allergie au chrome l.f.
Allergie aux sels de chrome et au métal lui-même qui détermine une réaction de contact de type eczémateux.
Le ciment est la source principale de sensibilisation au chrome. Autres sources possibles : le jaune de chrome (colorant jaune, rouge ou vert), les allumettes, les sels de chrome utilisés dans les opérations de dégraissage métallique et dans le mélange sulfochromique destiné au nettoyage de la verrerie de laboratoire, les chromates présents dans les cendres de bois, etc. (Tableau des maladies professionnelles n°11bis et 37 bis).
[E2,F3,N1]
Édit. 2017
allergie aux médicaments l.f.
drug allergy
Réaction d'hypersensibilité aux médicaments pouvant relever des quatre types de la classification de Gell et Coombs, systémique ou locale selon la voie d'administration.
Les lésions cutanées sont les plus fréquemment rencontrées (eczéma de contact, urticaire, etc.). De nombreux médicaments se comportent comme des haptènes ou plus rarement des antigènes.
→ Gell et Coombs (classification modifiée de)
[F3,G3,G5]
Édit. 2017
allogreffe n.f.
allograft
Greffe de tissus ou transplantation à partir d'un donneur génétiquement différent de la même espèce animale.
Un bon exemple d'allogreffe est la transplantation hépatique où le greffon hépatique provient d'un donneur humain.
L'allogreffe induit une réponse immunitaire dirigée contre les antigènes spécifiques du donneur. Cette réaction immunitaire se manifeste sous la forme d'un rejet de l'organe ou des cellules greffés.
→ autogreffe, hétérogreffe, homogreffe, réaction du greffon contre l'hôte, GVH (Graft Versus Host)
[F3]
Édit. 2017
allostérie n.f.
allostery
Propriété de certaines protéines enzymatiques ou non qui peuvent changer de structure spatiale lorsqu'elles sont liées à un effecteur qui peut être le ligand lui-même, un activateur ou un inhibiteur.
Ce changement de structure entraîne une variation de la vitesse de la réaction enzymatique (activation ou inhibition). Le terme d'allostérie est surtout réservé aux protéines formées de plusieurs protomères doués de coopérativité, l'exemple type étant l'hémoglobine dont chacun des quatre protomères subit une modification de conformation qui accroît son affinité sous l'influence d'une molécule d'oxygène fixée sur le protomère voisin: dans ce cas c'est le substrat qui est l'effecteur allostérique homotrope. Son activité peut être modulée par d'autres petites molécules, ligands hétérotropes, se fixant sur d'autres régions de la protéine. Dans le cas d'enzymes régulés physiologiquement par un produit de la voie métabolique, le produit terminal peut se fixer sur l'enzyme clé en un site allostérique hétérotrope, rétro-inhibant son activité.
Étym. gr. allos : autre ; stereos : solide
→ effecteur allostérique, protéine allostérique, site allostérique, transition allostérique
[C1,C3]
Édit. 2017
alvéolite pulmonaire n.f.
alveolitis pulmonary
Ensemble lésionnel, de nature inflammatoire, caractérisé par la présence, dans la cavité alvéolaire pulmonaire et dans des proportions variables en fonction de l’agent causal et du stade évolutif aigu ou chronique de la maladie, d’un œdème, de cellules alvéolaires desquamées, de cellules inflammatoires en diapédèse (macrophages, leucocytes), d’hématies, de fibrine, de membranes hyalines.
La paroi alvéolaire proprement dite est modifiée : congestion capillaire, infiltration inflammatoire, développement de fibroblastes. L’examen histologique peut, dans certains cas, retrouver un agent causal : diverses bactéries, bacille de Koch, ou le soupçonner en présence de cellules géantes dans le cas des viroses, par ex. D'un point de vue anatomopathologique on décrit, selon la prédominance des cellules qui la composent, les alvéolites macrophagiques, lymphocytaires, à polynucléaires neutrophiles, à polynucléaires éosinophiles et les alvéolites mixtes. L'alvéolite peut intéresser les septums interalvéolaires (alvéolite murale) ou la lumière alvéolaire (alvéolite luminale), les deux étant souvent associées. Elle peut être aigüe, subaigüe ou chronique. Du point de vue physiopathologique, l'alvéolite est considérée comme un stade précoce des maladies infiltratives diffuses pulmonaires.
