Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

79 résultats 

dilatations des bronches (clinique et traitement des) l.f.p.

bronchiectasis (diagnosis and therapy)

Dans la forme diffuse, les symptômes sont ceux d'une suppuration bronchique chronique : expectoration purulente, abondante, facile, matutinale associée à des pics fébriles dès qu'elle n'est pas drainée, plus rarement hémoptoïque, simples crachats isolés ou associés au pus, parfois hémoptysie abondante.
Certaines dilatations sont silencieuses (forme "sèche" sans expectoration).
Soupçonné sur les symptômes cliniques, le diagnostic est confirmé par la tomodensitométrie, qui identifie désormais les lésions sans recourir à la bronchographie opaque. Ces lésions d'aspects variables (dilatations cylindriques ou kystiques) siègent sur les bronches terminales ou préterminales, avec des anomalies du parenchyme pulmonaire sous-jacent.
Lorsque les bronchectasies sont constituées, le traitement est représenté par le drainage bronchique qui consiste à évacuer les sécrétions, associé lors des poussées de surinfection à une antibiothérapie reposant sur l'antibiogramme. Mais l'antibiothérapie ne saurait prétendre à une éradication définitive de l'infection.
La chirurgie est contrindiquée dans les formes diffuses. Elle est indiquée dans les formes localisées, après vérification de son caractère limité. En cas d'hémoptysie grave, l'indication peut être urgente.
L'artériographie bronchique est moins utilisée aujourd'hui par suite du risque d'obstruction de l'artère à destinée médullaire qui se complique de paraplégie. En cas d'hémoptysie massive, lorsque l'on hésite sur le territoire qui saigne, une artériographie bronchique est nécessaire complétée, si possible, par une embolisation de l'artère perfusant ce territoire.

dilatations des bronches (causes des) l.f.p.

bronchiectasis etiology

Affection habituellement acquise et parfois congénitale.
Les formes congénitales correspondent à des formes diffuses qu'elles soient observées au cours d'une mucoviscidose, d'une polykystose rénale, d'un déficit immunitaire humorale ou cellulaire, ou d'un syndrome du cil immobile.
Les formes acquises secondaires sont localisées ou diffuses.
Les formes diffuses sont le plus souvent la conséquence d'une bronchopneumopathie sévère de l'enfance, telle une coqueluche, une rougeole, surtout une infection à virus respiratoire syncytial ou à adénovirus.
Les bronchectasies localisées sont des séquelles d'une sténose bronchique par traumatisme, corps étranger, tuberculose, ou de lésions infectieuses telles qu'abcès, mycoses, aspergilloses bronchiques.
Les dilatations des bronches doivent être distinguées de la bronchite chronique où l'inflammation des bronches ne s'accompagne pas de dilatations

dilatations des bronches (lésions anatomiques des) l.f.p.

bronchiectasis (pathology of)

Augmentation permanente et irréversible du calibre des bronches, associée à des remaniements importants de leurs parois, pouvant entraîner une hypersécrétion bronchique avec stase favorisant l'infection et une hypervascularisation artérielle bronchique, cause d'hémoptysies graves.
On sépare les dilatations bronchiques diffuses étendues à un vaste territoire ou à la totalité de l'arbre bronchique, des dilatations localisées n'intéressant qu'un territoire voire une seule bronche.
La dilatation affecte des bronches moyennes entre leur quatrième et huitième division. L'ampleur du territoire ainsi que la sévérité des lésions conditionnent symptômes, diagnostic et pronostic. On peut observer une insuffisance respiratoire grave si les territoires atteints sont très importants.
On distingue les bronchectasies cylindriques et fusiformes, les bronchectasies variqueuses ou moniliformes avec des dilatations irrégulières alternant avec des zones rétrécies et les dilatations sacciformes kystiques qui siègent au niveau des bronches proximales et se terminent en cul-de-sac au niveau des bronches de 5e génération. Dans cette forme, les constituants de la paroi bronchique sont remplacés par du tissu fibreux, la muqueuse bronchique est ulcérée et présente des zones de métaplasie faites de cellules épidermoïdes non ciliées.
Il est des formes localisées segmentaires, lobaires, voire plurilobaires. Les bronchectasies sont bilatérales dans 50% des cas. Habituellement elles siègent au niveau des segments basaux des lobes inférieurs. L'atteinte du lobe moyen ou de la lingula est rarement isolée sans atteinte du lobe inférieur correspondant. L'atteinte des lobes supérieurs est rare, souvent asymptomatique.
Les hémoptysies sont dues à l'hypervascularisation par le réseau des artères bronchiques des parois bronchiques anormalement épaissies, comme l'a montré l'angiographie bronchique sélective.
Le court-circuit vasculaire entre les circulations pulmonaires et bronchiques, évolue vers une hypoxémie sans hypercapnémie, qui peut à la longue se compliquer d'insuffisance respiratoire et d'un retentissement cardiaque droit.

