Grisel (syndrome de, torticolis de) l.m.
Grisel’s syndrome
Syndrome spécifique à l’enfant qui, dans un contexte fébrile, associe un torticolis aigu lié à une contracture des muscles pré- et périvertébraux cervicaux due à une inflammation ou infection du nasopharynx ou de l’espace rétropharyngé, et ceci en dehors de toute notion de pathologie osseuse ou de traumatisme.
Il s’accompagne d’une subluxation rotatoire de l’atlas.
P. Grisel, chirurgien français (1930)
Syn. torticolis naso-pharyngien
angiofibrome nasopharyngien l.m.
nasopharyngeal angiofibroma
[F2,K4,P1]
Édit. 2017
fibrome nasopharyngien l.m.
nasopharyngeal angiofibroma
Tumeur vasculaire développée au pourtour choanal, atteignant le sexe masculin lors de la puberté et qui se révèle par une obstruction nasale associée parfois à des épistaxis abondantes et récidivantes.
Le diagnostic repose sur la rhinoscopie postérieure et la fibroscoscopie naso-pharyngée. La suspicion de cette tumeur contre-indique toute biopsie du fait des risques hémorragiques et impose une tomodensitométrie et une artériographie.
Le traitement est chirurgical. Pour réduire le risque hémorragique qui est important, on pratique une embolisation pré-opératoire en même temps que l’artériographie.
→ rhinoscopie, fibroscopie, épistaxis, embolisation
[F5,P1]
Édit. 2018
Gellé (torticolis de) n.f.
Gellé’s torticollis
Torticolis secondaire à une irritation du sternocléidomastoïdien par une lésion de l’oreille interne telle qu’une otite suppurée.
M-E. Gellé, otorhinolaryngologiste français (1899)
Étym. lat. tortum collum : cou tordu
torticolis n.m.
torticollis, stiff neck, wryneck
Dénomination de l’ensemble de toutes les positions vicieuses de la tête ainsi que de la torsion du cou, avec inclinaison latérale de la tête, due à la contraction de l’un des deux muscles sternocléidomastoïdiens ou à celle du trapèze et du splénus.
On distingue plusieurs types de torticolis d’origine cicatricielle, neurologique ou dus à des lésions rachidiennes. Certains sont d’origine ORL : le torticolis nasopharyngien de Grisel dû à l’infection de l’espace rétropharygien provoque une luxation atloïdo-axoïdienne ; le torticolis auriculaire de Gellé, lié à la contraction irritative du muscle sternocleidomastoïdien, est consécutif à une affection de l’oreille telle qu’une otite moyenne aigüe. Le torticolis congénital secondaire à une tumeur fibreuse du muscle sternocléidomastoïdien apparaissant dès la naissance ou peu après, sans traumatisme obstétrical patent, a le plus souvent une résolution spontanée. Le torticolis réflexe est provoqué par une atteinte inflammatoire de voisinage du sternocléidomastoïdien.
P. Grisel, chirugien français (1930) ; M-E. Gellé, otorhinolaryngologiste français (1899)
Étym. lat. tortum collum : cou tordu
→ Grisel (torticolis nasopharyngien de) , Gellé (torticolis auriculaire de)
[I1]
Édit. 2018
torticolis aigu l.m.
acute torticollis, Grisel's disease
Attitude en inflexion latérale et en rotation de la tête et du cou d’apparition rapide dans un contexte infectieux.
Il est dû habituellement à une infection vertébrale cervicale ou des tissus adjacents.
P. Grisel, chirurgien français (1930)
Étym. lat. tortum collum : cou tordu
torticolis congénital l.m.
congenital torticollis
Attitude de la tête et du cou en inflexion latérale et rotation de la tête du côté opposé à l’inclinaison, par rétraction du muscle sternocléidomastoïdien.
La déformation est parfois visible dès la naissance ; elle s'accroit avec le développement du cou sans allongement concomitant du muscle rétracté. Sa pathogénie est discutée. Le torticolis par lésion congénitale du rachis cervical rentre dans le cadre des torticolis ostéo-articulaires.
Étym. lat. tortum collum : cou tordu
torticolis nystagmique l.m.
nystagmic torticollis
Déviation de la tête destinée à favoriser le blocage du nystagmus, la tête tournée dans le sens opposé à la direction de regard de moindre nystagmus.
Étym. lat. tortum collum : cou tordu
torticolis oculaire propre l.m.
proper ocular torticollis
Torticolis destiné à annuler la diplopie ou à favoriser la vision binoculaire dans une paralysie oculomotrice ou un strabisme de type phorotropique.
Étym. lat. tortum collum : cou tordu
torticolis ostéoarticulaire ou osseux l.m.
osteoarticular torticollis
Attitude de la tête et du cou en mauvaise position par lésion congénitale ou acquise des vertèbres cervicales.
Étym. lat. tortum collum : cou tordu
torticolis spasmodique l.m.
spasmodic torticollis, torticollis spastica
Dystonie cervicale caractérisée par des spasmes musculaires responsables d'une déviation invincible de la tête qui est le plus souvent latérale (latérocolis), plus rarement de son rejet en arrière (rétrocolis) ou de sa flexion (antécolis).
Plus fréquente chez la femme, débutant en général vers la quarantaine, elle est la source d'un important handicap. L’attitude anormale de la tête, parfois douloureuse, est entrecoupée de secousses et accentuée par le mouvement volontaire ou le maintien postural. Elle est partiellement réduite lors du sommeil et, souvent aussi de façon temporaire, par un geste dit "antagoniste" tel que la palpation du menton du côté de la déviation. Les rémissions spontanées, parfois transitoires, sont rares et l'évolution se fait plutôt vers une aggravation pendant les cinq premières années avant de se stabiliser.
Le torticolis spasmodique est le plus souvent idiopathique bien qu’une transmission autosomique dominante ou à pénétrance variable soit possible. Il survient rarement dans les suites d’un traumatisme cervical. Il est parfois associé à un tremblement essentiel, à une affection neurologique (maladie de Wilson). Des causes médicamenteuses doivent être recherchées (neuroleptiques, dopaminergiques). L’hypothèse d’une origine purement psychiatrique est exclue.
La toxine botulinique en injections locales périodiques procure une amélioration chez plus de la moitié des patients. La thérapeutique peut faire appel aux anticholinergiques, aux benzodiazépines, au baclofène, éventuellement à la lévodopa et enfin à la kinésithérapie. Des interventions chirurgicales sont parfois proposées.
S. A. K. Wilson, neurologue britannique (1912)
Étym. lat. tortum collum : cou tordu