Une alvéolite peut guérir sans laisser de séquelles ; à l’inverse, le contenu de la cavité alvéolaire peut se nécroser et évoluer vers la constitution d’un abcès. La paroi alvéolaire peut de son côté se fibroser et s’épaissir ; l’extension d’une fibrose systématisée et/ou mutilante vient gravement compromettre, et de façon définitive, les échanges gazeux. Une forme particulière, dite alvéolite extrinsèque ou pneumopathie d'hypersensibilité, répond à une maladie granulomateuse chronique pulmonaire liée à l'inhalation de substances organiques agissant comme antigène déclenchant une réaction d'hypersensibilité, par ex. le poumon de fermier.
Étym. lat. alveolus : petite cavité
[K1]
Édit. 2017
amidase n.f.
amidase
Enzyme catalysant une réaction d'hydrolyse des amides des acides carboxyliques.
P ex. la glutaminase, l'asparaginase ou l'uréase.
On range parfois aussi les peptidases et les protéases parmi les amidases.
[C1,C3]
Édit. 2017
amidation n.f.
amidation
Transformation d'une fonction acide en une fonction amide, généralement réalisée in vivo par transfert d'un radical-NH2.
La formation de la glutamine à partir de l'acide glutamique se fait avec de l'ammoniac et de l'ATP. Plusieurs processus d'amidation utilisent la glutamine comme donneur de ce radical : biosynthèse de l'asparagine, formation de l'amide nicotinique. D'autres transfèrent l'azote de l'acide aspartique en libérant un acide fumarique : c'est le cas de l'uréogénèse ou de la Synthèse des nucléotides puriques. L'amidation de peptides ou de protéines sur le carboxyle terminal met en jeu un système enzymatique spécifique, la peptidylglycine alpha-amidating monooxygenase (PAM) : cette réaction, qui porte sur une glycine COOH-terminale, s'effectue en deux temps : une hydroxylation du C alpha de la glycine par une molécule d'oxygène en présence d'acide ascorbique, catalysée par la fonction peptidylglycine alpha-hydoxydating mono- oxygénase de l'enzyme (PHM), puis un clivage en glyoxylate et peptide amidé, catalysé par la fonction peptidyl alpha-hydroxyglycine alpha-amidating lyase (PAL). Parmi les nombreux peptides biologiquement actifs ainsi amidés, on peut citer le TRH, la calcitonine, la cholécystokinine, la gastrine, la sécrétine, la pancréastatine, l'alpha-MSH, l'arg-vasopressine, etc.
[C1,C3]
Édit. 2017
aminopeptidase n.f.
aminopeptidase
Enzyme catalysant une réaction d'hydrolyse des polypeptides ou des protéines détachant spécifiquement le premier acide aminé, dont la fonction alpha-aminée n'est pas engagée dans une liaison peptidique, de préférence un acide aminé neutre.
On en trouve dans la muqueuse intestinale.
[C1,L1]
Édit. 2017
amok n.m.
amok, amuck
État soudain d'excitation, isolé, très connu depuis le livre de S. Zweig, décrit au XIXème siècle dans l'archipel malais, et dont la fréquence aurait diminué depuis que les Hollandais avaient substitué les travaux forcés à la peine de mort.
Réapparu, surtout en Indochine, dans les années soixante, mais signalé également aux États-Unis et au Canada, il comporte essentiellement une tendance à attaquer sans discrimination ni précautions les premières personnes rencontrées ("course de l'amok"). Il est habituellement suivi, en cas de survie, d'une amnésie lacunaire.
On a pu évoquer un accès épileptique crépusculaire, un raptus délirant ou plutôt une réaction impulsive à une frustration mineure, souvent précédée d'une phase dépressive, et favorisée notamment par le narcissisme, que certains estiment développée en Extrême-Orient. Il s'agit en général d'hommes.
