Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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infarctus du myocarde l.m.

myocardial infarction

On décrit sous ce terme une nécrose ischémique du muscle cardiaque, massive et systématisée, intéressant au moins une surface égale à 2cm2 de la paroi ventriculaire, causée par l’occlusion ou la thrombose d’une artère coronaire.
La prise en charge actuelle, diagnostique et thérapeutique, des accidents coronaires aigus et
l’acquisition de marqueurs biologiques spécifiques d’une souffrance myocardique ont conduit à reconsidérer la définition classique de l’infarctus du myocarde.
Son diagnostic, selon les critères de l’OMS, requiert au moins deux des trois conditions  suivantes:
-  des signes cliniques d’ischémie myocardique avec une douleur thoracique prolongée,
- des-signes électrocardiographiques d’ischémie avec sus ou sous-décalage du segment ST, inversion de l’onde T et ondes Q évocatrices,
- une élévation des concentrations plasmatiques d’isoenzyme MB de la créatine kinase (CKMB).
Cette définition a été revue en 2000, car ces trois critères peuvent être pris en défaut 
- les signes électriques peuvent comporter des altérations isolées du segment ST et de l’onde T, sans onde Q,
- le syndrome douloureux thoracique peut être variable dans son intensité, sa topographie et les  formes indolores ne sont pas exceptionnelles,
- le dosage des CKMB a une sensibilité et une spécificité faibles.
La nouvelle définition de la Société européenne de cardiologie et de l’American heart association, s’appuie sur des signes biologiques précoces et spécifiques et introduit le terme de syndrome coronarien aigu (SCA). Le dosage des troponines T et I effectué par les laboratoires permet de déceler avec une grande fiabilité une nécrose myocardique, inférieure à un gramme. Témoins d’une perte d’intégrité des membranes myocytaires, les troponines sont un marqueur très précoce sinon immédiat d’une ischémie myocardique.
Le dénominateur commun des SCA est l’occlusion partielle ou complète d’une artère coronaire par un thrombus formé au contact d’une plaque d’athérome fissurée, ulcérée ou rompue. Les conséquences de la thrombose sont fonction de son étendue, de la durée de l’oblitération, du développement de la circulation collatérale. Les thérapeutiques actuelles, thrombolyse et angioplastie coronaires permettent une revascularisation myocardique en urgence qui évite la constitution d’une nécrose myocardique.
La classification des SCA repose sur les signes cliniques et électriques initiaux. On distingue :
-les SCA avec sus-décalage du segment ST dans deux dérivations contigües, supérieures à 0,2 mV chez les hommes et à 0,15 mV chez les femmes, dans les dérivations V2 et V3 et supérieures à 0,1 Mv dans les autres dérivations. Ils justifient une revascularisation myocardique en urgence ;
-les SCA avec sous-décalage du segment ST et/ou inversion de T supérieure à 0,1 Mv dans deux dérivations contigües. L’attitude thérapeutique est fondée sur l’évaluation du risque ischémique.
Ces syndromes sont associés à une élévation des concentrations de troponine T ou I au-dessus du 99ème percentile de la valeur de référence.
Différents types d’infarctus du myocarde ont été individualisés :
-type 1 : dû à une ischémie myocardique prolongée, secondaire à la fissure ou à la rupture d’une plaque athéromateuse ou à la dissection d’une artère coronaire (plus de 80 % des cas) ;
-type 2 : secondaire à l’ischémie due à une insuffisance de l’apport en oxygène par spasme ou embolie coronaires, arythmie, hypotension ;
-type 3 : mort subite par arrêt cardiaque, des signes cliniques évoquant une ischémie ou l’existence d’un bloc de branche gauche d’apparition récente avec, à l’examen anatomique ou à la coronarographie, un thrombus coronarien frais ;
-type 4 A et B : complication d’une angioplastie ou thrombose d’un stent objectivée par l’angiographie ou l’autopsie ;
-type 5 : association à la réalisation d’un pontage aorto-coronarien.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) le c de infarctus est une faute d'orthographe latine

Sigle IDM

syndromes coronariens aigus, infarctus sans onde Q, thrombolyse, angioplastie coronaire, troponine

infarctus du myocarde (indice de gravité de l') l.m.

clinical severity index in acute myocardial infarction

Indice établi sur une statistique de 250 patients suivis sur deux ans.
 I : pas d'insuffisance cardiaque
II : insuffisance cardiaque
III : œdème pulmonaire
IV : choc cardiogénique

