Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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alcoolisme chronique l.m.

chronic alcoholism

→ alcoolopathie, alcoolopathie et anesthésie

[E1,G3,G4]

Édit. 2017 

alcoolisme chronique (indicateurs biologiques de l') l.m.p.

biological indicators of chronic alcoholism

Détection d'une alcoolisation individuelle "à risque" qui repose sur le dosage d'enzymes ou d'autres paramètres sanguins.
Ce sont essentiellement :
- la gamma-glutamyl-transpeptidase (γ GT), enzyme participant au transport transmembranaire d'aminoacides -dont le gamma-glutamyl- depuis un peptide jusqu'à un accepteur. En France, les valeurs normales admises sont inférieures ou égales à 28 UI/L. chez la femme et à 38 UI/L. chez l'homme ;
- le volume globulaire moyen des hématies, normalement compris entre 85 et 95µ3, et qui reste un des meilleurs moyens de détection sous réserve d'un constat de la macrocytose moins de trois heures après le prélèvement.
Sont également utilisés : les variations du taux sérique de la delta-aminolévulinate-déshydratase, de l'alpha-1-déshydratase, de la désialotransferrine, du glutamate-déshydrogénase, et le rapport des taux sériques d'immunoglobuline A et de transferrine (IGA/Tf).
La spécificité de la γGT est de 0.80 et sa sensibilité de 0.85. Le contexte clinique reste donc important à prendre en compte.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

→ gamma-glutamyl-transférase

[C1,E1,G3,G4]

Édit. 2017 

alcoolisme fœtal l.m.

fetal alcohol Syndrome

Ensemble des malformations dues à l'action exercée par l'éthanol ingéré par la mère sur le produit de la conception pendant la grossesse.
Au cours des premiers mois de la vie intra-utérine, il s'agit de malformation (embryopathie) et, au-delà, de l'atteinte d'un organe déjà formé (fœtopathie).
Le risque est important chez les mères grandes consommatrices, surtout celles dont l'équilibre enzymatique serait déficient. Mais il n'existe pas de seuil d'alcoolisation au-dessous duquel le risque serait nul. La fréquence serait de 3 p.100 des naissances environ.
Éléments du syndrome : nanisme, microcéphalie avec front bombé et face étroite, philtrum peu développé, rétrognathisme, lèvre supérieure mince, hypoplasie mandibulaire, clinodactylie du 5ème doigt, raideur articulaire, hypospadias, cryptorchidie, anomalies cardiaques (tétralogie de Fallot), hypoplasie de l’artère pulmonaire, canal ventriculaire… Il peut s’y ajouter des lésions plus sévères (agénésie du corps calleux et spina bifida). Les fentes palpébrales peuvent présenter un aspect antimongoloïde et peuvent exister un blépharophimosis, un télécanthus, un épicanthus, un strabisme, une microphtalmie, une dysgénésie du segment antérieur et une hypoplasie de la papille.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[G3,G4,O6]

Édit. 2017 

alcoolite n.f.

alcoholitis

Variété d'alcoolopathie avec dépendance à l'éthanol (P. Fouquet).
L'alcoolite recouvre l'alcoolisme socioprofessionnel d'habitude des pays viticoles, avec consommation régulière de vin - plus accessoirement de bière - depuis l'adolescence, sans ivresse ni culpabilité.
L'arrêt spontané est possible au début de la sénescence. Dans les autres cas, c'est soit une lente apparition de complications hépatiques et digestives et/ou neurologiques, soit, brutale, d'une psychose alcoolique aigüe. Sur le psychique, la tendance à la jalousie peut s'accentuer, comme les rationalisations et l'apsychognosie tardives. L'évolution peut également se faire vers l'alcoolose.

