Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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antibiotique (spectre d'efficacité d'un) l.m.

spectre of efficiency of an atibiotic

Détermination de l'activité d'un antibiotique vis-à-vis de l'ensemble des espèces de bactéries.
L’activité de l’antibiotique sur les espèces bactériennes est testée in vitro et évaluée en quatre classes :
- espèce habituellement sensible : plus de 90 % des souches de l’espèce sont sensibles ;
- espèce modérément sensible : l’antibiotique est modérément actif et des résultats cliniques satisfaisants peuvent être observés lorsque les concentrations au site de l’infection sont supérieures à la concentration minimale inhibitrice ;
- espèce inconstamment sensible : la proportion de résistance acquise est variable, la sensibilité est donc imprévisible en l’absence d’antibiogramme ;
- espèce résistante : au moins 50% des souches de l’espèce sont résistantes.

Étym. angl. antibiotic, du gr. anti : contre ; biotikos : qui sert à l’entretien de la vie

antibiotique, antibiotiques (mécanisme d'action des), antibiotiques (résistance aux)

antibiotique adj.et n.m.

antibiotic

Substance capable d’empêcher la reproduction des bactéries (bactériostatique) ou de les détruire (bactéricide) en bloquant certaines réactions enzymatiques.
Actuellement le terme antibiotique est réservé à l’action sur les bactéries, pour l'action sur les virus, on parle d'antiviral.
Les antibiotiques sont produits par des micro-organismes (bactéries, champignons actinomycètes) Par extension ce groupe inclut des agents comme les sulfonamides et les quinolones qui sont synthétiques.
Selon leur formule chimique et leur mécanisme d’action on groupe les antibiotiques en familles : bêta-lactamines, aminoglucosides ou aminosides, chloramphénicol et apparentés, tétracyclines, macrolides, polypeptides, rifamycines, glycopeptides, nitro-imidazoles, quinolones, antituberculeux, etc.
Les antibiotiques sont prescrits à près de la moitié des patients hospitalisés, mais une bonne part des traitements est actuellement quantitativement ou qualitativement inefficace parce que donnés contre des germes mal identifiés ou parce que la posologie est mal adaptée. Outre le gaspillage onéreux qui en résulte, cela favorise l’apparition de résistances microbiennes qui compliquent le traitement des autres malades. Pourtant la monothérapie est suffisante dans la plupart des infections extrahospitalières.
Certaines associations avec d‘autres médicaments peuvent entraîner des effets secondaires et parfois des complications graves.

Étym. angl. antibiotic, du gr. anti : contre ; biotikos : qui sert à l’entretien de la vie

antibiotiques (mécanisme d'action des), bactéricide, bactériostatique

antibiotique concentration-dépendant l.m.

Antibiotique dont l’efficacité est corrélée au pic plasmatique : aminosides, imipenem, fluoroquinolones (sur les bactéries à Gram négatif), métronidazole.

[G3]

concentration minimale bactéricide d'un antibiotique l.f.

minimal bactericidal concentration

Concentration minimale d’un antibiotique, déterminée en laboratoire vis-à-vis d’une souche bactérienne et ne laissant se développer qu’un nombre de survivants égal ou inférieur à 0,01 pour cent d’un inoculum de 10 puissance 6 bactéries par ml.

[G3]

disque d'antibiotique l.m.

disk (antimicrobial)

Pastille de papier buvard, imprégné d’un antibiotique à une certaine concentration, qui est utilisée pour étudier la sensibilité d’une souche bactérienne aux antibiotiques dans l’une des méthodes de détermination de la CMI, la méthode de diffusion en milieu solide ou méthode des disques.
Après ensemencement en surface d’un milieu solide, par inondation, avec la souche à tester, des disques contenant chacun un antibiotique sont déposés sur le milieu gélosé. Après solubilisation de l’antibiotique par l’humidité du milieu, il s’établit un gradient de concentration de l’antibiotique autour de chaque disque. Après incubation, il est observé autour des disques un halo ou zone circulaire d’inhibition de la croissance bactérienne, dont le diamètre est mesuré et comparé à des diamètres critiques.

peptide antibiotique l.m.

antibiotic peptide

Peptide naturel ou de synthèse,doué de propriétés bactériostatiques vis-à-vis de certaines espèces bactériennes.
Parmi les peptides antibiotiques les plus connus on trouve les pénicillines, les gramicidines, les actinomycines, les bacitracines, la colistine. Ils sont généralement caractérisés par la présence dans leur structure d'acides aminés de la série D.

probabiliste (traitement antibiotique) l.m.

Traitement antibiotique entrepris, devant un syndrome infectieux, sur des arguments cliniques, sans prélèvements bactériologiques préalables ou avant les résultats de ceux-ci.

quotient inhibiteur d'un antibiotique l.m.

