Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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angoisse de castration l.f.

castration anxiety

Crainte éprouvée par l'enfant, dans l'évolution du complexe d’Œdipe, face à ce qu'il perçoit comme une menace de l'adulte à l'endroit de son sexe. L'issue œdipienne doit normalement en amener la résolution.
Se dit aussi, par extension, de manifestations d'angoisse survenant chez des sujets névrosés dans des situations rappelant la problématique œdipienne.

angoisse

[H3,H4]

Édit. 2017

castration n.f.

castration

Opération comportant l'ablation des deux gonades dans le but de priver un homme ou une femme du développement de ses organes sexuels secondaires, de ses impulsions sexuelles et de la faculté de se reproduire.
Le terme peut être utilisé chez l'homme comme synonyme d'orchidectomie ; on peut parler alors de castration unilatérale. Il existe une certaine confusion de définition dans l'histoire de ce mot, qui a pu représenter à différentes époques et encore, pour certains, de nos jours : l'ablation des testicules, l'ablation du pénis, l'ablation du pénis et des testicules. Cette confusion se retrouve dans le langage psychanalytique où la castration est assimilée à la perte du pénis.

Étym. lat. castratio, déverbal de castro : châtrer, tailler un arbre

angoisse de castration, complexe de castration, émasculation

[O,M2]

complexe de castration l.m.

castration complex

Pour S. Freud, à la fois signe et pivot du complexe d'Œdipe, décrit dans un premier temps chez le garçon ("Le petit Hans", 1909), c'est la peur qui s'attache à la menace de perdre le pénis, associée à la vue des organes génitaux féminins.
À partir de 1923, avec la mise en place du primat du phallus, la question se pose tout autant pour le garçon que pour la fille. Freud maintient, pour le garçon, l'angoisse de castration, et pour la fille, l'envie de pénis ("Penisneid"). Les deux peuvent, selon lui, constituer la butée d'une analyse.
Pour J. Lacan, la castration ne peut se comprendre qu'à partir de la privation : absence de pénis chez la femme. La castration est une opération symbolique marquée par l'intervention du père réel et qui porte sur un objet imaginaire : le phallus imaginaire. En effet, cette castration n'est jamais, du moins dans la structure névrotique, une castration réelle.

[H4]

angoisse n.f.

anxiety

Depuis E. Brissaud, on distinguait anxiété (état psychique caractérisé par une peur sans objet, une crainte d'un objet imprécis), et angoisse (sensations physiques de constriction et d'oppression qui accompagnent l'anxiété).
Actuellement, les deux termes sont employés l'un pour l'autre.
L'angoisse peut être considérée comme un phénomène normal, lié à la condition humaine, stimulant les activités mentales. Elle peut devenir pathologique lorsqu'elle est vécue par le sujet comme une souffrance, déborde ses capacités de maîtrise, retentit sur sa vie psychique et son comportement, et l'amène à demander des soins.

É. Brissaud, neuropathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1890)

angoisse (névrose d'), accès aigu d'angoisse, crise d'angoisse, névrose d'angoisse

[H3,H4]

Édit. 2017

angoisse (accès aigu d') l.m.

anxiety acute crisis 

Installation soudaine et inopinée, généralement en quelques minutes et sans circonstance déclenchante repérable, d'une appréhension intense avec sensation de mort imminente et peur de devenir fou.
Le sujet est submergé par cette appréhension et les signes somatiques qui l'accompagnent. Sur le plan comportemental, il présente habituellement une agitation motrice qu'il ne peut maîtriser, plus rarement une véritable sidération stuporeuse.
Une simple écoute bienveillante peut amener la disparition de l'accès. Un traitement anxiolytique de courte durée, parfois injectable, amène une sédation rapide. L'évolution se fait en règle générale vers la répétition.
  

