Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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abacavir n.m.

Antirétroviral, analogue de la thymidine, inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse, prescrit, par voie orale, en association, dans le traitement de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine.
L'abacavir est un analogue structural des bases puriques mais il diffère notablement d'autres inhibiteurs de la transcriptase inverse (didanosine, lamivudine, stavudine, zalcitabine, AZT) par le substrat osidique (didésoxyribose) qui est ici remplacé par un simple noyau carbocyclique. Les résistances à l'abacavir sont le résultat de mutations dans le gène codant la transcriptase inverse.

Étym. Etymologie

→ thymidine,  transcriptase inverse, sida

[D1, G5]

Édit. 2020

Abbott (corset d') l.m.

Abbott plaster

Corset plâtré employé dans le traitement des scolioses.

E. Abbott, chirurgien orthopédiste américain (1913)

→ scoliose

[G5, I1, O1]

Édit. 2020

abcès de fixation l.m.

fixation abcess

Thérapeutique historique des états infectieux par l’injection sous-cutanée d’essence de térébenthine.

Étym. lat. abcessus, d’abcedere : s’éloigner

→ térébenthine

[D1, G5]

Édit. 2020

abciximab l. m.

Anticorps monoclonal, de la famille des immunoglobulines G, ayant des propriétés d’antiagrégant plaquettaire par blocage des récepteurs GPIIb/IIIa à la surface de la membrane plaquettaire.
L'abciximab inhibe l'agrégation plaquettaire en empêchant la liaison du fibrinogène, du facteur Willebrand et des autres molécules adhésives aux récepteurs GPIIb/IIIa des plaquettes actives. Il est utilisé dans la prévention des complications de l’angioplastie coronaire percutanée. La fonction plaquettaire revient à la normale entre 24 et 48 heures après la fin de la perfusion.

[F3,F4,G5,K3]

Édit. 2017

abus n.m.

abuse

1) Au sens général, usage injustifié ou excessif de quelque chose ou d’un pouvoir.
2) En médecine, utilisation excessive et volontaire, permanente ou intermittente, d’une ou de plusieurs substances psycho-actives ou non, ayant des conséquences préjudiciables à la santé physique ou psychique.
Lorsque cet abus est constaté, le médecin est invité à faire une déclaration auprès du centre régional de pharmacovigilance (article R. 5121-153 du Code de la santé publique). L’abus de substances psycho-actives doit faire l’objet d’une déclaration auprès du centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance (article R. 51232-97 du Code de la santé publique)

[G5]

Édit. 2016

abuser v.tr.

to abuse

→ mésuser

[G5]

Édit. 2016

ABVD sigle f. pour l’association classique en chimiothérapie d'Adriamycine-Bléomycine-Vinblastine et Déticène.

[F2,G5]

Édit. 2016

acalabrutinib n.m.

Inhibiteur de la tyrosine kinase de deuxième génération dont l’action est plus sélective sur la tyrosine kinase de Bruton.

→ leucémie lymphoïde chronique, tyrosine kinase, tyrosine kinases (inhibiteurs des)

[G3,G5]

Édit. 2017

acarbose n.m.

Inhibiteur des alpha-glucosidases intestinales qui hydrolyse les polysaccharides en monosaccharides absorbables, utilisé dans le traitement du diabète de type 2.

→ alpha-glucosidase, polysaccharide, monosaccharide, diabète de type 2

[G5,R1]

Édit. 2018

acaricide adj.

Médicament actif contre les acariens, en particulier Sarcoptes scabiei, agent de la gale.
Produit utilisé en application cutanée, par ex. le benzoate de benzyle.

Étym. gr. acarie : petit insecte

[D1, G5]

Édit. 2020

accoutumance n.f.

habituation

1) Au sens général :
tolerance
Processus de durée variable par lequel une cellule, un individu ou une population est capable d'accepter une modification du milieu.
2) En pharmacologie :
tolerance
Phénomène qui consiste en une diminution progressive de la sensibilité de l'organisme à un médicament ou à un toxique et qui se traduit par la nécessité d'augmenter la dose pour obtenir le même effet.
Si l'accoutumance est obtenue très rapidement, elle prend le nom de tachyphylaxie. L'accoutumance peut conduire, pour certaines substances, en particulier psychotropes, à la pharmacodépendance et à la toxicomanie.

Étym. de la fin du XIIe siècle acustumer du lat. ad… : vers ; de la fin du XIe siècle custume ; du lat. pop. cosetudine ; du lat. clas. consuetudinem : coutume

→ tachyphylaxie, toxicomanie, psychotropes, pharmacodépendance, mithridate, mithridatisme

[C3,E1,G3,G4,G5]

Édit. 2017

acétate de chlormadinone l.m.

chlormadinone acetate

Dérivé halogéné de la 17 hydroxy-progestérone dépourvu d'effet androgène, largement prescrit comme médicament progestatif.

