Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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érysipèle de la vulve l.m.

vulvar erysipelas

Localisation aux organes génitaux externes de la femme d'une atteinte aigüe des tissus cellulaires sous-cutanés par le streptocoque.
La porte d'entrée de la bactérie est une érosion de la muqueuse. Le début est brutal : fièvre élevée, frisson, malaise puis apparition d'une plaque douloureuse rouge vif, infiltrée, chaude. Traitement par antibiotiques courants et anticoagulants de type héparine.

[J1,D1,O3]

Édit. 2018 

érysipéloïde n.m.

erysipeloid

Maladie infectieuse généralement professionnelle due à un bacille à Gram positif, Erysipelothrix rhusiopathiae, ubiquitaire, touchant essentiellement les personnes qui manipulent des animaux morts, surtout volailles, crustacés ou poissons, caractérisée par un placard rouge bleuté survenant dans les 24 heures qui suivent l'inoculation, à la main en général.
Ce placard devient œdémateux, extensif et guérit en règle spontanément en quelques semaines sans fièvre. Un traitement antibiotique par pénicilline ou érythromycine accélère la guérison.

W. M. Baker, chirurgien britannique (1873) ; J. Rosenbach, chirurgien allemand (1887)

Syn. erysipelothrix, maladie de Baker-Rosenbach, maladie du rouget du Porc, dermite du bacille du rouget du Porc

Erysipelothrix rhusiopathiae

[J1,D1,E2,D5]

Édit. 2018 

exanthème subit l.m.

exanthema subitum, roseola infantum

Infection due au human herpes virus (HHV) 6, touchant le nourrisson, caractérisée par une fièvre élevée cédant brutalement après 48 heures alors qu'apparaît un exanthème pâle en pélerine du tronc et de la nuque.

Syn. sixième maladie, roséole infantile

HHV6

[J1]

Édit. 2018  

falciformation n.f.

sickling

Transformation d'une hématie (discocyte) en drépanocyte qui résulte d'une polymérisation de l'hémoglobine en longues fibres à l'intérieur de l'hématie.
Ce changement morphologique est observé lorsqu'une hématie contenant de l'hémoglobine S est désoxygénée. Il est facilité par la fièvre, la déshydratation et l'acidose. Dans un premier temps réversible, ce phénomène induit progressivement des lésions membranaires qui, après un certain nombre de cycles, transforment la cellule en un drépanocyte irréversible. La falciformation est responsable d'accidents vasculo-occlusifs dans la microcirculation capillaire.

Étym. gr. drepanon : faux ou serpe

test de falciformation, drépanocytose, discocyte

[F1,Q2]

Édit. 2018

fasciite n.f.

fasciitis

Infection bactérienne étendue du derme profond, de l'hypoderme, des fascias superficiels et des tissus cellulaires sous-cutanés, secondaire à une porte d'entrée locorégionale, principalement due au streptocoque A, plus rarement à d'autres bactéries telles que staphylocoques, germes anaérobies, Haemophilus, bacilles à gram négatif.
La fasciite touche le plus souvent la jambe, compliquant le tableau d'un érysipèle qui s’aggrave du fait d'un terrain fragile, d'un streptocoque très virulent ou d'un traitement par antiinflammatoires non stéroïdiens. Les signes d'alarme sont, sur un placard d'érysipèle, l'apparition de lésions purpuriques, d'une coloration bleuâtre, d'une hypoesthésie, dans un contexte de fièvre élevée et d'altération de l'état général. L'évolution se fait vers la nécrose, c'est-à-dire une gangrène, pouvant s'étendre jusqu'au muscle. Le traitement doit comporter une exérèse chirurgicale large de tous les tissus nécrosés et une antibiothérapie parentérale du type antistreptococcique ou à plus large spectre. La mortalité reste élevée et les séquelles sont fréquentes.

