Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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lymphome à cellules du manteau l.m.

mantle cell lymphoma

Variété de lymphome malin non hodgkinien affectant les lymphocytes B de la région du nœud  (ganglion) lymphatique dénommée zone du manteau.
Le lymphome à cellules du manteau affecte principalement les adultes autour de 65 ans avec une nette prédominance masculine (rapport M/F = 4/1). Au moment du diagnostic, la majorité des patients sont atteints d’une forme disséminée de la maladie.
Ce lymphome est caractérisé par une translocation chromosomique t(11;14)(q13;q32) qui juxtapose le gène codant pour la cycline D1 (CCND1) au gène codant pour la chaîne lourde des immunoglobulines (IgH), entraînant une expression anormalement élevée de la cycline D1, qui intervient dans le contrôle du cycle cellulaire.  Le diagnostic est posé à partir d'une biopsie ganglionnaire révélant la présence de cellules tumorales porteuses de la translocation t(11 ;14).
On reconnaît deux sous-variétés, cliniquement et immunologiquement différentes, de lymphome du manteau : l’une sans mutation de la chaîne lourde des immunoglobulines et SOX11+ de pronostic réservé et l’autre avec la mutation de IGHV et SOX11-; cette dernière variété, indolente, se particularise par une atteinte médullaire, sanguine et splénique sans localisation ganglionnaire ; elle peut évoluer vers une forme plus agressive.

Ana Mozos, hématopathologiste espagnole (2009) ; Birgitta Sander, anatomo-pathologiste suédoise (2016)

→ lymphome malin non hodgkinien, SOX11

lymphome chalazodermique l.m.

chalazodermique lymphoma

Lymphome T épidermotrope et granulomateux très rare, avec une localisation pathognomonique élective sur les plis axillaires et inguinaux, une évolution clinique indolente mais associée dans 50% des cas à un autre lymphome malin et le plus fréquemment une maladie de Hodgkin.

→ granulome chalazodermique

lymphome de Hodgkin nodulaire à prédominance lymphocytaire l.m.

nodular lymphocyte predominant Hodgkin lymphoma NLPHL

Sous-variété rare de maladie de Hodgkin caractérisée sur le plan histologique par des cellules à prédominance lymphocytaire (PL) malignes et l'absence de cellules typiques de Reed-Sternberg.
L’affection survient surtout chez les hommes (80 %) jeunes (médiane d’âge : 30 ans) ; l’atteinte initiale
se limite aux ganglions lymphatiques périphériques (cou, aisselles ou région inguino-fémorale) et est habituellement indemne de signes généraux.
Le diagnostic repose sur l’examen immuno-histo-pathologique qui objective des cellules lymphocytaires malignes, négatives pour CD15, CD30 et positives pour CD20, BCL6 et EMA (dans la moitié des cas) au sein de nodules lymphocytaires.
Les rechutes tardives sont fréquentes de même que l’évolution vers des lymphomes agressifs.

Z. Fan, anatomopathologiste américain (2003)

lymphome pagétoïde disséminé de Ketron-Goodman l.m.

pagetoid reticulosis, Ketron-Goodman disease

Forme clinique de lymphome cutané épidermotrope caractérisée par la présence de lésions multiples disséminées, érythémato-squameuses, circinées, nummulaires, parfois en cocarde, d'évolution rapidement progressive.
Le diagnostic différentiel est très difficile avec les lymphomes agressifs épidermotropes de type Berti.
L'examen histologique montre un infiltrat épidermotrope dense constitué de grandes cellules mononucléées atypiques qui dissocient complètement le corps muqueux. Les études en immunohistochimie et en biologie moléculaire mettent en évidence une perte d'antigènes panT et la présence d'un clone T. Le qualificatif pagétoïde traduit une certaine ressemblance des lésions intra-épidermiques avec celles d'une maladie de Paget du mamelon.

