décollement prématuré du placenta normalement inséré l.m.
abruptio placentae, premature placental separation
Détachement de la plaque basale du placenta par rapport à la caduque utérine avant l'expulsion du fœtus par le fait d’un hématome rétroplacentaire.
Il est dû à la formation d'un hématome par rupture d'un sinus veineux périphérique, l’hématome décidual marginal, ou d'une artère centrale, l’hématome décidual basal. Le décollement physiologique du placenta ne se produit normalement qu'après l'expulsion du fœtus, lors de la délivrance. C'est un accident aigu de la grossesse, complication d'une toxémie gravidique, d'un traumatisme ou d'une intoxication par le tabac, la cocaïne, ou de l'accouchement après rétraction brutale du myomètre suivant la vidange d'un hydramnios ou l'expulsion d'un premier jumeau. La symptomatologie est dominée par une douleur abdominale brutale, des métrorragies de sang noir incoagulable et un état de choc disproportionné par rapport aux pertes sanguines vaginales. A l'examen, le signe principal est l'hypertonie utérine, l’utérus de bois. Le diagnostic est conforté par l'existence d'une protéinurie. L'hématome rétroplacentaire présente des degrés de gravité variable, avec des formes mineures ou latentes et survie du fœtus, et des formes graves avec état de choc et mort fœtale. Son traitement nécessite une extraction par césarienne en urgence lorsque l'enfant est vivant et une évacuation utérine rapide lorsque l'enfant est mort.
A. Couvelaire, gynécologue obstétricien français, membre de l'Académie de médecine (1912) ; E. W Page, gynécologue obstétricien américain (1954)
→ Couvelaire (syndrome de), Page (classification de) , hématome décidual basal, hématome décidual marginal
[O3]
Édit. 2018
placenta bas inséré l.m.
low insertion of the placenta
Placenta s'insérant en partie sur le segment inférieur de l’utérus, pouvant être source d'hémorragie du troisième trimestre.
Étym. lat. placenta : petit gâteau plat, galette (du gr. plakous : plat, en forme de plateau)
accouchement prématuré l.m.
premature delivery
Accouchement survenant entre 22 et 37 semaines d'aménorrhée.
Il comporte un risque de mortalité et de morbidité néonatales, maladie des membranes hyalines et hémorragie cérébrale notamment, inversement proportionnel à l'âge gestationnel. Ses causes sont multiples : une infection génitale, un hydramnios, une grossesse gémellaire, une malformation utérine, un placenta praevia. Il est parfois décidé délibérément, par ex. en cas d'hypertension artérielle ou de diabète.
Étym. lat. accubare : se mettre au lit ; praematurus : prématuré
[O3]
Édit. 2016
Baumgarten (indice d'accouchement prématuré de) l.m.
Baumgarten’s premature delivery index
Score de risque d'accouchement prématuré basé sur la somme de quatre critères cliniques cotés de 1 à 4 : les contractions utérines, la dilatation cervicale, l’état de la poche des eaux et les métrorragies.
K. Baumgarten, gynécologue obstétricien autrichien (1973)
Édit. 2017
coefficient de risque d'accouchement prématuré l.m.
score of risk for premature delivery
Expression chiffrée des facteurs de risque d’accouchement prématuré, par attribution d'une valeur numérique codifiée à chacun d'eux.
Les facteurs de risque varient peu selon les auteurs du coefficient proposé et comprennent habituellement : une série de conditions liées à l'état de santé maternelle, la gestité, les conditions socioprofessionnelles, les antécédents obstétricaux.
Sigle CRAP
[O3]
fentes branchiales avec faciès caractéristique, retard de croissance, imperforation des canaux nasolacrymaux et vieillissement prématuré l.f.p.
branchial clefts with characteristic facies, growth retardation, imperforate nasolacrymal duct, and premature aging
Syndrome polymalformant de la tête avec fentes branchiales bilatérales, petit poids de naissance et retard de croissance.
Il existe également une ensellure nasale large, une protrusion de la lèvre supérieure, une bouche en carpe avec parfois pseudobec de lièvre, une obstruction des voies lacrymales, un strabisme congénital, d'autres anomalies sont possibles mais plus exceptionnelles comme un colobome, une microphtalmie, un palais ogival et des anomalies dentaires. L’affection est autosomique dominante (MIM 113620).
W. K. Lee, pédiatre américain (1982)
Syn. BOFS, branchio-oculofacial (syndrome), pseudofente hémangiomateuse de la lèvre et kyste branchial
[P1,P2,P3,Q2]
Édit. 2018
ictère du prématuré l.m.
jaundice of the premature newborn
Ictère du nouveau-né dû à une immaturité hépatique, survenant en dehors de toute incompatibilité sanguine fœtomaternelle.
