Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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induration cutanée curable de Marfan et Hallez l.f.

subcutaneous fat necrosis of the newborn, lasting cutaneous induration of the newborn

Panniculite non infectieuse du nouveau-né, spontanément régressive en un mois, caractérisée par la présence d’un granulome hypodermique lipophagique avec inclusions intra-adipocytaires pseudocristallines lancéolées, se manifestant par des indurations nodulaires ou en placards de taille et de forme variables, plutôt situées sur les zones convexes : épaules, faces latéro-externes des membres, menton, zone malaire.
Les complications possibles sont la fluctuation, la calcification secondaire qui s'élimine très lentement et l'hypercalcémie. Les facteurs favorisants sont la souffrance néonatale, l'hypothermie, l'hypoxie. Le rôle des prostaglandines est évoqué.

A. B. Marfan pédiatre, membre de l’Académie de médecine et G. L. Hallez, dermatologiste français (1926)

Syn. induration cutanée curable de Marfan, Hallez et Debray

infarctus cérébelleux l.m.

cerebellar infarction

Accidents vasculaires ischémiques vertébro-basilaires dont la symptomatologie ou même le pronostic sont variables selon la localisation de l'infarctus dans le cervelet.
L'infarctus cérébelleux postéro-inférieur se traduit par un syndrome cérébellovestibulaire homolatéral. Son pronostic est fonction de la survenue d'un œdème hémisphérique comprimant le 4e ventricule et le tronc cérébral.
L'infarctus cérébelleux antéro-inférieur ou moyen se manifeste par une ataxie, un syndrome vestibulaire, une atteinte des VIIe et VIIIe paires crâniennes, de la latéralité du regard ou du VI, un syndrome de Claude Bernard-Horner homolatéral et une anesthésie thermo-algique respectant la face du côté opposé.
L'infarctus cérébelleux supérieur se traduit, du côté de la lésion, par un syndrome cérébelleux, un syndrome de Claude Bernard-Horner, des mouvements anormaux, et du côté opposé, par une hémianesthésie thermo-algique et une paralysie du IV.
Les infarctus supérieurs sont volontiers d'origine cardio-embolique, les autre sont plus souvent liés à l'athérome.

C. Bernard, physiologiste français, membre de l’Académie de médecine (1858) ; J. Horner, ophtalmologue suisse (1862)

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

infarctus rénal l.f.

renal infarct

Lésion ischémique de tout ou partie du rein, conséquence d'une obstruction vasculaire rénale le plus souvent artérielle, parfois veineuse.
Les obstructions artérielles sont habituellement secondaires à des embolies consécutives à des cardiopathies diverses. Parfois, le facteur causal est représenté par des embols de cholestérol qui, à partir de plaques d'athérome, migrent soit spontanément, soit après intervention chirurgicale ou endocavitaire. Les thromboses de l'artère rénale ou de ses branches peuvent compliquer une sténose congénitale ou acquise. Elles s'associent parfois à un tableau d'hypertension maligne ou au contexte d'une maladie vasculaire diffuse comme la périartérite noueuse. Les thromboses veineuses sont plus rares. Elles s'observent surtout dans un contexte infectieux ou chez le jeune enfant lors d'une déshydratation aigüe d'origine digestive.
Les signes cliniques sont très variables. L'hypertension est fréquente, elle peut être réversible. Certaines formes se révèlent par des douleurs lombaires et abdominales sévères avec des troubles digestifs et une hématurie macroscopique. Les formes localisées peuvent être asymptomatiques ou révélées par les examens complémentaires effectués en présence d'une hypertension. Les données anatomiques, précisées grâce à l'imagerie médicale, commandent l'attitude thérapeutique : abstention, désobstruction, exérèse, traitement médical symptomatique.
L'infarctus rénal, total ou partiel, est également la conséquence inéluctable d'une interruption ou lésion chirurgicale d'une artère à destinée rénale. Les lésions ischémiques se limitent au territoire du vaisseau intéressé ; elles peuvent être cause de douleurs et hématuries et d'une hypertension secondaire.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

infiltrat pulmonaire n.m.

pulmonary infiltrate

En radiologie pulmonaire, opacité, mal limitée, homogène, à bords flous, de taille et de siège variables et correspondant à une plage de nodules confluents.
Il a été surtout utilisé à l'origine pour décrire l'image d'une atteinte tuberculeuse mal précisée.
L'infiltrat labile désigne certaines opacités transitoires, récidivantes et migratrices, le plus souvent de cause allergique.

