traçabilité n.f.
tracking
1) Aptitude à retrouver «la trace», l’utilisation ou la localisation d’un produit utilisé, en particulier d’un produit de santé, au moyen d’une codification spécifique (numéro de lot...).
Le suivi de toutes ces étapes avec connaissance des responsables est devenu une obligation pour les médicaments, les dispositifs médicaux et elle le devient pour les produits alimentaires. Ceci s'est révélé particulièrement important dans le cas des produits sanguins qui ont donné lieu à de graves contaminations.
On distingue la traçabilité amont, qui permet de retrouver les traces depuis le début de la fabrication jusqu'au moment du contrôle, (après un accident ou un contrôle systématique), de la traçabilité aval, qui permet de retrouver tous les objets défectueux déjà distribués dans le commerce. P. ex. un produit est détecté dangereux, on recherche toutes les étapes de sa fabrication pour trouver la cause du défaut (traçabilité amont) et d'autre part on recherche tous les produits déjà distribués pour les retirer de l'usage (traçabilité aval).
La traçabilité implique donc qu'à chaque étape on sache et enregistre d'où vient le produit et où il est distribué.
2) Par extension injustifiée du sens du mot, se dit de la possibilité technique de déceler une substance dans un mélange, même si elle ne s'y trouve qu'à l'état de trace
Étym. vieux fr. déverbal de tracier (du lat. trahere : traîner), suivre à la trace (le gibier), mot passé en angl., to track. Traçabilité est revenu récemment en français avec son sens primitif.
trachée (tumeur de la) l.f.
tracheal tumor
Prolifération cellulaire anormale développée au niveau de la paroi trachéale.
Cette tumeur peut être bénigne : tumeur d'Abrikossof, chondrome, carcinoïde p. ex., ou maligne, carcinome de la trachée qui est presque toujours de type épidermoïde, ou de malignité réduite, tel le carcinome adénoïde kystique.
Le traitement est en règle chirurgical, de technique délicate, mais la radiothérapie et les techniques endoscopiques interventionnelles comme le laser-YAG ont aussi des indications.
A. I. Abrikossoff, anatomopathologiste russe (1926)
→ Abrikossoff (tumeur d'), carcinome adénoïde kystique, chondrome trachéobronchique
Tran (technique de) l.f.
Tran’s technique
Technique microchirurgicale de réimplantation tubo-utérine réséquant en tronc de cône la partie interstitielle de la corne utérine, pour le traitement de la stérilité tubaire.
D. K. Tran, gynécologue français (1987)
transfert de saturation en IRM l.m.
saturation transfer
En IRM, après l'impulsion de radiofréquence lors de l'examen d'un tissu contenant une quantité non négligeable de protons fixes ou peu mobiles, échange permanent d'aimantation entre le pool des protons fixes ou peu mobiles et le pool des protons mobiles.
Ce phénomène explique, lors de l'utilisation de la technique de transfert d'aimantation en angiographie par résonance magnétique, la diminution du signal de certains tissus par rapport à celui des vaisseaux.
[B2,B3]
Édit. 2018
transfert-hybridation n.m.
Technique de biologie moléculaire permettant de détecter un ADN viral en le fixant sur un ADN complémentaire utilisé comme « sonde ADN ».
transfert intratubaire des gamètes l.m.
gamete intra-Fallopian transfer
Technique d’assistance médicale à la procréation qui consiste à recueillir des ovocytes par ponction folliculaire transvaginale après induction de l’ovulation chez une femme stérile, dont les trompes sont perméables, et à placer les ovocytes, avec plusieurs centaines de milliers de spermatozoïdes, dans l’ampoule de la trompe utérine, lieu d’élection de la fécondation naturelle, soit à la faveur d’une cœlioscopie, soit en cathétérisant la trompe à partir de l’ostium tubaire de la cavité utérine sous contrôle échographique.
