Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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réticence n. f.

reticence

Retenue ou défiance de certaines personnes qui, plus ou moins consciemment, ne laissent rien paraître de leurs pensées, affects, projets ou éléments délirants.
Il peut s'agir de la réserve embarrassée d'un peureux ou d'un névrotique, de la dissimulation utilitaire d'un sujet en situation médicolégale, d'une réticence psychotique, p. ex. chez un paranoïaque persécuté et hostile, ou de la préparation préméditée et silencieuse de leur suicide par certains mélancoliques. Il n'est pas rare que des familles adoptent une telle attitude.
Actuellement, plutôt que de chercher à "faire jaillir des manifestations qui ne surgiraient pas spontanément" (J.P. Falret), la réticence est très souvent considérée comme un symptôme à prendre en considération et à respecter.

J-P. Falret, psychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1854)

méfiance, mutacisme

retinacula cutis l.m.p.

retinacula cutis (TA)

skin ligaments

Réseaux fibreux de la peau.

réticulaire adj.

reticular

Qui s’identifie à un réseau.
 

réticulée (formation) et fonction d'éveil l.f.

formatio reticularis (TA)

reticular formation and wakefulness function

Système à projection diffuse, situé dans le mésencéphale, le pont et la moelle allongée, qui joue un rôle prépondérant dans des grandes fonctions de l'organisme comme l'activité motrice, la respiration, la vasomotricité, l'oculomotricité, et aussi l'éveil cortical (désynchronisation de l'EEG).
Les travaux de G. Moruzzi et H.W. Magoun (1949) ont permis d'établir des relations étroites entre l'activité du tronc cérébral et le niveau de conscience.
Trois voies principales sont décrites : l'une faisant relais dans les noyaux non spécifiques du thalamus ; une seconde passant par l'hypothalamus postérolatéral ; une troisième, pontobasalocorticale, faisant relais dans le noyau de Meynert (groupe de neurones appartenant au système basal).
Située dans la partie rostrale du tegmentum pontin, le tegmentum mésencéphalique et la partie adjacente du diencéphale, la formation réticulée activatrice ascendante projette directement sur le cortex cérébral ou par le biais du thalamus. L'état d'éveil est lié à l'association de multiples afférences, en particulier sensitives et sensorielles.
Une certaine hétérogénéité fonctionnelle explique des états dissociés entre l'éveil cortical, estimé sur le niveau de conscience et l'activité électrique, et l'éveil comportemental, tel qu'il apparaît dans certaines formes d'activité sous-corticale.

G. Moruzzi, neurophysiologiste italien et H. W. Magoun, neuroanatomiste américain (1949)

Étym. lat. reticulus : filet à petites mailles

Syn. formation réticulaire, substance réticulée, système réticulé

sommeil normal de l'adulte

réticuline (fibre de) l.f.

reticulin fiber

Fine fibre de collagène participant à la constitution du tissu conjonctif dermique et de la membrane basale de l'épiderme, également présente autour des glandes sudorales, visible en microscopie optique seulement après imprégnation argentique des préparations histologiques.
Cette fibre de la charpente grêle (réseau réticulé) sert de soutien à de nombreux organes : foie, glandes endocrines, ganglion ; petits vaisseaux.
Elle apparaît peu dans les préparations standard comme le trichrome de Masson, et absorbe l'argent métallique qui la colore en noir. Elle serait constituée de fibres immatures de collagène riches en collagène de type III.
Peu nombreuses à l'état normal dans le tissu conjonctif dermique, ces fibres se multiplient dans certains états pathologiques, tels que granulomes, et dans certaines proliférations tumorales, ou au cours des processus de cicatrisation.

Étym. lat. reticulum : réseau, petit filet

réticuline

réticulocyte n.m.

reticulocyte

Erythrocyte qui sort de la moelle et a déjà perdu son noyau, bien qu'il garde une charge en ARN pendant 24 à 48 heures.
La numération usuelle des érythrocytes nécessite une coloration spéciale qui fait apparaître les filaments d'ARN ; le nombre de réticulocytes doit toujours être rapporté au nombre de globules rouges. Il est de 50 000 à 120 000 par fL.

réticuloendothéliose aigüe hémorragique du nourrisson l.f.

Abt-Letterer-Siwe (maladie d')

[N3]

Édit. 2017/1

réticuloendothéliose d'Omenn l.f.

G. S. Omenn, médecin interniste américain (1965)

Omenn (syndrome d')

réticulohistiocytome gigantocellulaire de Caro et Senear l.m.

M. R. Caro et F. E. Senear, dermatologistes américains (1952)

histiocytose multicentrique

réticulohistiocytose auto-involutive de Hashimoto-Pritzker l.f.

