amanite phalloïde l.f.
amanite phalloid
De son ancien nom Amanita phalloides, resté usuel en raison de son importance considérable, espèce du nouveau sous-genre Lepidella, à anneau, marge non striée et spores amyloïdes, responsables de fréquents accidents graves, voire mortels parce que contenant de fortes quantités de phallotoxines et d'amatoxines, polypeptides cycliques résistant au chauffage lors de la cuisson même prolongée du champignon récolté par erreur. Le goût agréable et le caractère retardé des symptômes en font un champignon particulièrement dangereux. L'intoxication phalloïdienne évolue en trois phases : une phase de latence durant en moyenne 12 heures (de 6 à 36 heures), une phase digestive durant 1 à 3 jours, marquée par des douleurs abdominales, une diarrhée et des vomissements conduisant dans les cas graves à une hypotension et des désordres hydro électrolytiques. La troisième phase est marquée par l’atteinte du foie qui débute 36 heures après le repas et qui atteint son maximum le cinquième jour.
On distingue trois formes de gravité croissante: les formes bénignes caractérisées par une diarrhée et des douleurs abdominales durant 3 à 5 jours et une atteinte du foie modérée, évoluant favorablement; les formes de gravité intermédiaire caractérisées par un tableau d'hépatite aiguë qui évoluent vers la guérison complète en 2 à 3 semaines; les formes graves caractérisées une insuffisance hépatocellulaire aigue avec encéphalopathie, ictère, chute des facteurs de la coagulation. Il peut s’y associer une atteinte rénale. Une hospitalisation doit être réalisée en urgence, le traitement est symptomatique (rééquilibrage hydro-électrolytique avec correction de l’hypoglycémie, de l’acidose métabolique, administration d’antiseptiques intestinaux) et en cas d’hépatite fulminante nécessité d'une transplantation hépatique en super urgence. La mortalité est élevée dans les formes graves d’environ 15 % et particulièrement chez les enfants de moins de 10 ans.
Cette intoxication peut être causée par d’autres champignons toxiques (autres amanites et petites lépiotes), mais dans 95 % des cas, c’est l’Amanite phalloïde qui est en cause.
→ syndrome panthérinique, accidents précoces par ingestion de champignons, phallotoxine, amatoxine
[D2, G4, L1]
Édit. 2020