érysipèle de la vulve l.m.
vulvar erysipelas
Localisation aux organes génitaux externes de la femme d'une atteinte aigüe des tissus cellulaires sous-cutanés par le streptocoque.
La porte d'entrée de la bactérie est une érosion de la muqueuse. Le début est brutal : fièvre élevée, frisson, malaise puis apparition d'une plaque douloureuse rouge vif, infiltrée, chaude. Traitement par antibiotiques courants et anticoagulants de type héparine.
[J1,D1,O3]
Édit. 2018
érysipéloïde n.m.
erysipeloid
Maladie infectieuse généralement professionnelle due à un bacille à Gram positif, Erysipelothrix rhusiopathiae, ubiquitaire, touchant essentiellement les personnes qui manipulent des animaux morts, surtout volailles, crustacés ou poissons, caractérisée par un placard rouge bleuté survenant dans les 24 heures qui suivent l'inoculation, à la main en général.
Ce placard devient œdémateux, extensif et guérit en règle spontanément en quelques semaines sans fièvre. Un traitement antibiotique par pénicilline ou érythromycine accélère la guérison.
W. M. Baker, chirurgien britannique (1873) ; J. Rosenbach, chirurgien allemand (1887)
Syn. erysipelothrix, maladie de Baker-Rosenbach, maladie du rouget du Porc, dermite du bacille du rouget du Porc
→ Erysipelothrix rhusiopathiae
[J1,D1,E2,D5]
Édit. 2018
exanthème subit l.m.
exanthema subitum, roseola infantum
Infection due au human herpes virus (HHV) 6, touchant le nourrisson, caractérisée par une fièvre élevée cédant brutalement après 48 heures alors qu'apparaît un exanthème pâle en pélerine du tronc et de la nuque.
Syn. sixième maladie, roséole infantile
→ HHV6
[J1]
Édit. 2018
falciformation n.f.
sickling
Transformation d'une hématie (discocyte) en drépanocyte qui résulte d'une polymérisation de l'hémoglobine en longues fibres à l'intérieur de l'hématie.
Ce changement morphologique est observé lorsqu'une hématie contenant de l'hémoglobine S est désoxygénée. Il est facilité par la fièvre, la déshydratation et l'acidose. Dans un premier temps réversible, ce phénomène induit progressivement des lésions membranaires qui, après un certain nombre de cycles, transforment la cellule en un drépanocyte irréversible. La falciformation est responsable d'accidents vasculo-occlusifs dans la microcirculation capillaire.
Étym. gr. drepanon : faux ou serpe
→ test de falciformation, drépanocytose, discocyte
[F1,Q2]
Édit. 2018
fasciite n.f.
fasciitis
Infection bactérienne étendue du derme profond, de l'hypoderme, des fascias superficiels et des tissus cellulaires sous-cutanés, secondaire à une porte d'entrée locorégionale, principalement due au streptocoque A, plus rarement à d'autres bactéries telles que staphylocoques, germes anaérobies, Haemophilus, bacilles à gram négatif.
La fasciite touche le plus souvent la jambe, compliquant le tableau d'un érysipèle qui s’aggrave du fait d'un terrain fragile, d'un streptocoque très virulent ou d'un traitement par antiinflammatoires non stéroïdiens. Les signes d'alarme sont, sur un placard d'érysipèle, l'apparition de lésions purpuriques, d'une coloration bleuâtre, d'une hypoesthésie, dans un contexte de fièvre élevée et d'altération de l'état général. L'évolution se fait vers la nécrose, c'est-à-dire une gangrène, pouvant s'étendre jusqu'au muscle. Le traitement doit comporter une exérèse chirurgicale large de tous les tissus nécrosés et une antibiothérapie parentérale du type antistreptococcique ou à plus large spectre. La mortalité reste élevée et les séquelles sont fréquentes.
Syn. cellulite nécrosante, cellulite gangréneuse, cellulite avec nécrose tissulaire, cellulite bactérienne
[J1,D2]
Édit. 2018
favisme n.m.
favism
Survenue de crises hémolytiques aigües induites par l’ingestion de fèves (Vicia faba) ou par l’inhalation de pollen de fèves observée, généralement, dans le bassin méditerranéen, chez certains patients ayant un déficit en glucose 6-phosphate-déshydrogénase.
