Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

287 résultats 

carcinome basocellulaire l.m.

basal cell carcinoma

Tumeur épithéliale fréquente apparaissant surtout au visage après la cinquantaine.
Le terme carcinome est préféré à celui d'épithélioma basocellulaire. L'aspect clinique le plus courant est celui d'une lésion cutanée de forme et de dimensions variées, entourée d'une bordure « perlée ». Elle se compose, au microscope, d'amas denses ou de cordons cellulaires anastomosés, qui sont en connexion avec l'épiderme sus-jacent ou avec les annexes. On y distingue des cellules centrales basophiles, de petite taille, polyédriques ou fusiformes, dépourvues de filaments d'union, et des cellules périphériques cylindriques qui, rangées en « palissade », délimitent les boyaux de la tumeur. Les cellules du carcinome basocellulaire peuvent prendre des aspects multiples, résultant soit d'une évolution de cellules primitives vers des stades plus différenciés, comme p. ex. les évolutions kératinoïde, pilaire ou sébacée, soit de phénomène de régression, dont l'atrophie stellaire, la formation de pseudokystes et de lacunes péritumorales sont des exemples. Dans la plupart des cas, le stroma périvasculaire a une structure lâche, rappelant celle du tissu conjonctif périfolliculaire, tandis qu'une minorité des tumeurs est entourée d'une stroma-réaction plus ou moins fibreuse. Plusieurs formes cliniques ont été décrites : le carcinome plan cicatriciel, l'ulcus rodens, le carcinome bourgeonnant, le carcinome superficiel ou pagétoïde, le carcinome sclérodermiforme, le carcinome nodulaire, le carcinome basocellulaire pigmenté. L'évolution est lente ; la tumeur envahit petit à petit le derme et les structures sous-jacentes, mais ne donne jamais de métastases. Il n'y a pas de localisations muqueuses.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. cancer basocellulaire, épithélioma basocellulaire, basaliome, cancer basocellulaire

cancer spinocellulaire

[F2,J1]

cancer du sein in situ l.m.

carcinoma in situ of the breast

Tumeur épithéliale non infiltrante du sein, précurseur potentiel d'un carcinome infiltrant et dont il existe deux types : le carcinome canalaire in situ et le carcinome lobulaire in situ.
- Le carcinome canalaire in situ (ou carcinome intra-canalaire) : prolifération de cellules épithéliales malignes développée à l'intérieur des canaux galactophores, sans effraction visible en microscopie optique de la membrane basale et donc a priori sans risque d'atteinte ganglionnaire ou métastatique. Représentant 15 à 30% des nouveaux cas de cancer du sein, il est principalement évoqué devant un foyer de micro-calcifications découvert par la mammographie. Le diagnostic est établi par les macro-biopsies après repérage stéréotaxique. En fonction de l‘architecture, du grade nucléaire et de la présence ou non d'une nécrose centrale, on distingue les types "cribriforme", "micropapillaire" , "solide" et "comédocarcinome", forme la plus agressive définie par une nécrose associée à un haut grade nucléaire . Le traitement (tumorectomie et radiothérapie ou mastectomie) se fonde sur l'index pronostique de Van Nuys, basé sur le grade histologique (établi en fonction du grade nucléaire et de l'existence d'une nécrose) la taille de la tumeur et l'étendue des marges saines d'exérèse .Il tiendra compte du caractère souvent multicentrique et de la présence fréquente de foyers micro-invasifs spécialement dans les tumeurs de grande taille (supérieures à 25 mm).
- Le carcinome lobulaire in situ est une prolifération épithéliale maligne développée dans les lobules, sans effraction de la membrane basale et donc sans invasion du stroma. Il n'existe en règle, ni nécrose, ni calcification, et en l'absence habituelle de traduction clinique ou radiologique, le diagnostic est une découverte histologique lors d'une intervention pour une lésion préjugée bénigne. Souvent multifocal et bilatéral, il est difficile à différencier des lésions d'hyperplasie lobulaire atypique (avec lesquelles on les réunit sous le nom de "néoplasies lobulaires "). Il confère un risque accru de développement d'un carcinome infiltrant lobulaire ou canalaire.