Syn. bronchectasie

arrêt de la dilatation l.m.

arrest of dilatation

Arrêt de la dilatation du col utérin d'une durée supérieure à une heure au cours du travail, alors qu'elle était normale jusque-là.
Au-delà d'une durée de deux heures, il exige une intervention thérapeutique.

dilatation aigüe de l'estomac l.f.

acute gastric dilatation

Distension considérable et brutale de l’estomac, à la fois aérique et liquidienne par hypersécrétion gastrique.
C’est un syndrome rare dont la reconnaissance doit être rapide. Il se manifeste souvent de façon soudaine par des vomissements fréquents et abondants, des douleurs épigastriques, un arrêt des gaz, un météorisme monstrueux, d'abord épigastrique, très souvent asymétrique. Il y a des signes de déshydratation extracellulaire et de choc hypovolémique
La radiographie sans préparation de l’abdomen confirme le diagnostic : large niveau liquide horizontal barrant transversalement l’abdomen et surmonté d’une énorme poche à air gastrique refoulant la coupole diaphragmatique.
S’agit-il d’un opéré récent, c’est essentiellement dans les suites d’une vagotomie tronculaire pour ulcère qu’elle peut survenir, en dépit du geste de dérivation gastro-intestinale associé. Elle était devenue exceptionnelle avec les techniques de vagotomie hypersélective. Elle peut survenir après toute intervention de chirurgie abdominale particulièrement gastrique, biliaire, voire gynécologique ou même thoracique (pneumonectomie) ou neurochirurgicale. La pratique de l’anesthésie avec intubation endotrachéale l’a fait disparaître de cette discipline, à l’exception d’un risque persistant d’insufflation d’air dans l’estomac lors d’une réanimation d’urgence. Dans tous ces cas la pose systématique ou secondaire d’une sonde d’aspiration nasogastrique jointe aux gestes de réanimation en sont la meilleure prévention ou le meilleur traitement.
La dilatation aigüe gastrique d’origine médicale peut être plus complexe dans son diagnostic (tableau clinique incomplet et progressif – 24 à 48 heures) et dans son traitement. Les circonstances favorisantes sont la dénutrition, le diabète, les maladies infectieuses, les affections nerveuses centrales, médullaires ou périphériques ou les affections psychiatriques. Il est difficile dans ce cas de faire la part de ce qui revient à la maladie elle-même ou aux médicaments administrés au malade (anxiolytiques, neuroleptiques, antidépresseurs). C’est dans ce type de dilatation aigüe gastrique qu’il importe de mettre en œuvre sans retard un traitement médical basé sur l’évacuation gastrique (sonde nasogastrique, voire tube de Faucher) et une réanimation hydro-électrolytique adaptée. Méconnue ou négligée la dilatation aigüe gastrique qui peut survenir après un simple repas trop copieux avec ingestion immodérée de boissons gazeuses peut entraîner la mort par choc hypovolémique ou même, en raison de la distension de l’organe, par nécrose ou perforation diastatique de la paroi de l’estomac.

dilatation artérielle transluminale l.f.