Syn. attaque d'angoisse

angoisse (névrose d'), panique (attaque de)

[H3,H4]

Édit. 2017

angoisse de séparation l.f.

separation anxiety

Manifestations plus ou moins importantes d'angoisse lorsque l'enfant est mis en présence d'un étranger en l'absence de sa mère.
Apparaissant vers l'âge de huit mois, elles traduisent l'installation d'une image intériorisée de la mère, dont la confrontation avec la perception de l'étranger vient signifier l'absence maternelle, source de l'angoisse. Toute séparation est ressentie comme un abandon sans retour, laissant l'enfant dans un vide intérieur très inquiétant. Ce n'est que peu à peu, grâce au retour de la mère, qu'il acquiert la certitude que cette perte n'a été que provisoire, qu'elle reviendra.

dépression anaclitique

[H3,H4]

Édit. 2017

angoisse du psychotique l.f.

anxiety of the psychotic patient

Angoisse souvent désorganisatrice, non régulée par des mécanismes de défense névrotiques (conversion, déplacement, etc.), plus marquée dans les psychoses aigües et lors des phases évolutives des psychoses chroniques.
Dans les états psychotiques aigus inauguraux, l'angoisse traduit la soudaineté du bouleversement et les fluctuations de l'expérience du patient. L'effraction brutale de la psychose, par l'indistinction de soi et du monde qu'elle entraîne, donne une tonalité particulière à cette angoisse que rien ne limite et qui va du vécu de morcellement à celui de néantisation.
Dans les poussées processuelles y compris schizophréniques, ces effets peuvent être moins sensibles quand des aménagements ont pu être trouvés.
Considérée par S. Freud comme une réaction d'alarme archaïque surgie de l'intérieur de soi, cette angoisse se produit, selon J. Lacan, chaque fois que l'image spéculaire, le double imaginaire, se trouve désarrimée et se présente au sujet dans un fonctionnement autonome, inducteur d'investissements délirants terrifiants de certaines parties du corps.

angoisse

[H3,H4]

Édit. 2017

angoisse (névrose d') l.f.

anxiety neurosis

Selon S. Freud (1893-5), état d'anxiété flottante isolée, qui associe sur le plan sémiologique des accès d'angoisse, un fond anxieux chronique et une anxiété anticipatoire permanente, le sujet vivant dans la peur de la répétition des accès.
Les conséquences sociales peuvent être importantes, avec vie socioprofessionnelle réduite et conduites d'évitement des situations anxiogènes. Elle est souvent associée à des attaques de panique, à une agoraphobie, un état dépressif, voire un alcoolisme.
Les traitements sont d'ordre psychothérapique, directifs ou non, et anxiolytiques pendant de courtes périodes en raison du risque de dépendance.

[H3,H4]

Édit. 2017

crise d'angoisse l.f.

anxiety crisis

angoisse, anxiété aigüe, peur

hystérie d'angoisse l.f.

anxiety hysteria

Selon S. Freud, névrose phobique, offrant des analogies structurales avec l'hystérie de conversion.
Toutefois, l'hystérie d'angoisse diffère de cette dernière, où l'investissement libidinal d'une représentation refoulée conduit à un symptôme de type somatique. Ici, l'angoisse due à une représentation angoissante liée à la sexualité, apparaît en soi-même. Elle produit une fuite qui déplace l'investissement vers une représentation substitutive. Celle-ci joue à la fois le rôle de signal d'angoisse et d'écran devant la signification réelle de cette angoisse.

névrose hystérique

morcellement (angoisse de) l.

fragmentation anxiety

Angoisse vécue par des sujets psychotiques comme une menace vitale due à la perte de l'unicité ou au sentiment de néantisation.
Elle peut être ressentie sous la forme d'une rupture de l'image du corps et d'une désorganisation des sensations : les organes pouvant être l'objet d'actions extérieures, voire de transformations terrifiantes.

névrose d'angoisse l.f.

anxiety neurosis

Selon S. Freud (1893-5), état d'anxiété flottante isolée, qui associe sur le plan sémiologique des accès d'angoisse, un fond anxieux chronique et une anxiété anticipatoire permanente, le sujet vivant dans la peur de la répétition des accès.
Les conséquences sociales peuvent être importantes, avec vie socioprofessionnelle réduite et conduites d'évitement des situations anxiogènes. Elle est souvent associée à des attaques de panique, à une agoraphobie, un état dépressif, voire un alcoolisme.
Les traitements sont d'ordre psychothérapique, directifs ou non, et anxiolytiques pendant de courtes périodes en raison du risque de dépendance.

angoisse