cancer du sein, van Nuys (index pronostique de), maladie de Paget du mamelon

[F2,O5]

cancer bronchique à grandes cellules l.m.

giant cells indifferencied bronchial carcinoma

Carcinome non à petites cellules sans signes de différenciation épidermoïde ou glandulaire ou de sécrétions intracellulaires en microscopie optique.
Représentant 10 à 20% des cancers broncho-pulmonaires, il comporte plusieurs sous-types : carcinome neuro-endocrine à grandes cellules (exprimant en immuno-histochimie au moins un marqueur neuro-endocrine et dont le pronostic se rapproche des carcinomes à petites cellules) , carcinome basaloïde ou encore carcinome à grandes cellules claires.
On les subdivise dans la classification de l'OMS en carcinome à cellules claires par dégénérescence du cytoplasme, sans valeur pronostique particulière et carcinome à cellules géantes avec 20 à 30% de cellules ayant 4 à 6 fois la taille des autres cellules tumorales, de mauvais pronostic. De telles cellules peuvent se voir dans des territoires mal différenciés d'adénocarcinomes, moins souvent dans des territoires de carcinomes épidermoïdes. Le traitement est celui des cancers bronchiques non à petites cellules.

Syn. carcinome broncho-pulmonaire à grandes cellules, carcinome broncho-pulmonaire indifférencié à grandes cellules.

cancer bronchique, carcinome basaloide, carcinome épidermoïde

[F2,K1]

carcinome intermédiaire l.m.

basal squamous cell carcinoma (intermediary type)

Tumeur épithéliale dont les cellules se situeraient entre celles du carcinome basocellulaire et celles du carcinome spinocellulaire.
Son autonomie est fort discutable. Il s'agit probablement d'un carcinome basocellulaire bowénoïde ou d'un carcinome spinocellulaire peu différencié. Dans la majorité des cas, la nature baso ou spinocellulaire peut être mise en évidence par un examen approfondi.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. carcinome métatypique (forme intermédiaire)

carcinome basocellulaire, carcinome spinocellulaire

[F2]

carcinome pilaire l.m.

pilar carcinoma

Tumeur exceptionnelle, dont l'existence est contestée par certains, plusieurs tumeurs publiées sous ce vocable correspondant en fait à d'autres proliférations, p. ex. au kyste épidermoïde proliférant de Wilson-Jones ou à l'hidradénome à cellules claires.
On admet toutefois l'existence du trichilemmome malin, ou trichilemmocarcinome, et on considère le carcinome pilomatriciel, ou épithéliocarcinome de Malherbe, comme un carcinome pilaire émanant de la matrice pilaire. Le carcinome basocellulaire kératinisant, parfois dit « à différenciation pilaire », doit être distingué du carcinome pilaire proprement dit.

A. Malherbe, dermatologiste français (1880)

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

trichilemmocarcinome, épithéliocarcinome de Malherbe

[F2,J1]

carcinome sudoripare eccrine l.m.

carcinoma of eccrine glands, eccrine sweat gland carcinoma

Tumeur maligne des glandes sudoripares eccrines, dont l'aspect clinique est atypique, consistant en un nodule rougeâtre parfois ulcéré, siégeant principalement sur le cuir chevelu, mais pouvant également s'observer sur les paumes et sur les plantes.
L'aspect histologique le plus fréquent est celui d'une tumeur située dans le derme profond ou l'hypoderme, présentant divers degrés de différenciation, allant d'aspects glandulaires avec des lumières bordées de plusieurs assises cellulaires à des images indifférenciées ou polymorphes. L'évolution est plus ou moins rapide et se complique de métastases après quelques mois ou quelques années. Des formes histologiques particulières ont été décrites : le carcinome annexiel microkystique, le carcinome mucineux eccrine, le carcinome eccrine syringoïde et l'exceptionnel carcinome kystique adénoïde.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. hidradénocarcinome, adénocarcinome sudoripare

carcinome annexiel microkystique, carcinome mucineux eccrine

[F2,J1]

cancer broncho-pulmonaire à grandes cellules l.m.