Ces accidents aigus peuvent s’accompagner de fièvre, céphalées, douleurs abdominales, urines foncées, état de choc. Les glucosides contenus dans les fèves stimuleraient les phénomènes oxydoréducteurs érythrocytaires et réclameraient donc une plus forte activité de la G6PD pour être contrôlés. Cette génopathie est liée au chromosome X.
→ glucose-6-phosphate déshydrogénase (déficit en) ,glucose-6-phosphate déshydrogénase
[D1,J1]
Édit. 2018
fébricule n.f.
febricula
Fièvre modérée, inférieure à 38°C, de courte durée ou prolongée.
Étym. lat. febris : fièvre
[N1]
Édit. 2018
fébrifuge adj.
febrifuge
Qui fait baisser la fièvre.
Étym. lat. febris : fièvre, fugarer : chasser
Syn. antipyrétique
[N1]
Édit. 2018
fébrile adj.
febrile
Qui a rapport à la fièvre : malade fébrile.
Étym. lat. febris : fièvre
[N1]
Édit. 2018
fièvre aseptique l.f.
aseptic fever
Fièvre observée en l’absence d’infection.
[N1]
Édit. 2018
fièvre bilioseptique l.f.
bilious fever
Infection des voies biliaires à l’origine d’une fièvre intermittente ou rénitente.
A. Chauffard, médecin français, membre de l’Académie nationale de médecine (1855-1932)
Syn. fièvre biliaire intermittente
[D1,L1]
Édit. 2018
fièvre boutonneuse des îles Flinders l.f.
Flinders Islands spotted fever, Thai tick typhus
Rickettsiose éruptive due à Rickettsia honei, observée dans les îles Flinders, en Australie ainsi qu'en Asie du sud-est (Thaïlande, Népal).
La maladie est parfois sévère ; elle associe une escarre d'inoculation, une fièvre élevée, des céphalées, des myalgies et arthralgies, des adénopathies, un rash maculopapuleux parfois purpurique. Une thrombopénie est parfois observée. Cette rickettsiose s'observe principalement en été (décembre, janvier) dans les îles Flinders (au sud de l'Australie), en Tasmanie, en Australie même ainsi qu'en Thaïlande et au Népal. Le vecteur semble être, dans le sud de l'Australie, la tique Aponomma hydrosauri qui constitue également le réservoir du germe ; dans l'est de l'Australie, il pourrait s'agir d'un Haemaphysalis et en Thaïlande d'un Ixodes.
Syn. typhus à tiques de Tasmanie, typhus à tiques de Thaïlande
[D1,D4]
Édit. 2018
fièvre boutonneuse d'Extrême-Orient l.f.
far-eastern spotted fever
Rickettsiose transmise par tiques, répandue en Sibérie orientale, en Chine du nord (notamment en Mongolie) et au Japon.
Cette maladie, due à Rickettsia heilongjiangensis, se traduit par une escarre d'inoculation ("tache noire"), une fièvre et un rash généralisé. Elle survient en été. Les vecteurs en seraient des tiques Haemaphysalis concinna et Dermacentor sylvarum.
→ Rickettsia heilongjiangensis
[D1,D4]
Édit. 2018
fièvre boutonneuse méditerranéenne l.f.
mediterranean spotted fever, boutonneuse fever
Maladie infectieuse, due à Rickettsia conorii, transmise par des tiques de Chiens et de rongeurs, endémique dans le bassin méditerranéen, en Afrique et au Moyen-Orient, associant, après une incubation d'une semaine, une escarre d'inoculation ou tache noire, une fièvre élevée et un exanthème papuleux.
La forme classique est endémique dans le bassin méditerranéen. La transmission a lieu en été, en zone péri-urbaine, grâce aux larves et aux nymphes de la tique du Chien Rhipicephalus sanguineus. Des atteintes viscérales (hépatique, méningée, cardiovasculaire, rétiniennes) sont rares et responsables de la létalité qui est d'environ 2%. Le plus souvent, l'évolution est favorable en quelques jours sous antibiothérapie initiée précocement (cyclines ou fluoroquinolones). Sous des formes légèrement différentes, la maladie existe aussi en Afrique, au Moyen-Orient et dans le sous-continent indien. Cette rickettsiose touche également des animaux (Chiens).
