cystite bilharzienne l.f.
bilharzial cystitis
Désigne à la fois les manifestations fonctionnelles de l'atteinte vésicale de la bilharziose urogénitale et notamment la cystite hématurique douloureuse, et l'ensemble des lésions de la paroi vésicale induites par cette parasitose due à Shistosoma haematobium.
Ces lésions sont inflammatoires, très spécifiques, calcifiées, parfois pseudotumorales, liées à la migration des œufs du parasite à travers la paroi vésicale. L’aspect bigarré de ceux-ci et leurs âges différents, liés à la répétition des pontes et à la durée de l'infestation, ne laissent aucun doute diagnostique en cystoscopie.
→ Shistosoma haematobium, bilharziose urinaire
[M3,D1]
glomérulopathie bilharzienne l.f.
bilharzial glomerulopathy
Glomérulonéphrite d'origine bilharzienne marquant exceptionnellement l'évolution des divers types de schistosomiases (S. mansoni, japonicum, hæmatobium).
Elle est liée à l'existence de complexes immuns entraînant protéinurie, hématurie, syndrome néphrotique et éventuel
Dans le cas de la bilharziose à Schistosoma hæmatobium, il peut y avoir de façon concomitante des lésions inflammatoires et scléreuses de la voie excrétrice, de degré variable, susceptibles de participer à l’atteinte de la fonction rénale par les facteurs obstructifs et infectieux qu'elles entraînent.
Syn. glomérulonéphrite bilharzienn
néphropathie bilharzienne l.f.
→ shistosomiases (manifestations rénales des)
sclérose bilharzienne l.f.
bilharzial sclerosis
Transformation fibreuse des parois de la voie excrétrice urinaire, succédant au stade inflammatoire cellulaire et liée à la migration tissulaire des œufs de Schistosoma haematobium, épaississant, rigidifiant ces parois et altérant leur pouvoir contractile.
Elle est ainsi responsable d'obstacles du haut appareil et de la perte de capacité vésicale.
→ cystite bilharzienne, urétérite bilharzienne
urétérite bilharzienne l.f.
bilharzial ureteritis
Lésions inflammatoires et scléreuses provoquées au sein de la paroi urétérale par la migration des œufs de Schistosoma haematobium.
Ces lésions chroniques aboutissent à un épaississement de la paroi urétérale, à une dilatation et une hypertrophie du conduit et surtout à une ou plusieurs sténoses. Elles sont diffuses ou segmentaires, plus fréquentes et importantes sur l'uretère pelvien et juxtavésical. Susceptibles de détruire le rein sus-jacent, elles nécessitent une chirurgie réparatrice et parfois un remplacement urétéral par iléo-urétéroplastie, totale ou partielle.
→ urétérite, Schistosoma haematobium
Schistosoma haematobium
Schistosoma haematobium
Trématode à sexes séparés, mesurant 8 à 10 mm de long, dont la morphologie est voisine de celle de Schistosoma mansoni.
Les œufs, ovoïdes (40-60x120-160µ) possèdent un éperon terminal, fin, de 15µ de long. Ce parasite strict de l’homme est responsable de la schistosomose ou bilharziose urinaire. Il est présent en Afrique, sur la côte Ouest de Madagascar et dans quelques foyers du Proche et du Moyen Orient. Sa répartition géographique est conditionnée par celle de l’hôte intermédiaire, un mollusque aquatique du genre Bulinus (Bulinus truncatus, B. forskalii, B. globosus), dont l’absence en Amérique latine explique que la schistosomose urinaire n’existe pas sur ce continent où elle a été pourtant jadis introduite avec les esclaves.
→ schistosome, schistsomose, bilharziose
Schistosoma intercalatum
Schistosoma intercalatum
Schistosome du groupe haematobium, dont les œufs losangiques (50-85x140-250µ) possèdent un éperon terminal, à base large, souvent recourbé, de 10µ de long.
Responsable d’une schistosomose ou bilharziose intestinale, il est présent dans quelques foyers centrafricains où existe son hôte intermédiaire, un mollusque aquatique du genre Bulinus (Physopsis, Isidora).
Schistosoma japonicum
Schistosoma japonicum
Schistosome extrême oriental (Chine de l’Est, Japon, sud-est asiatique), responsable d’une schistosomose ou bilharziose hépatosplénique souvent sévère.
Les œufs, ovalaires, mesurent 45-65 x 70-100µ et sont pourvus d’un éperon latéral très réduit. Les hôtes intermédiaires sont des mollusques aquatiques, gastéropodes prosobranches du genre Oncomelania.
