Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hémochromatose de type 4 l.f.

hemochromatosis type 4

Syn. : hémochromatose HFE 4 

→ maladie de la ferroportine, hémochromatose génétique (mutations responsables de l')

[L1]

Édit. 2015

hémochromatose génétique de type HFE 1. l.f.

Maladie d'origine génétique transmise sur le mode autosomique récessif, caractérisée par une absorption duodénale excessive du fer responsable d’une surcharge en fer et d’une sclérose réactionnelle de différents organes notamment du foie.
C’est la plus fréquente des hémochromatoses génétiques, c’est aussi la plus fréquente des maladies héréditaires qui touche préférentiellement les sujets d'origine nord-européenne avec un taux de prévalence dans la population générale estimé entre 1 et 4 pour mille. L’affection apparaît plus tardivement chez la femme en raison des pertes en fer dues aux menstruations.
Après une phase de latence clinique, l'hémochromatose génétique se caractérise par un grand polymorphisme associant, à des degrés variables, une une hépatomégalie, un diabète sucré, une pigmentation cutanée (« diabète bronzé ») une cardiomyopathie, un hypogonadisme hypogonadotrope et des arthropathies.
Le diagnostic est très fortement suggéré par l'élévation de la saturation de la transferrine (supérieure à 45%) à laquelle s'associe une augmentation, à des degrés variables, de la ferritinémie.
Ces anomalies biologiques commandent la recherche de la signature génétique de la maladie. La mise en évidence de mutations homozygotes du gène HFE 1 localisé sur le bras court du chromosome 6 conduit au diagnostic. Trois mutations ont été décrites C282Y (plus de85 % des cas), H63D et S65C beaucoup plus rares.Seule la mutation homozygote C282 Y peut entraîner une surcharge en fer importante. L’homozygotie H63 D n’est pas responsable d’un excès de fer cliniquement significatif (la majorité des cas publiés se sont avérés être en rapport avec d’autres mutations non HFE 1). Il existe des formes hétérozygotes composites. Ces mutations empêchent l'élaboration par le foie de l'hepcidine, hormone dont l'action limite l'absorption du fer contenu dans l'alimentation par la muqueuse intestinale.
Le diagnostic d'hémochromatose génétique justifie une recherche systématique chez les parents au premier degré du sujet atteint. En revanche, malgré la fréquence élevée de la maladie et le bénéfice apporté par un diagnostic précoce, le dépistage de la maladie dans la population générale n'est pas préconisé actuellement. La question reste en débat.
Le traitement consiste, dans la plupart des cas en des saignées initialement hebdomadaires de 400 à 500 ml de façon à réduire le fer en excès. Son efficacité est évaluée par la ferritinémie qui doit tendre progressivement vers une valeur de 50 ng/ml, l'hémoglobine restant supérieure à 11 g/l. L'asthénie, la mélanodermie, les troubles cardiaques…s’atténuent et peuvent disparaître. En revanche, les douleurs articulaires et le diabète disparaissent plus difficilement lorsqu’ils sont installés. Les chélateurs du fer d’emploi astreignant, lourd et coûteux, d’effets secondaires non négligeables, ne sont utilisés que dans les rares cas de contre-indications aux saignées.
Les saignées (ou les dons-saignées) doivent être prescrits dès que la ferritine est supérieure à 300 µg/l s’il s’agit d’un homme et de 200 µg/l s’il s’agit d’une femme.
En l’absence de traitement la mort est la conséquence soit du diabète, soit de l'insuffisance cardiaque congestive (risque 300 fois supérieur à celui d'une population normale), soit du fait de la cirrhose et/ou d’un carcinome hépatiques.

A. Trousseau, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1865)

Étym. gr. haima : sang ; chrôma : couleur

Syn. cirrhose bronzée, diabète bronzé

Sigle HFE 1

→ arthropathie de l'hémochromatose, diabète bronzé, hémosidérose, hémochromatose juvénile, hepcidine, hémochromatose génétique (mutations responsables de l')

[L1,O4]

Édit. 2018

hémochromatose juvénile l.f.

