Albright (acidocétose d') l.f.
renal tubular acidosis (RTA)
Acidose tubulaire rénale congénitale, due à une tubulopathie distale entraînant des troubles hydro- électrolytiques de déshydratation, une acidose et une néphrocalcinose.
Le sujet est de petite taille, parfois sourd et il existe des anomalies de l'émail dentaire et une tétanie. L'hypocalcémie entraîne une cataracte qui ressemble à celle de la maladie de Steinert. Il y a aussi une hyperphosphorémie.
L'affection est très hétérogène et comprend plusieurs types de transmission ainsi que deux principaux phénotypes : le type I avec acidose tubulaire distale et le type II avec acidose tubulaire proximale. L'affection est très rare et n'atteint pratiquement que les filles pour le type II. Ce type est caractérisé par un nystagmus, une cataracte, des opacités cornéennes, une hypertension oculaire et des sclérotiques bleues comme dans le syndrome de Lowe. L’affection est autosomique dominante (MIM 179800 type I) ou liée au sexe (MIM 312400 type II).
F. Albright, médecin endocrinologue américain, membre de l'Académie de médecine (1946)
Syn. acidose distale primitive familiale, acidose tubulaire distale, RTA distal type, RTA proximal type, syndrome de Butler-Albright, Steinert (maladie de)
→ Lowe (Syndrome de), néphrocalcinose, maladie de Steinert, syndrome de Lowe
[M1, R1, Q2]
Édit. 2020
alcalose métabolique l.f.
metabolic alkalosis
Alcalose avec élévation de la concentration plasmatique en bicarbonates due, soit à un excès d'apport de bicarbonates ou d'alcalins, soit le plus souvent à une perte d'ions Cl- et H+.
Il existe une compensation rénale par réabsorption accrue de bicarbonates en relation avec l'hypocapnie, l'hypercalcémie et la kaliopénie. Si la compensation est insuffisante le pH s'élève : on parle de décompensation. Les spoliations digestives, surtout hautes (vomissements, aspiration gastrique) et les traitements diurétiques, les réactions hormonales (hyperaldostéronisme, hypercorticisme) ou la réduction des volumes extracellulaires (alcalose de contraction) sont les principales causes. La correction nécessite la réexpansion des volumes extracellulaires et surtout la correction du déficit chloré et potassique.
Étym. arabe al kali : cendre pour lessive, puis alcalinité
→ alcalose métabolique (classification), Davenport (diagramme de)
[C2, m&, O4]
Édit. 2020
déficit én alpha 1-antitrypsine l.m.
alpha1-antitrypsin deficiency
Affection congénitale de transmission autosomique codominante, caractérisée par le déficit en alpha1-antitrypsine, responsable d'une atteinte respiratoire, hépatique, rénale et plus exceptionnellement pancréatique.
L'atteinte respiratoire s'observe chez l'adulte jeune homozygote PiZZ avec une fréquence de près de 50 %. Elle est caractérisée par un emphysème pulmonaire bilatéral de type panlobulaire qui entraîne des signes fonctionnels à partir de 30-40 ans et aboutit en quelques années à une insuffisance respiratoire grave. La fréquence et la gravité de l'emphysème sont accrues par le tabagisme et l'exposition aux poussières. Des perfusions répétées d' alpha1-antitrypsine pourraient atténuer les conséquences de l'emphysème.
L'atteinte hépatique s'observe chez 10 à 20 % des sujets PiZZ ; il s'agit d'une cholestase néonatale prolongée qui peut disparaître spontanément avant l'âge de 6 mois mais qui peut parfois évoluer vers une cirrhose, alors seulement curable grâce à une transplantation hépatique ; celle-ci est alors suivie d'une synthèse d' alpha1-antitrypsine normale. Quelques rares atteintes rénales (glomérulopathie membranoproliférative), et pancréatiques ont été décrites. Les sujets atteints d'une maladie du collagène pourraient éventuellement être porteurs d'un variant de l’alpha1-antitrypsine.
Le dépistage de ce déficit se fait simplement sur la constatation d'une disparition du pic d'alpha1-globuline sur le tracé électrophorétique simple des protides sanguins ; il est confirmé par le dosage immunologique de l' alpha1-antitrypsine et par sa caractérisation phénotypique dans le système Pi. Un déficit plasmatique complet en alpha1-antitrypsine s'observe chez d'exceptionnels sujets dont le phénotype est Pi nul.