Il débute le deuxième ou le troisième jour de la vie et dure une dizaine de jours. Il peut être plus ou moins intense. Il est traité par photothérapie à la lumière ultraviolette.
Étym. gr. iktêr, ikteros : jaunisse
menace d'accouchement prématuré l.f.
threatened premature labour
Apparition de contractions utérines spontanées anormales entre 24 et 37 semaines d'aménorrhée révolues, pouvant modifier le col de l'utérus et entraîner un accouchement prématuré.
→ accouchement prématuré, tocolyse
prématuré adj.
premature
Qui vient avant le terme.
Par ex. une naissance prématurée.
prématuré n.m.
premature baby
Enfant né entre 22 et 37 semaines d’aménorrhée révolues.
Avant 33 semaines on parle de grand prématuré ou prématurissime
La prématurité expose aux risques de maladie des membranes hyalines, d’entérocolite ulcéronécrosante, d’hémorragie ventriculaire cérébrale, et aux retards psychomoteurs ultérieurs. Plus la naissance est prématurée, plus ces risques sont grands.
rétinopathie du prématuré l.f.
retinopathy of prematurity
Conséquence du développement anormal de la vascularisation immature de la rétine, favorisée par l'oxygène et la prématurité et qui aboutit à la cécité au stade ultime de fibroplasie rétrolentale.
La phase active est marquée par une dilatation vasculaire suivie de l'apparition d'une zone de démarcation et d'hémorragies, puis d'un décollement de la rétine et d'une organisation fibreuse (fibroplasie). Il existe une myopie des prématurés, constante, souvent importante et des séquelles dont la plus grave est représentée par des plis de traction avec risque de décollement de rétine à plus ou moins long terme, parfois seulement à l'âge adulte. La gravité potentielle de la rétinopathie du prématuré justifie la surveillance du fond d'œil de la sixième semaine de vie à la fin du sixième mois.
risque d'accouchement prématuré l.m.
risk of preterm delivery
Danger éventuel plus ou moins prévisible d'un travail ou d'un accouchement anticipé.
vieillissement cutané prématuré l.m.
premature skin ageing
Sénescence cutanée survenant de façon inhabituellement précoce du fait, soit d'expositions exagérées ou prématurées à des agents agressifs naturels, comme les rayonnements solaires ou artificiels, soit de l'intervention de facteurs internes acquis ou constitutionnels tels que les états poïkilodermiques héréditaires ou enzymopathiques.
E. A. Cockayne, pédiatre britannique (1936) ; A. von Rothmund, ophtalmologiste allemand (1868) ; M. S. Thomson, dermatologiste britannique (1923) ; C. W. O. Werner, médecin allemand (1904)
→ vieillissement cutané, peau sénile, cutis laxa, progeria, acrogeria, xeroderma pigmentosum, Cockayne (syndrome de), Rothmund-Thomson (syndrome de), de Werner (syndrome de)
syndrome prématuré de condensation chromosomique l.m.
premature chromosome condensation syndrome
Affection caractérisée par une microcéphalie, un retard de croissance et une arriération mentale sévère observée chez des jumeaux nés de parents consanguins.
Cette affection, récessive autosomique, provoquée par une condensation chromosomique prémature au cours de la phase G2 précoce, est induite par une mutation du gène MCPH1.
Heidemarie Neitzel, médecin généticienne allemande (2002)
[H1, H4, I2, Q2]
Édit. 2019
colobome du nerf optique avec décollement de la macula l.m.
coloboma of optic nerve with serous detachment of the macula
Association du colobome papillaire avec soulèvement du pôle postérieur et de la macula.
Complication non exceptionnelle des colobomes du nerf optique qu'ils soient isolés ou associés à d'autres anomalies oculaires ou générales. L’affection est autosomique dominante (MIM 120430).
J. Savell et J.R Cook, ophtalmologues américains (1976)
[Q2,H1,P2]
décollement de l'omoplate l.m.
winged scapula
Saillie sous la peau, vers l’arrière, du bord spinal de l’omoplate.
La parésie ou la paralysie du muscle serratus anterior (grand dentelé) par atteinte du nerf long thoracique (ou nerf du grand dentelé, nerf de Charles Bell), en est habituellement la cause.
Syn. omoplate décollée, scapula alata
décollement de rétine l.m.
retinal detachment
Séparation des deux feuillets rétiniens : le neuro-épithélium se décolle de l’épithélium pigmentaire.