tuberculose pulmonaire commune

insuffisance surrénale et troubles psychiques l.

adrenal insufficiency and psychical disorders

1) Dans les formes lentes (maladie d'Addison), manifestations psychiques fréquentes, principalement dépressives, avec apathie, lenteur apparente de l'idéation, initiatives réduites, et aussi anxiété, irritabilité, insomnies éventuelles.
Les phases de niveau psychotique sont rares.
Souvent fluctuants et variables, ces troubles répondent au traitement corticoïde substitutif. Une personnalité prédisposante a été discutée.
2) Dans les insuffisances surrénales aigües et les poussées addisoniennes évolutives, possibilité d'aggravation de l'asthénie habituelle avec prostration, voire torpeur, fréquemment dans un vécu confuso-onirique qui peut être émaillé d'épisodes d'agitation intense.
Le pronostic est réservé, surtout sans traitement substitutif. Un délire aigu parfois convulsif peut être observé.
Des "formes mentales pures" (M. Laignel-Lavastine), ou plutôt à type d'encéphalopathie addisonienne, sont relevées.

T. Addison, médecin britannique (1855) ; M. Laignel-Lavastine, neuropsychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1908)

insuffisance surrénale

intelligibilité n.f.

intelligibility

En acoustique, l’intelligibilité de la parole repose sur un mécanisme complexe qui met en jeu des structures remplissant trois fonctions essentielles : distinguer la parole utile de l’environnement sonore, effectuer un codage efficace des distinctions phonétiques et assurer la résistance de ce codage aux dégradations du signal de la parole, par exemple au téléphone.
L’intelligibilité de la parole est évaluée en mesurant le pourcentage de syllabes, de mots ou de phrases qui sont correctement identifiés par un auditeur dans le silence ou dans le bruit. Ces tests d’intelligibilité sont réalisés avec des mots dans le cadre de l’audiométrie vocale courante.
La courbe d’intelligibilité est tracée en reliant les divers pourcentages de mots compris (en ordonnée) à des intensités de stimulation variables (en abscisse). Certains protocoles permettent d’évaluer l’intelligibilité de la parole dans le bruit, testant ainsi sa résistance aux dégradations du signal de la parole.

Étym. lat. intelligere : comprendre.

audiométrie

intoxication oxycarbonée (séquelles neurologiques de l') l.f.p.

carbon monoxide poisoning neurological sequelae

Complications variables de l'anoxie cérébrale, de type extrapyramidales (surtout hyperkinétique et hypertonique), dystoniques et vasculaires prévalent.
Il s'agit surtout de lésions laminaires corticales prédominant dans la corne d'Ammon et d'une nécrose anoxique du pallidum.
Elles surviennent d'une seule tenue, sinon après un intervalle libre de quelques jours ou quelques semaines, en fait plus apparent que réel. Dans ces encéphalopathies qui peuvent évoluer soit vers la régression soit vers la mort, sont décrits des foyers de démyélinisation de la substance blanche hémisphérique (myélinopathie de Grinker).
Les signes neurologiques cités, de même que d'éventuelles anomalies phasiques, praxiques ou gnosiques accompagnent souvent des altérations plus ou moins profondes de la mémoire ou de l'attention, voire une évolution démentielle et/ou des perturbations caractérielles, ainsi qu'une instabilité thymique parfois majeure (épisodes mélancoliques avec risque suicidaire).

R. R. Grinker, neuropsychiatre américain (1925)

isobare (courbe) l.f.

isobaric curve

Sur un diagramme, plan, courbes d'égale pression (ex. diagramme de Davenport).
D'une manière générale sur un diagramme cartésien à deux variables, on fait apparaître des courbes marquant la relation entre les deux valeurs des coordonnées. Ces courbes sont appelées isoplèthes. Les courbes isobares sont le cas particulier des courbes d'égale pression (pneumatique ou osmotique). Mais les physiciens et les physiologistes ont utilisé le mot "plèthe" (gr. grande quantité) pour parler de volume : un pléthysmographe sert à enregistrer les variations de volume d'un organe.