Le taux de réussite de grossesse est estimé à 30% par cycle.
→ procréation médicalement assistée
transfert intratubaire de zygotes l.m.
zygote intra-Fallopian transfer
Technique d’assistance médicale à la procréation qui consiste à placer dans l’ampoule tubaire d’une femme stérile, dont les trompes sont perméables, un embryon de quelques heures ou zygote, obtenu par fécondation in vitro.
Le taux de grossesse est estimé à 30% par transfert.
→ procréation médicalement assistée
transfert pronucléaire l.m
pronuclear transfer
Stratégie de prévention des maladies par mutation de l’ADN mitochondrial consistant dans le transfert des pronucleus du zygote des parents (6 heures après la fécondation in vitro) dans le cytoplasme du zygote du donneur dont les pronucleus ont été préalablement détruits.
Cette technique permet aux femmes atteintes d’une maladie génétique par mutation de l’ADN mitochondrial de transmettre les caractères héréditaires portés par leur génome nucléaire à un enfant sans lui transmettre les mutations de l’ADN mitochondrial. Elle a été aussi dénommée « don de cytoplasme » ou « fécondation in vitro à 3 parents » du fait que pour l’embryon ainsi créé l’ADN nucléaire provient des 2 parents et le cytoplasme provient du donneur.
transit colique (durée du) l.m.
Temps que met le bol alimentaire à parcourir le cadre colique.
La technique de Couturier et Chaussade permet la mesure de la vitesse du transit colique : ingestion de marqueurs radioopaques pendant trois jours à heure fixe et repérage par radiographie de l’abdomen sans préparation plusieurs jours consécutifs.
La durée totale du transit colique est de 34 h environ ; de 7 h pour le côlon droit, 9 h pour le côlon gauche et 18 h pour le rectosigmoïde. Cette durée représente 80% de la durée du transit digestif total.
D. Couturier, gastroentréologue français, membre de l’Académie de médecine (1988) ; S. Chaussade, gastroentérologue français (1986)
translation de césure l.f.
nick translation
Technique de marquage des acides nucléiques incorporant des nucléotides marqués dans l'ADN double brin grâce à une ADN-polymérase qui par son activité d'exonucléase hydrolyse l'un des deux brins à partir d'une césure (liaison phosphodiester manquante entre deux nucléotides) et par son activité polymérase reconstitue le brin hydrolysé en incorporant les nucléotides marqués.
[Q1]
Édit. 2018
translocation rétinienne l.f.
retinal translocation
Rotation de la rétine décollée chirurgicalement pour déplacer la topographie du point de fixation.
Cette technique a été proposée dans le traitement des néovaisseaux choroïdiens rétrofovéolaires.
transplantation cardiopulmonaire l.f.
heart-lung transplant
Transplantation d’organes concernant le bloc cœur-poumon avec son arbre trachéobronchique.
Ces organes prélevés en bloc sont transportés dans le thorax du receveur et reliés à ses autres organes : trachée, veines caves ou oreillette droite, aorte. Cette technique nécessite l'utilisation d'une assistance circulatoire extracorporelle.
Après avoir suscité un certain enthousiasme, elle a vu ses indications se réduire à quelques situations parvenues à un stade évolutif extrême sans aucune autre solution thérapeutique possible (lésions simultanées, dangereuses et irréversibles des deux poumons et du cœur).
transplantation pulmonaire l.f.
pulmonary transplantation
Remplacement chez un insuffisant respiratoire majeur et presque terminal d'un ou des deux poumons par un ou deux poumons prélevés sur un homme en état de mort apparente.
La technique actuellement utilisée reste celle décrite par Henri Métras pour la transplantation pulmonaire expérimentale chez l'animal. Au début des années 80, la transplantation pulmonaire a pu être utilisée chez l'homme.