Syn. cellulite nécrosante, cellulite gangréneuse, cellulite avec nécrose tissulaire, cellulite bactérienne

[J1,D2]

Édit. 2018

favisme n.m.

favism

Survenue de crises hémolytiques aigües induites par l’ingestion de fèves (Vicia faba) ou par l’inhalation de pollen de fèves observée, généralement, dans le bassin méditerranéen, chez certains patients ayant un déficit en glucose 6-phosphate-déshydrogénase.
Ces accidents aigus peuvent s’accompagner de fièvre, céphalées, douleurs abdominales, urines foncées, état de choc. Les glucosides contenus dans les fèves stimuleraient les phénomènes oxydoréducteurs érythrocytaires et réclameraient donc une plus forte activité de la G6PD pour être contrôlés. Cette génopathie est liée au chromosome X.

glucose-6-phosphate déshydrogénase (déficit en) ,glucose-6-phosphate déshydrogénase

[D1,J1]

Édit. 2018

fébricule n.f.

febricula

Fièvre modérée, inférieure à 38°C, de courte durée ou prolongée.

Étym. lat. febris : fièvre 

[N1]

Édit. 2018 

fébrifuge adj.

febrifuge

Qui fait baisser la fièvre.

Étym. lat. febris : fièvre, fugarer : chasser 

Syn. antipyrétique

[N1]

Édit. 2018 

fébrile adj.

febrile   

Qui a rapport à la fièvre : malade fébrile.

Étym. lat. febris : fièvre

[N1]

Édit. 2018 

fièvre aseptique l.f.

aseptic fever

Fièvre observée en l’absence d’infection.

[N1]

Édit. 2018

fièvre bilioseptique l.f.

bilious fever

Infection des voies biliaires à l’origine d’une fièvre intermittente ou rénitente.

A. Chauffard, médecin français, membre de l’Académie nationale de médecine (1855-1932)

Syn. fièvre biliaire intermittente

[D1,L1]

Édit. 2018

fièvre boutonneuse des îles Flinders l.f. 

Flinders Islands spotted fever, Thai tick typhus

Rickettsiose éruptive due à Rickettsia honei, observée dans les îles Flinders, en Australie ainsi qu'en Asie du sud-est (Thaïlande, Népal).
La maladie est parfois sévère ; elle associe une escarre d'inoculation, une fièvre élevée, des céphalées, des myalgies et arthralgies, des adénopathies, un rash maculopapuleux parfois purpurique. Une thrombopénie est parfois observée. Cette rickettsiose s'observe principalement en été (décembre, janvier) dans les îles Flinders (au sud de l'Australie), en Tasmanie, en Australie même ainsi qu'en Thaïlande et au Népal. Le vecteur semble être, dans le sud de l'Australie, la tique Aponomma hydrosauri qui constitue également le réservoir du germe ; dans l'est de l'Australie, il pourrait s'agir d'un Haemaphysalis et en Thaïlande d'un Ixodes.

Syn. typhus à tiques de Tasmanie, typhus à tiques de Thaïlande

Rickettsia honei

[D1,D4]

Édit. 2018

fièvre boutonneuse d'Extrême-Orient   l.f.  

far-eastern spotted fever

Rickettsiose transmise par tiques, répandue en Sibérie orientale, en Chine du nord (notamment en Mongolie) et au Japon.
Cette maladie, due à Rickettsia heilongjiangensis, se traduit par une escarre d'inoculation ("tache noire"), une fièvre et un rash généralisé. Elle survient en été. Les vecteurs en seraient des tiques Haemaphysalis concinna et Dermacentor sylvarum.

Rickettsia heilongjiangensis

[D1,D4]

Édit. 2018

fièvre boutonneuse méditerranéenne l.f.

mediterranean spotted fever, boutonneuse fever

Maladie infectieuse, due à Rickettsia conorii, transmise par des tiques de Chiens et de rongeurs, endémique dans le bassin méditerranéen, en Afrique et au Moyen-Orient, associant, après une incubation d'une semaine, une escarre d'inoculation ou tache noire, une fièvre élevée et un exanthème papuleux.
La forme classique est endémique dans le bassin méditerranéen. La transmission a lieu en été, en zone péri-urbaine, grâce aux larves et aux nymphes de la tique du Chien Rhipicephalus sanguineus. Des atteintes viscérales (hépatique, méningée, cardiovasculaire, rétiniennes) sont rares et responsables de la létalité qui est d'environ 2%. Le plus souvent, l'évolution est favorable en quelques jours sous antibiothérapie initiée précocement (cyclines ou fluoroquinolones). Sous des formes légèrement différentes, la maladie existe aussi en Afrique, au Moyen-Orient et dans le sous-continent indien.  Cette rickettsiose touche également des animaux (Chiens).

