Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

11 résultats 

défaillance autonomique progressive l.f.

autonomic failure, progressive

G. M. Shy, et G. A. Drager, neurologues américains (1960)

Shy-Drager (maladie de)

défaillance cardiaque l.f.

heart failure

Incapacité du cœur à remplir sa fonction de contraction myocardique et à assurer un débit sanguin normal : elle peut être soudaine et momentanée (défaillance cardiaque aigüe), ou progressive et durable (défaillance cardiaque chronique).
Le traitement de la défaillance cardiaque a fait des progrès considérables sur le plan pharmacologique comme sur celui de l’assistance circulatoire mécanique.

Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de

défaillance multiviscérale l.f.

multiple organ failure, MOF

Altération fonctionnelle intéressant tout l'organisme par atteinte des principaux organes (cœur, reins, poumons, intestin, pancréas, cerveau, système nerveux périphérique, etc.) à la suite d'une hypoxie tissulaire prolongée, par collapsus circulatoire aigu, en général.
Après un état de choc plus ou moins bien compensé, des lésions viscérales multiples se manifestent et se potentialisent (anurie, hémorragie digestive, ictère, infections, etc.). La principale cause du syndrome est une hypoxie tissulaire prolongée (les durées d'hypoxie successives se cumulent), c'est pourquoi il faut assurer une réanimation efficace dès les premiers secours, sinon les soins intensifs risquent de ne pas pouvoir faire face.
Plusieurs indices de gravité ont été établis pour suivre l'évolution du syndrome, ils sont en général établis en additionnant l'indice de gravité de l'atteinte de chacune des principales fonctions, p. ex. on prend le score de Glasgow pour le système nerveux. Le score LOD (logistic organ disfunction) de Le Gall et Lemeshow (1996) prend en compte les fonctions neurologique, cardiaque, pulmonaire, rénale, hépatique et sanguine (globules blancs ou plaquettes).
En traumatologie p. ex. la défaillance multiviscérale se manifeste vers la fin de la première semaine d'hospitalisation, elle est la principale cause de décès des blessés graves.

J. R. Le Gall, médecin réanimateur français membre de l’Académie de médecine et S. Lemeshow, médecin américain (1996)

Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de

accident, ASA, choc, défaillance viscérale, échelle de Glasgow-Liège, SAMU, urgence

défaillance psychique sénile l.f.

psychical failure in the old

glissement (syndrome de), réaction catastrophique

défaillance viscérale l.f.

organ failure

Altération fonctionnelle d'un organe le rendant inapte à maintenir la vie à assez court terme.
Il faut distinguer la défaillance d'une fonction, dont la forme terminale est la détresse vitale, de l'insuffisance de la fonction, qui peut être compensée par une autre fonction. Par ex. l'insuffisance respiratoire peut être compensée par un travail cardiaque accru et par une rétention des bicarbonates par les reins : l'organisme réalise ainsi un nouvel équilibre anormal mais compatible assez longtemps avec la vie.
Différents critères ont été proposés pour définir la limite de défaillance de chaque organe, le tableau ci-dessous donne celle de Fagon et al. (1993).
Défaillance d’une fonction viscérale : au moins un des critères donnés ci-dessous

respiratoire PaO2 < 60 mm Hg=80hPa ; ventilation artificielle.
cardio-vasculaire (en l’absence d’hypovolémie) : pression artérielle systolique < 90 mm Hgavec signes d’hypoperfusion périphérique ; utilisation de médicaments inotropes ou vasopresseurs pour maintenir une PA systolique > 90 mm Hg.
rénale (en l’absence d’insuffisance rénale chronique) créatininémie > 300 µmoles/L ;diurèse < 500 mL /24 h ;nécessité d’une épuration extra-rénale.
neurologique score de Glasgow6 (en l’absence de sédation) ; apparition brutale d’un syndrome confusionnel
hépatique Bilirubine>100 µmol/L ; phosphatase alcalines> x3
hématologique hématocrite20% ; leucocytes < 2 000/mm; plaquettes< 40 000/mm3

J-Y. Fagon, médecin réanimateur français (1993)

Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de

défaillance multiviscérale

amblyopie organique l.f.

organic amblyopia

Amblyopie provoquée par une anomalie de l'œil : cataracte, glaucome congénital avec vergeture de la cornée, opacité cornéenne au niveau de l'axe visuel, traumatisme, tumeur.
Quand l'atteinte est bilatérale, on ne doit plus parler d'amblyopie mais de malvoyance ou de basse vision.

Étym. gr. amblus : affaibli ; ops : œil

[P2]

Édit. 2017

hyperinsulinisme organique l.m.