P. Fouquet, médecin français (1956)

Étym. arabe, al -cohol : liquide distillé

→ alcoolopathie, éthanol, alcoolisme, psychose alcoolique aigüe et subaigüe, apsychognosie, alcoolose

[ G4, H3 ]

Édit. 2019

alcoolodépendance n.f.

alcohol dependence, alcoholaddiction

Sujétion à la prise de boissons contenant de l'éthanol, dont la suppression a pour conséquence l'apparition d'un malaise psychique, de troubles physiques, ou des deux à la fois.
La distinction schématique entre "dépendance physique", attestée par un syndrome de sevrage en cas d'arrêt de la consommation, et "psychique", désir irrépressible de boire qui s'exacerbe sans apparition d'un syndrome de sevrage lorsque cesse l'ingestion d'éthanol, est de plus en plus controversée, faute de critères objectifs à l'appui du diagnostic d'alcoolo- dépendance. De fait, chez le consommateur à risque, l'évolution ne se fait pas toujours de façon régulière et progressive vers la dépendance.
La notion de dépendance est actuellement au centre des discussions et des recherches. Les hypothèses physiopathologiques récentes mettent l'accent sur les modifications des neuromédiateurs et des membranes cellulaires.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[E1,G3,G4 ]

Édit. 2017 

alcoologie n.f.

alcohology

« Discipline consacrée à tout ce qui a trait dans le monde à la relation de l'homme à l'éthanol : production, conservation, distribution, consommation, avec les implications de ce phénomène, soit au niveau collectif, national et international, social, économique, soit au niveau individuel, spirituel, psychologique et somatique ».
Cette discipline utilise les outils de connaissance des principales sciences humaines, économiques, juridiques et médicales" (P. Fouquet, médecin français, 1967). Elle fait l'objet d'enseignements universitaires et de formations dispensées par des organismes reconnus au titre de la formation continue. Le concept actuel, centré sur l'objet alcool, a conduit à la création de la Société française d'alcoologie en 1978.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[E1,G3,G4]

Édit. 2017 

alcoologue n.m.

alcohologist

Spécialiste de l’alcoologie.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[E1,G3,G4 ]

Édit. 2017 

alcoolopathie n.f.

alcoholopathy

Terme préféré par l'Organisation mondiale de la santé à celui d'«alcoolisme chronique» car il met mieux en valeur l'atteinte variable des différents organes, seule celle de l'appareil digestif est constante et retentit sur tout l'organisme.
1) Appareil digestif : l'absorption abusive et fréquente de boissons alcooliques cause l'inflammation de l'œsophage, de l'estomac et de la partie haute de l'intestin grêle. Il en résulte des saignements gastro-intestinaux parfois importants avec un risque de déchirure de la paroi de l'estomac en cas d'efforts violents de vomissement.
L'inflammation du tube digestif entraîne une exsudation de plasma, d'où des diarrhées, causes fréquentes d'un déséquilibre hydro-électrolytique.
Dans le tube digestif, l'absorption de l'éthanol entre en compétition avec celle des vitamines hydrosolubles (surtout la vitamine B1 et les folates qui jouent un rôle important dans le fonctionnement neuronal). Il en résulte une réduction des réserves vitaminiques. Comme le métabolisme du glucose fait appel à la vitamine B1, il est dangereux de perfuser une solution glucosée sans l'enrichir en vitamine B1. Sinon on risque de hâter l'évolution vers un syndrome de Wernike, qui se manifeste par une ataxie, des troubles de la mémoire et oculaires (paralysie des deux nerfs pathétiques, n. abducens, d'où paralysie de l'abduction, diplopie horizontale et strabisme interne).
L'absorption digestive de l'alcool, l'amène directement dans le foie où il devient un combustible de choix pour les hépatocytes, ce qui augmente la consommation d'O2, accroît le stock de NADH (nicotinamide adénine dinucléotide) et réduit la néoglycogénèse, d'où diminution de la production de glucose et augmentation de celle d'acide lactique. Ce dernier freine l'oxydation des acides gras par le cycle de Krebs, il en résulte une accumulation de graisse dans les hépatocytes et cela enclenche le processus de cirrhose alcoolique.
Enfin une atteinte pancréatique est fréquente.
2) Système nerveux : la diminution des réserves vitaminiques, aggravée par une malnutrition fréquente, entraîne la dégénérescence des cellules nerveuses :
- 5 à 15% des patients présentent des neuropathies périphériques ;
- l'encéphale est fréquemment atteint (troubles de l'humeur, de la mémoire, trouble de l'équilibre, etc.) évoluant vers le syndrome de Wernike.
3) Atteintes métaboliques et endocrines : l'abaissement de la production de testostérone amène des atrophies testiculaires et de même on voit des aménorrhées chez la femme.
Le métabolisme de la pyridoxine peut être perturbé par la carence en folates et la malnutrition. Il en résulte des troubles de l'hématopoïèse pouvant se manifester par une anémie sidéroblastique. Si non, on constate généralement une augmentation du volume des hématies.
L'augmentation de la cortisolémie favorise une légère hyperhydratation cellulaire. On note souvent une légère diminution de la teneur en thyroxine sérique (T4) et une plus marquée de la triiodothyroxine (T3).
4) Muscles et os : l'altération du métabolisme du calcium favorise les fractures osseuses et l'ostéonécrose de la tête du fémur.
Les perturbations métaboliques amènent une élévation du taux de la créatine-phospho-kinase alcoolique qui retentit sur le muscle et peuvent conduire à une atrophie. Des douleurs musculaires spontanées, surtout à la palpation, sont fréquentes chez les alcooliques.
5) Appareil circulatoire : l'atteinte musculaire n'épargne pas le myocarde, on peut observer une cardiopathie à bas débit.
6) Appareil respiratoire : la malnutrition, un tabagisme fréquent et les conditions de vie précaires des alcooliques favorisent les bronchopathies.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; gr. pathê : maladie

