oxydation par le dioxygène moléculaire d'un lipide ou d'un acide gras polyéthylénique.
La lipoxydase la plus connue est celle qui a été trouvée dans le soja, de masse moléculaire 102 kDa. L'action commence par le départ d'un atome d'hydrogène d'un CH2 voisin d'une double liaison, formant un radical libre, qui se déplace de deux carbones, après un remaniement électronique, et fixe une molécule de dioxygène en formant un radical peroxyde ; celui-ci peut entraîner une peroxydation en chaîne d'autres molécules d'acides gras, et continuer à dégrader l'acide gras peroxydé, avec formation d'aldéhydes (malondialdéhyde entre autres). L'acide linoléique p. ex. donne un 9-hydroperoxy-octadécadiène-(10 trans,12 cis)-oïque, qui se transforme en 9,10-transépoxy-11-hydroxy-octadécène-12-oïque. Cette lipoxydase peut être appelée 15-lipoxygénase lorsqu'elle agit sur l'acide arachidonique.
lipoxygénase n.f.
lipoxygenase
Enzyme catalysant l'oxydation d'un lipide ou d'un acide gras polyéthylénique avec fixation d'une molécule de dioxygène.
On désigne les différentes lipoxygénases par le numéro du carbone sur lequel se trouve fixé l'oxygène sous forme d'une fonction hydroperoxyde -O-OH. Au moins 4 types de lipoxygénases ont été décrits dans les cellules de mammifères : la 5-lipoxygénase des leucocytes transforme l'acide arachidonique en 5-hydroperoxy-eicosatétraène-(6 trans, 8, 11, 14 cis)-oïque (5-HPETE) puis en leucotriène A ; la 12-lipoxygénase des plaquettes sanguines et celle des leucocytes le transforment en 12-hydroperoxy-eicosatétraène-(5, 8, 14 cis, 10 trans)-oïque (12-HPETE) ; la 15-lipoxygénase (ou les 15-lipoxygénases) de nombreuses cellules, telles que réticulocytes, leucocytes, monocytes-macrophages, cellules épithéliales trachéales, transforme l'acide arachidonique en hydroperoxy-eicosatétraène-(5, 8, 11 cis, 13 trans)-oïque 15-HPETE précurseur des lipoxines et l'acide linoléique en 13-hydroperoxy-octadécadiène-(9 trans, 11 cis)-oïque ; cette 15-lipoxygénase joue un rôle dans la disparition des mitochondries et des autres organelles des réticulocytes.
lipping angl.
lipping, bony spur formation, spurring