Le diagnostic anténatal est réalisé par dosage de l’enzyme dans le sang du cordon ou par analyse de l'ADN sur les villosités choriales.
P. Strnad, médecin interniste allemand (2020)
[C2, C3, L1, M1, Q2]
Édit. 2020
amanite phalloïde l.f.
amanite phalloid
De son ancien nom Amanita phalloides, resté usuel en raison de son importance considérable, espèce du nouveau sous-genre Lepidella, à anneau, marge non striée et spores amyloïdes, responsables de fréquents accidents graves, voire mortels parce que contenant de fortes quantités de phallotoxines et d'amatoxines, polypeptides cycliques résistant au chauffage lors de la cuisson même prolongée du champignon récolté par erreur. Le goût agréable et le caractère retardé des symptômes en font un champignon particulièrement dangereux. L'intoxication phalloïdienne évolue en trois phases : une phase de latence durant en moyenne 12 heures (de 6 à 36 heures), une phase digestive durant 1 à 3 jours, marquée par des douleurs abdominales, une diarrhée et des vomissements conduisant dans les cas graves à une hypotension et des désordres hydro électrolytiques. La troisième phase est marquée par l’atteinte du foie qui débute 36 heures après le repas et qui atteint son maximum le cinquième jour.
On distingue trois formes de gravité croissante: les formes bénignes caractérisées par une diarrhée et des douleurs abdominales durant 3 à 5 jours et une atteinte du foie modérée, évoluant favorablement; les formes de gravité intermédiaire caractérisées par un tableau d'hépatite aiguë qui évoluent vers la guérison complète en 2 à 3 semaines; les formes graves caractérisées une insuffisance hépatocellulaire aigue avec encéphalopathie, ictère, chute des facteurs de la coagulation. Il peut s’y associer une atteinte rénale. Une hospitalisation doit être réalisée en urgence, le traitement est symptomatique (rééquilibrage hydro-électrolytique avec correction de l’hypoglycémie, de l’acidose métabolique, administration d’antiseptiques intestinaux) et en cas d’hépatite fulminante nécessité d'une transplantation hépatique en super urgence. La mortalité est élevée dans les formes graves d’environ 15 % et particulièrement chez les enfants de moins de 10 ans.
Cette intoxication peut être causée par d’autres champignons toxiques (autres amanites et petites lépiotes), mais dans 95 % des cas, c’est l’Amanite phalloïde qui est en cause.
→ syndrome panthérinique, accidents précoces par ingestion de champignons, phallotoxine, amatoxine
[D2, G4, L1]
Édit. 2020
Ambard (constante d') l.f.
Ambard's formula
Constante "uréosécrétoire" proposée pour évaluer la fonction rénale.
Elle repose sur l'étude du débit uréique urinaire en fonction du taux de l'urée sanguine. Elle est normalement de 0,07 avec un maximum physiologique de 0,085. Elle n'est plus utilisée et a été remplacée par la mesure de la clairance de l'urée et surtout de la créatinine.
L. Ambard, pharmacologue français, membre de l'Académie de médecine (1910)
[M1]
Édit. 2017
aminosides n.m.p.
aminoglycosides
Famille importante d’antibiotiques bactéricides, obtenus, pour la plupart, à partir de Streptomyces.
Ils s’opposent à la synthèse des protéines bactériennes en se fixant sur la sous-unité 30 S des ribosomes. Ils sont habituellement actifs sur les staphylocoques sensibles à la méticilline, les coques à Gram négatif et sur les bacilles à Gram négatif ; certains sont également actifs sur les mycobactéries. Ils s’administrent par voie parentérale et sont éliminés par voie rénale. Leur néphrotoxicité et leur ototoxicité imposent des précautions d’emploi. Les principaux aminosides sont l’amikacine, la gentamicine, l’isépamicine, la nétilmicine, la spectinomycine, la streptomycine, la tobramycine.
[D1, G3, G5]
Édit. 2020
ammoniophanérèse n.f.
ammoniophaneresis
Libération et excrétion par le rein de l'ammoniaque apportée par le sang de l'artère rénale.
L'ammoniaque produite par les reins provient de la glutamine, et est excrétée dans les urines sous forme d'ions ammonium échangés contre d'autres cations de l'urine primitive.
Étym. ammoniac ; gr. phanerosis : apparition
[M3,R1]
Édit. 2017
amphotéricine B l.f.
amphotericin B
Antibiotique polyénique isolé, en 1955, d’un Streptomyces du sol.