→ alcool éthylique, exogénose, transaminase, Wernicke (syndrome de), Gayet-Wernicke-Korsakoff (encéphalopathie de)

[E1, G3, G4, H1, K1, K2, I4, L1, O4]

Édit. 2020

alcoolopathie et anesthésie l.f.

alcoolopathy and anaesthesia

Ensemble des précautions à prendre lors de l'anesthésie de patients souffrant d'alcoolopathie.
L'usage abusif et prolongé d'alcool lèse de nombreux organes de façon indépendante et variable. Il ne peut y avoir de règle générale pour l'anesthésie d'un tel patient : lors de la consultation pré-anesthésique on doit évaluer les différentes atteintes et en tenir compte pour prendre les précautions nécessaires lors de l'anesthésie et de la réanimation postopératoire. Toutefois, l'inhibition ou l'induction de certains enzymes hépatiques peut modifier l'action de certains médicaments anesthésiques : on peut observer une certaine «résistance» au thiopental ou au propofol et la demande en médicaments analgésiques est augmentée dans la période postopératoire. Le risque principal, bien qu'actuellement faible, est le syndrome de sevrage alcoolique (delirium tremens) dans les suites opératoires.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; gr. pathê : maladie

→ alcoolopathie, delirium tremens

[G1,G3,G4]

Édit. 2017 

alcoolorexie n.f.

alcorexia, drunkorexia

Mode d’alcoolisation qui consiste, afin de ressentir l’ivresse plus rapidement, à réduire, voire à suspendre son alimentation.

[G4,H4,L1]

Édit. 2017 

alcoolose n.f.

alcoholosis

Alcoolopathie survenant au début de l'âge adulte chez des sujets (femmes le plus souvent) à la personnalité névrotique ou psychotique (P. Fouquet).
La consommation préférentielle de boissons à fort degré alcoolique est typiquement clandestine et solitaire, par épisodes de quelques jours suivis d'une phase d'abstinence sans syndrome de sevrage, de quelques semaines, avec une conscience douloureuse des conséquences de son comportement par la personne, une lutte anxieuse et des sentiments de culpabilité. D'où une demande de soins relativement précoce. La survenue d'amnésies transitoires signe l'aggravation.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

→ alcoolite, double diagnostic (patients psychiatriques à), somalcoolose

[E1,G3,G4,H4]

Édit. 2017 

alcoolotabagisme n.m.

Ensemble des manifestations pathologiques liées à une consommation excessive, prolongée et associée de boissons alcooliques et de tabac.
Un grand nombre des cancers des voies aérodigestives supérieures peuvent être attribués à l’alcoolotabagisme.