[H3]
Édit. 2017
amplification en chaîne par polymérase l.f.
polymerase chain reaction
Technique de génie génétique permettant de reproduire en grande quantité des fragments d'ADN contenant des gènes ou des fragments de gènes, par une réaction enzymatique en chaîne.
Elle comporte la séparation des deux brins d'ADN par la chaleur à 95°C, une hybridation avec deux amorces spécifiques à 50°C (chacune se fixant sur l'un des brins), extension des amorces par action d'une ADN-polymérase Taq active à 70°C (isolée d'une bactérie thermophile).
Sigle PCR
[Q1]
Édit. 2019
amplification rapide d'extrémités d'ADNc l.f.
rapid amplification of DNA endsRACERACE (RACE)
Technique d’amplification par réaction en chaîne par polymérase permettant l’identification des extrémités d’une molécule d’ADN complémentaire.
Syn. RACE (non recommandé)
[Q1]
Édit. 2019
anaphylaxie n.f.
anaphylaxis
Réponse immunitaire spécifique essentiellement induite par les IgE (réaction du type I de Gell et Coombs) ; elle aboutit à une vasodilatation et à une constriction des muscles lisses comme ceux des bronches et peut entraîner la mort par choc anaphylactique.
Un état d'hypersensibilité immédiate peut être induit par une injection préparatoire de l'antigène (sensibilisation allergique). Il s'installe au bout de 2 à 3 semaines. Il est mis en évidence par une seconde injection d'antigène, dite «déchaînante», qui produit les troubles caractéristiques du choc anaphylactique. Soixante-dix pour cent des cas de chocs anaphylactiques au cours de l'anesthésie sont dus aux curares, aux injections de solutions colloïdes et au latex.
P. Portier, biologiste français, membre de l’Académie de médecine et Ch. Richet, physiologiste français, membre de l’Académie de médecine, prix Nobel de Médecine en 1913 (1902)
Étym. gr. ana : contraire de ; phulaxis : protection : anaphylaxie = qui fait le contraire d'une protection
Ant. prophylaxie
→ allergie, hypersensibilité immédiate, choc anaphylactique
[F3]
Édit. 2017
Andersen-Tawil (syndrome d') l.m.
Maladie rare caractérisée par une paralysie périodique, une prolongation de l'intervalle QT avec une variété d'arythmies ventriculaires (qui prédisposent à une mort subite par arrêt cardiaque), et des traits physiques caractéristiques : petite taille, scoliose, oreilles d’implantation basse, hypertélorisme, racine du nez large, micrognathie, clinodactylie, brachydactylie, Syn.dactylie.
La transmission de ce syndrome est autosomique dominante. Des cas sporadiques ont été rapportés. La pénétrance est extrêmement variable. Des mutations dans le gène KCNJ2, codant pour la sous-unité alpha du canal potassique Kir2.1, sont en cause dans 60% des cas environ. Le traitement dépend de la réaction de chaque individu au potassium. Les arythmies sévères de certains patients peuvent nécessiter la pose d'un défibrillateur automatique implantable.
Ellen D. Andersen, biochimiste danoise (1971) ; R. Tawil, neurologue américain (1994)
Syn. syndrome de paralysie périodique sensible au potassium-dysrythmie cardiaque
Réf. Orphanet (2006)
→ KCNJ2, canal potassique, défibrillateur automatique implantable
[K2,N1,N3,Q2]
Édit. 2017
anévrysme n.m.
aneurysm, aneurism
Dilatation localisée (anévrysme sacculaire) ou perte du parallélisme des parois d’un vaisseau sanguin, le plus souvent d’une artère (anévrysme artériel fusiforme), ou chambre de communication anormale entre une artère et une veine (anévrysme artérioveineux), ou plus rarement dilatation anormale d’une veine (anévrysme veineux).
Si la dilatation concerne l’ensemble de la circonférence du vaisseau, l’anévrysme est fusiforme. Si cette dilatation n’en concerne qu’un secteur, l’anévrysme est dit sacciforme ou sacculaire.
Un anévrysme sacculaire surajoute au volume vasculaire ne chambre ou sac anévrysmal avec lequel il communique plus ou moins directement. La communication plus ou moins large entre le vaisseau et le sac anévrysmal porte le nom de collet anévrysmal. Il règne de ce faut dans le sac anévrysmal des conditions hydrauliques en rapport avec celles du vaisseau natif.