H. W. Davenport, physiologiste américain (1964)

Étym. gr. isos : égal ; baros : pression

Davenport (diagramme), pléthysmographe

kératite ponctuée superficielle l.f.

superficial punctata keratitis

Kératite caractérisée par un dépoli affectant tout ou partie de la surface cornéenne.
Le test à la fluorescéine 2% est positif : le colorant s'infiltre entre les pertes de substances cellulaires. Les signes fonctionnels sont variables : douleurs, trouble visuel, photophobie, blépharospasme. Il peut y avoir hypersécrétion lacrymale. La kératite ponctuée superficielle peut se compliquer d'érosions épithéliales ou d'ulcère de la cornée.
Les étiologies sont très nombreuses : sécheresse oculaire par non fermeture de la fente papébrale (atteinte du nerf VII), par hyposécrétion lacrymale au cours de maladies générales spécifiques, d'avitaminoses A ou PP, par kératite microbienne et virale, par kératites dystrophiques (neuroparalytique, secondaire aux agents physiques ou chimiques), par kératite allergique, parasitaire, etc.

Klinefelter (syndrome de) l.m.

Klinefelter's syndrome

Hypogonadisme congénital avec gynécomastie, eunuchoïdisme et diminution de la taille des testicules.
Ce syndrome est le phénotype d'une anomalie gonosomique avec excès de chromosome X dont la variété caryotypique la plus fréquente est 47 XXY. Il peut n'être découvert qu'à l'occasion d'une stérilité. Le tableau clinique est varié, allant de l'individu féminisé à l'évidence, jusqu'au sujet normalement virilisé chez lequel on découvre des anomalies testiculaires microscopiques, une dysgénésie des tubules séminifères. La plupart d'entre eux sont atteints à des degrés variables de déficience mentale, dont la logorée vide de sens est un trait assez caractéristique.

H. Klinefelter Jr, médecin endocrinologue américain (1942)

Syn. syndrome de Klinefelter-Reifenstein-Albright

dysgénésie gonadique

Kruskal-Wallis (test de) l.m.

Kruskal-Wallis’ test

Test statistique non paramétrique pour estimer les liens entre plus de deux variables qualitatives sur des échantillons indépendants et une variable quantitative.

W. Kruskal et W. A. Wallis, statisticiens américains (1952)

Landau-Kleffner (syndrome de) l.m.

acquired aphasia-epilepsy syndrome, Landau Kleffner’s syndrome

Affection rare de l'enfance, surtout masculine, caractérisée par une aphasie acquise, des anomalies électro-encéphalographiques paroxystiques plurifocales avec crises épileptiques associées dans 50 à 80 % des cas, et par des troubles du comportement et de la psychomotricité.
Chez ces enfants ayant acquis normalement le langage parlé, apparaissent, vers l'âge de six ans, une agnosie verbale puis, de façon rapidement progressive, des troubles de l'expression orale. L'EEG montre des pointes et des pointes-ondes de grande amplitude, répétitives, organisées en foyers variables dans le temps et l'espace, à prédominance temporale, nettement activées pendant le sommeil lent. Les crises sont peu fréquentes, isolées ou répétitives, d'expression polymorphes, bien maîtrisées par le traitement. Les anomalies psychiques peuvent aller de troubles modérés du comportement et de la psychomotricité (hyperkinésie) à des manifestations majeures d'allure psychotique. À long terme, le pronostic d'ensemble, très variable, apparaît plutôt grave.
L'étiopathogénie reste discutée. Le traitement semble devoir comporter un antiépileptique, une corticothérapie et une rééducation orthophonique. La récupération du langage est fonction de l'âge du début de l'affection et de la précocité de la rééducation. Les crises disparaissent toujours après l'âge de 15 ans.

W. M. Landau et F. R. Kleffner, neurologues américains (1957)

Syn. aphasie acquise de l'enfant avec épilepsie

laparoschisis n.m.

laparoschisis
Défaut congénital de développement de la paroi abdominale entraînant chez le fœtus une déhiscence plus ou moins étendue en hauteur, entre les muscles droits de l'abdomen, avec éviscération : extériorisation, à des degrés variables, des viscères abdominaux, intestin grêle et foie notamment.
Il ne justifie pas une césarienne systématique. L'enfant doit être opéré dès la naissance. Avant l'accouchement les anses n'ont pas été protégées par une enveloppe et elles ont donc été longuement irritées et endommagées par le liquide amniotique (épaississement, fausses membranes, altération du péristaltisme). A la naissance les anses intestinales extériorisées doivent être enfermées dans un sac en plastique stérile. Qu'elle soit immédiate ou différée, la réintégration chirurgicale des anses dans l'abdomen entraîne une grande gêne ventilatoire, si bien que l'enfant doit être soumis à une ventilation mécanique prolongée. Le rétablissement du péristaltisme demande plusieurs semaines, ce qui impose une nutrition parentérale prolongée et une antibiothérapie.