T. Killip 3rd et J. Kimball, médecins cardiologues américains (1967)

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

infarctus du myocarde

anévrysme familial de l'aorte thoracique et dissection aortique l.f.

familial thoracic aortic aneurism and dissection

Affection familiale d’atteinte de l’aorte ascendante.
L’atteinte progressive de l’aorte peut débuter dans le jeune âge ou plus tardivement au cours de la vie ; elle conduit à une dilatation progressive avec formation d’un anévrysme qui provoque la rupture. D’autres vaisseaux périphériques peuvent être atteints. Certaines formes s’associent à la maladie de Marfan ou au syndrome de Loeys et Dietz.
Des mutations des gènes ACTA2 et TGFBR2 sont responsables de cette affection.

Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation

Sigle familial TAAD

dissection aortique, Loeys et Dietz (syndrome de), Marfan (maladie de) ,TGFBR2 gene, ACTA2 gene

[K3, K4, Q2]

Édit. 2018

dissection aortique l.f.

aortic dissection

Anévrisme disséquant de l'aorte, affection rare mais gravissime résultant d'une hémorragie intramurale en rapport avec le clivage longitudinal de la paroi aortique au sein de la média (tunique moyenne) du vaisseau.
Provoquée par l'hématome au sein d'une paroi artérielle fragilisée par une altération congénitale ou acquise de la média, la dissection se développe à partir d'une brèche de l'intima (porte d'entrée) et s'étend vers l'aval et, éventuellement, vers l'amont par progression hélicoïdale, sans jamais devenir totalement circonférentielle. Deux cylindres s'individualisent, d'où un aspect angiographique à double chenal. L'hypertension artérielle et le syndrome de Marfan (par dégénérescence kystique de la paroi) sont d'importants facteurs prédisposants. La rupture aortique au cours des premiers jours de l'évolution fait courir un risque mortel qui justifie l'intervention chirurgicale. La symptomatologie est dominée par la douleur intense, dorsale ou simulant l'infarctus du myocarde, mais migrant au cours de l'évolution. L'hypertension artérielle est habituelle, par contre un collapsus annonce le plus souvent la rupture de l'anévrisme entraînant un hémothorax, un hémopéricarde, un hémomédiastin ou un hémopéritoine. L'abolition d'un ou plusieurs pouls est un signe essentiel, de même que l'apparition soudaine d'un souffle diastolique.
La classification de De Bakey, entre autres, en trois types permet d'estimer les possibilités de traitement: type I, dissection étendue à l'aorte ascendante et au-delà ; type II, dissection limitée à l'aorte ascendante ; type III, dissection limitée à l'aorte descendante.

M. E. DeBakey, chirurgien américain (1965)

Étym. lat. dissectio : séparation comme après une coupure

anévrisme

dissection aortique familiale l.f.

familial aortic dissection

J. Erdheim, anatomopathologiste autrichien (1929)

Erdheim (nécrose aortique kystique médiane d')

rupture d'un anévrisme aortique l.m.

ruptured aortic aneurism

anévrisme, anévrisme thoracique, dissection aortique

anévrisme de Shackleton l.m.

C.V. Shackleton, chirurgien canadien (1987)

Syn. anévrisme disséquant

anévrisme disséquant

[K3,K4]

Édit. 2017

dissection n.f.

dissection, preparation

Succession de gestes chirurgicaux au cours desquels les structures anatomiques que l'on veut étudier, utiliser, transformer, sont isolées les unes des autres, et séparées des éléments ou tissus étrangers.
P. ex. un nerf, un vaisseau, un tendon, sont séparés des tissus cellulaires, fibreux, adventiciels qui les entourent.

dissection artérielle l.f.

dissecting aneurysm

Cavité développée dans l'épaisseur de la média artérielle (aorte, coronaires, carotides, les rénales, les artères à destinée digestive) sur une longueur plus ou moins grande, occupée par le sang provenant d'une rupture de la tunique interne.
Elle est dite borgne, lorsqu'elle reste uniquement en relation avec la lumière artérielle par cette seule rupture, ou communicante lorsqu'une nouvelle rupture intervient en aval de la première. La rupture peut se faire en dehors de la lumière, entraînant un hématome périartériel, en général mortel lorsqu'il est aortique. La dissection artérielle peut atteindre certaines artères collatérales lors de son évolution.