Un anévrysme fusiforme est reconnu dès que son diamètre est 1.5 fois supérieur au diamètre d’amont mais c’est à partir du doublement de ce diamètre que la lésion devient plus susceptible d’entraîner des complications.
Si la paroi dilatée comporte toutes les couches de la paroi vasculaire, intima, média et adventice, l’anévrysme est un anévrysme vrai. L’absence de l’une ou plusieurs de ces tuniques, en général l’intima et la média, définit au contraire un faux anévrysme ou pseudo-anévrysme.
Une autre forme particulière est l’anévrysme disséquant (dissection aortique) qui traduit la dilatation d’un vaisseau disséqué avec constitution d’un chenal externe à la lumière de l’artère disséquée (faux-chenal). En générale la dilatation concerne surtout le chenal externe ou faux-chenal de la dissection et dont la paroi a perdu par définition ses couches les plus internes, l’intima et la média.
L’anévrysme, de définition géométrique, résulte de l’inaptitude mécanique de la paroi vasculaire à avoir ou à maintenir sa forme et ses dimensions. Son histoire naturelle compote une étiologie, un mode évolutif et des complications.
L’étiologie peut être bien connue comme dans le cas des anévrysmes traumatiques, de la dissection aortique ou d’une atteinte infectieuse ou inflammatoire de la paroi vasculaire : l’évènement pathologique altère la structure de la paroi et cette structure ne peut plus conserver son intégrité morphologique car elle est exposée à des contraintes mécaniques trop importantes. Ailleurs. c’est une disposition anormale qui expose une paroi vasculaire à des contraintes qu’elle ne peut pas supporter à long terme comme dans les anévrysmes artérioveineux, qu’ils soient congénitaux ou traumatiques : La dilatation se fait alors au dépens du versant veineux dont l’équipement mécanique ne lui permet pas de résister à des contraintes artérielles.
La dilatation du chenal externe des dissections aortiques procède du même mécanisme.
Il faut aussi mentionner les anévrysmes post-sténotiques qui se développent en aval d’une sténose ou d’une striction comme celle par syndrome de la traversée thoraco-brachiale.
Néanmoins la plupart des anévrysmes artériels sont d’origine dégénérative. Dans ce cas c’est la fonction élastique de la paroi vasculaire qui est en défaut, conduisant à la déformation progressive du conduit du fait de la pression interne. Le phénomène peut être comparé au fluage mécanique d’une structure élastique. Dans la plupart des cas c’est le vieillissement qui est à l’origine de ce déficit d’élasticité, expliquant une fréquence croissante des anévrysmes à partir de la septième décennie. Ailleurs ce sont les désordres congénitaux du tissu conjonctif qui peuvent produire, parfois très tôt, des anévrysmes, comme dans la maladie de Marfan ou d’Ehlers Danlos. La prédominance masculine et le caractère volontiers familial des anévrysmes dégénératifs évoquent évidemment leur nature génétique.
Si l’étiologie des anévrysmes garde une part de mystère, leur mode évolutif est en revanche assez bien connu : l’accroissement du volume du sac anévrysmal et la survenue des complications. L’accroissement du volume est le plus souvent diphasique, à une phase de croissance lente avec peu de complications succède une phase de croissance rapide durant laquelle les complications sont fréquentes. Durant cette évolution l’auto-aggravation du processus semble avoir pour vecteur la tension transpariétale que la loi de Laplace fait dépendre essentiellement de la distance de cette paroi au centre axial du vaisseau. Les facteurs reconnus d’accélération de la croissance anévrysmale sont l’hypertension artérielle, le tabagisme actif et les efforts physiques isométriques.
