schizonte n.m.
schizont
Stade évolutif asexué des sporozoaires (Plasmodium en particulier) d’abord multinucléé, puis dont la division individualise un nombre de mérozoïtes variable selon les espèces et qui, pour les Plasmodium, adoptent dans le sang une disposition régulière : « corps en rosace », « corps en marguerite ».
Plasmodium
Plasmodium
Protozoaire responsable du paludisme.
Il existe quatre espèces de Plasmodium parasites de l’homme : Plasmodium falciparum, P. vivax, P. ovale et P. malariae. Ces parasites se multiplient intensément par un processus de reproduction asexuée chez l’Homme (hôte intermédiaire), d’abord dans le foie (développement pré-érythrocytaire) puis dans le sang (cycle endo-érythrocytaire). Leur reproduction sexuée s’effectue chez un moustique du genre anophèle. Sur un étalement ou une "goutte épaisse" de sang coloré au Giemsa, les Plasmodium apparaissent avec des formes et des tailles variables mais généralement, avec un cytoplasme bleu clair et un ou plusieurs noyaux rouge foncé.
L'agent du paludisme a été identifié pour la première fois en 1880, à l'hôpital de Constantine, par le Français A. Laveran, parasitologue, médecin militaire français, membre de l’Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1907
Plasmodium falciparum
Plasmodium falciparum
Plasmodium parasite de l’Homme, responsable de la forme la plus grave du paludisme par ses complications, notamment neurologiques (accès pernicieux), souvent mortelles.
C’est le Plasmodium le plus largement répandu dans le monde. Il sévit toute l’année dans les pays équatoriaux où il subit cependant des recrudescences saisonnières. Dans les régions subtropicales, il ne survient qu’à la période chaude et humide. Le cycle endo-érythrocytaire a une périodicité de deux jours qui conditionne le rythme de répétition des accès fébriles (fièvre tierce maligne). L’évolution est d’une seule tenue (la durée de l’infection chez l’homme est habituellement inférieure à un an), sans rechute. La parasitémie peut être très importante (jusqu’à 200 000/µL), et la drépanocytose (hémoglobinose S) exerce une certaine protection. Morphologiquement, cette espèce est caractérisée sur un frottis de sang parasité coloré au Giemsa, par des trophozoïtes très grêles, "en bague à chaton", sans pigment endo-érythrocytaire apparent, avec un polyparasitisme fréquent. Les schizontes âgés sont absents du sang périphérique. Les gamétocytes, très caractéristiques, ont une forme arquée, à extrémités arrondies ("formes en saucisse") et à cytoplasme lilas pour les gamétocytes males, et à extrémités pointues ("formes en croissant") et cytoplasme bleu pour les gamétocytes femelles. Plasmodium falciparum est le seul Plasmodium humain à pouvoir être cultivé in vitro. Expérimentalement, il peut être inoculé à certains singes (Aotus trivirgatus) qui sont utilisés pour des essais thérapeutiques ou vaccinaux.
Plasmodium malariae
Plasmodium malariae
Plasmodium responsable de la fièvre quarte qui, contrairement aux trois autres espèces plasmodiales humaines, n’est pas strictement spécifiques de l’homme mais peut être retrouvé chez certains singes.
Cette espèce a une répartition tropicale et subtropicale cosmopolite mais très inégale. Elle sévissait jadis en Europe (delta du Danube) d’où elle a maintenant disparu. Sur le plan clinique, le paludisme à Plasmodium malariae est surtout caractérisé par la longueur de son évolution (plusieurs dizaines d’années parfois), qui n’est pas liée à la présence de formes exo-érythrocytaires quiescentes (hypnozoïtes) qui n’ont jamais été mises en évidences, mais qui résulte de la très longue persistance de parasitémies infradécelables. Il s’agit donc de recrudescences et non pas de rechutes palustres. La parasitémie est habituellement modérée (5.000 à 50.000 µL). Morphologiquement, cette espèce est caractérisée, sur un frottis sanguin coloré au Giemsa, par des hématies parasitées plus petites que la normale, avec des trophozoïtes en "bague à chaton", des schizontes âgés en "écharpe" ou en "bandelette équatoriale". Il n’existe pas de granulations mais un abondant pigment mélaniquee. Les gamétocytes sont sphériques ou ovoïdes et il existe des corps en rosace très réguliers, comprenant 6 à 12 noyaux ("corps en marguerite") avec un pigment dense au centre. Le cycle évolutif chez l’homme (cycle schizogonique) est de 72 heures, entraînant la périodicité quarte (un accès tous les trois jours) du paludisme correspondant.
Plasmodium ovale
Plasmodium ovale
La plus rare des quatre espèces plasmodiales de l’homme, limitée à quelques foyers africains, à l’origine d’une fièvre tierce bénigne.
Morphologiquement, elle est très voisine de Plasmodium vivax mais, contrairement à cette espèce, elle peut parasiter les sujets du groupe sanguin Duffy négatif qui sont très fréquents parmi les populations de race noire. La parasitémie est habituellement faible ou très faible (1.000 à 30.000 µl). Sur un frottis sanguin coloré au Giemsa, on observe des hématies parasitées plus grandes que la normale, ovalaires ou frangées, contenant de nombreux grains de Schüffner. Les trophozoïtes occupent environ le 1/3 de l’hématie, les schizontes âgés se présentant sous forme de masses arrondies, amœboïdes. Les gamétocytes ressemblent à ceux de P. vivax, en plus petits et les corps en rosace sont irréguliers avec 8 à 10 noyaux et un pigment brunâtre central.
Plasmodium vivax
Plasmodium vivax
Agent de la fièvre tierce bénigne dont la répartition est mondiale, avec une prédominance dans les zones tempérées.
Plasmodium vivax ne peut pas infester les sujets du groupe sanguin Duffy négatif, très nombreux en Afrique, ce qui explique son absence en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Chez l’Homme, le développement exo-érythrocytaire est très particulier, par la formation de stades quiescents, les hypnozoïtes, responsables des rechutes et par sa durée très variable qui conditionne la longueur de l’incubation. Cette durée peut aller de 7 à plus de 300 jours, selon les souches, ce qui conduit à décrire des sous espèces : Plasmodium vivax hibernans, P. vivax vivax. La parasitémie est d’intensité moyenne (20.000 à 80.000 µL). Sur des frottis sanguins colorés au Giemsa, les hématies parasitées sont plus grandes que la normale, et contiennent de nombreux grains de Schüffner. Les trophozoïtes ont une forme en "bague à chaton" et occupent le quart ou le tiers de l’hématie. Les schizontes âgés se présentent sous forme de masses arrondies, amiboïdes, avec de nombreuses granulations de Schüffner. Les corps en rosace ont 16 à 24 noyaux avec un pigment noir central. Les gamétocytes sont arrondis ou ovalaires avec du pigment et des granulations de Schüffner.