Le bilan avant la transplantation doit être complet : respiratoire, cardiaque et circulatoire, infectieux, immunohématologique et digestif mais aussi neurologique et psychiatrique. Le greffon doit être compatible immuno
La bronchiolite oblitérante est la principale complication secondaire et surtout tardive de la greffe pulmonaire entraînant une défaillance progressive du poumon greffé. Elle relève surtout d'un mécanisme immunopathologique, le rejet chronique. Elle atteint 30 à 40% des transplantés pulmonaires et cardiopulmonaires. La survie tourne autour de 45% à 5 ans. La transplantation pulmonaire a un pronostic moins favorable que les autres transplantations d'organes.
H. Métras, chirurgien thoracique français (1950)
Syn. greffe pulmonaire
→ bronchiolite oblitérante du poumon trans planté
transplantectomie rénale l.f.
renal transplantectomy
Ablation chirurgicale d'un rein antérieurement greffé en raison des troubles liés à sa perte de fonction, d'une pathologie vasculaire (thrombose, anévrysme, HTA) ou parenchymateuse (tumeur).
La technique employée est souvent la néphrectomie sous-capsulaire en raison des difficultés de dissection pédiculaire.
transport des patients en avion l.m.
Mode de transport qui présente un intérêt particulier pour les grandes distances
(> 200 km) car il est très rapide, très régulier (pratiquement pas d'accélérations nocives et très peu de secousses), offre en général une place très grande pour la surveillance et les soins de réanimation et il franchit sans difficulté mers et montagnes.
Mais il est plus dépendant des conditions météorologiques que le transport terrestre et ne peut se faire que d'un aérodrome à un autre, ce qui impose un relais par ambulance ou hélicoptère pour aller de l'hôpital à l'avion et inversement. Le transport par avion est donc peu justifié pour les courtes distances. En outre le patient est soumis à des variations d'altitude, qui interfèrent sur l'administration des soins (en croisière l'altitude cabine des avions de ligne est de 2 500 m).
Aspect technique : La première difficulté rencontrée est le brancardage à l'entrée et à l'intérieur de l'avion. Sauf les aéronefs de transport militaire, les avions civils ne sont en général pas aménagés pour ce mode de chargement : aussi est-il indispensable de reconnaitre le trajet à effectuer pour entrer et circuler dans l'avion avant d'y conduire le patient. Sa mise en place effectuée et la sangle bouclée, il reste à disposer et à fixer le matériel nécessaire à portée de la main de façon qu'il ne risque pas de se déplacer sous l'influence des inclinations de l'avion, des accélérations du décollage et de l'atterrissage ou d'une turbulence toujours possible.
Il y a peu de contrindication au transport aérien des patients en autonomie respiratoire, sauf pour les blessés de l'abdomen (risque de passage de matières fécales dans le péritoine lors de la montée, de même un malade porteur d'anus artificiel rencontre des difficultés à la montée, il doit éviter si possible l'avion) et pour les malades contagieux (virus des fièvres hémorragiques, etc.) qui risquent de contaminer les autres occupants de l'avion. Pourtant de nombreux patients voyagent seuls ou accompagnés par un proche dans un avion de ligne ou dans un autre moyen de transport en commun sans déclarer leur maladie et le risque de contagion existe (p. ex. cas d'un passager tuberculeux bacillifère ayant contaminé dans l'avion plusieurs passagers assis autour de lui). Quoi qu'il en soit un patient dyspnéique autonome peut voyager assis, quitte à emporter avec lui une bouteille d'O2 comprimé (les dispositifs actuels à O2 liquide sont dangereux en avion) pour compenser les effets de l'hypoxie d'altitude (en effet les bouteilles de secours dans l'avion ne doivent être utilisées que pour faire face aux urgences).
Des civières peuvent être installées dans les avions de ligne pour les patients couchés (p. ex. fractures du membre inférieur). A condition d'avoir obtenu l'installation d'une cabine sanitaire (des rideaux pour isoler le patient et le médecin), on peut transporter des patients nécessitant des soins intensifs (ventilation mécanique, perfusions, etc.) pour lesquelles des soins de réanimation doivent être assurés en vol.