Les complications des anévrysmes sont d’autant plus fréquentes que le volume anévrysmal est élevé. La plus fréquente est la thrombose pariétale. Le changement de morphologie du vaisseau entraîne en effet une modification du régime circulatoire qui, de laminaire dans son ensemble, ne l’est plus que dans le chenal central du vaisseau. Le régime devient tourbillonnaire au contact des parois ce qui entraîne une thrombose qui tapisse la paroi anévrysmale et devient de plus en plus épaisse. Cette thrombose reste longtemps tolérée mais serait à l’origine, par plusieurs mécanismes, de l’auto-aggravation. Elle peut occlure le vaisseau comme dans les redoutables ischémies aigües par thrombose d’un anévrysme poplité, emboliser à distance de façon plus ou moins bruyante, être colonisée par des bactéries de virulence variée ou provoquer une réaction inflammatoire péri-artérielle comme dans certaines fibroses rétropéritonéales ou pariétales des anévrysmes inflammatoires. Les remaniements au sein de la thrombose anévrysmale sont fréquents comme la nécrose ou les calcifications.
La complication la plus redoutée des anévrysmes est la rupture. Non contenue lorsqu’elle survient en espace libre comme la plèvre, le péricarde ou le péritoine, elle provoque rapidement exsanguination ou tamponnade. Contenue par les tissus voisins, elle crée une chambre hématique sous pression susceptible de se rompre secondairement. Plus atypiques sont les ruptures partielles qui deviennent des ulcères artériels ou des dissections, et les ruptures dans d’autres cavités cardiaques, vasculaires ou digestives. C’est cette probabilité de rupture qui domine le pronostic des anévrysmes aortiques.
Les autres complications des anévrysmes sont la compression des structures voisines, l’inflammation et la surinfection.
Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation
Ling. Depuis 1877, l’Académie française préférait la graphie « anévrisme » à « anévrysme ». La version de l’Académie a été généralement adoptée dans les textes et ouvrages non médicaux, en particulier le Larousse et le Robert. Littré estimait l’orthographe « anévrysme » plus conforme à l’étymologie et la plupart des médecins, notamment les cardiologues et les chirurgiens se sont rangés à son avis. En 1965, la Commission du Dictionnaire de l’Académie nationale de médecine, bien qu’elle admette aussi « anévrisme », s’est prononcée en faveur de l’orthographe « anévrysme ». Elle est suivie en cela par le Nouveau Larousse.
Syn. anévrisme, ectasie
→ anévrysme aortique thoracoabdominal, dissection aortique, Marfan (maladie de), syndrome d'Ehlers-Danlos, Laplace (loi de)
[K2,K3,K4]
Édit. 2017
anévrysme congénital intracrânien l.m.
intracranial congenital aneurysm
Anévrysme sphérique, de petite taille, moins de 1,5 cm de diamètre, secondaire à un défaut de développement de la couche élastique de la média dans le segment intracrânien de la carotide interne ou la portion antérieure du polygone de Willis et de ses branches.
C’est une cause d’hémorragies méningées chez le sujet jeune. Le sac anévrismal est le siège d’une média nécrosée avec perte presque complète de la structure des lames élastiques, sans réaction inflammatoire.
Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation
Syn. anévrysme cérébral
[H1,H2,K3,K4]
Édit. 2017
angiome musculaire l.m.
muscular angioma
Développement dans un muscle d’une tumeur vasculaire bénigne dont le diagnostic est confirmé par l’angiographie.
L’angiome peut être localisé dans tout muscle de l’organisme, sa localisation à la cuisse ou la jambe est la plus fréquente. C’est une tumeur molle, qui se laisse déprimée, lobulée, souvent grenue, sensible à la palpation et lors de la contraction musculaire. Elle s’affaisse lors de l’élévation du membre ou après la pose d’une bande élastique. La perception d’un thrill ou d’un souffle vasculaire à l’auscultation est possible. Le scanner et l’IRM montrent l’aspect vacuolaire et la radiographie des calcifications plus ou moins fines qui correspondent à des phlébolithes et parfois une réaction périostée sur l’os adjacent. L’artériographie injecte la tuméfaction, montre sa localisation dans le muscle, son éventuelle extension en dehors du corps musculaire, l’existence d’artère afférente, de fistule artérioveineuse et recherche d’autres localisations témoignant d’une angiomatose plus diffuse.
