Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

27 résultats 

absorption visuelle (système d') l.m.

absorption system

Système de vision des couleurs dû à l'absorption sélective d'une partie des longueurs d'onde du spectre par les milieux transparents de l'œil.
On parle de système d'absorption pathologique quand s'ajoute à l'absorption normale physiologique d'une partie des longueurs d'onde de la lumière l'absorption excessive de certaines d'entre elles, habituellement dans les courtes longueurs d'onde, par ex. dans l'évolution de la cataracte.

Étym. lat. absorbere : absorber

[C2,P2]

Édit. 2016

acuité visuelle l.f.

visual acuity

Capacité de distinguer de petits détails et la forme des objets, très élevée dans la seule partie centrale de la rétine.
Elle est mesurée en clinique à l'aide d'optotypes représentant des lettres ou des images familières pour les enfants.
Il est classique de distinguer plusieurs types d'acuité :
- l'acuité morphoscopique ou de reconnaissance : capacité de lire une lettre, un symbole ou une image ;
- la résolution spatiale : capacité de détecter la présence d'un motif répétitif sans signification, le plus souvent un réseau de barres alternées blanches et noires ou un damier ;
- le minimum visible ou acuité de détection : capacité de détecter le plus petit objet visible, variante du précédent, rarement utilisé ;
- le minimum de décalage, ou acuité Vernier ou hyperacuité : capacité de détecter le plus petit décalage entre deux lignes ;
- le minimum séparable : capacité de détecter la plus petite distance qui permet de distinguer deux points ou deux lignes.
Dans la pratique clinique, seule l'acuité morphoscopique fovéale est mesurée. L'acuité s'exprime en dixièmes d'une norme établie à l'unité (soit 10/10 ou 1) dans les pays de tradition latine. Les pays anglo-saxons utilisent une fraction fondée sur le mètre (6/6) ou le pied (20/20). On peut enfin utiliser la dimension angulaire du plus petit objet reconnu. La norme a été établie à une valeur d'une minute d'arc, correspondant à 30 cycles par degré ou 10/10. La résolution spatiale est très supérieure à l'acuité morphoscopique, s'élevant jusqu'à 60 cycles par degré pour un sujet normal dans les meilleures conditions d'éclairement. On peut aussi mesurer l'acuité visuelle sur toute la surface de la rétine. Elle chute rapidement en dehors de la zone fovéale. Au-delà de 10 degrés d'excentricité, elle conserve une valeur proche de 1/10 (1,0 log ARM) jusqu'à la proximité de l'ora serrata.

Étym. lat. acutus : aigu, pointu

[P2 ]

Édit. 2017

acuité visuelle angulaire l.f.

angular visual acuity

Acuité visuelle dont la mesure repose sur la reconnaissance de l’orientation d’un optotype.

Étym. lat. acutus : aigu, pointu

[P2 ]

Édit. 2017

acuité visuelle dynamique l.f.

dynamic visual acuity

Discrimination visuelle de la plus petite forme en mouvement.

Étym. lat. acutus : aigu, pointu

[P2]

Édit. 2017

acuité visuelle morphoscopique l.f.

morphoscopic visual acuity

Acuité visuelle dont la mesure repose sur la reconnaissance d’une forme.

Étym. lat. acutus : aigu, pointu

[P2]

Édit. 2017

acuité visuelle statique l.f.

static visual acuity

Discrimination de la plus petite forme immobile visible en vision centrale.

Étym. lat. acutus : aigu, pointu

[P2 ]

Édit. 2017

acuité visuelle (tests de mesure de l') l.f.

visual acuity tests

Acuité visuelle subjective mesurée à l’aide d’optotypes.
Pour la mesure de loin, on utilise des optotypes en présentation groupée (en ligne), la présentation isolée étant réservée aux très jeunes enfants : tests-directionnels (échelle de Snellen, anneau de Landolt), tests-images, tests-géométriques, tests-lettres (Sheridan Inserm). Des optotypes pour malvoyants sont plus gros, plus espacés, plus contrastés. Il existe des optotypes pour adultes (lettres ou chiffres en lignes en progression géométrique ou logarithmique)
Pour la mesure de près, on utilise une échelle à main (de Parinaud pour les adultes, de Rossano-Weiss, de Cadet pour les enfants, de Lissac pour les basses visions). En l’absence d’expression verbale, on peut avoir recours à la méthode d’appariement.
Si le sujet est atteint de basse vision, il est important de noter la distance de lecture, notion exigée pour un dossier d’admission dans une école spécialisée.