Qu'il s'agisse d'avion de ligne ou d'avion ambulance, des précautions spéciales doivent être prises pour l'alimentation électrique des appareils, les bouteilles d'oxygène ou d'air comprimé doivent être acceptées par le transporteur et tout le matériel doit être solidement arrimé. Il faut savoir qu'un certain nombre d'appareils utilisés à l'hôpital ne conviennent pas en aéronautique (se renseigner auprès du médecin de la compagnie ou d'un médecin du SAMU compétent en médecine aéronautique).
Le transport des malades psychiatriques est possible mais il faut qu'ils soient accompagnés par un personnel compétent capable de les maitriser en cas de besoin.
Aspect réglementaire : Le commandant de bord a toute autorité pour refuser de transporter un patient ou un appareillage lui paraissant dangereux, il doit aussi suivre les instructions de sa compagnie. Des mesures particulières avec remplissage d'un formulaire normalisé sont prévues pour le transport des handicapés.
Syn. EVASAN
→ d'altitude (aiguille d'), altitude, aérien (transport) des patients, otite barotraumatique, transport des patients en hélicoptère, transport des patients en ambulance, transport des patients, évacuation sanitaire, SMUR
transposition du médius vers le pouce, type Böhler l.f.
transplant of the middle finger to the thumb
Technique chirurgicale de remplacement du pouce par le médius en y associant un transfert de l’index sur le site de prélèvement du médius.
Ce procédé est utilisé pour compenser la perte du pouce après amputation en alternative à la transposition de l’index. Plus complexe que la transposition simple du médius il permet un net élargissement de la première commissure améliorant la préhension et il donne un meilleur aspect esthétique en supprimant l’écart entre l’index et l’annulaire créé par la transposition du médius.
J. Böhler chirurgien autrichien (1958)
transposition ovarienne l.f.
transposition of the ovaries
Technique chirurgicale visant à éloigner les ovaires avec leur pédicule vasculaire principal de la région pelvienne vers les gouttières pariéto-coliques pour les protéger contre les risques d'une irradiation.
Proposée dans certains cancers du col utérin de stade I chez des femmes jeunes, comme premier temps thérapeutique avant la curiethérapie ou l'irradiation des chaines iliaques, l'intervention se pratique par laparotomie ou par cœlioscopie.
triangulation n.f.
1) En chirurgie :
technique de suture en triangulation qui consiste à placer trois points de suture équidistants au niveau des tranches de section des deux vaisseaux à suturer.
La tension des fils permet alors de placer les autres points de suture entre ces trois points.
2)En psychiatrie :
Système formé par l'enfant et ses parents, qui recouvre un conflit dans lequel l'enfant se trouve à la fois engagé par l'une et l'autre partie.
Selon le moment, l'enfant se vit comme un attaquant soit de l'un, soit de l'autre parent. Une inhibition liée à cette "situation d'équilibre" au sens psychophysiologique peut en résulter, il s'agit alors de rompre une triangulation pathogène.
Alexis Carrel, chirurgien français, prix Nobel de médecine en 1912
trichinoscopie n.f.
trichinoscopy
Technique utilisée en médecine vétérinaire (contrôles aux abattoirs) permettant, par observation directe ou par projection sur un écran, de reconnaître la présence de kystes trichiniens du volume d’un grain de blé dans un fragment musculaire préalablement écrasé entre deux lames de verre.
Étym. trichine ; gr. scopein : observer
trichogramme n.m.
trichogram
Technique d'étude des alopécies basée sur une formule établie d'après l'examen au microscope de la racine d'une cinquantaine de cheveux en distinguant les 3 phases évolutives successives du cycle pilaire : 1) anagène ou phase de croissance d'une durée de 2 à 6 ans; 2) catagène ou phase d'arrêt de la croissance qui dure 3 semaines; 3) télogène ou phase de repos et de chute d'une durée de 3 mois.
triglycéridémie n.f.