L’amphotéricine B est un antifongique puissant qui est utilisé dans le traitement des mycoses systémiques. C’est également un antileishmanien majeur, prescrit dans le traitement des leishmanioses graves (viscérales et muqueuses) ou résistantes aux antimoniés. Ce médicament présente malheureusement une toxicité rénale et sanguine.
[D1, G5]
Édit. 2020
amylasurie n.f.
urinary amylase
Présence ou teneur d'amylase dans les urines, qui ne dépasse pas normalement 2 200 µkat/24 h, soit 600 unités Wohlgemuth.
L’excrétion de l’amylase est essentiellement rénale, filtration sous forme intacte suivie d’un catabolisme dans le tubule rénal.
Le dosage de l’amylasurie n’est plus utilisé pour le diagnostic de la pancréatite aigüe pour 2 raisons. Il nécessite un recueil des urines de 24 heures, difficile à obtenir de façon rigoureuse. Surtout, l’amylasurie est un reflet de l’amylasémie, qui n’est plus dosée car elle est remplacée par celui de la lipasémie qui offre plus de sensibilité et de spécificité.
→ lipasémie, amylasémie, pancréatite aigüe
[C1,C2,C3,L1,M1]
Édit. 2018
amylose des hémodialysés l.f.
amylose of the hemodialized
Complication fréquente du traitement de l’insuffisance rénale par hémodialyse chronique.
S’observant chez environ 65% des patients après 10 ans de dialyse, cette amylose se caractérise cliniquement par une atteinte touchant essentiellement les articulations (polyarthralgies, parfois arthropathies destructrices), les ténosynoviales (syndrome du canal carpien par ténosynovite des fléchisseurs des doigts), beaucoup plus rarement d’autres organes (langue, rectum, iléon, foie, thyroïde, cœur, pancréas, peau, etc.). Sur le plan biochimique, la substance amyloïde se singularise ici par sa richesse en bêta-2-microglobuline.
Étym. gr. amulon : amidon
→ amylose à bêta-2-microglobuline, amylose
[M1,N3]
Édit. 2017
amylose héréditaire l.f.
herÉdit.ary amyloidosis, inherited amyloidosis
Forme particulière d'amylose dont le caractère héréditaire a été mis en évidence.
De nombreuses maladies ont été ainsi individualisées : maladie périodique, neuropathie amyloïde héréditaire, amylose rénale héréditaire, amylose cornéenne, syndrome des néoplasies endocriniennes multiples, amylose cérébrale, syndrome de Muckle et Wells, etc.
Étym. gr. amulon : amidon
→ amylose familiale, amylose systémique, amylose
[N3,Q2]
Édit. 2017
anastomose splénorénale distale l.f.
distal spleno-renal shunt
Anastomose chirurgicale terminolatérale entre la partie distale de la veine splénique provenant de la rate et la veine rénale gauche.
Le but de cette intervention est de dériver sélectivement le sang provenant des varices œsophagiennes tout en préservant le flux dans le veine mésentérique supérieure. L'anastomose splénorénale distale est une partie de l'opération de Warren qui comporte en outre une déconnexion veineuse entre le territoire veineux mésentérique supérieur d'une part et le territoire veineux splénique d'autre part. L'intérêt de cette intervention, par rapport à l'anastomose portocave et à l'anastomose mésocave, est d'entraîner moins d'encéphalopathie. Les résultats de l'intervention de Warren sont contestés. Cette intervention chirurgicale est abandonnée.
W.D. Warren, chirurgien américain, President of the American College of Surgeons (1967)
Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche
[K3,L2]
Édit. 2017
anastomose urétérocalicielle l.f.
uretero-calyceal anastomosis
Intervention abouchant l'uretère à un calice rénal destinée à court-circuiter un obstacle incurable ou inabordable du bassinet, de la jonction pyélo-urétérale ou de l'uretère proximal, et à rétablir la liberté de l'excrétion rénale.
Cette intervention comporte une néphrotomie ou une néphrectomie partielle limitée, pour permettre l'abord par la périphérie de la voie excrétrice intrarénale.
Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche
[M2]
Édit. 2017
Andrade (maladie de Corino de) l.f.
Andrade's neuropathy
Variété parmi les cas familiaux de neuropathie amyloïde génétique, dite "portugaise" parce que décrite au Portugal.