Étym. lat. acutus : aigu, pointu

[P2 Édit. 2017   ]

agnosie visuelle l.f.

visual agnosis

Trouble cognitif défini en tant qu'incapacité à identifier des objets ou leur représentation comme les images, les symboles graphiques, les visages, l'espace ou encore les couleurs, alors que les fonctions intellectuelles sont normales et les fonctions visuelles intègres.
Ces déficits sont observés dans des lésions des aires péristriées et associatives (aires 18 et 19 de Brodmann). Les lésions gauches entraînent des difficultés d'identification des objets avec des troubles de leur dénomination ; les lésions droites entraînent des difficultés visuospatiales et de reconnaissance des visages (prosopagnosie). De tels troubles sont décrits dans les lésions pariéto-occipitales, notamment les infarctus de l'artère cérébrale postérieure.

Étym. gr. agnôsia : ignorance (a : privatif ; gnôsis : connaissance)

[H1]

Édit. 2017

aide visuelle l.f.

 visual helps

Appareil ayant pour objet d’aider, de près et/ou de loin, le sujet malvoyant, en permettant le grossissement de l’image ou l’élargissement du champ visuel selon l’affection en cause.
Pour une atteinte centrale, on a le choix, entre des loupes, des systèmes microscopiques, télescopiques, des téléloupes ou des agrandisseurs électroniques. Pour une atteinte tubulaire du champ visuel, on a le choix entre un objectif à grand angle ou une lentille de paysagiste. Pour une hémianopsie, entre des systèmes catoptiques ou des prismes (l’un et l’autre décevants).
L’adaptation du sujet est souvent délicate.

Syn. aides visuelles optiques, aides optiques

[B3,P2]

Édit. 2017 

aire visuelle l.f.

visual area

Étendue de cortex cérébral définie par des critères cyto-architectoniques ou fonctionnels ; le critère fonctionnel utilisé est la présence d'une représentation organisée du champ visuel appelé rétinotopie.
De nouvelles aires visuelles ont été définies à partir de projections rétinotopiques plus ou moins complètes. A l'ancienne numérotation des aires visuelles par Brodmann (17-18-19, etc), fondée sur les seuls critères cyto- architectoniques, a succédé l'utilisation de la lettre V pour Visuel (V1, V2, V3, V5, etc,) ou de lettres désignant la localisation sur les gyrus (MT pour médiotemporal, PO pour pariéto-occipital, chez le singe). Si V1 est identique à l'aire 17, l'ancienne aire 18 comprend V2, V3 et V4.

rétinotopie

[A1,H5]

Édit. 2017

aire visuelle primaire l.f.

primary visual area

aire V1

[A1,H5]

Édit. 2017

brillance visuelle l.f.

visual brightness

  luminescence

Édit. 2017

capacité visuelle l.f.

visual capability

Totalité des paramètres visuels.
Les paramètres visuels sont regroupés sous quatre types de sensations : morphoscopique, lumineuse, colorée, spatiale, permettant la détection, la reconnaissance, l’identification des stimulus.

[C2,P2]

capture visuelle l.f.

visual capture

Prédominance du sens visuel, démontrée par le fait qu'en cas de conflit p. ex. entre la vision et le toucher, c'est toujours la perception visuelle qui l'emporte.

[C2,P2]

crise visuelle l.f.

visual fit, seizure

Crise épileptique partielle comportant des manifestations visuelles comme symptôme unique ou prédominant.
On peut distinguer :
- des perceptions visuelles sans objet, hallucinations élémentaires à caractère négatif ou positif, liées à une décharge au niveau des aires 16 et 17, et/ou hallucinations plus structurées, au niveau des aires associatives occipitales ;
- des perceptions visuelles altérées, illusions portant sur la forme, la taille ou le nombre des objets et des personnes (métamorphopsies), en rapport avec une décharge pariétale ou pariéto-occipitale.

épilepsie, hallucination

[H1]

direction visuelle l.f.

visual direction

Concept décrivant la localisation subjective des objets visuels les uns par rapport aux autres, en vision monoculaire ou binoculaire.
La notion de "direction visuelle", d'ordre subjectif et phénoménal, ne doit pas être confondue avec la "ligne de direction" qui est une notion géométrique d'optique physiologique.

dissociation visuelle complète l.f.

full binocular dissociation

Dissociation obtenue par la suppression totale de tout stimulus visuel structuré sur l'un des deux yeux, ce qui empêche la fusion.
La dissociation est brève si on utilise un écran opaque ou translucide ; elle est prolongée si on utilise l'occlusion complète.
Sur le plan moteur, cette dissociation peut révéler une déviation latente de type phorique, phorotropique, ou une déviation verticale dissociée pouvant déclencher un spasme musculaire, un nystagmus latent, etc.
Sur le plan sensoriel, elle réalise une privation monoculaire et participe au traitement d'une amblyopie, d'une neutralisation, d'une mauvaise dominance, etc.
Quand on utilise le terme dissociation sans spécifier, il s'agit en général de la dissociation binoculaire complète.