L. Ketron et M. Goodman, dermatologistes américains (1931)

Syn. réticulose pagétoïde, réticulose épidermotrope, maladie de Ketron-Goodman

→ lymphome épidermotrope, lymphome pagétoïde localisé, mycosis fongoïde, syndrome de Sézary

lymphome pagétoïde localisé (Woringer-Kolopp) l.m.

pagetoid reticulosis, Woringer-Kolopp disease

Forme clinique de lymphome T cutané épidermotrope caractérisée par la présence d'une lésion le plus souvent unique, arciforme avec bordure nette érythémato-squameuse, typiquement en cocarde, sinon circinée et à contours polycycliques, d'évolution lente progressive, localisée préférentiellement à l'extrémité d'un membre.
L’examen histologique montre un infiltrat épidermotrope dense constitué de grandes cellules mononucléées atypiques qui dissocient complètement le corps muqueux. Les études en immunohistochimie et en biologie moléculaire mettent en évidence une perte d'antigènes panT et la présence d'un clone T. Le qualificatif pagétoïde traduit une certaine ressemblance des lésions intra-épidermiques avec celles de la maladie de Paget du mamelon.

F. Woringer, et P. Kolopp, dermatologistes français (1939) ; O. Braun-Falco, dermatologiste allemand (1973)

Syn. réticulose pagétoïde, réticulose épidermotrope, maladie de Woringer-Kolopp

→ lymphome épidermotrope, mycosis fongoïde, syndrome de Sézary, lymphome pagétoïde disséminé

macrocéphalie, lipomes multiples et hémangiomes l.f.

macrocephaly, multiple lipomas and hemangiomata

Hémangiomes caverneux multiples avec macrocéphalie et pseudoœdème papillaire.
Dans cette affection sont associés : un syndrome de Sotos (grande taille et macrocéphalie avec retard de fermeture de fontanelle), un retard psychomoteur, une myopathie et des taches café au lait sur le pénis, des lipomes multiples, des polypes hamartomateux intestinaux. A l’examen oculaire, on peut observer un anneau de Schwalbe proéminent et des nerfs intra-cornéens. L’affection est autosomique dominante (MIM 117550, Gendiag 5175), Certains des patients développent une hypotonie, un retard mental et psychomoteur. Le gène responsable, (PTEN), sur le chromosome 10q (10q23.2), est suppresseur de tumeur, il code pour une protéine tyrosine-phosphatase ; la mutation inactive la fonction de la protéine. Une mutation sur le même gène est responsable de la maladie de Cowden. L’affection est autosomique dominante (MIM 153480).

G. A. Bannayan, anatomopathologiste américain (1971) ; J. Zonana, pédiatre et généticien américain (1976) ; H. D. Riley Jr. et W. R. Smith, pédiatres américains (1960) ; R. H. Ruvalcaba, Selma A. Myhre et D. W. Smith, pédiatres américains(1980)

Étym. gr. makros : grand ; kephalê : tête ;lipos : graisse ; aima : sang ; angeion : vaisseaux

Syn. Bannayan-Zonana (syndrome de), macrocéphalie-pseudoœdème papillaire et multiples hémangiomes, Bannayan-Riley-Ruvalcaba (syndrome de) (BRB), Ruvalcaba-Myhre-Smith (syndrome de), gigantisme cérébral-polypose et taches génitales

→ Sotos (syndrome de), hamartomes multiples (syndrome des), Cowden (maladie de)

macrochéilite n.f.

macrocheilitis

Inflammation d'une ou deux lèvres buccales comportant une infiltration profonde, solide ou œdémateuse, responsable d'une augmentation de volume des parties atteintes, passagère ou durable selon l'étiologie et le type lésionnel, œdémateux ou granulomateux.
Des réactions anaphylactiques (œdème de Quincke), des traumatismes, l'érysipèle, le zona, la lèpre, la maladie de Crohn, et de nombreuses autres étiologies peuvent rendre compte d'un aspect de macrochéilite; il existe aussi des formes apparemment primitives, à histologie granulomateuse, appelées macrochéilite de Miescher ou intégrées au syndrome de Melkersson-Rosenthal.