Forme rare d'hémochromatose génétique qui débute avant l'âge de 30 ans et atteint de manière égale les deux sexes.
Sa gravité s’exprime par une insuffisance gonadotrope et une myocardiopathie évolutive nécessitant souvent une transplantation cardiaque.
Elle est liée à la mutation de l’hepcidine, produit du gène HAMP ou de l’hémojuvéline produit du gène HJV, à l’origine d’une expression anormalement basse de l’hepcidine et par conséquent d’une surcharge férique sévère.
Certaines formes sont secondaires à la mutation des deux copies du gène de l'hepcidine. La majorité des sujets atteints d'hémochromatose juvénile n'ont aucune des deux mutations C282Y et H63D du gène HFE, cependant des malades hétérozygotes pour la mutation C282Y ou pour la mutation H63D ont été identifiés.

→ hémochromatose génétique, hepcidine, hémojuvéline

[L,O1,O4]

Édit. 2015

hémochromatose génétique (mutations responsables de l') l.f.p. ]

- Hémochromatose HFE 1 : hémochromatose génétique de l’adulte

« Habituelle » ou la plus fréquente : la mutation porte sur le gène HFE en 6p21.3 Trois modifications sur la protéine sont décrites : C282Y, remplacement de la cystéine par la tyrosine en position 282, H63D, remplacement de l’histidine par l’acide aspartique en position 63 par substitution sur le chromosome d’une base cytosine par une base guanine dans l’exon 2 ; la forme S65C, remplacement de la sérine par la cystéine, est exceptionnelle. Il existe une forme composite C282Y/H63D où la surcharge en fer est faible. L’affection est autosomique récessive à pénétrance faible.
- Hémochromatose HFE 2 : hémochromatose juvénile. 
Il en existe deux formes : 2A par mutation du gène HJV (HemoJuVelin), locus en 1q21 codant pour l’hémojuvéline et 2B par mutation du gène HAMP (hepcidin antimicrobial peptide) en19q13 codant pour l’hepcidine. Ces formes autosomiques récessives sont rares.
- Hémochromatose HFE 3 : mutation du récepteur 2 de la transferrine.
Récessive, très rare, elle est due à une mutation du gène TFR 2 (Transferrin Receptor 2), locus en 7q22, codant pour le récepteur 2 de la transferrine. Ce trouble de l’absorption du fer entraîne une surcharge des tissus de l’organisme ; le phénotype clinique est proche de celui de l’hémochromatose HFE1.
- Hémochromatose HFE 4 : mutation de la ferroportine (gène SLC40A1, locus en 2q32).
Il s’agit d’une forme d’hémochromatose dont la transmission est autosomale dominante. Elle se caractérise par une accumulation de fer dans les cellules endothéliales ; biologiquement, la ferritinémie est élevée, Dans le phénotype A le fer sérique est normal ou bas, le coefficient de saturation de la transferrine (CST) est normal ou diminué. L’anémie est fréquente, majorée par les saignées. Dans le type B, l’action de la ferroportine n’est plus régulée par l’hepcidine et même en cas d’excès de fer, celui-ci est exporté hors de la cellule, le fer sérique et le CST sont élevés.
Il existe une quinzaine de mutations du gène SLC40AI (Solute Carrier family 40 member 1)
- Hémochromatose HFE 5 : mutation des chaînes H de la ferritine.
Cette forme, très rare, est à transmission dominante ; le locus du gène FTH (Ferritin Heavy chain) est en 11q12.3.

Étym. gr. haima : sang ; chrôma : couleur

Sigle HFE (High Fe)

→ hémochromatose génétique de type HFE1, ferritine, ferroportine, hémojuveline, hepcidine, transferrine

[L1,O4]

Édit. 2015

hémochromatoses primitives l.f.

primitive hemochromatosis

→ hémochromatoses génétiques, hémochromatoses juvéniles

[L1,O4]

Édit. 2015

hémodétournement n.m.

blood derivation

Dérivation du flux sanguin normal à l'intérieur de la circulation artérielle, de la circulation veineuse, ou par court-circuit artérioveineux.
Ex. un angiome, une tumeur, un phénomène physique peuvent induire un hémodétournement.