A. Carducci, médecin interniste italien (1920)

Syn. fièvre de Marseille, fièvre du Kenya, maladie de Carducci

Rickettsia conorii, fièvre boutonneuse indienne, fièvre boutonneuse d'Astrakhan, fièvre boutonneuse d'Israël

[D1,D4]

Édit. 2018

fièvre boutonneuse japonaise   l.f.  

japanese spotted fever

Rickettsiose éruptive sévissant au Japon, due à Rickettsia japonica et transmise par différentes espèces de tiques.
Cette rickettsiose est surtout observée d'avril à octobre dans le sud-ouest et le centre du Japon ; elle semble exister également en Thaïlande et en Corée du sud.  Elle associe une escarre d'inoculation avec adénopathie satellite, une fièvre élevée, des céphalées et une éruption maculopapuleuse.

Syn. fièvre boutonneuse orientale

Rickettsia japonica

[D1,D4]

Édit. 2018

fièvre catarrhale ovine l.f.

blue tongue

Maladie animale due à un virus à ARN du genre Orbivirus (famille des Reoviridae) transmis par des Culicoides, atteignant surtout les ovins.
Chez les ruminants, le virus infecte les cellules endothéliales vasculaires, les macrophages et les cellules dendritiques, entraînant des thromboses vasculaires et des nécroses ischémiques des tissus. La maladie est rarement observée et généralement bénigne chez les caprins et les bovins ; le mouton est l'animal le plus fréquemment atteint et le plus sensible. Chez ce dernier, après une incubation de 2 à 6 jours, sont observés, en cas de forme aiguë sévère : fièvre, anorexie, phénomènes congestifs et hémorragiques des muqueuses buccales évoluant vers l'ulcération, cyanose de la langue, pétéchies cutanées, perte de la laine, myosite dégénérative, complications pulmonaires ou digestives et, finalement, un taux de mortalité élevé. Il existe toutefois des formes légères et l'infection peut même parfois demeurer inapparente.
Ce virus infecte, de manière asymptomatique, de nombreux animaux sauvages.
Limité à l'Afrique sub-saharienne jusqu'en 1943, il et est aujourd'hui présent dans le monde entier entre 50° N et 40° S: Afrique, Moyen-Orient, bassin méditerranéen, Asie, Amériques, Australie. L'Europe fut autrefois (dans les années 1950) temporairement touchée par cette arbovirose qui s'y est à nouveau implantée sous forme enzootique à partir de 1999.
On connaît quelques 25 sérotypes viraux. Tous sont transmis par des Diptères Cératopogonides du genre Culicoides, en particulier C. imicola dans l'Europe méditerranéenne, C. obsoletus en Europe du Nord. Des vaccins vivants atténués ou inactivés sont disponibles contre certains sérotypes ; des vaccins recombinants sont à l'étude.

Syn. blue tongue, maladie de la langue bleue

Orbivirus, Culicoides

[D1,D5]

Édit. 2018

fièvre charbonneuse l.f.

Fièvre secondaire l’infection par Bacillus anthracis, ou bactéridie charbonneuse.

charbon

[D1]

Édit. 2018

fièvre de croissance l.f.

febrile growing pains

Fièvre algique de l’adolescent, concomitante d’une phase de croissance rapide. (Dénomination historique)


G. Bouilly, médecin français (1881)

fièvre de Katayama l.f.

Katayama fever

Manifestations cliniques fébriles de la phase d’invasion d’une schistosomose orientale à S. japonicum, pouvant comporter des céphalées ou une hépatite aigüe, associées à une hyperéosinophilie sanguine.
Cette fièvre est inconstante, la plupart des patients infectés restant pauci ou asymptomatiques jusqu’à l’apparition des signes cliniques qui traduisent le passage à la chronicité de cette parasitose.

schistosomose, Schistosoma japonicum 

[D1,D2,F1,L1]

Édit. 2018

fièvre de la Oroya l.f.