transluminal arterial dilatation

Technique de cardiologie interventionnelle destinée au traitement des sténoses artérielles congénitales ou acquises (le plus souvent athéroscléreuses).
Elle consiste à introduire par ponction artérielle transcutanée un cathéter muni d’un ballonnet gonflable qui est poussé jusqu’à la zone rétrécie. Le gonflement sous forte pression de ce ballonnet supprime le rétrécissement, soit par la déchirure d’une sténose congénitale, soit par l’écrasement et le refoulement d’une obstruction athéromateuse.
Ce procédé peut être utilisé dans toutes les artères mais il est surtout appliqué aux sténoses coronaires, il a pris une place considérable dans le traitement de la maladie coronaire athéroscléreuse.

angioplastie transluminale

dilatation artificielle du col utérin l.f.

instrumental dilatation of the uterine cervix

Manœuvre instrumentale ou digitale propre à dilater le col utérin.
Elle peut utiliser des bougies, des sondes, des laminaires ou des ballonnets.

dilatation complète du col utérin l.f.

full dilatation

Constitution d'un canal segmentovaginal d'un seul calibre, par effacement et dilatation du col sous l'action des contractions utérines.

dilatation préfœtale l.f.

prefœtal dilatation

Ancienne manœuvre obstétricale de dilatation manuelle du col utérin par le poing avant une grande extraction d’une présentation du siège.

dilatation prostatique au ballon l.f.

prostatic balloon dilation (PBD)

Traitement mécanique de l'obstruction cervico-uréthrale de l'adénome prostatique par dilatation, obtenue grâce à un ballonnet introduit par voie endo-uréthrale et gonflé à haute pression.
La dilatation rompt la commissure antérieure de l'adénome et peut-être les fibres conjonctives intraparenchymateuses de façon analogue à l'ancienne divulsion prostatique. Les résultats de cette méthode se sont avérés décevants.

dilatation spontanée du col utérin l.f.

spontaneous cervical dilatation

Premier temps de l'accouchement comportant une phase d'effacement du col, la disparition progressive du relief cervical et une phase de dilatation proprement dite, l’augmentation du diamètre de l'anneau cervical, aboutissant à la disparition du col et à la mise en continuité du segment inférieur et du vagin.
Les deux phases sont successives chez la primipare et synchrones chez la multipare.

dilatation traînante l.f.

protracted dilatation

Dystocie dynamique par anomalie fonctionnelle de l'ouverture du col, souvent liée à une anomalie fonctionnelle de la contraction utérine.
Une dilatation lente s'arrête souvent à 4-5 cm avec œdème du col.

dilatation uréthrale l.f.

urethral calibration

Méthode utilisée pour la cure des rétrécissements uréthraux, consistant à élargir les zones rétrécies par le passage d'instruments dilatateurs de calibre croissant.
Les instruments dilatateurs (bougies, béniqués) pouvaient ou non être solidarisés à une sonde filiforme et guidés par elle. Des séances répétées et parfois indéfinies étaient nécessaires. Les complications étaient nombreuses. La dilatation uréthrale a disparu en tant que méthode thérapeutique. Elle a été remplacée par les uréthrotomies endoscopiques, les uréthroplasties et les endoprothèses uréthrales.

Ch. Phillips, chirurgien urologue français (1860)

béniqué, filiforme, Phillips (bougie, sonde de)

stagnation de la dilatation l.m.

failure of progress of dilatation

Arrêt de progression de la dilatation du col utérin au cours du travail de l’accouchement.
Elle indique une anomalie du travail : soit une hypocinésie utérine qui se corrige par les ocytociques, soit une disproportion fœtopelvienne qui requiert une intervention césarienne.

anomalies congénitales des bronches l.f.p.

congenital abnormalities of bronchi

Anomalies portant sur l'origine, la topographie, la taille, les éléments constituants et les connexions anormales des bronches.
L'anomalie d'origine peut être une bronche trachéale, une bronche préartérielle, une bronche surnuméraire, une bronche passant en pont d'un hémithorax à l'autre.
L'anomalie de taille ou des éléments constituants de la bronche est réalisée par une sténose ou une atrésie bronchique, une bronchectasie ou une bronchomalacie congénitales.
L'anomalie de connexion peut être une fistule broncho-œsophagienne, rarement bronchobiliaire.
Les kystes bronchogéniques appartiennent à ce type d'anomalies.