E. Melkersson, neurologue suédois (1928) ; C. Rosenthal, neuropsychiatre allemand (1931) ; G. Miescher, dermatologue suisse (1945)

Étym. gr. : makros : grand ; kheilos : lèvre ; -ite : suffixe indiquant l’inflammation.

→ Melkersson-Rosenthal (syndrome de), macrochéilite granulomateuse de Miescher

macroglobulinémie n.f.

macroglobulinemia

Présence de macroglobulines dans le sang en quantité anormale.
Ce terme est pratiquement réservé aux β2-macroglobulinémies dont la principale est la macroglobulinémie de Waldenström. L'immunoglobuline sécrétée par des lymphocytes B et des plasmocytes exprime parfois une activité anticorps dirigée contre les antigènes érythrocytaires ou contre des immunoglobulines (activité rhumatoïde). Elle peut aussi modifier le comportement plaquettaire ou plusieurs temps de la coagulation.
Cette macroglobulinémie peut s'observer dans des conditions cliniques très différentes. S'accompagnant seulement d'une discrète infiltration lympho-plasmocytaire médullaire, elle est souvent modeste, isolée, sans adénopathie ni splénomégalie, sans aucune conséquence et ne justifie aucun traitement. Ailleurs, elle apparaît comme l'un des signes de la maladie de Waldenström avec parfois des adénopathies, une splénomégalie, des anomalies de l'hémostase et des signes neurologiques périphériques. 

J. G. Waldenström, médecin  interniste  suédois, membre de l'Académie de médecine (1944)

Étym. gr. : makros : grand ;  lat. globulus : petite boule ; haima : sang

→ Waldenström ( maladie de)

Madelung (déformation de) l.f.

Madelung’s deformity

Déformation héréditaire de l’avant-bras et du poignet, souvent bilatérale, caractérisée par l’incurvation du radius associée à une subluxation postérieure de l’extrémité ulnaire distale.
La déformation peut paraître isolée ou faire partie d’un syndrome plus complexe ; en particulier elle est un des signes caractéristiques de la dyschondrostéose de Leri, chondrodysplasie congénitale à transmission autosomique dominante, responsable d’un nanisme par raccourcissement électif du segment moyen des membres (nanisme mésomélique). Des déformations squelettique comparables d’origine traumatique, infectieuses ou dystrophiques ont été qualifiées par analogie de « déformation de type Madelung » p.par exemple dans la maladie exostosante ou l’enchondromatose.

O. W. Madelung, chirurgien allemand (1878), A. Léri, ophtalmologue français et J. A. Weill, pédiatre français (1928)

→ radius curvus, Leri –Weill (syndrome de), dyschondrostéose, maladie exostosante

Maffucci (syndrome de) l.m.

Maffucci’s syndrome, enchondromatosis type II

Association d’une chondromatose du squelette, des hémangiomes des parties molles et des ectasies veineuses.
Elle apparaît vers l’âge de quatre à cinq ans. Les chondromes qui se développent dans les os peuvent se manifester par des tuméfactions visibles ayant pour siège de prédilection les doigts. Les métaphyses des os longs des membres peuvent être épaissies. Les os des avant-bras sont souvent raccourcis incurvés, déviés. Le raccourcissement d'un ou plusieurs membres est parfois révélateur de la maladie.
Radiologiquement, les chondromes se traduisent par des zones transparentes bien délimitées et parfois mouchetées de calcifications. Les lésions peuvent souffler l'os ou créer des encoches. La transformation maligne d'un chondrome est possible et doit être soupçonnée dès qu’il devient douloureux ou grossit rapidement. L’affection apparait sporadique, aucune anomalie génétique n’a été décelée.