Concentration des triglycérides dans le plasma.
La triglycéridèmie est dosée par technique enzymatique. Chez le sujet normal, la triglycéridèmie est comprise entre 0,30 et 1,70 mmol/L. Elle augmente dans certaines dyslipémies d’origine génétique, mais aussi dans de nombreuses situations pathologiques, en particulier obésité, diabète, syndrome néphrotique, dysfonctionnements endocriniens, etc…
trigonisation n.f.
Artifice technique employé parfois dans l'adénomectomie prostatique transvésicale à ciel ouvert, consistant à abaisser l'hémicirconférence du rebord postérieur de la loge le plus bas possible dans celle-ci, dans un but d'hémostase et de régularisation de la cicatrice.
→ adénomectomie prostatique transvésicale
triple opération à la française l.f.
Manchester procedure
Opération combinée par voie vaginale exclusive réservée au traitement des prolapsus génitaux de la femme.
Elle associe un temps antérieur de correction de la cystocèle, un temps moyen d'amputation supravaginale du col et un temps postérieur de myoraphie des releveurs. C'est une technique chirurgicale dont les indications sont devenues beaucoup plus rares aujourd'hui.
Syn. opération de Manchester, technique de Magendie
trocart vasculaire l.m.
Instrument servant à pratiquer la ponction d’un vaisseau pour y introduire un produit ou un cathéter.
Le premier de ces instruments a été mis au point par Cournand ; c’est une aiguille spéciale utilisée au cours des investigations physiopathologiques en cardiologie pour la ponction des artères périphériques (fémorale, humérale, etc.) et permettant de mesurer les pressions intra-artérielles (à l’aide d’un électro-manomètre) et de recueillir des échantillons de sang pendant plusieurs heures ; il est muni d’un plateau facilitant sa fixation à la peau ; il comporte deux mandrins : l’un acuminé et creux s’adapte au moment de la ponction et permet, par le passage du sang dans sa lumière, de déceler le moment de la pénétration intraartérielle ; le deuxième, mousse et plein, est substitué au précédent pour obturer l’aiguille entre deux mesures.
Plus actuels sont les trocarts de Seldinger et de Dos Santos ; ce sont des trocarts d’angiographie avec mandrin, utilisés également pour la ponction transcutanée des vaisseaux, généralement fémoraux, huméraux ou radiaux ; dans un premier temps de la technique le mandrin est remplacé par un conducteur métallique souple dont l’extrémité peut être éventuellement orientée depuis l’extérieur, permettant de le faire cheminer dans la lumière du vaisseau ; ce conducteur, après remplacement du mandrin du trocart par un cathéter en polyéthylène de même calibre interne permet de guider celui-ci jusqu’à la hauteur voulue, permettant la réalisation d’angiographies sélectives, en particulier des différentes collatérales aortiques. L’aiguille trocart de Seldinger comporte un plateau afin de bien tenir l’instrument en main au moment de la ponction.
De ces deux modèles d’origine dérivent de nombreux trocarts vasculaires qui permettent actuellement l’introduction de différents instruments intravasculaires en radiologie interventionnelle vasculaire et cardiaque.
Tsirul'nikov (opération de) l.f.
Tsirul'nikov’s procedure
Technique chirurgicale d'hémostase des pédicules utérins proposée dans les hémorragies de la délivrance, en l'absence de lésion traumatique basse.
Les ligatures successives portent sur les deux artères utérines, les ligaments utéro-ovariens et les ligaments ronds. Les résultats ne sont pas constants et peuvent conduire à préférer dans ces indications la ligature bilatérale des artères hypogastriques.
M.S. Tsirul'nikov, gynécologue obstétricien russe (1962)