Étym. du grec lapara : creux du ventre, flanc ; schisis : fente

Syn. para-omphalocèle

aplasie de la paroi abdominale, nutrition parentérale prolongée, omphalocèle, ventilation mécanique du nouveau-né.

lipome à cellules fusiformes l.m.

spindle cell lipoma

Variété de lipome qui survient le plus souvent chez l'homme âgé, siège de préférence dans le dos et la nuque, et dans laquelle l'examen histologique révèle la présence, au sein d'une matrice mucineuse, de cellules graisseuses matures et de faisceaux de cellules fusiformes, produisant des quantités variables de glycogène.
On y observe également de nombreux mastocytes.

F. Enzinger et D. Harvey, anatomopathologistes américains (1975)

lipome atypique l.m.

atypical lipoma, pleiomorphic lipoma

Variété de lipome qui se développe le plus souvent chez l'homme âgé et siège de préférence dans le dos et la nuque et qui, quoique bénigne, se rapproche, du point de vue histologique, du liposarcome par suite de la présence dans la néoformation de cellules graisseuses de dimensions variables, ainsi que de cellules à gros noyau hyperchromatique et d'un stroma mucineux traversé par des fibres collagènes denses.

H. Evans, E. Soule et R. Winkelmann, dermatologues américains (1979)

loi binominale l.f.

binomial distribution

Loi de distribution de variables discontinues lorsqu’elle s’applique à des données qui ont des caractéristiques binaires.
Elle permet p. ex. dans 54 familles de deux enfants dont les parents ont une maladie génétique autosomique récessive, d’estimer les probabilités qu’aucun enfant, un enfant ou deux enfants aient la maladie.

variables discontinues

Poisson (loi de) l.f.

Loi de distribution de variables discontinues qui, dans le cas d’événements rares, réalise une bonne approximation de la loi binomiale.
P. ex. loi de distribution d’une variable discrète comme le nombre de colonies dans une boîte de Pétri.

S. Poisson, mathématicien français (1838)

loi binomiale, variables discontinues

[E1]

Édit. 2020

loi normale de distribution l.f.

Loi de distribution de variables quantitatives continues définie par la moyenne et la variance

En biologie, la plupart des variables continues comme la pression artérielle, les valeurs de l’acide urique sérique, etc. sont distribuées selon des lois proches de la loi normale.

variables quantitatives

lupus érythémateux systémique l.m.

systemic lupus erythematosus

Forme la plus sévère du lupus érythémateux où les phénomènes immunopathologiques, avec auto-anticorps et immuns complexes, peuvent atteindre tous les organes, rendant sa définition clinique et immunologique très protéiforme.
Elle se définit cliniquement par l'association à des degrés variables de symptômes généraux (fatigue, fièvre, anorexie, amaigrissement) et par l'atteinte d'organes divers avec, par ordre de fréquence décroissante, les articulations et les muscles (arthralgie, arthrite, myosite), la peau (éruption du visage en vespertilio, photosensibilité, syndrome de Raynaud), le sang (anémie, leucopénie, troubles de la coagulation), le système nerveux (psychose, convulsions, neuropathie périphérique), le cœur et les poumons (pleurésie, péricardite, myocardite, endocardite), les reins (protéinurie, glomérulonéphrite, syndrome néphrotique, insuffisance rénale); mais d'autres organes peuvent être atteints; des critères d'auto-immunité définissent la maladie sur le plan immunologique : anticorps antinucléaires, anti-ADN, anti-Sm, anti-RNP, anti-Ro (SSA), anti-La (SSB) anti-cardiolipide, anti-plaquettes, anti-érythrocytes, etc.
L'affection touche le plus souvent la femme jeune. Son pronostic dépend de l'importance des atteintes viscérales, en particulier rénales, cérébrales, pulmonaires et cardiaques. L'évolution, souvent chronique et parfois sévère, montre un taux de survie à 10 ans de 70%. Le traitement repose sur les antiinflammatoires, en particulier stéroïdiens, et les immunosuppresseurs.

