Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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béribéri n.m.

beriberi

Polynévrite sensitivomotrice parfois compliquée d’une encéphalopathie et d’une atteinte cardiaque, secondaire à une carence en thiamine ou avitaminose B1.
L’atteinte neurologique périphérique est en tous points superposable à celle de la polyneuropathie alcoolocarentielle et les manifestations centrales qui peuvent lui être associées sont du type Gayet-Wernicke. Classiquement, le « béribéri sec » correspond à la forme neurologique pure. L’atteinte cardiaque est dénommée « béribéri humide » car elle se manifeste par des oedèmes des membres inférieurs et par des épanchements des séreuses, réalisant, dans sa forme suraigüe accompagnée d’acidose lactique, le shoshin béribéri.
Cette affection, fréquente en Extrême-Orient lors de la consommation de riz poli donc dépourvu de vitamine B1, apparaît après environ un mois de carence en thiamine pyrophosphate, métabolite actif de la thiamine.
La conduite à tenir est surtout préventive, évitant la consommation de riz sans écorce (riz blanc ou riz poli, plus attractif que le riz rouge) et en prescrivant de la vitamine B1 en cas de malnutriton ou de malabsorption. La réponse au traitement vitaminique est rapide et totale.
C’est à un médecin militaire néerlandais, Christiaan Eijkman (1858-1930), par l’observation à Batavia (actuel Jakarta) de troubles de l’équilibre de poulets nourris au riz blanc plutôt que complet, qu’on doit la découverte de l’importance dans l’alimentation de la vitamine B1, première vitamine individualisée. Ses travaux lui valurent en 1929 l’attibution du prix Nobel de Physiologie ou Médecine.

C. Eijkman, 1858-1930, médecin militaire et bactériologiste néerlandais, prix Nobel de médecine en 1928

Étym. cingalais, beri : faiblesse, traduit en néerlandais par beriberi

thiamine, Gayet-Wernicke (encéphalopathie de), shoshin béribéri, acidose lactique

Édit. 2017