Carcinome non à petites cellules sans signes de différenciation épidermoïde ou glandulaire ou de sécrétions intracellulaires en microscopie optique.
Représentant 10 à 20% des cancers broncho-pulmonaires non à petites cellules (CBNPC), il comporte plusieurs sous-types : cancer neuro-endocrine à grandes cellules dits ou non composites (exprimant en immuno-histochimie au moins un marqueur neuro-endocrine et dont le pronostic se rapproche de celui des carcinomes à petites cellules) , carcinome basaloïde ou encore cancer à grandes cellules claires. On les subdivise dans la classification de l'OMS en carcinome à cellules claires par dégénérescence du cytoplasme, sans valeur pronostique particulière et carcinome à cellules géantes avec 20 à 30% de cellules ayant 4 à 6 fois la taille des autres cellules tumorales, de mauvais pronostic. Les cellules de ce type de cancer peuvent se voir dans des territoires mal différenciés d'adénocarcinomes, moins souvent dans des territoires de carcinomes épidermoïdes. Le traitement est celui des CBNPC.

Syn. cancer broncho-pulmonaire indifférencié à grandes cellules, carcinome broncho-pulmonaire à grandes cellules, carcinome broncho-pulmonaire à grandes cellules.

cancer broncho-pulmonaire primitif

[A2, A3, B2, F2, K1, K3 ]

Édit. 2020

adéno-acanthome des glandes sudorales l.m.

Variété de carcinome spinocellulaire présentant des foyers de dyskératose avec ségrégation cellulaire et aspects pseudoglandulaires.
Le terme « adénoacanthome » proposé par Lever (1947) traduisait l'interprétation de l'auteur, qui considérait cette tumeur comme un carcinome des glandes sudoripares et des conduits excréteurs. Il n'est plus utilisé à ce jour, Lever ayant admis, à la suite d'autres auteurs, qu'il s'agissait d'un carcinome spinocellulaire avec dyskératose.

adenoacanthoma, pseudoglandular, adenoid squamous cell carcinoma (obs.)

Étym. gr. adên : glande ; akantha : épine ; oma : tumeur

Syn. carcinome spinocellulaire acantholytique, carcinome spinocellulaire adénoïde, carcinome spinocellulaire dyskératosique

[A3,F2,J1]

Édit. 2017

adénopathie tumorale métastatique du médiastin l.f.

mediastinal metastatic adenopathy

Atteinte de nœuds (ganglions) lymphatiques médiastinaux au cours de l'évolution d'un carcinome primitif dont le plus fréquent est le carcinome bronchique.
Cette atteinte, très fréquente, siège dans le médiastin moyen. Les adénopathies sont volontiers compressives s'accompagnant alors d'une paralysie récurrente si elles siègent à gauche ou d'un syndrome cave supérieur à droite. La bronchoscopie est un temps essentiel de l'examen. Elle est décevante lorsqu'il ne s'agit pas d'un carcinome bronchique. Les prélèvements, pour une étude histologique, sont faits par médiastinoscopie pour les adénopathies siégeant au-dessus de la carène, par thoracoscopie pour les adénopathies sous-carénaires.

Étym. gr. adên : glande ; pathê : maladie

[K1,F2]

Édit. 2017

cancer de l'ovaire l.m.