[K4]

hémodétournement pulmonaire apical l.m.

apical blood derivation

→ redistribution apicale

[K4,K1]

hémoglobine glyquée A1c l.f.

glycosylated hemoglobin

Hémoglobine provenant de la fixation sur des lysines des chaînes alpha de l'hémoglobine des molécules de glucose sérique (réaction lente, non-enzymatique et pratiquement irréversible).
Elle représente normalement 4 à 6% de l'hémoglobine adulte. Reflet de l'équilibre d'un diabète des 2 mois qui précèdent le dosage, elle est anormalement élevée si le diabète est imparfaitement équilibré. Le degré de glycation est proportionnel à la concentration intra-érythrocytaire de glucose et au temps d'exposition à cette concentration. Le dosage de l'hémoglobine glyquée constitue un bon reflet de la qualité de l’équilibre glycémique et un paramètre important de la surveillance de l'état métabolique du diabétique. Il est pris en défaut dans les situations d’hémolyse, d’anémie, de déperdition sanguine ou d’hémodilution, notamment lors de la grossesse. Il est souhaitable que sa concentration ne dépasse pas 6,5% de l’hémoglobine totale chez le sujet jeune.

Étym. gr. haima : sang ; lat. globus : boule

Syn. hémoglobine glyquée

Sigle Hb A1c

[O4]

Édit. 2017/1

hémoglobine glycosylée l.f.

glycated hemoglobin

Symb. HbA1c

→ hémoglobine A1c

[O4]

Édit. 2015

hémoglobine glyquée l.f.

glycated hemoglobin

Symb. HbA1c

→ hémoglobine A1c

[O4]

Édit. 2015

hémolymphangiome n.m.

haemolymphangioma

Lésion représentée par l'association de vésicules translucides du lymphangiome et d'éléments angiomateux rouges ou bleutés à contenu hématique.

→ lymphangiome, angiome

[K4]

hémomanomètre n.m.

h(a)emomanometer

Manomètre destiné à mesurer la pression du sang dans une artère ou une veine.

Syn. hémodynamomètre

[K4]

hémorhéologie n.f.

h(a)emorheology

Science de l'hémodynamique de la microcirculation.

[K4]

Henoch-Schönlein (purpura de) l.m.

Henoch-Schönlein’s purpura

E. H. Henoch, pédiatre allemand (1868) ; J. L. Schönlein, médecin interniste allemand, membre de l'Académie de médecine (1832)

→ purpura rhumatoïde

[M1,K4]

Édit. 2015

Henoch-Schönlein (syndrome de) l.m.

Henoch-Schönlein’s purpura

E. H. Henoch, pédiatre allemand (1868) ; J. L. Schönlein, médecin interniste allemand, membre de l'Académie de médecine (1832)

→ purpura rhumatoïde

[M1,K4]

Édit. 2015

Hensen (nœud primitif de) l.m.

Hensen’s primitiv node, Hensen's primitiv notch

Épaississement de la ligne primitive qui apparaît sur la face dorsale du disque embryonnaire didermique, vers le 17ème jour de la vie embryonnaire ou à la troisième semaine de la gastrulation, correspondant à la mise en place du troisième feuillet de l’embryon ou chordomésoblaste.
C’est à ce niveau que s’invagine le canal chordal par migration des cellules épiblastiques vers le pôle rostral de l’embryon.

V. Hensen, biologiste et zoologiste allemand (1863)

→ ligne primitive, disque embryonnaire didermique, disque embryonnaire tridermique, gastrulation, chordomésoblaste, canal chordal, épiblaste, pôle rostral de l'embryon, axes corporels embryonnaires (établissement des)

[A4,O6]

héparine n.f.