Rapport de la concentration plasmatique de ce médicament sur la concentration minimale inhibitrice mesurée in vitro.
Dans le cas d’un antibiotique dont l’activité est temps-dépendante, le quotient inhibiteur doit être au moins supérieur à 1  pour qu’il ait une efficacité thérapeutique.

concentration minimale inhibitrice

temps-dépendant (antibiotique) l.m.

Antibiotique dont l’activité antibactérienne est liée à une prescription respectant un intervalle de doses précis.
Ceci concerne surtout les bêtalactamines et les glycopeptides.

spectre n.m.

spectrum

1) En physique, image obtenue par la dispersion, à l’aide d’un prisme ou d’un réseau, d’un rayonnement émis par une source généralement lumineuse.
Il représente la distribution de l’intensité du rayonnement en fonction d’une dimension caractéristique telle que longueur d’onde, énergie, impulsion, masse de particules ; il met en évidence des valeurs particulières, dites raies ou pics, permettant ainsi de caractériser le matériau émetteur.
2) En thérapeutique, éventail des espèces bactériennes sur lesquelles l’antibiotique exerce son action bactériostatique ou bactéricide.
Le spectre d’un antibiotique est d’autant plus étendu qu’est grand le nombre d’espèces microbiennes sensibles à cet agent thérapeutique.
3) En psychiatrie, notion qui a d’abord désigné une dimension morbide considérée dans une perspective unitaire.
Le spectre obsessionnel va d'un comportement normal à une névrose avec doutes, vérifications et obsessions, en passant par un style particulier de conduite ("obsessive style").
Le concept de spectre génétique repose initialement sur une fréquence, plus élevée dans les familles de schizophrènes, d'états non schizophréniques mais jugés apparentés : personnalités schizotypiques, paranoïaques, psychopathiques, divers troubles des conduites comme l'alcoolisme.
Des études épidémiologiques récentes ont confirmé l'intérêt des notions de spectre dans des domaines aussi variés que ceux des troubles de la personnalité et de l'autisme infantile.

spectre caractéristique l.m.

characteristic spectrum

Distribution du rayonnement de fluorescence (lumière ou rayons X) émis par une espèce atomique.
Elle est propre à l’espèce atomique et permet de l’identifier.

rayonnement de fluorescence, spectrométrie

spectre continu l.m.

continuous distribution

Distribution d'un rayonnement dont les éléments peuvent présenter toutes les valeurs (énergie des particules ou des photons, longueur d'onde) comprises entre deux limites.

spectre de raies l.m.

line spectrum

Distribution d'un rayonnement dont les éléments ne présentent que des valeurs définies et en nombre limité.
Ex.: spectres des rayons X de fluorescence et des rayons

spectre doppler l.m.

doppler spectrum

Syn. analyse spectrale

analyse spectrale

spectre d'hôtes l.m.

host range

1) Ensemble des espèces susceptibles d’être infectées par un agent infectieux donné ou de représenter une source de sang pour un arthropode hématophage déterminé.
2) Pour un phage, un virus ou un plasmide, liste des souches dans lesquelles il peut se répliquer.
Ces souches peuvent appartenir à la même espèce ou à des espèces différentes ; en fonction de la spécificité de l’agent, le spectre d'hôtes sera plus ou moins large ou étroit.

Étym. lat. spectrum : simulacre

spécificité d'hôtes, barrière d'espèce

spectre (d'un rayonnement) n.m.

radiation spectrum

Distribution d'un rayonnement en fonction d'une qualité physique des éléments qui le composent.
Pour un rayonnement de particules matérielles, on considère généralement, en fonction de leur énergie cinétique individuelle (E), soit la distribution en nombre dN/dE (où dN est le nombre infinitésimal de particules dont l'énergie est comprise entre E et E+dE), soit la distribution en énergie E.dN/dE (E.dN est l'énergie totale transportée par ces dN particules).
Pour les rayonnements électromagnétiques on représente généralement la distribution de l'énergie rayonnée (W), soit en fonction de la longueur d'onde λ (c'est-à-dire dW/dλ) soit en fonction de l'énergie (E) des photons (c'est à dire dW/dE), selon que prédomine l'aspect ondulatoire (cas de la lumière et des rayonnements de plus grande longueur d'onde) ou l'aspect quantique (cas des rayons X et γ).
Le spectre d'émission se rapporte au rayonnement provenant de la source.
Le spectre d'absorption d'un rayonnement électromagnétique dans un milieu donné se rapporte à l'absorption relative selon la longueur d'onde ou l'énergie des photons.

spectre oto-palatodigital l.m.

oto-palatodigital spectrum

fronto-oto-palatodigitale (dysplasie)

spectre visible l.m.

visible spectrum

Intervalle dans lequel les ondes électromagnétiques sont perceptibles par l'œil humain.

troubles du spectre de l'autisme l.m.p.

Dénomination actuelle de la DSM 5 (diagnostic and statistical manual or mental disorders) regroupant l’ensemble du syndrome d’autisme.

autisme, autisme (modèles physiopathologiques)