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur
[K4,I4]
Édit. 2017
angoisse du psychotique l.f.
anxiety of the psychotic patient
Angoisse souvent désorganisatrice, non régulée par des mécanismes de défense névrotiques (conversion, déplacement, etc.), plus marquée dans les psychoses aigües et lors des phases évolutives des psychoses chroniques.
Dans les états psychotiques aigus inauguraux, l'angoisse traduit la soudaineté du bouleversement et les fluctuations de l'expérience du patient. L'effraction brutale de la psychose, par l'indistinction de soi et du monde qu'elle entraîne, donne une tonalité particulière à cette angoisse que rien ne limite et qui va du vécu de morcellement à celui de néantisation.
Dans les poussées processuelles y compris schizophréniques, ces effets peuvent être moins sensibles quand des aménagements ont pu être trouvés.
Considérée par S. Freud comme une réaction d'alarme archaïque surgie de l'intérieur de soi, cette angoisse se produit, selon J. Lacan, chaque fois que l'image spéculaire, le double imaginaire, se trouve désarrimée et se présente au sujet dans un fonctionnement autonome, inducteur d'investissements délirants terrifiants de certaines parties du corps.
→ angoisse
[H3,H4]
Édit. 2017
anhydrase carbonique l.f.
carbonic anhydrase
Enzyme qui catalyse une réaction réversible d'hydratation du dioxyde de carbone (CO2) en solution dans l'eau produisant l'acide carbonique, qui perd aussitôt un proton pour donner un ion bicarbonate.
Il en existe au moins sept isoenzymes chez l'Homme ; l'isoenzyme II est prépondérant dans l'hématie. Elle joue un rôle majeur dans la régulation respiratoire du pH sanguin.
[C1]
Édit. 2017
anion superoxyde l.m.
superoxide anion
Molécule d'oxygène portant un électron supplémentaire qui constitue un radical libre hautement réactif et toxique.
L'ion superoxyde O2- est un radical libre chargé négativement, de durée de vie extrêmement courte, capable de provoquer des réactions d'oxydation dans les cellules et dans les lipides membranaires.
La formation des ions superoxydes se produit dans de multiples localisations cellulaires sous l'effet de l'oxygène et par divers systèmes enzymatiques de transfert d'électrons. Les macrophages et les polynucléaires sont particulièrement équipés d'une NADPH-oxydase flavinique membranaire qui synthétise des ions superoxydes utiles pour détruire les substances phagocytées. L'anion superoxyde se forme aussi par la réaction d'oxydation de la xanthine catalysée par la xanthine-oxydase, lorsque cet enzyme devient actif au cours de la réoxygénation d'un tissu anoxique.
→ superoxyde-synthétase, superoxyde dismutase
[C1]
Édit. 2017
anite n.f.
anal inflammation
État inflammatoire de la muqueuse du canal anal se traduisant sur le plan clinique par des phénomènes douloureux (brûlure, prurit) et sur le plan endoscopique par un aspect érythémateux, congestif et parfois érosif avec exulcérations.
Les causes sont multiples. L'origine vasculaire exclusive est contestée, bien que l'on ait décrit une anite bleue (masse bleutée par transparence) et une anite rouge (artériolaire). En fait l'anite est le plus souvent associée à une réaction inflammatoire de la muqueuse rectale réalisant une anorectite qui peut être iatrogène (due aux suppositoires, à une radiothérapie, aux antibiotiques), parasitaire (oxyurose), infectieuse (maladie sexuellement transmissible), etc.
L'anite peut être localisée au niveau des cryptes de la ligne pectinée, point de départ de l'infection des canaux d'Hermann et Desfosse, vecteurs de la fistule anale.
[L1]
Édit. 2017
anticorps anti-RNP l.m.
anti-RNP antibody
Auto-anticorps réagissant avec un antigène nucléaire soluble de nature ribonucléoprotéinique, présent à un titre élevé dans le sérum de la plupart des malades atteints de connectivite mixte et à titre plus faible dans le sérum de certains malades atteints de lupus érythémateux disséminé, syndrome de Gougerot-Sjögren, polyarthrite rhumatoïde et sclérodermie.