Schistosoma malayensis l.f.
Schistosoma malayensis
Schistosome parasite de l’Homme voisin de Schistoma mekongi dont il diffère par sa spécificité d’hôte intermédiaire (Robertsiella kaporensis) et qui été récemment décrit.
Schistosoma mansoni l.m.
Schistosoma mansoni
Trématode (ver plat lancéolé) à sexes séparés (contrairement aux douves), mesurant environ 8 mm de long et dont les œufs allongés (60 – 70 x 110 – 170µ) sont pourvus d’un éperon latéral, en épine de rosier, de 15µ de long.
Il vit dans les veines mésentériques et est responsable de la schistosomose ou bilharziose intestinale. Répandu dans différents foyers africains et latino-américains, ce parasite est commun à l’homme et à différents animaux (anthropozoonose). Le cycle comprend un hôte intermédiaire qui est un mollusque aquatique appartenant au genre Biomphalaria (encore appelé planorbe).
Schistosoma mansoni est fréquemment associé à des Salmonella non typhi dont il favorise peut-être l'infestation...
Schistosoma mekongi
Schistosoma mekongi
Schistosome extrême-oriental dont la répartition géographique est limitée au bassin du Mékong où existent ses hôtes intermédiaires : des mollusques aquatiques, gastéropodes prosobranches du genre Neotricula.
Une espèce très voisine de Schistosoma mekongi, Schistosoma malayensis, a été récemment décrite. Elle diffère par sa spécificité d’hôte intermédiaire (Robertsiella kaporensis).
cystite n.f.
cystitis
Syndrome clinique et biologique associant pollakiurie, douleurs uréthrale et vésicale et pyurie.
Due à l'inflammation de la muqueuse vésicale, la cystite peut être aigüe ou chronique, microbienne ou purement inflammatoire, parfois hémorragique.
[M3]
cystite à éosinophiles l. f.
cystitis with eosinophil polymorphonuclears
Entité mal définie associant un syndrome cystalgique à la présence d’éosionophiles dans les biopsies de muqueuse vésicale.
Un mécanisme immuno-allergique a été évoqué et paraît disposer de cas singuliers le justifiant. Il n’existe aucun traitement spécifique.
[M3]
cystite aigüe l.f.
acute cystitis
Inflammation aigüe de la paroi vésicale, cause de symptômes mictionnels souvent intenses : douleurs sus-pubiennes et mictionnelles, pollakiurie, impériosités allant parfois jusqu'à la fuite urinaire, hématuries inconstantes, urines troubles et malodorantes révélant la pyurie.
Les cystites aigües microbiennes sont les plus fréquentes. Les germes en cause sont t divers tels : E. coli, Proteus, autres entérobactéries, entérocoque. La femme et la fillette sont plus souvent concernées. L'origine de l'infection se situe souvent dans la sphère gynécologique, parfois intestinale ; la voie d'infection dite "ascendante" est la plus fréquente. La cystite aigüe primitive est une affection bénigne, ne nécessitant qu'un court traitement anti-infectieux. Mais toute répétition doit déclencher une recherche étiologique, dans le haut ou le bas appareil : corps étrangers, lithiase, tumeur, obstruction aigüe ou chronique, congénitale ou acquise, lésions pelviennes de voisinage (sigmoïdite diverticulaire p. ex.).
Il existe également des cystites aigües non microbiennes, inflammatoires, de causes plus imprécises : troubles vasomoteurs pelviens, allergie, affection de voisinage, agression chimique (chimiothérapie p. ex.).
[M3]
cystite allergique l.f.
allergic cystitis
Manifestation allergique de la muqueuse vésicale prenant l'aspect clinique et endoscopique d'une cystite aigüe.
Les tests cutanés ne sont généralement d'aucun secours dans l'identification de l'allergène, et l'origine allergique de cette cystite inflammatoire est plus souvent une hypothèse qu'une certitude. Un très grand nombre de polynucléaires éosinophiles dans l'urine en est parfois la marque évocatrice. Les allergènes digestifs et les gelées spermicides ont été les plus souvent incriminés.
Syn. cystite à éosinophiles
[M3,F3]
cystite chronique l.f.
chronic cystitis
Inflammation chronique de la paroi vésicale, infectieuse ou non, se traduisant cliniquement par des signes d'instabilité vésicale (pollakiurie, douleurs, impériosités) très variables dans le temps, et anatomiquement par une infiltration inflammatoire puis scléreuse de la paroi qui peut conduire à la perte de la capacité fonctionnelle.