A. Carducci, médecin interniste italien (1920)
Syn. fièvre de Marseille, fièvre du Kenya, maladie de Carducci
→ Rickettsia conorii, fièvre boutonneuse indienne, fièvre boutonneuse d'Astrakhan, fièvre boutonneuse d'Israël
[D1,D4]
Édit. 2018
fièvre boutonneuse japonaise l.f.
japanese spotted fever
Rickettsiose éruptive sévissant au Japon, due à Rickettsia japonica et transmise par différentes espèces de tiques.
Cette rickettsiose est surtout observée d'avril à octobre dans le sud-ouest et le centre du Japon ; elle semble exister également en Thaïlande et en Corée du sud. Elle associe une escarre d'inoculation avec adénopathie satellite, une fièvre élevée, des céphalées et une éruption maculopapuleuse.
Syn. fièvre boutonneuse orientale
[D1,D4]
Édit. 2018
fièvre catarrhale ovine l.f.
blue tongue
Maladie animale due à un virus à ARN du genre Orbivirus (famille des Reoviridae) transmis par des Culicoides, atteignant surtout les ovins.
Chez les ruminants, le virus infecte les cellules endothéliales vasculaires, les macrophages et les cellules dendritiques, entraînant des thromboses vasculaires et des nécroses ischémiques des tissus. La maladie est rarement observée et généralement bénigne chez les caprins et les bovins ; le mouton est l'animal le plus fréquemment atteint et le plus sensible. Chez ce dernier, après une incubation de 2 à 6 jours, sont observés, en cas de forme aiguë sévère : fièvre, anorexie, phénomènes congestifs et hémorragiques des muqueuses buccales évoluant vers l'ulcération, cyanose de la langue, pétéchies cutanées, perte de la laine, myosite dégénérative, complications pulmonaires ou digestives et, finalement, un taux de mortalité élevé. Il existe toutefois des formes légères et l'infection peut même parfois demeurer inapparente.
Ce virus infecte, de manière asymptomatique, de nombreux animaux sauvages.
Limité à l'Afrique sub-saharienne jusqu'en 1943, il et est aujourd'hui présent dans le monde entier entre 50° N et 40° S: Afrique, Moyen-Orient, bassin méditerranéen, Asie, Amériques, Australie. L'Europe fut autrefois (dans les années 1950) temporairement touchée par cette arbovirose qui s'y est à nouveau implantée sous forme enzootique à partir de 1999.
On connaît quelques 25 sérotypes viraux. Tous sont transmis par des Diptères Cératopogonides du genre Culicoides, en particulier C. imicola dans l'Europe méditerranéenne, C. obsoletus en Europe du Nord. Des vaccins vivants atténués ou inactivés sont disponibles contre certains sérotypes ; des vaccins recombinants sont à l'étude.
Syn. blue tongue, maladie de la langue bleue
[D1,D5]
Édit. 2018
fièvre charbonneuse l.f.
Fièvre secondaire l’infection par Bacillus anthracis, ou bactéridie charbonneuse.
→ charbon
[D1]
Édit. 2018
fièvre de croissance l.f.
febrile growing pains
Fièvre algique de l’adolescent, concomitante d’une phase de croissance rapide. (Dénomination historique)
G. Bouilly, médecin français (1881)
fièvre de Katayama l.f.
Katayama fever
Manifestations cliniques fébriles de la phase d’invasion d’une schistosomose orientale à S. japonicum, pouvant comporter des céphalées ou une hépatite aigüe, associées à une hyperéosinophilie sanguine.
Cette fièvre est inconstante, la plupart des patients infectés restant pauci ou asymptomatiques jusqu’à l’apparition des signes cliniques qui traduisent le passage à la chronicité de cette parasitose.
→ schistosomose, Schistosoma japonicum
[D1,D2,F1,L1]
Édit. 2018
fièvre de la Oroya l.f.
Oroya fever
Maladie infectieuse s’observant au Pérou et provoquée par Bartonella bacilliformis.