K. Hashimoto et M. S. Pritzker, dermatopathologistes américains (1973)

histiocytose auto-involutive de Hashimoto-Pritzker

réticulohistiocytose multicentrique l.f.

histiocytose multicentrique

réticulosarcome n.m. ]

reticulosarcoma

Dénomination obsolète de la prolifération maligne du tissu réticulo-histiocytaire pouvant intéresser la rate, le foie, les nœuds lymphatiques et la moelle osseuse (sarcome d’Ewing).
On distingue des formes différenciées dont les cellules sont distinctes les unes des autres et des formes indifférenciées ou syncitiales dont les limites cellulaires sont imprécises.

sarcome d'Ewing

[F2,I1]

réticulose n.f.

Terme en voie d'abandon au profit d'autres appellations puisqu'il s'agit en réalité soit de lymphomes,

 soit de pseudolymphomes, soit d'histiocytoses.

réticulose de Crosti l.f.

primary cutaneous follicular centre-cell lymphoma, Crosti's lymphoma

Variété de lymphome cutané B se manifestant habituellement par un ou plusieurs nodules rouge-violacé situés dans le dos et pouvant évoluer lentement durant plusieurs années, actuellement intégré sous l'intitulé de lymphome cutané à cellules centrogerminales (ou centrofolliculaires) dans la classification des lymphomes cutanés.
L'examen histologique montre un infiltrat de cellules centrofolliculaires localisé dans le derme superficiel, dans les lésions récentes, puis diffusant jusqu'au tissu sous-cutané dans les lésions tardives. Le traitement de choix est la radiothérapie.

A. Crosti, dermatologue italien (1951)

Syn. réticulohistiocytome du dos de l'adulte

[F1,J1]

réticulose hémophagocytaire l.f.

Génopathie avec hépatosplénomégalie, micropolyadénopathie, purpura, méningoencéphalite, pancytopénie.

histiocytose

réticulose histiocytaire maligne l.f.

réticulose médullaire histiocytaire de Scott et Robb-Smith

réticulose lymphocytaire bénigne de Degos l.f. (obs.)

benign lymphocytic reticulosis of Degos

Appellation initialement proposée pour désigner des lésions plus disséminées et composées d'infiltrats moins bien délimités, sans centres germinatifs, et donc plus purement lymphocytaires que le lymphocytome cutané bénin, mais que néanmoins on range actuellement dans ce cadre.

R. Degos, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1950)

lymphocytome cutané bénin

réticulose maligne l.f. (obs.)

malignant reticulosis

Appellation autrefois proposée pour désigner les variétés d'hématodermies dont on pensait qu'elles correspondaient à des proliférations malignes de cellules réticulaires à localisation purement ou essentiellement cutanée et ganglionnaire.
Actuellement remplacée par le terme lymphome.

lymphome

réticulose mastocytaire maligne l.f.

mastocytose systémique

[F1]

réticulose médullaire histiocytaire de Scott et Robb-Smith l.f.

histiocytic medullary reticulosis

Prolifération maligne systémique d'histiocytes, rare, d'étiologie inconnue, qui touche l'adulte jeune et atteint la peau dans 10% des cas sous la forme d'un ou de plusieurs nodules souscutanés parfois ulcérés.
L'examen histologique d'une biopsie cutanée montre une infiltration dermique s'étendant vers les plans profonds, faite d'histiocytes anormaux à différents stades de maturation. L'évolution est rapidement défavorable sans un traitement qui fait appel à la chimiothérapie et/ou à la radiothérapie.

R. Scott, pédiatre et A. Robb-Smith, anatomopathologiste britanniques (1939) ; H. Rappaport, anatomopathologiste américain (1966)

Syn. réticulose histiocytaire maligne, histiocytose maligne de Rappaport

réticulose pagétoïde épidermotrope de Woringer-Kolopp l.f.

F. Woringer et P. Kolopp , dermatologistes français (1939)

lymphome pagétoïde localisé

réticulum endoplasmique l.m.

endoplasmic reticulum

Structure cytoplasmique visible en microscopie électronique sous la forme d'un réseau anastomosé de tubules, de vésicules et de citernes aplaties.
Le réticulum endoplasmique rugueux ou granulaire est recouvert de polyribosomes, alors que le réticulum endoplasmique lisse en est dépourvu.

polyribosome

réticulum endoplasmique granulaire l.m.

rough endoplasmic reticulum

réticulum endoplasmique rugueux

réticulum endoplasmique lisse l.m.

smooth endoplasmic reticulum

Partie du réticulum endoplasmique dépourvue de ribosomes sur sa face externe et constituée de tubules irréguliers bordés par une membrane.

ribosome

réticulum endoplasmique rugueux l.m.

rough endoplasmic reticulum

Système intracytoplasmique intercommunicant de cavités et citernes intracytoplasmiques en continuité avec la citerne périnucléaire et limitées par une membrane largement fenêtrée dont la face externe est recouverte de ribosomes.
Il joue un rôle fondamental dans la secrétion des protéines.

Syn. ergastoplasme, reticulum endoplasmique granulaire

ribosome

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