C'est la variété la plus fréquente, qui a été par la suite signalée dans différents pays d'Europe et du monde, du fait de l'émigration de nombreux portugais atteints. Le mode de transmission est autosomique dominant. Les dépôts d'amylose sont constitués de transthyrétine, avec substitution d'un acide aminé : méthionine/valine 30. Le décès survient à la suite de complications viscérales associées, telles qu'une insuffisance cardiaque ou rénale et de l'évolution très sévère de la neuropathie sensitivomotrice, comportant toujours des signes majeurs d'atteinte du système nerveux autonome.
Mário Corino da Costa Andrade, neurologue portugais (1952)
[C3,H1,K2,M1,Q2]
Édit. 2017
anémie inflammatoire l.f.
anemia of inflammation, anemia of chronic disease
Anémie généralement modérée (8 à 10 g d’hémoglobine), s’observant dans la plupart des affections inflammatoires chroniques et dont l’importance et l’évolution sont parallèles à celles du syndrome inflammatoire clinique et biologique. Elle peut être plus sévère si s'associe une carence martiale.
Il s’agit d’une anémie normochrome, normocytaire, qui devient hypochrome et discrètement microcytaire si l’évolution se prolonge. Elle s’accompagne d’une baisse des concentrations sériques du fer et de la transferrine, d’une baisse du coefficient de saturation de la transferrine, d’une accumulation de fer dans le système des phagocytes mononucléés (ou système des mononucléaires macrophages) et d’une élévation de la ferritine sérique. Le nombre des réticulocytes y est normal ou abaissé. La pathogénie de cette anémie fait intervenir une discrète hémolyse, des troubles du métabolisme du fer (diminution de l’absorption intestinale, trouble de la libération du fer hémoglobinique par les macrophages, etc.) ainsi qu’une baisse de l’érythropoïétine. L'anémie de l'inflammation est principalement un désordre du métabolisme du fer.
Dans les populations médicalisées et aux apports nutritionnels suffisants en fer, l'anémie inflammatoire est associée aux pathologies inflammatoires systémiques chroniques icluant l'arthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux disséminé, les maladies digestives inflammatoires, les infections chroniques incluant la tuberculose et les syndrome d'immunodéficience acquise, les cancers hématologiques associés à une production accrue de cytokines, telle que la maladie de Hodgkin, et certaines variétés de lymphomes nonhodgkiniens, certaines tumeurs solides (cancers ovarien ou pulmonaire. De plus , l'anémie inflammatoire est reconnue comme cause principale ou contributive d'anémie chez de nombreux patients atteints d'inflammation systémique incluant ceux avec une maladie rénale chronique, une insuffisance cardiaque chronique, une maladie broncho-obstructive pulomnaire chronique, une fibrose cystique .
T. Gantz, médecin américain (2019)
Étym. gr. an privatif, haimos sang
[D1,F1]
Édit. 2020
anéphrique adj.
anephric
Qualifie le malade privé de reins.
L'absence congénitale de reins est une cause de mortinatalité.
L'absence acquise, par ex. après binéphrectomie, exige le recours à un procédé de dialyse chronique ou à une transplantation rénale.
[A4,M1,M2,O3,O6,Q3,Q4]
Édit. 2017
anévrysme de l'aorte l.m.
aortic aneurysm
Les anévrysmes de l’aorte sont les plus fréquents des anévrysmes artériels.
Leur topographie concerne par ordre de fréquence l'aorte sous-rénale, l'aorte ascendante, l’arc de l’aorte, l'aorte descendante et l'aorte diaphragmatique. Ils sont fréquemment associés à des anévrysmes iliaques, en continuité directe ou non, ce qui justifie le terme d’anévrysme aorto-iliaque. L’étiologie la plus fréquente en est dégénérative. Leur risque évolutif principal est la rupture qui reste fatale dans plus de la moitié des cas.
Leur traitement électif a fait de considérables progrès. A la mise-à-plat-prothèse ouverte, remarquablement efficace à long terme mais invasive à court terme est venu s’adjoindre le traitement endovasculaire, mieux toléré par les malades à haut risque chirurgical.
Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation,
→ anévrysme, anévrysme aortique thoracoabdominal, anévrysme de l'arc de l'aorte
[K3,K4]
Édit. 2017
manifestations rénales des angéites nécrosantes l.f.p.
renal manifestations of necrotizing angiitis
Des maladies diverses telles que la périartérite noueuse, les angéites hyperergiques, la granulomatose avec polyangéite (maladie de Wegener), les angéites granulomateuses allergiques, l'artérite de Takayashu ont en commun une pathologie vasculaire de type inflammatoire et nécrotique qui intéresse de nombreux organes dont le rein touché dans 70 à 90% des cas avec prédominance des lésions au niveau des artères arquées et interlobulaires et des glomérules.