Syn. lupus érythémateux aigu disséminé, maladie lupique

lutéose ovarienne gravidique l.f.

ovarian luteosis of pregnancy

Exagération au cours de la grossesse de la lutéinisation ovarienne physiologique.
Elle peut prendre la forme de véritables formations tumorales (lutéomes) qui peuvent survenir au cours de grossesse normale mais surtout au cours de grossesse compliquée de maladie trophoblastique. Elles sont de volume et de consistance variables, pouvant être solides ou kystiques ou mixtes. Elles peuvent s'accompagner de signes de virilisation maternelle ou fœtale et régressent après l'accouchement.

lymphome B l.m.

B cell lymphoma

Prolifération maligne de lymphocytes B, habituellement monoclonale, localisée dans un ou plusieurs tissus, ganglionnaires ou extra-ganglionnaires, et dont le diagnostic repose sur la confrontation des données histocytologiques, immuno-histochimiques et moléculaires.
Il en existe de nombreuses variétés, mieux identifiées grâce à des colloques internationaux sous l’égide de l’OMS, (2016), de présentation clinique et de pronostic variables. Le traitement repose essentiellement sur la chimiothérapie, l’immunothérapie et, dans quelques rares indications, à la radiothérapie. Des chimiothérapies lourdes suivies de perfusion de cellules souches hématopoïétiques sont réservées à quelques indications particulières. Certains de ces cas sont induits par le virus EBV et la prévalence des lymphomes est accrue dans l'infection VIH.
Cette pathologie recouvre différentes entités dont les principales sont : la leucémie lymphoïde chronique/lymphome à petits lymphocytes, le lymphome de la zone marginale extra-ganglionnaire ou MALT, le lymphome de la zone marginale ganglionnaire, le lymphome folliculaire, le lymphome du manteau, le lymphome diffus à grandes cellules, le lymphome de Burkitt et le lymphome médiastinal primitif à grande cellules

S. V. Swerdlow, hématopathologiste américain (2016)

leucémie lymphoïde chronique, lymphome lymphocytique, lymphome de la zone marginale, MALT (lymphome de), lymphome de la zone marginale ganglionnaire, lymphome folliculaire, lymphome du manteau, lymphome diffus à grandes cellules, lymphome de Burkitt, lymphome médiastinal (thymique) à grandes cellules B

lymphoprolifératif (syndrome) l.m.

lymphoproliferative syndrome

Prolifération maligne, de cellules de la lignée lymphoïde selon des stades variables de différenciation, morphologique et fonctionnelle.

macrothrombocytopénie n. m.

macrothrombocytopoenia, inherited giant platelet disorders, IGPDs, MHY9-related disease

Hémopathie  congénitale caractérisée par des troubles de la coagulation sanguine liée à une thrombopénie et à une formation anormale des plaquettes, à transmission autosomique dominante par altération du gène MYH9 (MYosin Heavy chain 9) dont le nombre des mutations, l’expressivité variables et l’association à l’atteinte d’autres organes a donné lieu à l’isolement de plusieurs formes cliniques.
Les plaquettes, peu nombreuses de 30000 à 100000, ont un volume comparable à celui des hématies ; la perte de  leur fonction provoque une tendance hémorragique. Des troubles associés peuvent dominer le tableau clinique : néphropathie interstitielle, surdité et cataracte congénitale, ces complications pouvant être constatées d’emblée ou lors de l’évolution..
Le gène responsable MYH9, situé en 22q12.13, code pour la protéine MYHIIA ( d’une chaîne lourde de la myosine II A non musculaire) ; elle est exprimée dans certaines cellules sanguines, polynucléaires, monocytes, plaquettes. La protéine, instable, précipite sous forme de particules (corps de Döhle) et le cytosquelette est désorganisé. Les divers variants alléliques vont donner des formes cliniques qui ont été isolées :
- Le syndrome de Sebastian, le moins grave, se traduit par une simple tendance hémorragique : épistaxis, ecchymoses, métrorragies ; les inclusions cytoplasmiques sont petites.
- Le syndrome de May-Hegglin présente de grosses inclusions intraleucocytaires et souvent une cataracte et des  atteintes cochléaire et rénale.
- Le syndrome de Fechtner est caractérisé par une néphropathie importante et l’absence de cataracte.
- Le syndrome d’Epstein a une faible tendance hémorragique, une absence d’inclusions cytoplasmiques mais l’attreinte rénale et la surdité peuvent être sévères.
Parmi les autres macrothrombocytopénies, diagnostic différentiel des précédentes, on peut citer :  la thrombocytopénie autoimmune chronique, où moins de 10% des plaquettes sont augmentées de volume, non héréditaire,  identifiée par la recherche des anticorps spécifiques, le syndrome de Bernard-Soulier, le syndrome de Jacobsen, le syndrome des plaquettes grises.
Sebastian et Fechtner sont les noms des familles atteintes de ces syndromes et décrits respectivement par A. Greinacher et L. C. Peterson