[G5,O3,O4]

Édit. 2016

acétate de cyprotérone l.m.

cyproterone acetate

Dérivé halogéné de la 17-hydroxy-progestérone à effet anti-androgène et antigonadotrope.
La médication est un inhibiteur compétitif de la liaison de la 5 alpha-dihydrotestostérone à son récepteur  au niveau des cellules cibles.  Il est prescrit pour traiter l'acné, l'hirsutisme et entre dans la composition de pilules contraceptives à visée anti-androgène. La médication est de moins en moins utilisée depuis qu’il a été établi qu’elle est responsable de méningiomes, pour la plupart progressivement régressifs à l’arrêt du traitement.
L’effet antigonadotrope et antiandrogénique est aussi mis à profit dans certaines formes de cancer de la prostate.

[G5, J1, O3, O4]

Édit. 2020

acétate de médroxy-progestérone l.m.

medroxy-progesterone acetate

Dérivé de la 17-hydroxy-progestérone très faiblement androgénique.

[G5,O3,O4]

Édit. 2016

acétate d'éthynodiol l.m.

ethynodiol acetate

Norstéroïde dérivé de la 19-noréthistérone fortement antigonadotrope, à effet androgène marqué.

[G5,O3,O4]

Édit. 2016

acétazolamide n.m.

acetazolamide

Inhibiteur de l'anhydrase carbonique, utilisé à la fois dans le traitement préventif des paralysies périodiques (PP) hypo- et hyperkaliémiques, en fait d'efficacité inconstante, et dans l'étude du débit sanguin cérébral régional.
Son mode d'action thérapeutique est attribué actuellement à une acidose métabolique induite, susceptible de produire des modifications de l'excitabilité de la cellule musculaire.
Sur les PPhypo, il n'est efficace qu'à des doses élevées (1 à 2g/24h), au prix d'effets secondaires possibles, notamment la formation de calculs rénaux (10% des cas), qui nécessitent une surveillance régulière. Un régime pauvre en glucides et en sodium éventuellement associé à des sels de potassium, peut être utile, au moins partiellement. Dans les PPhypo thyrotoxiques, ajouté au traitement de l'hyperthyroïdie, l'acétazolamide est inefficace, voire aggravateur, mais le propanolol ou d'autres bêtabloquants sont actifs.
Sur les PPhyper, il agit dans 90% des cas, à des doses nettement moindres que dans les formes hypokaliémiques. D'autres substances comme le sulfate de salmabutol sont employées. Parmi les mesures hygiénodiététiques, un régime riche en glucides, l'exercice musculaire, l'évitement du froid, des apports pauvres en sodium, sont indiqués. Dans les formes de PPhyper avec arythmie cardiaque, l'acétazolamide diminuerait la fréquence de ces accès et leur sévérité sous réserve d'adjonction de faibles doses de potassium permettant de ne pas aggraver les troubles du rythme.
L'étude du débit sanguin cérébral régional avant et après acétazolamide, vasodilatateur, en SPECT (single photon emission computed tomography), permet d'évaluer la "réserve circulatoire".

[B2,C1,C2,G5,H1]

Édit. 2016

acétyldigoxine n.f.

acétyldigoxine

Glucoside cardiotonique extrait des feuilles de Digitalis lanata, bien résorbé par voie digestive.

[G3,G5,K2]

Édit. 2016

aciclovir n.m.

aciclovir

Nucléoside de Synthèse, analogue de la guanosine, inhibant sélectivement la réplication de certains virus herpès (herpes simplex virus (HSV) 1 et 2, varicelle zona virus).
Il est préférentiellement phosphorylé par la thymidine kinase des HSV et du virus varicelle-zona, il est ensuite incorporé par l’ADN-polymérase dans la chaîne d’ADN en formation, bloquant ainsi son élongation. Les résistances à l’aciclovir sont le résultat de mutations des gènes viraux codant la thymidine kinase et/ou l’ADN-polymérase.
Il nécessite pour être actif une triphosphorylation en aciclovir triphosphate par une thymidine kinase viro- induite avant d'inactiver l'ADN-polymérase virale. Ce médicament est administré par voie buccale, en crème dermique et en pommade ophtalmologique. Il l'est également par voie intraveineuse dans certaines formes graves d'herpès, de varicelle et zona.
Le valaciclovir, ester de la L-valine et de l'aciclovir, s'administre par voie orale.