ovarian cancer

Tumeur maligne développée aux dépens d’une des structures de l’ovaire : revêtement épithélial dans 90% des cas, plus rarement stroma ou cellules germinales.
Son incidence estimée annuelle (données INVS 2011) est en France de 4600 cas et responsable de 3100 décès annuels. Ce cancer affecte 7 femmes sur 100 000, presque toujours après la ménopause, la tranche d’âge se situe entre 55 et 94 ans. C’est la 7ème cause de cancer féminin et la 4ème cause de décès par cancer (après les cancers du sein, du côlon, et du poumon). Le facteur de risque le mieux connu est génétique : 10% environ des cancers de l’ovaire apparaissent dans un contexte de prédisposition génétique souvent en rapport avec une mutation des gènes BRCA 1 ou 2. Il ne bénéficie actuellement d’aucun dépistage, que ce soit échographique, ou biologique. Il existe en effet un marqueur sérique, le CA 125 qui est ni très sensible ni très spécifique, mais par contre très utile lorsqu’il est élevé, pour suivre l’évolution sous traitement.
Concernant les tumeurs épithéliales, il peut s’agir de tumeurs séreuses (42 %) endométrioïdes (15%), mucineuses (12 %), à cellules claires (6 %), à cellules transitionnelles épithéliales mixtes. Il est découvert dans 50 à 70% des cas alors qu'il est déjà étendu au péritoine, aux viscères pelviens ou abdominaux. Envisagé lors de troubles digestifs, de douleurs pelviennes, de métrorragie, d'une ascite, le diagnostic, suggéré par l’échographie ou la tomodensitométrie pelvienne, n’est affirmé qu’à la suite d’une laparoscopie.
A côté des tumeurs franchement malignes, on distingue les tumeurs épithéliales à la limite de la malignité ou « borderline ».
Les cancers d’origine germinale sont plus rares. Il peut s’agir de séminomes, de tératomes, de dysgerminomes, de chorio-épithéliomes, de tumeurs des sinus, de tumeur des cordons sexuels. Le dosage de l’α-fœto-protéine et des β HCG est utile au diagnostic. Ces tumeurs surviennent généralement dans les trois premières décades de la vie.
Les autres tumeurs ovariennes stromales sont encore plus rares : adénocarcinomes du rete testis, carcinomes à petites cellules, carcinome neuroendocrine à grandes cellules, carcinome hépatoïde, carcinome adénoïde kystique, lymphomes malins de type Burkitt ou tumeurs conjonctives.
Le traitement est basé essentiellement sur la chirurgie et la chimiothérapie cytotoxique. Il dépend du type histologique et de l’extension précisée par la classification  de la Fédération Internationale de Gynécologie et Obstétrique : stade I, s’il s’agit d’une seule atteinte ovarienne ; stade II tumeur ovarienne étendue aux autres organes du petit bassin, Stade III tumeur ovarienne étendue au péritoine extra pelvien et / ou atteignant les ganglions rétro-péritonéaux ou inguinaux (métastases régionales), Stade IV : métastases à distance.

D. P. Burkitt, chirurgien britannique (1959)

Syn. carcinome de l’ovaire, carcinome ovarien

BRCA, CA 125, α-fœto-protéine, β HCG

[F2, O3]

Édit. 2020

cancer in situ l.m.

carcinoma in situ

Prolifération épithéliale maligne, limitée au plan du tissu qui lui a donné naissance.
Ce stade pré-invasif du cancer a tous les caractères cytologiques de malignité, mais sans franchissement de la membrane basale épithéliale. Il ne s'accompagne pas de métastase. Les expressions cliniques de cette lésion intraépithéliale sont nombreuses, tant cutanées que muqueuses (génitales, anales et buccales) ou glandulaires (mammaire lobulaire ou canalaire). Si les localisations génitales et anales semblent liées aux infections à papillomavirus, il n'en est pas de même pour les lésions buccales dont l'étiopathogénie est surtout associée à une intoxication alcoolo-tabagique.
Le terme carcinome in situ est souvent utilisé pour désigner les altérations observées dans la phase intra-épidermique de la maladie de Bowen. L'épithélioma ou carcinome intra-épidermique est également considéré par certains comme un exemple de carcinome in situ.

J. T. Bowen, dermatologiste américain (1912)

Syn. cancer intra-épithélial, carcinome in situ

cancer in situ de l'endomètre, cancer in situ du col utérin, papillomavirus, carcinome intraépidermique, Bowen (maladie de)

[F2]

cancer invasif l.m.

invasive carcinoma, infiltrative neoplasm

Tumeur maligne épithéliale ayant franchi la membrane basale et infiltrant le tissu conjonctif adjacent aux dépens duquel va se développer le stroma tumoral.
Le carcinome invasif s’oppose au carcinome intraépithélial ou carcinome in situ. La croissance invasive, infiltrative, d'un cancer est la première étape vers la formation de métastases.