Cette bactérie à Gram négatif, de la famille des Bartonellaceae, est transmise à l’homme par un phlébotome. La fièvre de La Oroya, au cours de laquelle la bactérie colonise les érythrocytes, se traduit par une anémie hémolytique fébrile accompagnée d'ictère et d'hépatosplénomégalie, dont la mortalité est élevée en l’absence de traitement antibiotique (tétracyclines, macrolides). Plusieurs semaines ou mois après cette maladie, peuvent se développer des lésions verruqueuses cutanées (verruga peruana ou peruviana).
D. A. Carrión (1850-1885), étudiant en médecine péruvien, s'inocula un broyat de verruga et mourut de la forme septicémique de la maladie (dite aussi maladie de Carrión)
Étym. La Oroya : ville du Pérou
Syn. Carrión (maladie de)
[D1]
Édit. 2018
fièvre du lundi l.f.
monday fever, sick building fever
Syndrome caractérisé par des signes cliniques d'une certaine banalité, fièvre, sensation de malaise, d'oppression thoracique avec toux.
Il devient significatif lorsqu'il atteint plusieurs personnes et survient le même jour, souvent le lundi, sur le même lieu de travail. Il coïncide en général avec la remise en route des systèmes de climatisation lors de la reprise du travail après un jour d'arrêt.
La cause n'a pas été formellement identifiée, mais il s'agit probablement d'une dissémination d'endotoxines bactériennes résultant de la prolifération des bactéries (légionnelles, notamment) dans les gaines de ventilation en raison de la sédimentation de substances organiques.
[D1,N1]
Édit. 2018
fièvre erratique l.f.
erratic fever
Fièvre survenant à intervalles irréguliers.
[N1]
Édit. 2018
fièvre familiale méditerranéenne l.f.
mediterranean familial fever
Maladie caractérisée par des crises fébriles brèves accompagnées de douleurs abdominales, thoraciques et articulaires, se compliquant secondairement d’amylose rénale.
La maladie débute par un amaigrissement important, une fièvre épisodique, avec des douleurs articulaires, des douleurs dans la poitrine et l'abdomen puis un érythème de type érysipèle. Après de nombreuses crises, une augmentation de la vitesse de sédimentation et une néphrose s’installent. Il existe plusieurs variétés, certaines avec orchite et syndrome méningé. Au fond d'œil on trouve des taches bleu-porcelaine et des drusen disséminés.
L’association à la maladie périodique d’une amylose de type AA, ayant la même distribution que l’amylose secondaire, est surtout fréquente chez les Juifs sépharades ; elle a une évolution spontanément mortelle.
La maladie est endémique dans certaines populations (Arméniens, Libanais, Juifs Sépharades ou Ashkénases, Turcs). Locus du gène (MEF) en 16p13. L’affection est autosomique récessive (MIM 249100). Il existe une forme dominante de l'affection (MIM 134610). Le gène (MEFV) responsable de la maladie périodique est localisé sur le bras court du chromosome 16; il code pour une protéine appelée marenostrine par les auteurs français et pyrine par les auteurs israëliens.
Syn. MEF, FMF, polysérite récurrente, polysérite familiale paroxystique, amyloïdose primitive familiale néphropathique, amyloïdose méditerranéenne avec atteinte rénale, maladie périodique
[N1,Q2]
Édit. 2018
fièvre fluviale du Japon l.f.
tsutsugamushi
Maladie infectieuse due à Orientia tsutsugamushi, transmise à l’Homme par la morsure de larves d’acariens.
Elle se manifeste par un état fébrile, une éruption cutanée maculeuse généralisée, une polyadénopathie, des signes digestifs (diarrhée), des troubles de la conscience. Son pronostic est grave en l’absence de traitement (tétracyclines). Le réservoir de germes est constitué de divers acariens. La fièvre fluviale du Japon s’observe en Asie du Sud-Est.
Syn. fièvre des broussailles, typhus des broussailles, scrub typhus
[D1,D2]
Édit. 2018
fièvre folle l.f.
crazy fever
Fièvre anarchique, très irrégulière, obligeant parfois à mesurer la température du malade toutes les trois heures et qui, avec la pancytopénie et la splénomégalie, est l’un des symptômes cardinaux de la leishmaniose viscérale (kala azar) à la période d’état.
→ leishmaniose, leishmaniose viscérale, kala azar, Leishmania, Leishmania donovani, pancytopénie
[D1]
Édit. 2019