A. Maffucci, médecin anatomopathologiste italien (1881)

MAGIC syndrome  acr. angl. pour Mouth and Genital ulcers with Inflammed Cartilage

Syndrome associant des lésions aphtoïdes buccales et génitales et une inflammation des cartilages à type de chondrite de l'oreille externe, du nez, de l'appareil respiratoire, costal, etc.
Il réalise une forme de passage entre la polychondrite chronique atrophiante et la maladie de Behçet.

maîtrise des coûts l.f.

cost control

Dans le domaine des soins médicaux, contrôle que s’efforcent d’assurer les organismes d’assurance maladie sur les prix des fournitures et des services  qu’ils prennent en charge.
Les organismes publics peuvent agir directement par des règlementations sur les prix des médicaments, le montant des honoraires, etc. Lorsque coexistent un exercice libéral de la médecine et un système de soins publics, la modulation des prises en charge peut contribuer à la maîtrise des coûts par le jeu des concurrences.

→ maîtrise des dépenses

maîtrise des dépenses l.f.

expenses control

Dans le domaine des soins médicaux, contrôle que s’efforcent d’assurer les organismes d’assurance maladie sur leurs dépenses.
Les organismes peuvent jouer en acquérant la maîtrise des coûts, en modulant leurs prises en charge, en agissant sur l’offre de soins (réglementation du nombre et des équipements des établissements de soins, limitation des professions de santé), etc.

maladie à déclaration obligatoire  l.f.

notifiable disease

Maladie inscrite sur une liste établie par les pouvoirs publics et pour laquelle l'observation d'un cas doit faire l'objet d'une déclaration auprès des autorités sanitaires.
Il existe une liste des maladies humaines et une autre liste pour les maladies animales à déclaration obligatoire.

→ déclaration obligatoire (maladie à)

maladie amniotique l.f.

Ensemble d’anomalies présentes à la naissance: sillons congénitaux, ulcérations, cicatrices cutanées, syndactylies, sans aucune lésion viscérale ; les sillons congénitaux des membres sont souvent circulaires, plus ou moins profonds, pouvant atteindre l’os; ils sont considérés comme l’amorce de l’amputation congénitale.
L’amputation est ordinairement distale au niveau des doigts et des orteils mais peut se trouver sur n’importe quel segment de membre; l’extrémité est cicatricielle, parfois encore ulcérée à la naissance. Les ulcérations cutanées sont plus ou moins étendues, sur le cuir chevelu elle siège souvent au vertpar exemple Elles cicatrisent très rapidement après la naissance. Les syndactylies des doigts et des orteils sont des acrosyndactylies: les doigts sont soudés par coalescence de leurs extrémités ou au niveau des zones d’amputation. Elles peuvent laisser libres les commissures qu’on peut retrouver sous forme d’une fente ou d’un pertuis ce qui témoigne de la constitution tardive de la syndactylie après la formation des doigts. Leur traitement très précoce, conservant tous les tissus disponibles, peut éviter des déformations secondaires par la croissance et prépare la reconstruction ultérieure.
L’origine de la maladie reste inconnue. Les sillons et les amputations ont été mis sur le compte de brides amniotiques fibreuses dont des fragments sont parfois retrouvés dans le fond des sillons; une amniotite a été évoquée pour expliquer à la fois les ulcérations et les brides.

Syn. maladie ulcéreuse intra-utérine, complexe ADAM

→ syndactylie cicatricielle, amputation congénitale, bride amniotique

[A4,O3,O6]

maladie annulo-ectasiante l.f.

annuloaortic ectasia

Processus malformatif évolutif entraînant une distension progressive d’un des orifices valvulés du cœur, dont la conséquence est une insuffisance valvulaire plus ou moins sévère.
La plus fréquente concerne l’orifice aortique et s’observe en particulier dans le cadre de la maladie de Marfan. Ses formes graves nécessitent une correction chirurgicale complexe associant un remplacement valvulaire et une reconstruction de la racine aortique avec réimplantation des ostiums coronaires (opération de Bentall).