Syn. cancer infiltrant, carcinome invasif

[F2]

carcinome sébacé l.m.

sebaceous carcinoma

Tumeur annexielle des sujets âgés, localisée au visage ou dans le cuir chevelu, dont l'aspect clinique est aspécifique, mais de teinte souvent orangée.
La radiodermite chronique et l'arsénicisme seraient des facteurs favorisants. La caractéristique histologique la plus importante est la différenciation de nombreuses cellules tumorales basophiles vers des éléments sébacés à aspect « en grelot », dont le cytoplasme clair et multivacuolaire renferme des gouttelettes lipidiques sur coupes après congélation. Le degré de différenciation varie toutefois d'une tumeur à l'autre. Le carcinome sébacé pourrait être considéré comme le pôle le moins différencié et le plus agressif d'un pathologique à multiples gradations, dont l'autre pôle serait le carcinome basosébacé, mieux différencié et moins invasif, l'épithélioma sébacé étant une forme moins maligne que le carcinome. Au cours de l'évolution de la tumeur, les métastases sont possibles, mais peu fréquentes. Le traitement est de préférence chirurgical.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur ; lat. sebum : suif

Syn. adénocarcinome sébacé

radiodermite chronique, arsenicisme, carcinome basosébacé

[F2,J1]

carcinome spinocellulaire adénoïde l.m.

adenoid squamous cell carcinoma

Variété histologique de carcinome spinocellulaire, surtout observée sur les parties découvertes du sujet âgé, dans laquelle de nombreuses cellules se kératinisent isolément et se détachent les unes des autres (dyskératose) : il se forme ainsi des lacunes plus ou moins étendues et parfois glanduliformes.
On y observe, en outre, tous les aspects de la dyskératose, comme la présence de grains et de corps ronds. La tumeur correspond à l'adéno-acanthome des glandes sudorales de Lever (obs.) et a été également décrite comme carcinome spinocellulaire dyskératosique ou carcinome spinocellulaire acantholytique. Pour certains auteurs, elle dériverait des follicules pileux. Il s'agit d'une néoformation peu agressive et d'évolution lente.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur ; adenoidês : qui ressemble à une glande

Syn. carcinoma dyskeratoticum segregans, carcinome dyskératosique, carcinome spinocellulaire acantholytique, adéno-acanthome, carcinome spinocellulaire dyskératosique, carcinome spinocellulaire acantholytique

[F2,J1]

épithélioma intra-épidermique l.m.

intraepidermal epithelioma

Tumeur cutanée rare qui se présente cliniquement sous la forme d'une plaque bien circonscrite, ovalaire ou polycyclique, légèrement surélevée, à surface plus ou moins squameuse et de teinte rosée ou brunâtre, caractérisée histologiquement par un remaniement épidermique limité au corps muqueux et dû à la présence dans celui-ci d'amas ou tourbillons cellulaires.
Cet aspect histologique est en réalité très diversement interprété, et l'existence même de l'épithélioma intra-épidermique, auquel ont été accolés les noms de Borst et de Jadassohn est même controversée. En effet, l'appellation épithélioma intra-épidermique de Borst-Jadassohn, ne devrait pas être conservée puisqu'elle réunit deux faits différents : d'une part, le phénomène de Borst, ou envahissement de l'épiderme par un carcinome spinocellulaire qui, ailleurs, pénètre le derme et, d'autre part, le phénomène de Jadassohn, c'est-à-dire l'origine intra-épidermique multicentrique d'un carcinome basocellulaire. Si certains pensent que, bien que rare, l'entité épithélioma intra-épidermique existe réellement en tant qu'état pré-épithéliomateux donc de carcinome in situ, pour les autres, il s'agit d'une lésion bénigne qui correspond soit à une prolifération épidermique telle que la verrue séborrhéique ou l'acanthome intra-épidermique de Haber, soit à une tumeur annexielle intra-épidermique telle que l'hidroacanthome de Smith et Coburn.

