antithyroïdiens de synthèse, l.m.p.
antithyroid drugs
Médicaments inhibant la synthèse des hormones thyroïdiennes, mis à profit dans le traitement des hyperthyroïdies.
Ce sont tous des dérivés de la thio-urée. L’action antithyroïdienne de la thio-urée a été fortuitement découverte par Astwood à l’occasion de l’apparition de goitres chez des animaux de laboratoire soumis à la sulfaguanidine ou à la carbamide. Il en développa l’utilisation chez les Hommmes.
Deux classes thérapeutiques sont actuellement commercialisées : les imidazolines soufrées ou mercapto-imidazolines (thiamazole anciennement dénommé méthimazole, et carbimazole) et les dérivés du thio-uracile (propylthio-uracile et benzylthio-uracile). Ces médications agissent au sein de la thyroïde en bloquant les réactions d’oxydation et d’organification de l’iode, et de couplage des iodotyrosines. De plus les dérivés du thio-uracile réduisent l’activation de T4 en T3 au niveau des tissus périphériques en inhibant la désiodase de type 1. Les antithyroïdiens de synthèse n’entravent pas la pénétration de l’iode dans la thyroïde ce qui rend possible la réalisation des scintigraphies thyroïdiennes chez les patients soumis à ces traitements.
Sous traitement prolongé par antithyroïdien se réduisent les titres d’anticorps antirécepteuer de la TSH, ce qui permet l’extinction du pouvoir thyrostimulant responsable de la maladie de Basedow, et autorise l’interruption du traitement, souvent après 18 mois à 2 ans. En revanche les antithyroïdiens ne peuvent obtenir la guérison des autres causes d’hyperthyroïdie, liées notamment aux nodules et goitres mutinodulaires toxiques ; ils constituent alors seulement un mode de préparation au traitement radical radio-isotopique ou chirurgical. Les antithyroïdiens ne sont pas indiqués dans les états thyrotoxiques liés aux thyroïdites subaigües, silencieuses ou iatrogènes.
Les antithyroïdiens sont des traitements efficaces et ordinairement bien tolérées. Surtout lors des premières semaines suivant leur initiation, peuvent être constatés dans 1-5% des effets indésirables mineurs, souvent transitoires : rashs cutanés, réaction urticarienne, épigastralgies, arthralgies, réaction fébriles, modifications du goût, raréfaction de la chevelure, perturbations discrètes des fonctions hépatiques, pancréatites, leuconeutropénie transitoire… Ceux-ci nécessitent parfois le changement de classe de l’antithyroïdien.
Des effets indésirables sévères sont très rares (moins de 1% des cas) mais parfois dramatiques : surtout agranulocytoses aigües soit brutales de nature toxo-allergique, soit résultant d’une leuconeutropénie progressivement aggravée (ce qui justifie la recommandation de la surveillance des hémogrammes tous les 10 jours durant les 2 premiers mois du traitement, ou immédiatement en cas de fièvre ou d’angine), hépatites cytolytiques ou rétentionnelles, hypoglycémies auto-immunes liés à des anticorps anti-insuline, vascularites à anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles (ANCA) surtout lors des traitements prolongés par un thio-uracile.
Les antithyroïdiens sont à manier avec beaucoup de prudence au cours de la grossesse du fait de leurs risques embryopathiques et hépatiques.
Edwin Bennett Astwood, médecin américain (1941)
→ antithyroïdiens, hyperthyroïdie, biosynthèse des hormones thyroïdiennes, thyroïdites subaigües, agranulocytose, vascularite, anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles
[G5, O4]
Édit. 2019