médianécrose kystique de l'aorte

dissection de la carotide interne l.f.

dissecting internal carotid aneurysm

Clivage de la paroi de l’artère par un hématome au niveau de la média.
La classification en dissections traumatique ou spontanée est difficile car les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux et les deux dissections ont une présentation identique. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. L’étendue de la dissection est variable en longueur et en diamètre. Affection survenant en moyenne vers 40-50 ans, la dissection peut être observée aussi dans l’adolescence. Elle associe des signes ischémiques, cécité monoculaire transitoire ou durable et des signes locaux : céphalées typiquement orbito-frontales ipsilatérales, cervicalgies latéro-cervicales irradiant à l’angle de la mâchoire, dysphagie douloureuse, acouphènes pulsatiles, signe de Claude Bernard-Horner, larmoiement, souffle cervical. L’artériographie permet le diagnostic.

dissection des artères cervicales et cérébrales l.f

Clivage de la paroi de l'artère au niveau de la média, par un hématome spontané ou traumatique, représentant environ 20% des causes des accidents ischémiques cérébraux avant 45 ans

Dans 90% des cas, ce sont les artères extra-crâniennes qui sont intéressées. La distinction en dissections traumatiques (par choc cervical ou mouvements inhabituels du cou) et spontanées est difficile car leur présentation est identique et les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. Le diagnostic doit être envisagé en présence d’un syndrome de Claude Bernard-Horner, d’acouphènes, d’une atteinte des dernières paires crâniennes, d’une cécité monotronculaire ou encore devant la survenue d’accidents ischémiques cérébraux de mécanisme thromboembolique avec céphalées et cervicalgies, de sévérité très variable.
Les investigations complémentaires réalisées en urgence (échodoppler cervical et transcrânien, imagerie et angiographie par résonance magnétique : IRM et ARM), remplaçant le plus souvent l'artériographie conventionnelle, permettent la confirmation du diagnostic. Elles assurent une surveillance régulière, quelle que soit l'artère disséquée, et conduisent à la mise en œuvre d'un traitement le plus précoce possible.
Celui-ci n'est qu'exceptionnellement chirurgical, l'évolution anatomique étant le plus souvent favorable. Les anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires sont appliqués durant les premières semaines, afin de prévenir la constitution d'un accident ischémique cérébral ou oculaire, qui s'installe généralement dans la semaine après les premières manifestations et en tout cas jusqu'au mois suivant.

faux anévrisme l.m.

false aneurysm

Hématome constituant une cavité au contact d’une rupture pariétale, conservant une communication par un collet.
Le faux anévrisme peut être artériel d’origine traumatique, ou spontanée et compliquant alors une élastopathie comme un syndrome de Marfan ou un syndrome d'Ehlers-Danlos de type IV.Septique ou non, il peut aussi compliquer une suture artérielle anastomotique.
Il existe aussi des faux anévrismes du ventricule gauche rompu dans le péricarde à l’occasion d’un infarctus.

Étym. gr. aneurunein : dilater

[K2,K4]

Édit. 2018

fissuration d'un anévrisme l.f.

aneurysmal fissure

Complication évolutive grave d’une ectasie artérielle, la fissuration est un processus progressif de clivage de la paroi permettant une infiltration du sang vers l’extérieur, avec constitution d’un hématome péri-anévrismal.
Plus fréquente que la rupture brutale, elle représente une menace urgente, qui, reconnue, laisse le temps d’une intervention salvatrice immédiate.

Étym. lat, fissura : fente, crevasse 

[K2]

Édit. 2018

mycotique (anévrisme) l.m.

fungal aneurysm

Dilatation de la paroi d’une artère, l’exposant à la rupture et aux hémorragies, qui s’observe au cours des endocardites infectieuses.
L’anévrisme mycotique est la conséquence de lésions de vascularite d’origine immunologique et d’embolies septiques bactériennes dans les vasa vasorum.

pseudo-anévrisme n.m.

faux anévrisme

Shackleton (anévrisme de) l.m.

C. V. Shackleton, chirurgien canadien (1987)

Syn. anévrisme disséquant

anévrisme disséquant

[K3,K4]

Willis (anévrisme du polygone de) l.m.

aneurism of the Willis’ circle

Localisation préférentielle des anévrismes artériels intracrâniens.
Parmi ceux-ci, 94% sont situés sur les artères constituant la partie antérieure du polygone de Willis (carotides internes terminales, communicante antérieure, partie proximale des cérébrales antérieures) ; 6% se situent en arrière, sur le tronc basilaire et les artères vertébrales intracrâniennes. L'anévrisme le plus fréquent (42%) est situé au niveau du carrefour de la communicante antérieure, à la jonction entre la première et la deuxième portion de la cérébrale antérieure.

