Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

12 résultats 

hospitalisation à domicile (HAD) l.f.

home hospital

Méthode d’organisation des soins, grâce auquel un malade préalablement hospitalisé peut continuer à recevoir des soins à domicile sur prescription d’un médecin hospitalier.
Des soins lui sont donnés par une équipe de l’établissement de soins (infirmier, aide-soignante, masseur-kinésithérapeute, etc.), en liaison avec son médecin traitant. Cette formule vise à donner au malade, dans son environnement habituel les soins qui n’exigent pas son maintien à l’hôpital. Elle est donc subordonnée à la qualité de l’environnement, confort minimal, présence familiale, etc. L'hospitalisation à domicile implique la pratique de visites régulières par des membres d'une équipe médicosociale polyvalente (médecins, psychologues ou infirmiers) agissant à plusieurs et effectuant un travail coordonné. Elle évite l'hospitalisation de certains malades intolérants à l’hôpital, en les traitant à moindre coût.
Admise pour les maladies organiques, l'HAD n'est pas reconnue en psychiatrie par l'autorité sanitaire ni les organismes sociaux payeurs, pour qui elle appartient au domaine de la prévention, et non des soins. Pourtant des expériences ont été menées, qui ont démontré la possibilité de maintenir certains patients à leur domicile et de les traiter efficacement.

soins à domicile

retour à domicile l. m.

homing

En médecine, retour précoce des patients hospitalisés à domicile, avec continuation des soins, dès que le séjour à l'hôpital n'est plus indispensable.
Ce retour à domicile peut se faire selon plusieurs modalités :
- retour au domicile antérieur dans le cadre de la vie habituelle,
- déménagement du patient avec reconstitution de son cadre de vie antérieur dans un appartement mieux adapté à son handicap,
- déménagement du patient et de sa famille dans un village où sont reconstitués des domiciles adaptés au handicap de ce type de patient, domiciles situés auprès d'une structure médicosociale spécialisée.
Cette politique de retour en milieu familier s'oppose à celle de maintien prolongé du patient à l'hospital jusqu'à “guérison” ou envoi en maison de convalescence. Avec, une bonne organisation des soins à domicile, on évite une hospitalisation onéreuse en maison de santé ou à l'hôpital et en dehors de toutes considérations économiques, le retour à domicile est souvent plus favorable au patient que son maintien à l'hôpital.
En fait les soins à domicile ont été pratiqués de tout temps, bien avant que des hôpitaux pour les pauvres, les soldats invalides et les pèlerins aient existé. Autrefois la plupart des soins se faisaient à la maison, notamment les accouchements, les petites interventions chirurgicales (on opérait sur la table de la cuisine) et l'on envisageait pas alors de conduire les mourants à l'hôpital. La prise en charge des soins par la collectivité lors du retour des patients chez eux est une pratique plus récente qui a été instaurée en Alsace dans les zones rurales, depuis plus de 150 ans à l'instigation des pasteurs protestants des vallées des Vosges. Après l'annexion allemande en 1870, Bismarck s'en est inspiré pour instituer la Sécurité Sociale, qui a été maintenue en Alsace après la réintégration de 1919 : cela a servi d'exemple lors de l'institution de la Sécurité Sociale en France “de l'intérieur” en 1945.
Le développement des techniques chirurgicales et médicales, notamment grâce à l'asepsie, a justifié l'hospitalisation, mais on s'aperçoit aujourd'hui qu'en dehors des soins intensifs, des interventions chirurgicales et des accouchements, l'hospitalisation peut avoir des graves inconvénients (infection hospitalière, hospitalisme chez les jeunes enfants, perturbations de la vie familiale et du confort psychique chez les personnes âgées et les enfants). Pourtant dans bien des cas les malades peuvent être maintenus à domicile dans le cadre de la vie familiale, si elle existe, à condition que des soins compétents et une surveillance infirmière régulière (éventuellement quotidienne voire biquotidienne) soient organisés.
En réanimation, passée la phase aigüe, on peut souvent ramener chez eux des insuffisants respiratoires graves (même sous respiration artificielle) ou des insuffisants rénaux traités par dialyse ainsi que des handicapés nécessitant des soins journaliers.

Syn. hospitalisation à domicile, HAD, homing

soins à domicile l.m.p.

homecare

Soins dispensés à une personne à son domicile, par opposition aux soins dispensés dans un établissement de soins ou au cabinet du praticien de santé.
Ils concernent toutes les activités de soins dispensés par l’une quelconque des professions de santé médicales ou paramédicales.
En pratique libérale, ils donnent lieu au paiement d’honoraires conformément aux règles de chaque profession de santé établies par convention avec les organismes de l’assurance maladie.
Dans un sens plus large, ce concept couvre également les soins donnés, en particulier aux personnes âgées afin de leur éviter une hospitalisation et aux handicapés dépendants. Il s’agit de soins d’hygiène et d’aide à l’accomplissement des actes courants de la vie. Non médicalisés, ils sont dispensés dans le cadre de l’ « aide à domicile » et peuvent, dans certaines conditions, être pris en charge forfaitairement par l’assurance maladie. De telles « aides à la personne » peuvent être le fait d’acteurs non professionnels de santé, individuels ou appartenant à des associations spécialisées conventionnées.
Contrairement à l’hospitalisation à domicile, la formule administrative de « soins à domicile » n’exige pas, une hospitalisation préalable.

hospitalisation à domicile

bain de dialyse l.m.

dialysis fluid

Liquide employé lors d'une séance d'hémodialyse pour assurer l'épuration sanguine à travers une membrane artificielle.