Les manifestations rénales sont multiples : hématurie, cylindrurie, protéinurie, insuffisance rénale de sévérité et d'évolutivité variable. L'hypertension artérielle est fréquente. Le traitement varie en fonction de chaque type d'affection et a un effet souvent favorable. Il fait appel aux corticoïdes, aux immunosuppresseurs, aux échanges plasmatiques, à l'éventuelle éradication d'un ou de plusieurs allergènes. La reconnaissance des auto-anticorps anticytoplasme des polynucléaires (ANCA) a permis de rattacher aux vascularites systémiques certaines glomérulonéphrites nécrosantes et extracapillaires pauci-immunes apparemment primitives.
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation
→ angéite, anticorps anticytoplasme des polynucléaires, périartérite noueuse, angéites hyperergiques, granulomatose avec polyangéite, angéites granulomateuses allergiques, artérite de Takayashu
[F3, k4, M1, N3]
Édit. 2019
angiodysplasie n.f.
angiodysplasia
Anomalie vasculaire parfois acquise ou congénitale constituée par des foyers de veines et de capillaires ectasiques qui réalisent des lésions de deux à dix millimètres, arrondies, planes ou bombées, de teinte rouge.
Les angiodysplasies sont plus fréquentes après 60 ans. Elles siègent le plus souvent dans le tube digestif dans la sous-muqueuse de la paroi de l’estomac, de l’intestin grêle et du côlon. Le plus souvent, elles siègent au niveau du caecum et du colon ascendant mais elles peuvent concerner aussi le grêle. Elles sont le plus souvent multiples. Elles se révèlent par un saignement digestif occulte traduit par une anémie ferriprive ou par un saignement extériorisé. Elles peuvent être asymptomatiques et découvertes incidentalement lors d’une coloscopie. Leur physiopathologie est incomplètement connue. Certaines situations cliniques sont associées aux angiodysplasies : le rétrécissement aortique, la maladie de Willebrand, l’insuffisance rénale chronique. L’endoscopie haute et basse diagnostique les angiodysplasies du tube digestif haut et bas. Les angiodysplasies du grêle sont diagnostiquées par la vidéocapsule endoscopique. L’entéroscopie permet le traitement des localisations grêliques. En deuxième intention, l’angioscanner ou l’angio-IRM sont des examens diagnostiques. Le traitement des lésions hémorragiques est endoscopique par le plasma argon ; en cas d’échec un traitement médicamenteux par analogue de la somatostatine peut être envisagé. La radiologie interventionnelle peut être réalisée, les indications du traitement chirurgical étant devenues exceptionnelles.
Étym. gr. aggeion : vaisseau
→ maladie de Willebrand, rétrécissement aortique, insuffisance rénale chronique, vidéocapsule, somatostatine
[K4, L1]
Édit. 2020
angiofibromatose hépatique n.f.
angiofibromatosis, congenital hepatic fibrosis
Maladie héréditaire transmise selon un mode autosomique récessif, dont les signes cliniques apparaissent souvent vers l'âge de 15 ans, généralement par des accidents liés à l'hypertension portale (hémorragies digestives), ou plus rarement par des poussées d'angiocholite.
L'atteinte rénale, caractérisée par une ectasie précalicielle de la voie urinaire décelable par examen radiologique, est constante, mais elle est longtemps latente. Les lésions hépatiques sont faites d'une fibrose périportale contenant une intense prolifération de canaux biliaires.
Syn. fibro-angiomatose biliaire
→ fibrose hépatique congénitale, fibro-adénomatose biliaire congénitale, ectasie canaliculaire précalicielle
[K4,L1,M1,Q2]
Édit. 2017
aniridie partielle avec agénésie rénale unilatérale et retard psychomoteur l.f.
aniridia, partial, with unilateral renal agenesis and psychomotor retardation
Association d'une aniridie, d'une agénésie rénale et d'un retard mental.
L'affection a été décrite chez un frère et une sœur avec pour complication le glaucome. L'auteur a également signalé une légère dysmorphie avec un télécanthus et des bosses frontales.
L’affection est autosomique récessive (MIM 206750).