[E1,G3,G4,K1,P1]

Édit. 2017 

alcoolotest n. m.

alcoholotest

→ éthylotest

[E1,G3,G4]

Édit. 2017 

alcools en médecine du travail l.m.p.

Solvants de compositions multiples, utilisés dans de très nombreuses applications et dans de nombreux métiers, responsables en cas d’exposition massive ou répétée, voire d’ingestion, d’encéphalopathies chroniques avec altération des fonctions cognitives, ralentissement psychomoteur, troubles de la dextérité, de la mémoire, de l’attention, des fonctions exécutives et de la vision.
Cette intoxication, en dehors des actes volontaires par alcoolisation orale,  est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 84 du RG et 48 du RA)  avec un délai de prise en charge de un an  entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes, pour les encéphalopathies,  sous réserve d’une durée d’exposition d’au moins dix ans et de tests psychométriques confirmés par la répétition de ces tests six mois plus tard après au moins six mois sans exposition au risque.
Pour les manifestations aiguës à type de syndrome ébrieux ou narcotique pouvant aller jusqu’au coma, le délai de prise en charge est de sept jours seulement.

[E2]

Édit. 2018

alcoxyglycéride n.m.

alkoxyglyceride

Glycéride dans lequel une fonction alcool du glycérol, généralement sur le C1, est combinée à un alcool gras par une liaison éther.
On en trouve dans certaines huiles de foie de poissons.

Syn. alkoxyglycéride

[C1]

Édit. 2017 

alcoxyphosphatide n.m.

alkoxyphosphatide

Substance analogue aux glycérophospholipides phosphatidiques dans laquelle l'acide gras fixé sur le C1 du glycérol est remplacé par un alcool gras lié par une liaison éther : R-CH2-O-CH2-.
On connaît des alcoxyphosphatides dérivés des alcools batylique, chimylique ou sélachylique dans les tissus animaux.
Le PAF-acéther est un alcoxyphosphatide particulier, dans lequel l'acide fixé sur le C2 est un acide acétique. Dans certaines bactéries, comme les bactéries halophiles, on a trouvé des alcoxyphosphatides à phytol.

Syn. alkoxyphosphatide

[C1]

Édit. 2017 

alcoylant adj. et n.m.

alkylating agent

→ alkylant

[C1 ]

Édit. 2017 

alcoylation n.f.

alkylation

Fixation d’un radical alcoyle sur une molécule par substitution à un atome d’hydrogène.
Par exemple la méthylation d’un acide aminé ou d’un acide nucléique est un processus physiologique qui intervient dans le vieillissement. Des agents chimiques alcoylants peuvent être utilisés pour modifier des macromolécules en thérapeutique antitumorale.

[C1,G3,G5]

Édit. 2017 

alcoyle n.m.

alkyl

Radical univalent produit par l’élimination de l’hydroxyle d’un alcool.
Par ex. le radical méthyle CH3- ou le radical isopentènyle CH3-C(=CH2)-CH2-CH2-.

[C1]

Édit. 2017 

ALD sigle pour

1) AdrenoLeukoDystrophy
2) Affection de Longue Durée

→ adrénoleucodystrophie liée au sexe

[E1,H1,O4,Q2]

Édit. 2020

aldéhyde n.m.

aldehyde

Fonction chimique organique caractérisée par le groupement -oxo- à l'extrémité d'une chaîne carbonée (- CHO).
Les aldéhydes proviennent de l'oxydation des alcools primaires.

Étym. al : alcool ; déhyde : déshydrogéné

[C1]

Édit. 2017 

aldéhyde acétique l.m.

acetaldehyde

Syn. éthanal

→ acétaldéhyde

[C1]

Édit. 2017 

aldéhyde acrylique l.m.

acrylic aldehyde

→ acroléine

[C1]

Édit. 2017 

aldéhyde formique l.m.

HCHO

→ formaldéhyde, formol, méthanal

[C1]

Édit. 2017 

aldéhyde palmitique l.m.

palmitaldehyde

→ palmitaldéhyde

[C1]

Édit. 2017 

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