heparin

Substance anticoagulante existant particulièrement dans le foie, le poumon, les muscles et aussi dans tous les tissus à très faibles concentrations.
C’est un polyoside sulfaté formé par un enchaînement de restes alternés de glucosamines N-sulfatées et d'acides uroniques, avec l’alternance de l'acide glucuronique et de l’acide L-iduronique, et un nombre élevé de radicaux sulfuryle. Biosynthétisé par les mastocytes dans lesquels il se trouve, ainsi que dans les polynucléaires basophiles, sous forme macromoléculaire, ce glycane est hydrosoluble et très acide. Son activité biologique est neutralisée par les protéines basiques telles que les protamines. L'héparine est capable de mobiliser des enzymes attachés aux parois vasculaires, tels que la lipoprotéine lipase, la lipase hépatique et la phospholipase A1. L’héparine est utilisée comme anticoagulant pour son activité potentialisatrice de l'antithrombine due à une séquence très spécifique de cinq dérivés (séquence pentasaccharidique).
Les préparations commerciales utilisées en thérapeutique, sont extraites soit des poumons de Bœuf (Amérique du Nord), soit de la muqueuse intestinale du Porc (Asie). De cet extrait hétérogène, on sépare des glycosaminoglycanes (mucopolysaccharides) de masse moléculaire comprise entre 3 000 et 50 000 Da, formées de longues chaînes polyosidiques diversement sulfatées, constituées par la répétition de séquences disaccharidiques. Différents radicaux anioniques fixés sur ces hexoses font de l'héparine un acide fort, chargé négativement, donc capable de se lier facilement aux cations Ca2+, K+, Na+, Mg2+ et aux molécules biochimiques (albumine, fibrine, etc.) ou médicinales cationiques.
Les méthodes d'extraction, de solubilisation et de purification de l'héparine commerciale permettent de séparer les héparines de basse masse moléculaire (HBPM, moyenne 8 000 Da) de celles à haute masse moléculaire (héparine standard non fractionnée, moyenne 20 000 Da). Les HBPM, dont la pharmacocinétique est beaucoup plus favorable (biodisponibilité, durée de vie) et qui ont moins d'effets secondaires (thrombopénie), sont préférées en thérapeutique tant pour la prévention que pour les traitements des affections ou maladies thrombotiques, en particulier veineuses.
L'activité anticoagulante de l'héparine dépend essentiellement :
- du degré de polymérisation (un niveau minimal est nécessaire),
- du degré de sulfatation de chaque chaîne et de la localisation des groupements N-sulfates,
- de l'affinité des chaînes polyolosiques à se fixer sur l'antithrombine-III ce qui requiert une structure pentasaccharidique minimale.
L’héparine non fractionnée combine une activité anti-IIa et une activité anti-Xa équivalentes. Elle est injectée par voie veineuse. Sa présentation forme d’héparinate de calcium est utilisée en sous-cutanée.
Les HBPM ont une activité anti-Xa prédominante sur l’activité anti-IIa dans un rapport variable de deux à quatre en fonction des molécules. Elles sont injectées par voie sous-cutanée.
L’héparine est indiquée dans le traitement curatif des thromboses veineuses profondes, des embolies pulmonaires, des infarctus du myocarde, des angors instables et des embolies artérielles extra-cérébrales ; dans le traitement préventif des accidents thromboemboliques veineux et/ou artériels en milieu chirurgical y compris en chirurgie vasculaire artérielle, en cas d’affection médicale aigüe, en cas de cardiopathie emboligène, et dans l’anticoagulation des circuits de circulation extracorporelle et d’épuration extra-rénale.
Sa forme utilisable par voie veineuse est également indiquée en traitement curatif de certains cas de coagulopathie.
L’héparine n’exerce par elle-même aucune action fibrinolytique.
Etant donné sa charge électrique et l'importance de sa masse moléculaire, l'héparine ne traverse ni les séreuses (plèvre, péritoine, méninges), ni la barrière placentaire. De même, elle ne passe pas dans le lait maternel et ne peut pas être absorbée par le tube digestif.
L'héparine est neutralisée par la protamine (polypeptide extrait de la laitance de certains poissons)
Le traitement par HBPM peut être surveillé par l’activité anti-Xa (mesure du pic d’activité de trois à quatre heures après l’injection sous-cutanée).

J. McLean, étudiant en médecine américain, découvrit l’héparine en 1916

Étym. gr. hêpar : foie (parce qu’on a d’abord extrait l’héparine du foie)

→ anticoagulant (médicament), antithrombine III

[F4]

Édit. 2015

héparinémie n.f.

heparinaemia

Concentration d’héparine dans le sang ou dans le plasma.
Elle exprime l’activité anti-Xa ou anti-IIa induite par l’administration d’héparine.

Étym. gr. hêpar : foie ; haïma : sang

→ héparine

[F4]

Édit. 2015

héparinisation n.f.

Emploi thérapeutique de l’héparine,

Étym. gr. hêpar : foie ; haïma : sang

→ héparine

[F4]

Hermansky-Pudlak (albinisme oculocutané de) l.m.