En immunofluorescence indirecte sur préparation contenant des noyaux entiers, les anticorps anti-RNP donnent une fluorescence mouchetée. Leur présence dans le sérum peut être confirmée par réaction de précipitation en gel ou par immunotransfert. Les études immunochimiques ont montré qu’ils réagissent avec une ribonucléoprotéine nucléaire soluble de petite taille ou U1snRNP faite de plusieurs protéines liées à du U1-ARN. Les épitopes avec lesquels réagissent les anti-RNP sont portés par la protéine 70kDa de U1snRNP.
→ lupus érythémateux disséminé, connectivite mixte, Gougerot-Sjögren (syndrome de), polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie.
antistreptolysine n.f.
antistreptolysine
Anticorps produits par l’organisme au cours des infections par les streptocoques bêta-hémolytiques du groupe A.
La détection des antistreptolysines O (A.S.L.O.) peut se faire en mesurant la capacité du sérum à inhiber in vitro l’hémolyse des hématies par une solution standardisée d’hémolysine streptococcique ou, plus couramment maintenant, par une réaction mesurant par néphélémétrie l’agglutination par le sérum du malade de particules de polystyrène sensibilisées par de la streptolysine O. Dans le sérum humain normal le taux d’A.S.L.O. ne dépasse pas 200 unités internationales par mL. Dans les suites d’une infection à streptocoque bêta-hémolytique du groupe A, il y a une élévation progressive des A.S.L.O. qui atteignent leur maximum au bout de 2 à 4 semaines et peuvent rester élevées pour plusieurs mois. L’élévation des A.S.L.O. s’accompagne généralement de la présence d’anticorps spécifiques d’autres antigènes streptococciques (antistreptohyaluronidases, anti-streptokinases, antistreptodornases et antistrepto-désoxyribonucléase-B). Le streptozyme test permet la mesure simultanée des ces différents anticorps.
AP-1 sigle angl. pour :
1) Activator Protein-1.
Protéine formée de deux sous-unités appartenant aux familles Jun et Fos (ou ATF), dimérisée par une fermeture-éclair à leucine.
Le terme AP-1 couvre un ensemble de facteurs de transcription inductibles homodimériques ou hétérodimériques, induits par divers stimulus (stress oxydant, cytokine, etc.).
AP-1 est un facteur de transcription provoquant l'expression de nombreux gènes de la réaction inflammatoire. Les corticostéroïdes liés aux récepteurs des glycocorticoïdes sont des antagonistes de cet effet transactivateur.
2) le premier des quatre Adaptor Protein complex AP-1, AP-2, AP-3, AP-4.
Protéine transmembranaire formée de quatre sous-unités qui sont associées avec les organites subcellulaires dans les cellules avec des voies d'endocytose ou de sécrétion.
AP-2 appartient à la membrane plasmique et participe à l'internalisation rapide des récepteurs d'endocytose.
AP-1, AP-3 et AP-4 sont associées aux membranes des vésicules transgolgiennes et des endosomes et jouent un rôle dans les mécanismes de sécrétion en liant à la membrane les protéines cargo qui transportent les produits de sécrétion.
apathie n.f.
apathy
Insensibilité, indifférence, absence de réaction aux stimulus habituels, acceptée sans inquiétude par un patient dont les intérêts intellectuels sont amoindris à des degrés variables.
Elle se rencontre dans des circonstances diverses, par ex. : confusions mentales à leur début, intoxications (alcool, cannabis, etc.), états commotionnels, démences organiques, chocs affectifs. Une indolence innée, parfois associée à une arriération intellectuelle (débilité apathique), est possible.
appendicite n.f.
appendicitis
Inflammation de l'appendice iléo-caecal.
Affection extrêmement répandue, justifiant l'appendicectomie qui est l'intervention abdominale la plus fréquemment réalisée en France actuellement. L'appendicite aigüe peut revêtir de nombreuses formes histologiques : inflammation, suppuration, nécrose. Elle peut être responsable de la formation d'abcès avec collection purulente autour de l'appendice, de péritonite généralisée ou de plastron appendiculaire : réaction scléro-inflammatoire locorégionale avec agglutination des organes intra-abdominaux autour du foyer septique appendiculaire. L'appendicectomie est particulièrement difficile dans cette circonstance.