Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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voyage en avion n.m.

aeroplane, fixed wings aircraft

On distingue trois sortes d’avions : à piston et hélice, à turbopropulseur et hélice et les avions à réaction.
Les premiers (petits avions) utilisés surtout par les pilotes privés, volent lentement (200  km/h), les avions à piston sont petits et se posent sur 300 m de piste en herbe. Ils peuvent servir pour les déplacements des médecins de brousse et même comme petites ambulances, notamment dans les pays à vastes étendues peu peuplées comme en Australie, Afrique ou Amérique du Sud.
Les turbopropulseurs sont plus rapides (500 km/h), plus vastes mais utilisent mal les mauvaises pistes. Équipés en ambulance ils permettent des soins en vol. Les compagnies commerciales utilisent ces avions pour desservir les villes voisines d’un grand aéroport.
Les avions à réaction volent à 800 km/h ils ont un grand rayon d’action (transcontinentaux) mais sont tributaires des pistes en dur assez longues des grands aérodromes. Les avions de ligne sont maintenant presque tous des jets à grand rayon d’action, on peut y aménager un compartiment sanitaire permettant les soins de réanimation. Les jets d’affaire dont certains ont les mêmes possibilités que les avions de ligne sont très utilisés pour les transports de réanimation difficile, mais leur coût est élevé ce qui en restreint l'usage. Préférer un transport en avion de ligne si possible,
Les jets supersoniques (Concorde) sont uniquement des avions de ligne. Ils sont actuellement supprimés, mais de nouveaux modèles sont à l'étude. Ils sont très rapides (près de 2 000 km/h) et volent très haut (20 000 m). Un dispositif de surveillance des rayons cosmiques est en service pour détecter les éruptions solaires afin de faire redescendre l’avion plus bas pour le protéger, s'il y a lieu. Étant donné leur rapidité ces avions pourraient être intéressants pour le transport de patients fragiles nécessitant peu de soins et pouvant voyager assis quelques heures.
Les voyages par avion exposent les passagers à quelques désagréments, mineurs en général du fait des variations d’altitude. Chez les sujets à risque, la station assise prolongée lors de longs vols peut entraîner des troubles circulatoires pouvant être graves.

barotraumatismes, cosmiques (rayons), position assise prolongée (syndrome de la), transport des patients en avion

voyage psychédélique n.m.

psychedelic trip

En psychiatrie, expérience psychédélique faite en petit groupe sous la direction d'un gourou.
Elle se déroule de la façon suivante : 1. prise orale ; 2. quinze minutes après : manifestations sympathomimétiques désagréables avec tachycardie, hyperthermie, hypersialorrhée, sueurs, hypertension artérielle, rougeur du visage, mydriase, frissons et tremblements ; sensation de bien-être en cas de consommation régulière d'hallucinogènes ; 3. trente minutes après, et pendant quatre à vingt-quatre heures : troubles de la conscience avec atteinte du cours de la pensée, désorientation temporospatiale et altérations du contact ; troubles psychosensoriels avec hyperesthésie visuelle et auditive ; troubles thymiques avec euphorie ; troubles du comportement.

voyage pathologique en psychiatrie l.m.

psychiatric pathological trip

En psychiatrie, déplacement plus ou moins éloigné ou durable, sans but logique, symptomatique de manifestations psychiatriques inaugurales ou en évolution, qui se différencie de la plupart des fugues réactionnelles et des errances confuses ou démentielles.
Chez l'adulte, toute la nosographie peut être concernée, en particulier : l'épilepsie (observation classique de H. Legrand du Saulle, 1877, en fait discutable) ; un état névrotique, surtout hystérique, avec son vécu crépusculaire ; une dépression, p. ex. mélancolique, fréquent équivalent ou prodrome d'une conduite suicidaire ; une personnalité psychopathique, avec souvent alcoolisme et/ou toxicomanie ; une activité délirante, qui peut donner lieu p. ex. à des parcours volontiers stéréotypés, incompréhensibles, chez les schizophrènes, ou à des déplacements, voire des déménagements répétés chez des paranoïaques (persécutés migrateurs, A. Foville, 1799-1878) ; l'émergence ou plutôt la révélation d'une affection psychiatrique à l'occasion d'un voyage, voire d'une transplantation.
A contrario, la notion de voyage thérapeutique, maintenant dépouillée de son romantisme, a pris une place plus technique parmi les thérapies institutionnelles.

H. Legrand du Saulle, psychiatre français (1830-1886) ; A. L. Foville, fils, psychiatre français (1799-1878)

dromomanie, fugue chez l'enfant et l'adolescent