M. Borst, anatomopathologiste (1904) et J. Jadassohn (1926) dermatologue allemands ; H. Haber, dermatologue britannique d’origine tchèque (1953) ; J. G. Coburn et J. L. Smith, anatomopathologistes britanniques (1986)

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

Syn. acanthome intra-épidermique, hidroacanthoma simplex

[F5,A3,J1]

Édit. 2018

hyperplasie pseudoépithéliomateuse ou pseudocarcinomateuse l.f.

pseudoepitheliomatous hyperplasia, pseudocarcinomatous hyperplasia

Hyperplasie épidermique réactionnelle avec tendance végétante, d'évolution bénigne, mais dont l'aspect histologique simule un carcinome spinocellulaire, soit secondaire à un état inflammatoire chronique, p. ex. tuberculose végétante, soit accompagnant un processus tumoral, p. ex. le mélanome juvénile ou nævus de Spitz.
Une forme particulière relativement rare a été décrite à la face dorsale des mains de sujets âgés : il s'agit d'une tumeur arrondie, bien délimitée, peu saillante, d'aspect verruqueux, dont l'image histologique, associant une hyperplasie de l'épiderme et une métaplasie annexielle, simule l'aspect d'un kératoacanthome, d'un carcinome spinocellulaire ou d'une pyodermite végétante; son développement serait favorisé par des microtraumatismes répétés, mais surtout par la lumière solaire. Le pronostic en est favorable, quoiqu’une évolution vers un carcinome spinocellulaire ne soit pas à exclure.

J. Civatte, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1973)

Syn. hyperplasie pseudocarcinomateuse

épithélioma intra-épidermique
l.m.

intraepidermal epithelioma

Tumeur cutanée rare qui se présente cliniquement sous la forme d'une plaque bien circonscrite, ovalaire ou polycyclique, légèrement surélevée, à surface plus ou moins squameuse et de teinte rosée ou brunâtre, caractérisée histologiquement par un remaniement épidermique limité au corps muqueux et dû à la présence dans celui-ci d'amas ou tourbillons cellulaires.
Cet aspect histologique est en réalité très diversement interprété, et l'existence même de l'épithélioma intra-épidermique, auquel ont été accolés les noms de Borst et de Jadassohn, est même controversée. En effet, l'appellation épithélioma intra-épidermique de Borst-Jadassohn, ne devrait pas être conservée puisqu'elle réunit deux faits différents : d'une part, le phénomène de Borst, ou envahissement de l'épiderme par un carcinome spinocellulaire qui, ailleurs, pénètre le derme et, d'autre part, le phénomène de Jadassohn, c'est-à-dire l'origine intra-épidermique multicentrique d'un carcinome basocellulaire. Si certains pensent que, bien que rare, l'entité épithélioma intra-épidermique existe réellement en tant qu'état pré-épithéliomateux donc de carcinome in situ, pour les autres, il s'agit d'une lésion bénigne qui correspond soit à une prolifération épidermique telle que la verrue séborrhéique ou l'acanthome intra-épidermique de Haber, soit à une tumeur annexielle intra-épidermique telle que l'hidroacanthome de Smith et Coburn.

M. Borst (1904) et J. Jadassohn (1926) dermatologues allemands ; H. Haber, dermatologue britannique d’origine autrichienne (1953) ; J.G. Coburn et J.L. Smith, dermatologues britanniques (1986)

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

Syn. acanthome intra-épidermique, hidroacanthoma simplex

[A3, F5, J1]

Édit. 2020

bulge n.m.

hair bulge

Renflement de la gaine épithéliale du poil au niveau de la zone d'insertion du muscle pilo-arrecteur.
Le bulge est présent au cours de la vie adulte dans de nombreuses espèces animales pour lesquelles il sert de réservoir de cellules souches. Il n'est cependant retrouvé histologiquement chez l'Homme qu'au cours de la vie fœtale.

Étym. angl. bulge : bosse, renflement

Édit. 2017

crise végétative l.f.

vegetative fit, seizure

Crise épileptique partielle ou généralisée, comportant comme symptôme exclusif ou principal des phénomènes végétatifs : modifications du rythme respiratoire (crises apnéiques fréquentes chez le nouveau-né), variations du rythme cardiaque, de la tension artérielle, troubles vasomoteurs (pâleur, rougeur, transpiration, pilo-érection), variations thermiques, modifications pupillaires.
Elle est en rapport avec des décharges limbiques et/ou du cortex supracingulaire.

