Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

5 résultats 

défaillance multiviscérale l.f.

multiple organ failure, MOF

Altération fonctionnelle intéressant tout l'organisme par atteinte des principaux organes (cœur, reins, poumons, intestin, pancréas, cerveau, système nerveux périphérique, etc.) à la suite d'une hypoxie tissulaire prolongée, par collapsus circulatoire aigu, en général.
Après un état de choc plus ou moins bien compensé, des lésions viscérales multiples se manifestent et se potentialisent (anurie, hémorragie digestive, ictère, infections, etc.). La principale cause du syndrome est une hypoxie tissulaire prolongée (les durées d'hypoxie successives se cumulent), c'est pourquoi il faut assurer une réanimation efficace dès les premiers secours, sinon les soins intensifs risquent de ne pas pouvoir faire face.
Plusieurs indices de gravité ont été établis pour suivre l'évolution du syndrome, ils sont en général établis en additionnant l'indice de gravité de l'atteinte de chacune des principales fonctions, p. ex. on prend le score de Glasgow pour le système nerveux. Le score LOD (logistic organ disfunction) de Le Gall et Lemeshow (1996) prend en compte les fonctions neurologique, cardiaque, pulmonaire, rénale, hépatique et sanguine (globules blancs ou plaquettes).
En traumatologie p. ex. la défaillance multiviscérale se manifeste vers la fin de la première semaine d'hospitalisation, elle est la principale cause de décès des blessés graves.

J. R. Le Gall, médecin réanimateur français membre de l’Académie de médecine et S. Lemeshow, médecin américain (1996)

Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de

accident, ASA, choc, défaillance viscérale, échelle de Glasgow-Liège, SAMU, urgence

défaillance autonomique progressive l.f.

autonomic failure, progressive

G. M. Shy, et G. A. Drager, neurologues américains (1960)

Shy-Drager (maladie de)

défaillance cardiaque l.f.

heart failure

Incapacité du cœur à remplir sa fonction de contraction myocardique et à assurer un débit sanguin normal : elle peut être soudaine et momentanée (défaillance cardiaque aigüe), ou progressive et durable (défaillance cardiaque chronique).
Le traitement de la défaillance cardiaque a fait des progrès considérables sur le plan pharmacologique comme sur celui de l’assistance circulatoire mécanique.

Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de

défaillance psychique sénile l.f.

psychical failure in the old

glissement (syndrome de), réaction catastrophique

défaillance viscérale l.f.

organ failure

Altération fonctionnelle d'un organe le rendant inapte à maintenir la vie à assez court terme.
Il faut distinguer la défaillance d'une fonction, dont la forme terminale est la détresse vitale, de l'insuffisance de la fonction, qui peut être compensée par une autre fonction. Par ex. l'insuffisance respiratoire peut être compensée par un travail cardiaque accru et par une rétention des bicarbonates par les reins : l'organisme réalise ainsi un nouvel équilibre anormal mais compatible assez longtemps avec la vie.
Différents critères ont été proposés pour définir la limite de défaillance de chaque organe, le tableau ci-dessous donne celle de Fagon et al. (1993).
Défaillance d’une fonction viscérale : au moins un des critères donnés ci-dessous

respiratoire PaO2 < 60 mm Hg=80hPa ; ventilation artificielle.
cardio-vasculaire (en l’absence d’hypovolémie) : pression artérielle systolique < 90 mm Hgavec signes d’hypoperfusion périphérique ; utilisation de médicaments inotropes ou vasopresseurs pour maintenir une PA systolique > 90 mm Hg.
rénale (en l’absence d’insuffisance rénale chronique) créatininémie > 300 µmoles/L ;diurèse < 500 mL /24 h ;nécessité d’une épuration extra-rénale.
neurologique score de Glasgow6 (en l’absence de sédation) ; apparition brutale d’un syndrome confusionnel
hépatique Bilirubine>100 µmol/L ; phosphatase alcalines> x3
hématologique hématocrite20% ; leucocytes < 2 000/mm; plaquettes< 40 000/mm3

J-Y. Fagon, médecin réanimateur français (1993)

Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de

défaillance multiviscérale