Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

8 résultats 

conseil national du sida l.m.

Organisme ayant pour mission « de donner son avis sur l’ensemble des problèmes posés par le sida et de faire au Gouvernement toute proposition utile ».
Il est consulté sur les programmes d’information, de prévention et d’éducation pour la santé, établis par le gouvernement, les organismes publics et l’agence nationale de lutte contre le sida.

[D1,E]

Kaposi (maladie de) du sida l.f.

Kaposi's syndrome, Kaposi's sarcoma in AIDS

Maladie de Kaposi observée chez des patients infectés par le VIH, particulière par une forte évolutivité, par l'absence de localisation préférentielle aux membres inférieurs et par la fréquence de l'atteinte muqueuse, notamment palais et tube digestif.
Il s'agit non pas d'un sarcome à proprement parler mais d'une hyperplasie endothéliale multifocale soumise à des facteurs de croissance endothéliaux et susceptible de régresser spontanément.  Il semble aujourd’hui admis que la maladie de Kaposi du sida est induite par un Herpes Virus KSHV (ou HHV8), mais des cofacteurs sont probables : prédominance masculine (90%), prédilection pour les homosexuels masculins, rôle de l'immunodépression et de la sécrétion par les lymphocytes T infectés par le VIH de substances angiogéniques.
Les traitements les plus efficaces sont l'interféron alpha, la bléomycine, la radiothérapie.

Syn. sarcome de Kaposi (terme impropre) du sida

mélanodermie du sida l.f.

diffuse hyperpigmentation in AIDS

Hyperpigmentation diffuse décrite chez les sujets, surtout à peau foncée ou noire, en phase terminale de sida avec multiples infections par germes opportunistes et dont l'étiopathogénie, encore mal comprise, est probablement multifactorielle.

Étym. gr :  melas, melanos : noir ;  derma : peau

sida acr. pour Syndrome d’Immuno Déficience Acquise

aids (Acquired ImmunoDeficiency Syndrome)

Syndrome d’immunodéficience consécutive à une infection par les virus de l’immunodéficience humaire (VIH).
Environ 42 millions de personnes ont été contaminées par le VIH jusqu’en 2003,  dont 95% vivent dans des pays du tiers monde. On dénombre chaque année en France environ 5 000 nouveaux cas de contamination par le VIH.
Le virus peut être transmis par contact, hétérosexuel ou homosexuel, par le sang (piqûre accidentelle, échange de seringues par les utilisateurs de drogues, transfusions ou injections de produits sanguins contaminés), ou par transmission de la mère à l’enfant à travers le placenta, lors de l’accouchement ou par l’allaitement. Après une primo-infection suivie d’une période asymptomatique de durée variable, caractérisée par une production massive de virus et de lymphocytes T avec diminution progressive du nombre de lymphocytes T CD4 circulants, avec effondrement du rapport T4/T8, la période de sida est caractérisée par une lymphadénopathie généralisée progressive accompagnée d’infections à germes opportunistes, de tumeurs et de manifestations neurologiques.
Les traitements associant des inhibiteurs de transcriptase inverse et des antiprotéases permettent, dans les cas favorables, d’abaisser la virémie au-dessous du seuil de détection des méthodes d’amplification par réaction en chaîne de la polymérase (PCR). Cependant, l’action de ces traitements sur le réservoir de virus (cellules dendritiques au sein des tissus lymphoïdes) n’est pas encore démontrée.
Au cours de la grossesse, le virus se transmet au foetus avec une fréquence supérieure à 20%  en l’absence de traitement, essentiellement au moment du passage dans la filière génitale. Le traitement par les médicaments rétroviraux pendant la grossesse permet de réduire l’infection fœtale à moins de 10%, voire maintenant à probablement moins de 5% .

virus de l'immunodéficience humaine, séropositif au VIH

sida (manifestations rénales du) l.f.p.

aids (renal damage in)

Atteintes rénales, fréquentes et polymorphes au cours de l’infection par le VIH, dont les unes sont spécifiques et les autres en rapport avec une coinfection ou une thérapeutique.
Toutes les structures rénales sont concernées. A côté du syndrome HIVAN, forme la plus classique, tous les autres types de glomérulopathie sont possibles. Les vaisseaux peuvent être le siège d’une microangiopathie thrombotique. Les lésions tubulaires sont en rapport avec une infection, une toxicité médicamenteuse ou une cristallurie. L’interstitium est le siège de lésions infectieuses ou immuno-allergiques, parmi lesquelles le DILS et l’IRIS sont en relation directe avec le virus.

sida, HIVAN (syndrome), DILS, IRIS

SIDA (présentation) sigle f. pour Sacro-Iliaque Droite Antérieure

right anterior sacro-iliac presentation

Orientation d’une présentation du siège dont le sacrum se trouve en regard de l’éminence iliopectinée droite du bassin maternel.

sida (signes cutanés du) l.m.p.

aids skin signs

VIH (signes cutanés de l'infection par le)

sida (urgence et) l.f.

emergency and aids

Prise en charge en urgence de sujets atteints de sida, qui ne pose pas de problème très particulier concernant le patient, mais qui, lors des secours aux blessés, concerne le personnel soignant pour éviter une contamination à laquelle sont particulièrement exposés les chirurgiens, les anesthésistes, les endoscopistes, les infirmières et les intervenants en urgence.
Il est difficile de savoir si la victieme d’un accident est infectée par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) : aussi la prudence doit-elle être de règle. Les chirurgiens courent le risque de piqûres infectantes, les anesthésistes peuvent être contaminés lors des manipulations d’intubation et les infirmières lors des soins. Tous doivent porter des gants suffisamment protecteurs et être particulièrement prudents. En cas de contamination du personnel soignant, une déclaration doit être faite.
Les traitements antiviraux ont peu d’interaction avec les anesthésiques ; en revanche, l’état d’immunodépression et les infections opportunistes compliquent la réanimation.