→ décollement de rétine exsudatif, décollement de rétine rhegmatogène
décollement de rétine congénital l.m.
congenital retinal detachment
Processus dysplasique rétinien provoquant un non attachement de la rétine associé généralement à une persistance du vitré primitif.
La rétine n'est pas attachée par défaut d'adhérence entre les deux feuillets de la cupule optique, cette adhérence étant très fragile pendant les trois premiers mois de la vie de l'embryon. Dans la forme la plus sévère la pupille a un reflet blanchâtre et la rétine est réduite à une sorte de tunnel reliant la papille à la périphérie, il s'y associe des synéchies iridocristalliniennes et parfois un tyndall de chambre antérieure, pseudo-inflammatoire, rendant le diagnostic plus difficile. Lorsque la forme est moins grave, on constate un "pli rétinien de Mann" qui se présente comme une trainée blanche parcourue de vaisseaux sur son trajet, avançant de 1 à 5 dioptries dans le vitré, ce pli relie la papille à l'ora ; il s’élargit en éventail sur une zone blanche plus ou moins large et souvent en temporal. Dans les formes à minima on constate de petites plages blanches périphériques. Le décollement de rétine congénital peut être le fait d'une anomalie chromosomique, d'une maladie héréditaire (maladie de Norrie, incontinentia pigmenti), d'une agression externe (médicaments tératogènes, radiations). Dans les formes héréditaires la transmission récessive est la plus fréquente. L’affection est autosomique récessive (MIM 221900) ou liée au sexe récessive (MIM 312530).
H. Weve, ophtalmologiste néerlandais (1938)
Syn. non attachement congénital de la rétine
décollement de rétine congénital et pli falciforme l.m.
retinal non attachment and falciform detachment
Le décollement est un non attachement puisque la rétine ne s'est pas collée au départ.
Il s’agit ici d’une transmission héréditaire à forme autosomique dominante, ce qui est assez rare (MIM 180070).
Mette Warburg, ophtalmologiste danoise (1976)
Syn. non attachement congénital de la rétine
→ décollement de rétine congénital
décollement de rétine et encéphalocèle occipitale l.m.
retinal detachment and occipital encephalocele
Myopie forte, dégénérescence vitréorétinienne avec décollement de rétine et encéphalocèle occipital.
Intelligence normale. L'encéphalocèle peut n'être qu'un méningocèle (selon Cohen et Lemire 1982). L’affection est autosomique récessive (MIM 267750).
W.H. Knobloch et J.M. Layer, ophtalmologistes américains (1971)
Syn. Knobloch (syndrome de)
décollement de rétine et myopie forte l.m.
retinal detachment and high myopia
Décollement héréditaire associé à une myopie forte et le plus souvent à une dégénérescence vitréorétinienne.
La transmission autosomique dominante est habituelle mais il existe des formes récessives.
décollement de rétine exsudatif l.m.
exsudative retinal detachment
Soulèvement rétinien, sans déhiscence.
Le liquide sous-rétinien est produit par exsudation à partir de lésions vasculaires (néovaisseaux choroïdiens ou angiomatose) inflammatoires ou tumorales.
décollement de rétine par traction l.m.
tractional retinal detachment
Soulèvement mécanique de la rétine par traction vitréorétinienne, essentiellement antéro
Ce décollement qui n'est pas dû à une déchirure du neuroépithélium rétinien peut être la complication de tout syndrome de traction vitréomaculaire, primitif ou secondaire. La forme clinique la plus fréquente est le décollement tractionnel compliquant une rétinopathie diabétique proliférante; il est la conséquence d'une contraction du gel vitréen soulevant la rétine au niveau des attaches néovasculaires; ce soulèvement, qui débute souvent au niveau des arcades temporales vasculaires, progresse lentement vers la macula et/ou la périphérie rétinienne.
Syn. décollement de rétine tractionnel, soulèvement tractionnel de la rétine
décollement de rétine sans myopie l.m.
retinal detachment independant of myopia
Décollement de rétine indépendant de la myopie, secondaire à des lésions périphériques rétiniennes héréditaires.
Eliminer les affections, rétinoschisis, myopie, ophtalmoarthropathies et autres. L’affection est autosomique dominante (MIM 180050)
A. Vogt, ophtalmologiste suisse (1940) ; J. Gonin, ophtalmologiste suisse (1904)
→ dégénérescence givrée et palissadique de Gonin
décollement de rétine rhegmatogène l.m.
rhegmatogenous retinal detachment
Décollement du neuro-épithélium rétinien de l’épithélium pigmentaire dû au passage de liquides dans l’espace sous-rétinien par une ou plusieurs déhiscences.