[H1]

dermatose papuleuse noire de Castellani l.f.

dermatosis papulosa nigra

Affection fréquente des sujets à peau noire, caractérisée par l'apparition sur le visage de petites papules noires dont l'aspect histologique est semblable à celui de la verrue séborrhéique, mais avec de nombreux éléments pilo-sébacés immatures dans le derme sous-jacent.

A. Castellani, dermatologue italien (1925)

Syn. dermatosis papulosa nigra

glande eccrine l.f.

Glande mérocrine dont le conduit excréteur s’ouvre par un pore directement à la surface de la peau et non pas dans un follicule pileux ou un orifice pilo-sébacé.
C’est le type des glandes sudoripares de petite taille, disséminées sur la presque totalité des téguments.

glande sudoripare

glande sudoripare l.f.

glandula sudorifera (TA)

sweat gland

Glande en tube située dans les couches superficielles de l’hypoderme ou dans la profondeur du chorion dermique, indépendante des poils et qui sécrète la sueur.
Cette glande se compose d’un segment sécréteur glomérulaire (le corps de la glande sudoripare) constitué par un tube de calibre régulier, pelotonné sur lui-même et d’un conduit excréteur (le conduit sudoripare) qui traverse le derme et l’épiderme pour déboucher à la surface de la peau. On distingue deux types de glande sudoripare : la glande eccrine, à sécrétion mérocrine, petite, se trouvant sur presque toute la surface cutanée et s’ouvrant par un pore directement à la surface de la peau ; la glande apocrine, plus volumineuse, s’ouvrant soit dans le follicule pileux, soit à l’orifice pilo-sébacé. On ne trouve ce type de glande que dans certaines régions (aisselles, mamelons, pubis, grandes lèvres, ombilic).

isthme pilaire l.m.

pilar isthmus

Portion cylindrique médiane du follicule pileux située entre l'insertion du muscle pilo-arrecteur sur un renflement épithélial, ou bulge, et l'abouchement du canal sébacé.

pili multigemini l.m.p.

pili multigemini, pili bifurcati
Cheveux caractérisant une anomalie structurelle qui consiste en l'émergence à la surface du cuir chevelu par un ostium pilo-sébacé unique de plusieurs tiges pilaires issues chacune d'un bulbe pilaire bien individualisé, chaque ostium pouvant comporter de deux à huit poils ou cheveux qui sont souvent aplatis, ovoïdes ou triangulaires.
Cette affection, localisée à certains follicules, peut être une découverte de hasard. La répartition des follicules atteints peut être diffuse ou très localisée. Le développement de folliculites responsables d'alopécies cicatricielles est fréquent.

pili bifurcati, trichostasis spinulosa

système nerveux autonome l.m.