Hermansky-Pudlak’s syndrome

F. Hermansky, médecin interniste et P. Pudlak, hématologue tchèques (1959).

Étym. lat. albus : blanc

→ albinisme avec diathèse hémorragique et cellules pigmentées réticuloendothéliales

[F4,J1,P2,Q2]

Édit. 2017

hermaphrodisme n.m.O6, , ]

hermaphroditism

Caractéristique d'un être vivant possédant des caractères sexuels primaires à la fois de type masculin et de type féminin.
Les hermaphrodites vrais ont à la fois des ovaires et des testicules, isolés ou réunis (ovotestis). Leur morphotype est ambigu, et le sexe chrosomique est soit de type masculin ou plus souvent féminin. L’hermaphrodisme est à distinguer des situations, beaucoup plus fréquentes, de pseudohermaphrodismes liées à des altérations de la production ou de la sensibilité tissulaire qui déterminent des signes d’ambiguîté sexuelle : pseudohermaphrodisme féminin si le sujet de sexe féminin possédant des ovaires subit une virilisation de l’appareil génital externe, des caractères sexuels secondaires et tertaires en raison d’une hyperandrogénie, en relation le plus souvent avec un bloc enzymatique lors des situations d’hyperplasie congénitale des surrénales ; pseudohermaprodisme masculin par exemple dans le tableau du testicule non masculinisant (improprement dénommé féminisant) par altération de la réceptivité aux androgènes normalement produit par le testicule chez un sujet caryotypiquemnt 46, XY.

Étym. Hermaphrodite : personnage de la mythologie grecque, fils d'Hermès et d'Aphrodite, porteur des attributs des deux sexes.

→ pseudohermaphrodisme, testicule féminisant, bisexualité

[Q2,O6,O4]

Édit. 2015

hernie musculaire l.f.

muscular hernia, herniated muscle

Saillie anormale du muscle à travers une fente ou un orifice de son enveloppe fibreuse aponévrotique, d'étiologie habituellement traumatique.

Étym. lat. hernia : hernie

[I4]

héroïne n.f.

heroin

Diacétylmorphine, dérivé semisynthétique de l'opium obtenu par acétylation de la morphine, doté de propriétés analgésiques et euphorisantes.
Sous forme de chlorhydrate, c'est une poudre blanche non utilisée en thérapeutique du fait des risques de toxicomanie qu'elle comporte.
Plus soluble et plus lipophile que la morphine, l'héroïne agit plus vite que celle-ci et à des doses moindres. L'effet antalgique est plus intense et de durée plus brève. Comme les autres opiacés, elle inhibe de nombreuses activités neuronales induites par des stimulus excitateurs. Elle entraîne une dépression respiratoire par atteinte directe des centres bulbaires, diminue les sécrétions digestives, augmente le tonus des voies biliaires et urinaires, ralentit le transit gastrointestinal provoque une hypotension artérielle et des syncopes. L’existence d’un myosis atteste d’une prise récente et en présence d’un coma, le myosis serré est très évocateur de cette étiologie. L'héroïne suscite une tolérance et une dépendance importante, psychologique et physique. L'administration intraveineuse provoque un "flash" qui s'atténue avec la tolérance et disparaît chez le sujet dépendant depuis plusieurs années. L'héroïne est aussi prisée ou fumée.
Les toxicomanes en recherchent les effets d'engourdissement, d'anxiolyse, de bien-être et d'euphorie.
L'héroïne a le même mode d'action que les autres morphiniques ; elle se fixe sur les récepteurs spécifiques, les récepteurs opiacés.

[G4]

héroïnisme n.m.

heroinism

Terme peu usité désignant les signes d'intoxication par l'héroïne.

[G4]

héroïnomanie n.f.

heroin addiction, heroïnomania

Toxicomanie à l'héroïne.
La voie d'administration la plus fréquente dans les pays occidentaux reste la voie intraveineuse, mais l'héroïne est de plus en plus prisée et fumée.
On considère que la dépendance s'installe après moins d'une dizaine d'auto-administrations. Une période de plaisir dite "phase de lune de miel" va suivre, puis s'estomper sous la pression des conflits avec la famille, des contraintes de la dépendance, des suspicions policières, des difficultés pécuniaires, des complications somatiques, etc. Le toxicomane est alors, paradoxalement, de plus en plus souvent en manque et de plus en plus intoxiqué.
Avec l'accès aux traitements de substitution, la désocialisation est moins marquée et les actes de délinquance moins nombreux. L'héroïnomanie demeure la toxicomanie majeure de loin la plus fréquente en Europe, contrairement aux États-Unis, où la cocaïne a supplanté l'héroïne.

→ héroïne, addiction

[G4]

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