→ anévrysme de l'arc de l'aorte

maladie annuloectasiante de l'aorte l.f.

aortic annuloectasic disease

Maladie de la racine de l’aorte associant une distension progressive de l’anneau aortique, responsable d’une insuffisance valvulaire aortique croissante, à une dilatation en bulbe de la seule portion initiale de l’aorte ascendante.
Trois fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme, elle s'observe surtout chez l'adulte. Dans un tiers des cas on note un syndrome de Marfan typique ou incomplet.
Son origine n’est pas entièrement élucidée. Elle tient à une fragilité anormale, probablement héréditaire, des tissus conjonctifs et élastiques qui constituent le squelette de la jonction ventriculoaortique. Son traitement est chirurgical et demande une intervention complexe (opération de Bentall) qui associe le remplacement de la valvule aortique et le remplacement de l’aorte ascendante par une prothèse sur laquelle doivent être réimplantés les ostiums coronaires.
La conservation de la valvule aortique est possible dans certaines formes selon la technique proposée par Yacoub et David.

H. Bentall et A. De Bono, chirurgiens thoraciques britanniques (1968) ; M. H. Yacoub, Sir, chirurgien thoracique britannique (1998) ; T. E. David, chirurgien cardiovasculaire canadien (1992)

Étym. Étym : lat. annulus : anneau ; gr. ektasis : dilatation

→ anévrysme de l'arc de l'aorte, insuffisance aortique, Marfan (maladie de), Bentall (opération de)

[K2, K3]

Édit. 2019

maladie auto-immune l.f.

auto-immune disease

Maladie caractérisée par la présence d’auto-anticorps décelables dans le sérum ou les tissus et par la preuve, clinique ou expérimentale, qu’une telle réaction est primitive dans son mode de survenue et non pas secondaire à une lésion tissulaire.
Dans le large groupe des maladies auto-immunes, on classe des affections dans lesquelles les anticorps sont dirigés contre un seul tissu ou organe (p. par exemple la thyroïdite de Hashimoto) et celles qui possèdent de nombreux anticorps produisant des lésions en des sites variés (p. par exemple le lupus érythémateux systémique).
En gynécologie-obstétrique, la présence d'auto-anticorps (antithyroïdiens, antithyréoglobuline, antiphospholipides, anticoagulants circulants) est liée aussi à des anomalies de la reproduction : stérilité, endométriose, avortements répétés, morts fœtales in utero, hypertension gravidique.

maladie congénitale du col vésical l.f.

bladder neck contracture, Marion's disease

Hypertrophie congénitale de la musculature lisse du col vésical réalisant la plus haute des uropathies obstructives du bas appareil.
Cette "maladie du col" congénitale est rare et ne touche que le garçon.

G. Marion, chirurgien urologue français, membre de l’Académie de médecine (1933)

Syn. maladie de Marion

→ maladie acquise du col vésical

[Q2,M3]

maladie contagieuse l.f.

contagious disease

Maladie infectieuse susceptible de se répandre dans une population par différents modes de contagion.

maladie de Canavan-van Bogaert-Bertrand l.f.

Canavan-van Bogaert–Bertrand’s disease

Maladie autosomique récessive, qui commence pendant la première année de vie par une hypotonie, une régression psychomotrice et une macrocrânie évolutive, développement d'une atrophie optique avec baisse de la vision, mouvements oculaires anormaux, nystagmus et évolution vers la cécité précoce.
L'évolution est grave, avec hypertonie sévère, apparition d'un syndrome pyramidal, de troubles digestifs, d'hyperthermie. Le décès survient le plus souvent avant deux ans.

Myrtelle May Canavan, neuropathologiste américaine (1931) ; L. Van Bogaert, baron, neurologue belge, membre de l'Académie de médecine et I. Bertrand, neuropathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1949)

[Q2,P2]

maladie de carence l.f.

Maladie due à l’absence ou l’insuffisance dans l’alimentation habituelle de substances nécessaires au développement ou à la santé de l’individu.
Par exemple le rachitisme, trouble de croissance et de formation du squelette dû à l’insuffisance de vitamine D, a pratiquement disparu dans les pays industrialisés et sévit toujours dans les pays pauvres. L’insuffisance d’apports protidiques dans certains pays d’Afrique entraîne une lourde mortalité dans le jeune âge.

maladie de Chagas l.f.