Ensemble des structures nerveuses dont les centres de contrôle, situés en dehors du système nerveux central, régissent le fonctionnement autonome des viscères et règlent les grandes fonctions vitales et viscérales de l'organisme (respiration, circulation, thermorégulation, digestion, excrétion, fonction sexuelle) et dont les effets, habituellement globaux et relativement lents, intéressent surtout les muscles lisses et échappent au contrôle volontaire.
Le système nerveux autonome est formé de deux branches, le système sympathique ou orthosympathique, dont les neurones efférents se situent au niveau vertébral thoracique et lombaire, et le système parasympathique, issu des régions crânienne et sacrée. Le premier se manifeste notamment par une dilatation pupillaire, une vasoconstriction viscérale, une accélération du rythme cardiaque, une inhibition gastrique et intestinale, une pilo-érection ; le second a une activité généralement opposée.
Emanant de la partie latérale de la substance grise médullaire, les corps cellulaires des neurones du système sympathique empruntent les racines antérieures, de même que les neurones moteurs, mais se divisent ensuite pour former une branche efférente distincte. Dès leur sortie du rachis, ils rejoindront les ganglions sympathiques.
Les fibres du système parasympathique proviennent essentiellement du tronc cérébral et des segments sacrés S2, S3 et S4. Elles n'empruntent pas le chaînon sympathique mais vont innerver les ganglions situés près de l'organe ou à l'intérieur de celui-ci. Leurs effets activateurs sont bien moins diffus que dans le système sympathique car les divers éléments de ce système touchent des organes spécifiques.
Continuellement actif sous le contrôle de certaines parties de l'encéphale comme l'hypothalamus, le tronc cérébral et certaines parties du circuit limbique, le système nerveux autonome a une fonction tonique de base résultant d'un équilibre entre ses constituants sympathiques et parasympathiques qui sont ainsi relativement antagonistes. L'organisation des fibres comporte des centres, des neurones préganglionnaires, des ganglions et des neurones postganglionnaires qui innervent les organes effecteurs : œil, tube digestif, cœur, vaisseaux, bronches, glandes sudoripares et salivaires, vessie, organes génitaux.
L'arc réflexe viscéral sympathique comprend en général :
- un neurone efférent situé dans la corne intermédiolatérale de la moelle (1) et son axone myélinisé, relativement court, qui quitte la moelle par la racine ventrale (v) ;
- un relais dans un ganglion de la chaîne paravertébrale ou dans un ganglion prévertébral à distance de la chaîne paravertébrale avec un neurone (2) dont l'axone non myélinisé atteint l'organe cible (c) ;
- cet organe cible est innervé par un neurone sensitif en T situé dans le ganglion dorsal de la racine nerveuse (d), dont la branche afférente, traversant le ganglion paravertébral, va par le rameau communiquant blanc vers son noyau et se termine dans la moelle sur un interneurone de la corne dorsale (3) ;
- ce dernier boucle le circuit réflexe en prenant contact avec le neurone effecteur (1).
Les fibres sympathiques efférentes quittent la moelle épinière entre les segments D1 et L2. Elles forment la chaîne sympathique paravertébrale (grand sympathique). Des fibres issues des trois dernières thoraciques innervent directement la médullosurrénale qui libère dans le sang des monoamines sympathomimétiques.
Certaines fibres postganglionnaires passent dans les nerfs rachidiens par l'intermédiaire des rameaux communicants gris et assurent l'innervation des vaiseaux sanguins, des glandes sudoripares et des muscles horripilateurs.
D'autres fibres sympathiques établissent une synapse dans un ganglion prévertébral situé à distance de de la chaîne sympathique (ganglions cœliaque, mésentérique supérieur, mésentérique inférieur).
Les neurones parasympathiques sont situés dans le noyau d'Edinger-Westphal (IIIe paire de nerfs crâniens), les noyaux salivaires supérieur (VIIe paire) et inférieur (IXe paire), le noyau moteur dorsal et le noyau ambigu (Xe paire) et la partie intermédiaire des segments (S2 à S4) de la moelle sacrée. Les fibres parasympathiques, généralement assez longues, quittent le système nerveux central soit par certains nerfs crâniens, soit par les 2ème, 3ème et 4ème nerfs sacrés. La majorité des fibres longues sont regroupées dans le nerf pneumogastrique, qui assure l'innervation parasympathique du cœur (le noyau ambigu ralentit le cœur), du poumon et des bronches, du foie, du pancréas et d'une bonne partie du tube digestif.
 
Les neuromédiateurs au niveau des synapses sont la noradrénaline et l'acétylcholine qui agissent sur des récepteurs βmuscariniques ou nicotiniques, pour l'acétylcholine et adrénergiques alpha (eux-mêmes subdivisés en alpha1, alpha2 et bêta1 et bêta2), pour la noradrénaline.
 
Organisation du système nerveux :
- en haut schéma d’une unité motrice,
- en dessous système nerveux autonome : G Ganglion ; pré : neurone préganglionnaire ;
post : neurone postganglionnaire ;
- récepteurs : Mu, muscarinique (éventuel), Ni, nicotinique, Na, adrénergiques

L. Edinger, neuroanatomiste (1885) et C. Westphal (1887) neuropsychiatre allemands

Syn. système nerveux végétatif, système viscéral

Sigle SNA

système nerveux autonome (atteintes du)

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