Gertrude Elion, pharmacologue américaine, prix Nobel de médecine en 1988 (1977)

[D1,G5]

Édit. 2016

acide acétylsalicylique l.m.

acetylsalicylic acid

Ester de l'acide acétique avec la fonction phénol de l'acide salicylique, médicament anti-inflammatoire non stéroïdien, antalgique, antipyrétique et anti-agrégant plaquettaire.
A faibles doses (100-325 mg), l’acide acétylsalicylique induit rapidement une inhibition irréversible, par acétylation, de la cyclo-oxygénase 2 plaquettaire et se traduit par une diminution de la production de thromboxane A2 (TXA2), agent agrégant et vasoconstricteur. Cette efficace action antiagrégante est largement utilisée dans la prévention secondaire des accidents vasculaires cérébraux et coronariens.
Irritant pour la muqueuse digestive, son utilisation répétée, à doses plus élevées, pour lutter contre les douleurs et la fièvre, peut favoriser l'apparition d'un ulcère gastrique ou œsophagien (parfois par incrustation dans la muqueuse s’il y a stagnation dans l’œsophage ou l’estomac en cas d’ingestion d’un comprimé non délité) et provoquer des hématémèses. Des réactions allergiques peuvent également survenir chez environ deux sujets sur mille.
Médicament essentiel de l'OMS.

Syn. aspirine,

→ anti-inflammatoire non stéroïdien

[C1, G5]

Édit. 2020

acide chaulmoogrique l.m.

chaulmoogric acid

Acide (cyclopentényl-2)-13-tridécanoïque.
Acide gras cyclique présent dans l'huile de chaulmoogra (Gynocardia odorata) et dans d'autres huiles de graines de plantes tropicales (Hydnocarpus).
Ces huiles ont été utilisées contre la lèpre en raison de leur pouvoir bactéricide

[C1, D1, G5]

Édit. 2020

acide clavulanique l.m.

clavulanic acid

Inhibiteur des bêta-lactamases utilisé en thérapeutique anti-infectieuse pour restituer l’activité bactéricide des pénicillines sur des souches bactériennes résistantes par production de pénicillinases.

→ pénicillines

[C1, D1, G5]

Édit. 2020

acide cromoglycique l.m.

cromoglicic acid

Antiasthmatique de type chromone utilisé sous forme de sel de sodium (cromoglicate de sodium) en poudre pour inhalation (aérosol), au moyen d'un appareil permettant la synchronisation avec l'inspiration.
Cette bichromone exerce essentiellement une action préventive sur les asthmes d'origine allergique. Elle inhibe la dégranulation des mastocytes et la libération de médiateurs bronchoconstricteurs, pro-inflammatoires et chimiotactiques (histamine, prostaglandines, leucotriène). Elle ne semble pas empêcher le conflit antigène-anticorps ; elle ne possède aucune action antiinflammatoire ou antihistaminique ou bronchodilatatrice.
Médicament essentiel de l'OMS (liste complémentaire).

[C1,G3,G5,K1]

Édit. 2017

acide folinique l.m.

folinic acid

Acide N5-formyltétrahydrofolique.
Dérivé de l'acide folique, facteur de croissance de Leuconostoc citrovorum, d'où les noms qu'on lui a donné de leucovorine, citrovorine et citrovorum factor.
Il est utilisé en thérapeutique comme facteur hématopoïétique contre les effets des antifoliques.
 Syn. leucovorine

[C1,F1,G3,G5]

Édit. 2017

acide formyltétrahydrofolique l.m.

formyltetrahydrofolic acid

Dérivé formylé de l'acide tétrahydrofolique, qui constitue une forme réactive de l'acide formique dans le métabolisme des radicaux monocarbonés.
Il y a deux dérivés formylés isomères : le N10-formyltétrahydrofolique et le N5-formyltétrahydrofolique. Le premier est directement impliqué dans la biosynthèse des nucléotides puriques, et il est formé par transfert de ce radical formyle à partir de la glycine, de l'histidine ou du tryptophane ; il se transforme réversiblement en son dérivé cyclique, le N5-N10-méthényltétrahydrofolique (précurseur lui-même du N5-N10-méthylènetétrahydrofolique). Le second, encore appelé acide folinique, a été identifié avec la leucovorine ou facteur citrovorum, c'est-à-dire un facteur de croissance indispensable à certains microorganismes tels que le Leuconostoc citrovorum, utilisé en thérapeutique comme antidote des antifoliques.

[C1,F1,G5]

Édit. 2017

acide fusidique l.m.

fusidic acid

Antibiotique bactériostatique, inhibiteur de la synthèse protéique bactérienne, habituellement actif sur les staphylocoques sensibles à la méticilline et inconstamment sur les staphylocoques résistants à celle-ci.
Il a une bonne diffusion tissulaire, à l’exception du tissu méningé et son élimination est biliaire. Il se prescrit par voie orale, en association avec un autre staphylococcique, sur les données de l’antibiogramme. Il comporte aussi une préparation à usage externe, sous forme de crème.

[C1, D1, G5]

Édit. 2020

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