Chagas’ disease

Parasitose due à Trypnanosoma cruzi sévissant dans plusieurs pays d’Amérique latine où elle constitue un problème sanitaire majeur.
L’affection, commune à l’Homme et à différents mammifères, en particulier domestiques, est transmise par les déjections de punaises de grande taille (Triatoma, Rhodnius, Panstrongylus), mais il existe aussi une transmission congénitale et des risques de transmission transfusionnelle. Très récemment, on a également signalé des contaminations par ingestion de jus de fruits (papayes, notamment) de préparation artisanale et souillés par les déjections de triatomes infestés. Comme la contamination est fréquente au niveau de la conjonctive oculaire, un signe précoce (signe de Romaña) est l’existence d’un œdème palpébral unilatéral avec des adénopathies satellites. Les formes inapparentes sont fréquentes. Dans les formes aigues, la maladie de Chagas se manifeste par de la fièvre, des atteintes viscérales, cardiaques surtout (myocardites), mais aussi digestives, nerveuses (pouvant aller jusqu’à la démence) puis, dans les formes plus anciennes, par des dilatations du tube digestif avec survenue de méga-œsophage ou de mégacôlon). Le diagnostic est sérologoque et surtout parasitologique. Le traitement repose sur le nifurtimox et le benznidasole.

C. R. Chagas, médecin brésilien, membre de l’Académie de médecine (1909) ; C. Romaña, médecin infectiologue argentin (1935) ; Caryn Bern, épidémiologiste américaine (2015)

Syn. trypanosomose américaine

→ trypanosomose humaine américaine

[D3,D2,D4]

maladie de Charcot-Marie-Tooth avec ptosis et Parkinson l.f.

Charcot-Marie-Tooth’s disease with ptosis and Parkinson

Maladie de Charcot-Marie-Tooth avec neuropathie périphérique, ptosis et Parkinson.
Une famille a été étudiée sur 3 générations avec apparition tardive de l'affection. Pied creux, réflexes vifs, hypotension orthostatique, hypoventilation centrale et démence modérée. L’affection est autosomique dominante (MIM 118301).

R. Tandan, neurologue américain (1990)

[H1]

maladie de Crigler-Najjar l.f.

Crigler Najjar’s disease

Affection génétique exceptionnelle se transmettant sur le mode autosomique récessif, due au déficit d'activité d'un enzyme hépatique, la bilirubine-UDP-glucuronosyltransférase dont le rôle est de conjuguer la bilirubine en un dérivé soluble dans l'eau, entraînant donc la survenue dès les premiers jours de vie d'un ictère intense dû à une hyperbilirubinémie non conjuguée, ictère qui en l'absence de traitement peut se compliquer de graves lésions cérébrales connues sous le nom d'encéphalopathie bilirubinique ou ictère nucléaire.
L'administration de phénobarbital permet de reconnaître deux variétés de maladie de Crigler-Najjar. Le type I est insensible au phénobarbital et ne répond que partiellement à la photothérapie qui doit être poursuivie à domicile la nuit sous surveillance précise pour maintenir la bilirubinémie dans des zones mettant l'enfant à l'abri de complications neurologiques. La difficulté de prolonger ce traitement conduit à proposer une transplantation hépatique qui est suivie du déjaunissement définitif de l'enfant. Le type II bénéficie d'un traitement à vie par le phénobarbital dont l'effet inducteur de l'activité enzymatique déficitaire est suffisant pour maintenir l'enfant à l'abri de l'ictère nucléaire même s'il reste modérément jaune. Le traitement initial de l'ictère dans ces deux variétés repose sur une ou plusieurs exsanguinotransfusions en attendant le contrôle thérapeutique de long cours. Des mutations géniques ont été récemment décrites dans l'une et l'autre variété dont la connaissance permettra un diagnostic anténatal dans le type I, le plus sévère et le plus difficile à contrôler.

J. F. Crigler, pédiatre et V. A. Najjar, microbiologiste américains (1952)

Syn. ictère familial congénital de Crigler et Najjar

→ UDP-glucuronosyltransférase

[Q2]

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