Annemarie Sommer, généticienne américaine (1974)
Étym. gr. an privatif; iris
[H1,H3,M1,O1,P2,Q2]
Édit. 2017
antihypertenseur (médicament) l.m.
antihypertensive drug
Médicament destiné à provoquer un abaissement simultané des pressions artérielles systolique et diastolique afin d’obtenir en permanence des valeurs proches de la normale (inférieures à 140/80 mm de Hg).
Le traitement de l’hypertension artérielle est efficace pour la prévention des complications de l’athérosclérose dont elle est l’une des principales causes, ainsi que pour la prévention des hémorragies cérébrales et cérébroméningées.
Il existe une dizaine de classes de médicaments antihypertenseurs, utilisés isolément ou en association.
1°- diurétiques hypokaliémiants (furosémide, bumétamide, chlorothiazide, etc.).
2°-substances faiblement diurétiques et hyperkaliémiantes (amiloride, indapamide, ciclétanine, spironolactone , canrénoate de potassium).
3°- inhibiteurs de l’enzyme de conversion
4°- bêta-bloquants (acébutolol, bisoprolol, propranolol, etc).
5°- inhibiteurs calciques (diltiazem, vérapamil, dihydropyridines diverses...).
6°- ouvreurs de canaux potassiques KATP, (diazoxide).
7°- activateurs de guanyl-cyclases (nitroprussiate de sodium) ;
8°- alpha-1-bloquants (prazosine, urapidil).
9°- antihypertenseurs d’action centrale (clonidine, alphaméthyldopa, etc.).
Ces divers traitements sont administrés par voie orale, à dose modérée et en monothérapie dans un premier temps, de manière à éviter l’apparition d’effets indésirables chez des patients très souvent asymptomatiques auparavant. En revanche l’urgence hypertensive, qui se traduit par une élévation majeure de la pression artérielle et parfois des signes alarmants (signes nerveux, hypertension intracrânienne visible au fond d’œil, subœdème pulmonaire, insuffisance rénale) requiert un traitement antihypertenseur d’action immédiate par voie orale ou éventuellement intraveineux ou intramusculaire.
L’expression « médicaments hypotenseurs » est impropre.
anurie n.f.
anuria
Absence d'urine dans la vessie, liée soit à une insuffisance rénale aigüe soit à un obstacle complet du haut appareil urinaire.
La rétention d'urine est le seul diagnostic différentiel à éliminer.
On distingue habituellement les anuries sécrétoires par atteinte du parenchyme rénal, essentiellement néphropathies tubulo-interstitielles aigües de causes diverses, et beaucoup plus rarement glomérulopathies et néphropathies vasculaires, et les anuries excrétoires, causées par un obstacle de la voie excrétrice supérieure, bilatéral ou sur rein unique, de siège urétéral ou trigonal, de nature lithiasique, tumorale ou liée à la pathologie du rétropéritoine.
L'anurie provoque rapidement des désordres métaboliques d'importance vitale et requiert un traitement d'urgence : levée de l'obstacle, endoscopique ou chirurgicale, dérivation urinaire, recours aux méthodes d'épuration extrarénale de façon temporaire ou définitive.
Par extension et de façon abusive, on parle parfois d’anurie pour la réduction très importante du débit urinaire, mais il s'agit alors d'une oligurie extrême (diurèse < 200 mL/24 h).
Étym. gr. an : privatif ; oûron : urine
anurie gravidique l.f.
anuria of pregnancy
Arrêt de la diurèse compliquant l'évolution de la toxémie gravidique et de l'éclampsie.
Elle est liée à l'hypovolémie ou à la nécrose corticale rénale mais n'est toujours qu'un symptôme de l'évolution de la maladie hypertensive gravidique.
aplasie n.f.
aplasia
Arrêt ou insuffisance de développement d’un organe ou d’un tissu par défaut de développement d'une ébauche embryonnaire.
Par ex. aplasie rénale.
Dans l'aplasie de la moelle osseuse, les lignées hématopoïétiques ne se renouvellent pas à cause d'un blocage de la maturation des cellules souches ou d'une destruction de celles-ci.
Les aplasies claviculaire et radiale rentrent dans le cadre des dysmélies des membres. L’aplasie claviculaire est en général partielle et bilatérale, isolée ou associée à la dysostose cléidocrânienne. L’aplasie radiale peut être isolée ou associée à une hémopathie, notamment l’anémie de Fanconi. Dans l’aplasie de la moelle osseuse, les lignées hématopoïétiques ne se renouvellent pas à cause d'un blocage de la maturation des cellules souches ou d'une destruction de celles-ci
Étym. gr. a privatif ; plassein : façonner
→ agénésie