Oroya fever

Maladie infectieuse s’observant au Pérou et provoquée par Bartonella bacilliformis.
Cette bactérie à Gram négatif, de la famille des Bartonellaceae, est transmise à l’homme par un phlébotome. La fièvre de La Oroya, au cours de laquelle la bactérie colonise les érythrocytes, se traduit par une anémie hémolytique fébrile accompagnée d'ictère et d'hépatosplénomégalie, dont la mortalité est élevée en l’absence de traitement antibiotique (tétracyclines, macrolides). Plusieurs semaines ou mois après cette maladie, peuvent se développer des lésions verruqueuses cutanées (verruga peruana ou peruviana).

D. A. Carrión (1850-1885), étudiant en médecine péruvien, s'inocula un broyat de verruga et mourut de la forme septicémique de la maladie (dite aussi maladie de Carrión)

Étym. La Oroya : ville du Pérou

Syn. Carrión (maladie de)

verruga péruvienne

[D1]

Édit. 2018

fièvre du lundi l.f.

monday fever, sick building fever

Syndrome caractérisé par des signes cliniques d'une certaine banalité, fièvre, sensation de malaise, d'oppression thoracique avec toux.
Il devient significatif lorsqu'il atteint plusieurs personnes et survient le même jour, souvent le lundi, sur le même lieu de travail. Il coïncide en général avec la remise en route des systèmes de climatisation lors de la reprise du travail après un jour d'arrêt.
La cause n'a pas été formellement identifiée, mais il s'agit probablement d'une dissémination d'endotoxines bactériennes résultant de la prolifération des bactéries (légionnelles, notamment) dans les gaines de ventilation en raison de la sédimentation de substances organiques.

[D1,N1]

Édit. 2018

fièvre erratique l.f.

erratic fever

Fièvre survenant à intervalles irréguliers.

[N1]

Édit. 2018

fièvre familiale méditerranéenne l.f.

mediterranean familial fever

Maladie caractérisée par des crises fébriles brèves accompagnées de douleurs abdominales, thoraciques et articulaires, se compliquant secondairement d’amylose rénale.
La maladie débute par un amaigrissement important, une fièvre épisodique, avec des douleurs articulaires, des douleurs dans la poitrine et l'abdomen puis un érythème de type érysipèle. Après de nombreuses crises, une augmentation de la vitesse de sédimentation et une néphrose s’installent. Il existe plusieurs variétés, certaines avec orchite et syndrome méningé. Au fond d'œil on trouve des taches bleu-porcelaine et des drusen disséminés.
L’association à la maladie périodique d’une amylose de type AA, ayant la même distribution que l’amylose secondaire, est surtout fréquente chez les Juifs sépharades ; elle a une évolution spontanément mortelle.
La maladie est endémique dans certaines populations (Arméniens, Libanais, Juifs Sépharades ou Ashkénases, Turcs). Locus du gène (MEF) en 16p13. L’affection est autosomique récessive (MIM 249100). Il existe une forme dominante de l'affection (MIM 134610). Le gène (MEFV) responsable de la maladie périodique est localisé sur le bras court du chromosome 16; il code pour une protéine appelée marenostrine par les auteurs français et pyrine par les auteurs israëliens.

Syn. MEF, FMF, polysérite récurrente, polysérite familiale paroxystique, amyloïdose primitive familiale néphropathique, amyloïdose méditerranéenne avec atteinte rénale, maladie périodique

[N1,Q2]

Édit. 2018

fièvre fluviale du Japon l.f.

tsutsugamushi

Maladie infectieuse due à Orientia tsutsugamushi, transmise à l’Homme par la morsure de larves d’acariens.
Elle se manifeste par un état fébrile, une éruption cutanée maculeuse généralisée, une polyadénopathie, des signes digestifs (diarrhée), des troubles de la conscience. Son pronostic est grave en l’absence de traitement (tétracyclines). Le réservoir de germes est constitué de divers acariens. La fièvre fluviale du Japon s’observe en Asie du Sud-Est.

Syn. fièvre des broussailles, typhus des broussailles, scrub typhus

[D1,D2]

Édit. 2018

fièvre folle l.f.

crazy fever

Fièvre anarchique, très irrégulière, obligeant parfois à mesurer la température du malade toutes les trois heures et qui, avec la pancytopénie et la splénomégalie, est l’un des symptômes cardinaux de la leishmaniose viscérale (kala azar) à la période d’état.

leishmaniose, leishmaniose viscérale, kala azar, Leishmania, Leishmania donovani, pancytopénie

[D1]

Édit. 2019

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