T. Willis, anatomiste britannique (1667)

dissection spontanée des artères coronaires n.f.

spontaneous coronary artery dissection

Dissociation d’une partie de la paroi d’une artère coronaire créant un hématome intra-mural comprimant la lumière de l’artère et pouvant aboutir à une occlusion totale et à un infarctus du myocarde.
Cette affection essentiellement féminine, représente une part importante des infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans. La maladie n’est pas associée aux facteurs de risque habituels comme l’âge, l’athérosclérose, une dyslipidémie une obésité ou la consommation de tabac. Elle survient souvent chez plusieurs femmes d’une même famille suggérant une origine, au moins partiellement, génétique. Des lésions de dysplasie fibro-musculaires sont fréquemment rencontrées créant des déformations non-athéromateuses et non-inflammatoires de la paroi des artères de moyen calibre.

infarctus du myocarde, dysplasie fibro-musculaire

[K2, K4, Q1]

Édit. 2019

consommation d'oxygène du myocarde l.f.

myocardial oxygen consumption

Quantité d’oxygène prélevé par le myocarde dans la circulation coronaire.
Elle est de l’ordre de 8 à 10 mL/min par 100 g de myocarde. La consommation totale d’oxygène du myocarde (30 à 35 mL/min) représente 10 à 12% de la consommation totale d’oxygène, ce qui sans tenir compte du débit coronaire, correspond à une très forte désaturation du sang veineux coronaire, la teneur en O2 du sang veineux coronaire étant la plus basse de l’organisme.

[C1,K2]

contusion traumatique du myocarde l.f.

traumatic myocardial contusion

Après un traumatisme fermé du thorax, attrition myocardique hémorragique dont la cicatrice fibreuse mal irriguée peut évoluer vers un anévrisme ventriculaire ou même une nécrose avec risque de rupture secondaire du cœur.
Ces séquelles produisent des troubles du rythme variés pouvant conduire à une insuffisance cardiaque.
Une cicatrice mince de la paroi du cœur évolue vers un anévrisme qui peut être longtemps silencieux, on doit le suspecter devant un angor rebelle aux médicaments nitrés. La surveillance électrocardiographique doit être complétée par échographie et scintigraphie du cœur afin de faire un diagnostic d'anévrisme.

[K2]

dégénérescence graisseuse du myocarde l.f. 

myocardial fatty degeneration

Anciennement, au niveau du myocarde de sujets anémiques, présence de zones claires alternant avec des zones rouges et donnant un aspect tigré, principalement au niveau des piliers de la valvule mitrale.
Les zones claires répondent à l'accumulation de gouttelettes lipidiques dans les fibres myocardiques liée à l'anoxie.

Étym. lat. degenerare : dégénérer

myocarde n.m.

myocardium (TA)

myocardium

Tunique musculaire épaisse qui constitue la quasi totalité de la partie contractile de la paroi du coeur.
Elle est doublée intérieurement par l’endocarde et extérieurement par l’épicarde ou le péricarde. Le myocarde est un muscle strié réticulé fait de fibres anastomosées dont les noyaux occupent une situation centrale et qui sont riches en sarcoplasme. De place en place, ses fibres sont interrompues par des pièces intercalaires ou stries scalariformes qui ont la signification de zones d’apposition de membranes cellulaires engrénées.  Les fibres charnues prennent toutes insertion sur les éléments de la charpente fibreuse du cœur.

myocarde différencié l.m.

système de conduction du coeur

tomographie d'émission monophotonique du myocarde synchronisée l.f.

gated spect

Technique permettant l’étude conjointe de la perfusion myocardique et des cinétiques globales et segmentaires du ventricule gauche.
C’est un examen sensible pour détecter du tissu myocardique viable lors de l’injection de traceurs après administration de dérivés nitrés.

Sigle TEMPS

vessie myocarde l.f.

myocardium bladder

Modifications extrêmes d'une vessie de lutte dont l'épaississement pariétal est tel que l'organe en vacuité ressemble au myocarde.

Étym. lat. vesica : vessie

vessie de lutte

[M3]

Édit. 2019

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