Étym. lat. dissociatio : séparation

Syn. dissociation binoculaire complète

dissociation visuelle incomplète l.f.

partial binocular dissociation

Dissociation obtenue en modifiant de manière variable suivant les test utilisés, les facteurs de stimulation entrant en jeu dans la vision binoculaire habituelle.
Un test de vision binoculaire sera donc plus ou moins dissociant suivant la façon dont sont modifiés ces facteurs. Savoir utiliser des tests plus ou moins dissociants est à la base de l'examen et de la rééducation orthoptique. Ainsi, sur le plan moteur, les verres striés sont moins dissociants que le synoptophore ; une occlusion partielle en diminuant l'acuité visuelle d'un œil favorise la vision de l'autre œil sans rompre la vision binoculaire ou sans révéler un nystagmus latent ou une divergence verticale dissociée, etc. Sur le plan sensoriel, une dissociation partielle bien adaptée, en présentant des images différentes à chaque œil, peut favoriser la rivalité rétinienne et la fusion.

Étym. lat. dissociatio : séparation

échelle visuelle analogique d'autoévaluation l.f.

visual analog scale

Méthode d'autoévaluation d'une sensation subjective, comme l'anxiété ou la douleur, faite par le sujet lui-même au moyen d'une réglette graduée de 0 à 10 ou de 0 à 100.
L'infirmière ou le médecin montre la réglette au patient : l'extrémité 0 correspond à  l'absence de douleur ou d'anxiété, l'autre, marquée 10 ou 100 correspond à une douleur maximale ou une anxiété extrême.
Cette méthode simple est reproductible. Elle est utilisée dans les études cliniques des médicaments analgésiques et anxiolytiques pour évaluer l'effet de la prémédication et ajuster les prescriptions d'analgésiques pour calmer la douleur aigüe post-opératoire.

C.D. Spielberger, psychologue américain (1983)

Abrév. Abrév : EVA

échelle d'anxiété de Spielberger

[E1]

Édit. 2020

fonction visuelle l.f.

visual function

Fonction complexe qui comporte de nombreux paramètres à savoir : l’acuité visuelle, l’orientation et la motricité oculaire, la vision binoculaire, la vision des couleurs, la sensibilité aux contrastes, la vision périphérique, tous ces paramètres étant difficilement dissociables.

acuité visuelle, oculomotricité, orientation spatiale, vision binoculaire, sensibilité chromatique,vision du contraste, vision périphérique

[P2]

Édit. 2018

héminégligence visuelle l.f.

visual hemineglect

Syndrome psychovisuel consistant en une perturbation des fonctions visuelles supérieures, d’origine corticale, qui se traduit par un trouble de la stratégie visuelle et du traitement de l’information visuelle : le sujet néglige ce qui est sur sa droite ou sur sa gauche selon l’hémisphère cérébral atteint (il se cogne, ne trouve pas l’objet recherché).
La physiologie de ce syndrome est encore mal définie. Chez l’adulte, l’héminégligence est le plus souvent d’origine vasculaire, parfois tumorale ou traumatique alors que chez l’enfant on évoquera plutôt une anoxie ou une maladie dégénérative.
Le diagnostic repose sur les données de l’interrogatoire, l’examen du champ visuel (normal), la normalité des potentiels évoqués visuels, l’IRM (atteinte pariéto-occipitale, unilatérale, du côté opposé à la négligence ou normalité au début de l’évolution d’une maladie dégénérative), des épreuves spécifiques (phénomène de l’extinction du champ visuel).
Une rééducation orthoptique peut aider le sujet à se réapproprier l’espace. Chez l’enfant se développe rapidement une stratégie de compensation (phénomène de plasticité cérébrale).

[H1,P2]

intégration spatiale visuelle (test d') l.m.

spatial visual integration

Test d’évaluation de la vision du contraste.
Le test utilise des images très simples du type d’alternance de bandes plus ou moins claires et sombres et plus ou moins larges sur un écran de télévision. La clarté des bandes définit le contraste et la largeur des fréquences spatiales (bandes larges, basses fréquences spatiales ; bandes très serrées, hautes fréquences spatiales).

luminance visuelle l.f.

bright luminance

luminance lumineuse

performance visuelle l.f.

visual performance

Résultats chiffrés de la quantité et qualité des paramètres de la fonction visuelle nécessaire à l’accomplissement d’une tâche.

plasticité visuelle l.f.

visual plasticity

Ensemble des modifications durables observées dans les structures ou le fonctionnement du système nerveux, en réponse à une modification de l'environnement.
Il peut s'agir de l'environnement immédiat constitué par les cellules avoisinantes, de l'influence d'autres systèmes sensoriels ou moteurs ou enfin de l'environnement physique et social de l'individu, y compris les influences culturelles, toutes ces influences recouvrant le concept d'"expérience visuelle".

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