[K1,O2]

Édit. 2017

bronches (carcinome des) l.m.

bronchi (carcinoma of

cancer des bronches

Édit. 2017

bronches (tumeur bénignes des) l.f.p.

benign bronchial tumor

Affection liée à une prolifération tumorale intrabronchique sans critère de malignité.
Elles sont nombreuses mais beaucoup plus rares que les carcinomes bronchiques. La plupart sont de nature mésenchymateuse. La plus fréquente est l'hamartochondrome, de siège périphérique. Citons aussi, chondrome, lipome, tumeur à cellules granuleuses dite tumeur d'Abrikossoff, léiomyome, angiome, etc. C'est l'analyse d'un prélèvement histologique, endoscopique ou chirurgical, qui permet leur diagnostic. Leur traitement est habituellement chirurgical avec un excellent pronostic.

A. I. Abrikossoff, anatomopathologiste russe (1926)

hamartochondrome, chondrome trachéobronchique, Abrikossoff (tumeur d'), lipome bronchopulmonaire

Édit. 2017

carcinome des bronches l.m.

bronchogenic carcinoma

Syn. cancer bronchique

cancer bronchopulmonaire

[F2, K1]

Édit. 2020

tumeurs bénignes des bronches l.f.p.

bronchial benign tumors.

bronches (tumeurs bénignes des)

tunique muqueuse des bronches l.f.p.

tunica mucosa bronchorum l.f.

mucosa of bronchi, mucous membrane of bronchi
Muqueuse de revêtement profond des bronches caractérisée par la présence de glandes bronchiales.

Bailliart (test clinique de) l.m.

Bailliart’s clinical testing

Test de résistance à l’éblouissement.
On projette le faisceau d’un ophtalmoscope dont l’intensité est réglée au maximum sur la macula pendant 30 secondes. On mesure alors le temps nécessaire pour retrouver l’acuité visuelle de départ.

P. Bailliart, ophtalmologiste français (1939)

macula

Édit. 2017

clinique psychiatrique privée l.f

private psychiatric hospital

Unité de soins psychiatriques de statut libéral, antérieurement appelée maison de santé, comportant 60 à 80 lits en moyenne, en dehors du secteur psychiatrique.
Ces cliniques représentent entre 5 et 6% des lits d'hospitalisation en France, offrant une indispensable alternative libérale aux hospitalisations en secteur public. Leur recrutement de malades est limitatif, excluant le plus souvent les patients difficiles et les personnes âgées dépendantes. Rares sont celles dont le statut permet des placements administratifs. Leur clientèle naturelle est faite de malades relativement légers, dont les séjours sont courts : états dépressifs, psychoses aiguës ou subaiguës, névroses décompensées, etc. Elles sont indispensables aux patients non délirants qui refusent le voisinage de ces derniers, encore inévitable dans les hôpitaux publics.

[H3,E1]

clinique n.f.

Partie de la médecine qui se consacre à l’observation directe des malades, par opposition à leur étude par des investigations de laboratoire.


  • Désignation usuelle d’un établissement de soins privé comportant hébergement, par opposition aux établissements publics.

  • Jusqu’à une date récente, on appelait clinique, dans un établissement hospitalier public utilisé pour l’enseignement, un service consacré à une branche particulière de la médecine. On parlait ainsi de clinique cardiologique, de clinique de la tuberculose. Cette acception tend à disparaître du fait de la disparition dans les unités de formation et de recherche du titre de professeur de clinique.

    [N1,E]

    clinique privée l.f.

    Etablissement de soins privé, comportant hébergement.
    Certaines cliniques privées sont régies selon les règles de l’entreprise privée si elles sont à but lucratif, d’autres sont des organismes de caractère mutualiste, d’autres obéissent à la loi de 1901 sur les associations et n’ont donc pas de but lucratif. Quel que soit leur type de gestion, elles peuvent être associées au service public assuré par les hôpitaux selon la loi hospitalière de 1970.

    [E]

    couronne clinique de la dent l.f.

    corona clinica dentis (TA)

    clinical crown of tooth

    Portion visible de la couronne anatomique de la dent.

    [P3]

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