S. Harris, médecin endocrinologue américain (1924)

Syn. Harris (syndrome de)

Harris (syndrome de)

[R1]

Édit. 2015

insomnie organique l.f.

organic insomnia

Ensemble de troubles qui se définit essentiellement comme une plainte portant notamment sur la lenteur et les difficultés d'installation du sommeil, sur de nombreux réveils et une baisse de son "efficacité".
L'enregistrement polysomnographique montre une diminution des proportions de sommeil paradoxal et lent profond, ainsi qu'une durée moyenne inférieure à celle des bons dormeurs, mais aussi un large recouvrement des courbes entre les deux populations.
Seront distinguées :
- les insomnies neurologiques, d'origine: traumatique (rupture du cycle veille-sommeil en phase aigüe, de mauvais pronostic, insomnie résiduelle, syndrome post-commotionnel) ; dégénérative (maladie de Parkinson, chorée de Huntington, démence d'Alzheimer, etc.) ; présumée infectieuse (maladie de Creutzfeldt-Jakob, insomnie familiale fatale, chorée fibrillaire de Morvan) ; vasculaire (insomnies sévères des lésions thalamiques et protubérantielles) ; épileptique (à l'extrême, effacement des stades du sommeil lors de crises fréquentes) ;
- les insomnies somatiques, notamment : le syndrome des jambes sans repos ; les infections à VIH (fréquence de la plainte insomniaque chez les séropositifs asymptomatiques) ; les affections douloureuses (céphalées, cancer, algies rhumatismales, en particulier) ; les troubles respiratoires (apnées du sommeil, bronchopneumopathies obstructives, etc.) ; les affections cardiovasculaires (crises nocturnes d'angor, p. ex.) ; diverses affections métaboliques et endocriniennes (dans le diabète du fait de la polyurie, de l'hypoglycémie, d'une neuropathie périphérique, dans l'hyperthyroïdie, etc.) Il est de fait que des facteurs non spécifiques (douleurs, fièvre, troubles respiratoires, toux, handicap fonctionnel, inconfort, anxiété) peuvent intervenir au moins partiellement. 

J. Parkinson, médecin et paléontologue britannique (1817) ; G. Huntington, médecin américain (1872) ; A. Alzheimer, neuropathologiste allemand (1906) ; H. G. Creutzfeld, neuropathologiste allemand (1920) ; A. Jakob, neurologue allemand (1921) ; A. M. Morvan, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1890)

polysomnographie, Parkinson (maladie de), Huntington (chorée de), Alzheimer (maladie d’), Creutzfeldt-Jakob (maladie de), insomnie familiale fatale, chorée fibrillaire de Morvan, épilepsie, maladie des jambes sans repos, séropositif au VIH, syndrome des apnées du sommeil, bronchopneumopathie chronique obstructive, angor de décubitus, diabète, hyperthyroïdie

intolérance alimentaire non organique l.f.

non-organic food intolerance

Ensemble de réactions subjectives plus imprécises et fluctuantes que celles d'une intolérance organique.
L’intolérance organique, allergique, est mieux admise par le patient et les siens en raison de son origine exogène. Une épreuve de provocation alimentaire en double insu reste l'investigation la plus sûre de cet effet nocebo.
Une psychogénèse exclusive ne peut être retenue. En dehors d'une affection psychiatrique caractérisée, une relation médicale globale, "sur mesure", établie si possible par le généraliste, à type dominant d'éclaircissement et de soutien, doit être associée à des traitements symptomatiques adaptés.
Malgré la persistance de nombreuses questions, s'impose une démystification des courants qui étendent à l'excès l'effet allergique des substances alimentaires, valorisant les "produits naturels".

colopathie fonctionnelle

organique adj.

organic

1) En pratique médicale, désigne un phénomène en liaison avec l’atteinte lésionnelle d’un organe ou d’un tissu.
On parle ainsi de troubles organiques, de souffle organique par opposition aux anomalies sans substratum anatomique.
2) En chimie, se dit d'un composé qui contient des éléments extraits du vivant.
On parle par exemple du phosphore organique inclus dans l’os, et du phosphore non organique lié aux phosphates du sang.

Étym. gr. organon : instrument de travail, organe

Ant.  anorganique, fonctionnel

Édit. 2017

psychosyndrome organique l.m.

organic psychosyndrome

Syndrome commun à de multiples affections encéphaliques, également qualifié de "syndrome amnésique", comprenant des anomalies de la personnalité, mais plus généralement des troubles de la mémoire, du raisonnement, de l'attention, de la pensée et de l'affectivité (labilité) (E. Bleuler).
Sous la qualification de l'"exogene psychische Reaktion typen", traduit en français par "syndromes exogènes aigus", K. Bonhoeffer (1910,1917) groupait des épisodes d'"obscurcissement de la conscience" d'origine organique, liés à une cause extérieure infectieuse ou toxique, produisant la même sémiologie subdivisée en plusieurs formes. Ce terme correspond à la "confusion mentale" d'origine organique de l'école française et à son homologue étranger, le "delirium".
En 1971, C. Müller a élargi le psychosyndrome organique aux syndromes démentiels. Plus récemment, le DSM-III-R et la CIM IO ont classé sous la même rubrique de "troubles mentaux organiques", les confusions, les démences, diverses manifestations mentales évolutives et les modifications de la personnalité d'origine organique.
La DSM-IV a constitué le cadre des "troubles mentaux en rapport avec une affection générale" et a supprimé le "psychosyndrome organique", encore inclus dans le DSM-III-R.

E. Bleuler, psychiatre suisse (1857-1939) ; K. Bonhoeffer, neurologue et psychiatre allemand (1868-1948) ; C. Müller, psychiatre suisse (1921-2013)