barbiturique n.m.
barbituric drug, barbiturate
1) En anesthésie-réanimation, médicament sédatif, somnifère et anticonvulsivant, dérivé de l’acide barbiturique (2,4,6-trioxyhexahydropyrimidine), synthétisé à partir de l’urée et de l’acide malonique.
Ils sont de moins en moins employés pour l’induction de l’anesthésie générale (anesthésiques intraveineux d’action rapide et courte pour des actes brefs) car cette utilisation est contrindiquée dans les porphyries et les insuffisances hépatiques.
On emploie le thiopental et le thiamylal (thiobarbituriques comportant un atome soufre en position 2 à la place de l’atome d'oxygène) ou le méthohexital (oxybarbiturique comportant un radical méthyle en position 1).
Le thiopental a été utilisé pour la première fois en anesthésie par Waters et Lundy (1934).
2) En psychiatrie, très largement utilisés auparavant pour leurs propriétés hypnotiques, sédatives et anticonvulsivantes, les indications des barbituriques se réduisent progressivement avec l'apparition de produits plus efficaces ou aux effets secondaires moindres, notamment les benzodiazépines.
On les distingue surtout selon leur durée d'action : immédiate et brève (30 minutes, pour anesthésie) ; rapide (moyenne de 5 à 6 heures) ; intermédiaire (8 heures, formes supplantées par les hypnotiques non barbituriques) ; lente (jusqu'à 24 heures).
Leur mécanisme d'action implique une diminution de l'excitabilité des neurones par action sur les récepteurs GABAergiques.
À côté de la tolérance adaptative croisée avec les autres dépresseurs du système nerveux, il existe une tolérance rapide par induction enzymatique : l'abus des barbituriques donne lieu à une dépendance physique (comme avec l'alcool) et à une toxicomanie.
À faibles doses, ils sont anxiolytiques, désinhibiteurs et euphorisants. Ils entraînent une ivresse, une diminution de la coordination motrice et de la maîtrise des émotions, ainsi qu'une somnolence. À fortes doses, en fonction de leur durée d'action, ils provoquent une dépression respiratoire avec hypotonie, coma, hypothermie, troubles du rythme cardiaque et myosis réactif.
Étym. allemand de barbitursäure : acide malonique (extrait de la bette) et urique (adj. tiré d'«urée»).Cette étymologie est incertaine.
Édit. 2017