Syn. liquide de dialyse

dialysat, hémodialyse, membrane de dialyse

Édit. 2017

dialyse n.f.

dialysis

Technique permettant des échanges entre deux liquides de composition différente séparés par une membrane semi-perméable, p. ex. échange entre le sang et un liquide dit de "dialyse".
Les petites molécules diffusent à travers la membrane allant du compartiment où la solution est la plus concentrée vers celui où elle est plus diluée (loi de Fick). En raison de leur taille, les grosses molécules telles que les protéines ne franchissent pas la membrane. L'eau se déplace suivant le gradient osmotique transmembranaire.
Les techniques de dialyse sont utilisées comme méthode "d'épuration" dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe et chronique. Elles permettent la soustraction d'éventuelles substances toxiques et la correction de désordres hydro-électrolytiques (p.ex. l'hyperkaliémie). Elles font appel le plus souvent à des membranes artificielles - c'est la technique de l'hémodialyse - mais aussi à des membranes naturelles comme le péritoine et l'intestin.

A. Fick, physicien et physiologiste allemand (1829-1901)

Étym. gr.dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer

diffusion, Fick (loi de), pression osmotique, hémodialyse, épuration extrarénale, membrane de dialyse

dialyse (encéphalopathies liées à la) l.f.p.

dialysis (encephalopathies linked to)

insuffisance rénale (encéphalopathie et)

dialyse intestinale l.f.

intestinal dialysis

Méthode d'épuration extrarénale qui utilise la muqueuse intestinale comme membrane de dialyse.
Elle repose sur l'irrigation continue de l'intestin par un liquide introduit grâce à une sonde jéjunale et évacué par une sonde rectale. Cette technique utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe a été abandonnée au profit de l'hémodialyse et de la dialyse péritonéale.

Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer

dialyse péritonéale l.f.

peritoneal dialysis

Méthode d'épuration extrarénale utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe et surtout chronique, reposant sur le principe d'un échange entre le sang des capillaires mésentériques et un liquide de dialyse introduit dans la cavité péritonéale pendant quelques heures puis évacué.
La dialyse péritonéale peut être intermittente suivant des rythmes variables (p.ex. trois nuits par semaine). Elle est le plus souvent continue (dialyse péritonéale chronique ambulatoire ou DPCA) grâce à l’introduction dans la cavité péritonéale d’un liquide de dialyse contenu dans des sacs en plastique mis en élévation. Ces sacs mis en déclive recueillent le liquide de dialyse en fin de séance; 4 à 5 cycles par 24 heures sont nécessaires. En France, environ 6% des patients atteints d’insuffisance rénale chronique terminale sont traités par DPCA ; les autres bénéficient soit de l’hémodialyse, soit de la transplantation rénale.
La surface relativement limitée du péritoine rend ce procédé moins efficace que l’hémodialyse mais il est plus simple à mettre en œuvre. Il peut être suffisant chez certains malades et convenir à leur mode de vie. Il peut aussi être utilisé pour pallier des difficultés d’hémodialyse. Il n’est évidemment pas envisageable en cas de péritonite, danger majeur de cette technique qui exige des précautions d’asepsie méticuleuses..

Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer

dialyse

dialyse rétinienne l.f.

retinal dialysis

désinsertion rétinienne

générateur de dialyse l.m.

dialysis machine

Appareil qui, au cours du traitement par hémodialyse assure d'une part la préparation du dialysat et d'autre part la circulation du sang et du dialysat à travers le dialyseur.
Il est souvent équipé d'un moniteur de surveillance qui permet en particulier de programmer et de contrôler le volume de l'ultrafiltration.

liquide de dialyse

liquid of dialysis

bain de dialyse

membrane de dialyse l.f.

dialysis membrane

Membrane artificielle semiperméable à travers laquelle se font les échanges entre le sang d'un patient atteint d'insuffisance rénale aigüe ou chronique et un liquide dit de dialyse.
Les membranes les plus couramment utilisées sont faites de cuprophane, d'acétate de cellulose, de polyacrylonitrile, de polysulfone. Le choix des membranes est fonction du type de dialyseur et des objectifs cliniques recherchés, p. par exemple le volume d'ultrafiltrat à soustraire au patient. Les membranes permettant une forte ultrafiltration sont dites à "haute performance".
La surface de la membrane de dialyse habituellement utilisée chez les insuffisants rénaux chroniques dialysés sur la base de trois séances par semaine est de l'ordre de 1,5 m2.

Étym. lat. membrana  : membrane ; gr.  dialysis : séparation

hémodialyse, hémodiafiltration, hémofiltration