A. Greinacher, immunologiste et hématologue allemand (1990) ; R. May, médecin interniste allemand (1909) ; R. Hegglin, médecin interniste suisse (1945) ; C. J. Epstein, pédiatre américain (1972) ; (1972), LoAn C. Peterson, anatomopathologiste américaine (1985) ; Jean Bernard, membre de l'Académie de médecine et J. P. Soulier, hématologues français (1948) ; Petrea Jacobsen, médecin généticienne danoise (1973) ; K. G. P. Döhle, anatomopathologiste allemand (1892)

Étym. gr. macros : grand ; thrombos : caillot ;  cutos  : cellule ;  poenia : pauvreté ;

Syn. MHY9 (syndrome)

Epstein (syndrome), Fechtner (syndrome), May-Hegglin (syndrome) Sebastian (syndrome), Bernard-Soulier syndrome, Jacobsen (syndrome de), plaquettes grises (syndrome des), Döhle (corps de)

maladie bipolaire l.f.

bipolar (psychosis, disorder)

Affection psychiatrique caractérisée par l’alternance, chez le même individu, d'accès aigus de manie euphorique et de dépression mélancolique.
Le trouble bipolaire est ainsi distingué du trouble unipolaire (dépressions récurrentes).
Alors que spontanément, l'épisode maniaque ou dépressif dure quelques mois, les intervalles entre les accès sont variables : quelques mois à quelques années, voire dizaines d'années. Libres de toute pathologie thymique franche, ils peuvent s'accompagner de troubles de la personnalité, manifestations anxieuses, hypomanie ou subdépression. Selon qu'au moins un épisode d'excitation a été d'intensité maniaque franche, hypomaniaque, ou secondaire à l'action d'antidépresseurs, on utilise les termes de bipolaire I, II ou III. Celui d'évolution à cycles rapides désigne quatre accès d'excitation ou de dépression au moins dans la même année. Lorsque des symptômes schizophréniques sont associés aux manifestations thymiques, le trouble est qualifié de schizodysthymique ou schizo-affectif bipolaire. Le spectre bipolaire inclut des situations pathologiques diverses : cyclothymie, alcoolisme intermittent, etc. Les travaux récents indiquent que les manifestations de ce spectre sont aussi fréquentes que les troubles unipolaires, pouvant concerner plus de 1% de la population générale.
Généralement admis, le rôle des facteurs génétiques sur l'ensemble des troubles du spectre bipolaire semble confirmé par la fréquence élevée des antécédents familiaux thymiques uni- ou bipolaires.
Les psychoses bipolaires sont particulièrement sensibles à l'action prophylactique des sels de lithium et autres thymorégulateurs.

K. Leonhardt, neuropsychiatre allemand (1957)

Syn. maniacodépression, psychose maniacodépressive (obsolète), cyclophrénie

malignité (signes histologiques de) l.m.p.

Ensemble des caractères morphologiques, observés en microscopie optique, permettant de porter le diagnostic de tumeur maligne.
Outre les signes cytologiques de malignité, on note une infiltration par les cellules malignes des tissus environnants qui se trouvent ainsi progressivement détruits après effraction de la membrane basale dans le cas des cancers épithéliaux, et extension dans les tissus conjonctifs interstitiels. Au niveau de ces derniers, les cellules tumorales se trouvent au contact d’un riche réseau vasculaire qu’elles vont pénétrer après effraction de la membrane basale des vaisseaux, ce qui peut permettre la diffusion de la tumeur et l’apparition de métastases. Le tissu tumoral, parfois métaplasique, peut offrir des degrés variables de différenciation ; les proliférations tumorales les plus indifférenciées, voire anaplasiques, peuvent orienter vers la malignité ; à l’opposé, certaines tumeurs authentiquement malignes sont très différenciées et parfois même le siège d’une maturation signalée p. par exemple par la production de mucus pour les cancers glandulaires, ou de kératine pour les cancers épidermoïdes.

Étym. lat. malignus : méchant

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