Les causes bactériennes semblables à celles des cystites aigües sont les plus fréquentes. La tuberculose était fréquente. Il est des causes parasitaires (bilharziose urogénitale) ou inflammatoires non spécifiques, d’autres d’origine thérapeutique (chimiothérapie, cyclophosphamide, radiothérapie). Un aspect fonctionnel ou psychosomatique doit parfois être pris en considération.
→ cystalgie, cystite bilharzienne, cystite interstitielle, cystite tuberculeuse, petite vessie, cystite radique
[M3]
cystite en plaques l.f.
malacoplasia
[M3]
cystite gangréneuse l.f.
gangrenous cystitis
Variété de cystite aigüe grave due habituellement à une infection à anaérobies.
Elle associe un syndrome infectieux général sévère à la purulence des urines, avec présence de gaz dans la cavité vésicale ; les lésions pariétales vont de la nécrose muqueuse au sphacèle complet de la paroi vésicale avec suppuration périvésicale, éventuellement fistulisation dans un organe creux voisin (côlon, rectum, vagin).
[M3,D1]
cystite hématurique l.f.
hemorrhagic cystitis
Cystite aiguë s'accompagnant d'hématurie.
L'hématurie est terminale et douloureuse. Toute cystite aigüe infectieuse peut être source de saignement, mais il peut s'agir également de cystite purement inflammatoire (cystite hématurique des périodes menstruelles p. ex.). En dehors de l'infection, la cystite hématurique peut s'inscrire dans le cadre d'une vessie radique ou postchimiothérapique.
→ cystite aigüe, hématurie terminale
[M3]
cystite incrustée l.f.
Encrusted cystitis
Cystite aigüe dont la particularité est l'apparition de concrétions calcaires adhérant à la muqueuse vésicale.
L'infection en cause est habituellement due aux corynébactéries.
[M3]
cystite interstitielle l.f.
interstitial cystitis
Maladie probablement auto-immune du collagène, atteignant avant tout la femme d'âge moyen, provoquant la fibrose de la paroi de la vessie avec perte consécutive de la capacité vésicale.
Le symptôme dominant en est la pollakiurie. Il n'y a pas de critères diagnostiques spécifiques, cliniques ou anatomopathologiques (la paroi fibreuse est infiltrée de mastocytes et de lymphocytes). De nombreux traitements sont proposés : distension vésicale hydrostatique, instillation endovésicale de diverses substances, corticothérapie associée aux anticholinergiques, aucun ne donne des résultats satisfaisants, et l'intensité des troubles peut conduire à l'entérocystoplastie de remplacement.
[M3,N3]
cystite postchimiothérapique l.f.
post chemotherapy hemorrhagic cystitis
Ensemble de lésions de la muqueuse vésicale induites par certaines chimiothérapies (cyclophosphamide), source d'hématuries récidivantes parfois très abondantes.
Le traitement est habituellement difficile. Outre l'arrêt du toxique, il peut nécessiter formolisation ou alcoolisation endovésicales, alun de potassium endovésical, réfrigération de la vessie par irrigation continue, ou embolisation des artères vésicales.
[M3,F2]
cystite radique l.f.
radiation cystitis
Modification pathologique de la structure de la paroi vésicale consécutive à une irradiation (p. ex. radiothérapie pour tumeur vésicale, tumeur du col de l'utérus, de la prostate ou du rectum).
Les symptômes peuvent apparaître plusieurs mois après la fin de l'irradiation : pollakiurie par irritation pariétale puis réduction de la capacité vésicale, hématuries, surinfection. En endoscopie la muqueuse vésicale apparaît pâle avec télangiectasies, hémorragies sous muqueuses et parfois ulcérations. Le traitement est difficile et purement palliatif, pouvant aller jusqu'à la dérivation urinaire.
[M3,F2]
cystite tuberculeuse l.f.
tuberculous cystitis
Forme autrefois fréquente de cystite chronique et révélatrice d'une tuberculose urogénitale, elle se caractérisait par sa résistance à toutes les thérapeutiques anti-infectieuses usuelles et par une pyurie aseptique.
Elle peut aboutir à des lésions vésicales définitives, inflammatoires puis scléreuses, déformant le réservoir et en diminuant la capacité fonctionnelle, lésions dont la forme extrême est la "petite vessie".
[M3,D1]