Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

29 résultats 

fièvre exanthématique l.f.

exanthematous fever

Etat fébrile associé à un exanthème.
Ex. typhus exanthématique

exanthème

[N1,J1]

Édit. 2018

fièvre à tiques du Colorado l.f.

Colorado-tick fever

Maladie infectieuse provoquée par un virus de la famille des Reoviridae.
Elle sévit au Canada et aux États-Unis et est transmise le plus souvent par une tique, Dermacentor andersoni. Elle se traduit par un état fébrile, des douleurs diffuses, de la diarrhée et parfois une éruption cutanée, une méningoencéphalite, des signes hémorragiques par thrombopénie ou une myocardite.

tique, Reoviridae

Édit. 2018

fièvre récurrente sporadique à tiques l.f.

tick-borne relapsing fever

Maladie infectieuse zoonotique due à l'infection par une bactérie du genre Borrelia dont la transmission est assurée par des tiques de la famille des Argasidae.
Chez l'Homme, ces fièvres récurrentes sont caractérisées par une incubation de l'ordre d'une semaine, un début brutal avec fièvre élevée, céphalées et algies diffuses, splénomégalie, suivi d'une phase apyrétique. Suit une alternance de phases fébriles et apyrétiques (jusqu'à 11 récurrences). Habituellement assez bénignes, ces maladies peuvent néanmoins s'avérer sévères en raison de la survenue possible de complications oculaires, méningitiques, hémorragiques, pulmonaires ou hépatiques. Le diagnostic est facilement établi par la mise en évidence des Borrelia dans le sang lors des épisodes fébriles. Le traitement par les cyclines est très efficace.
Une quinzaine d'espèces borréliennes sont à l'origine de ces fièvre récurrentes qui diffèrent légèrement les unes des autres sur les plans clinique et épidémiologique. A une ou deux exceptions près, toutes sont transmises par des Ornithodoros (le plus souvent, une espèce de Borrelia est associée à une espèce d'ornithodore).
Sévissant dans des régions tropicales et subtropicales, ces borrélioses sont des zoonoses : les bactéries infectent des mammifères sauvages, le plus souvent des rongeurs ; l'Homme n'est infecté qu'occasionnellement (cas sporadiques), dans une zone géographique précise propre à chacune de ces espèces. Toutefois, certaines de ces affections peuvent s'avérer localement fréquentes, surtout lorsque la circulation du germe a lieu dans un environnement domestique. Les ornithodores vecteurs sont également les réservoirs naturels de ces bactéries en raison de leur sédentarité et de leur longévité qui déterminent des foyers pérennes d'infection.

borréliose, fièvre récurrente, Borrelia, Argasidae, Ornithodoros, cyclines, zoonose

[D1, D4]

Édit. 2019

exanthématique adj.

exanthematic

Qui se rapporte à un exanthème.
P. ex.typhus exanthématique.

Syn. exanthémateux

[J1]

Édit. 2018  

pustulose exanthématique aigüe généralisée l.f.

Éruption d'origine médicamenteuse, d'apparition brutale, érythémateuse, se recouvrant secondairement de multiples pustules superficielles amicrobiennes, habituellement diffuse, évoluant dans un climat fébrile avec hyperleucocytose supérieure à 10 000 éléments et parfois hyperéosinophilie, caractérisée histologiquement par une pustule souscornée, et évoluant vers la guérison en 7 à 10 jours, après arrêt du médicament responsable.
Les médicaments le plus souvent en cause sont les antibiotiques et en particulier les bêta-lactamines.

Claire Beylot, Paulette Bioulac et M. Doutre, dermatologistes français (1980)

pustulose exanthématique gravidique l.f.

generalized pustular psoriasis of pregnancy, impetigo herpetiformis

Affection rare et grave de la femme enceinte, survenant au deuxième ou troisième trimestre de la grossesse, caractérisée par un exanthème aigu généralisé se recouvrant d'un semis de pustules superficielles confluant en nappes, avec grave altération de l'état général, et pouvant évoluer vers la mort malgré la corticothérapie; en cas de guérison après l'accouchement la dermatose peut récidiver lors d'une grossesse ultérieure; la mort du fœtus survient dans près d'un tiers des cas.
La structure histologique de la pustule, qui est de type spongiforme multiloculaire, la rapproche du psoriasis pustuleux de von Zumbusch et de la pustulose exanthématique aigüe généralisée, dont elle se distingue par ses conditions de survenue, la grossesse, et par une hypercalcémie à laquelle certains attachent une grande valeur diagnostique.

F. von Hebra, Ritter, dermatologiste autrichien (1872); M. Kaposi, dermatologiste autrichien, membre de l'Académie de médecine (1887)

Syn. impétigo herpétiforme de Hebra-Kaposi

typhus exanthématique l.m.

exanthematic typhus, epidemic typhus, louse-borne typhus, jail fever

Rickettsiose grave, potentiellement cosmopolite, due à Rickettsia prowazekii, spécifique de l'Homme, transmise par les déjections des poux de corps.
Succédant à une incubation silencieuse d'une semaine, la maladie a un début brutal, marqué par une fièvre élevée, un frisson solennel, des céphalées intenses et des myalgies. La phase d’état associe un syndrome infectieux sévère avec tuphos à un exanthème rosé, maculopapuleux, devenant purpurique et généralisé (sauf à la face, aux paumes et aux plantes), à une hypotension. Une atteinte méningée (délire, coma), une pneumopathie, sont fréquentes, de même que des complications cardiaques (myocardite), neurologiques (hémiplégie, myélite, névrite), rénales, etc. En l’absence de traitement, la mortalité est de l'ordre de 30% mais la guérison, lorsqu'elle survient, est totale. Sous antibiothérapie (doxycycline), l'évolution est habituellement favorable. Des résurgences tardives, beaucoup moins sévères, peuvent s'observer ; elles sont désignées sous le nom de maladie de Brill-Zinsser.
Responsable autrefois d'énormes épidémies apparaissant préférentiellement l'hiver, dans le sillage des guerres ou des grandes migrations de populations, le typhus exanthématique est toujours observé dans certains pays, notamment en Afrique, dans des populations en situation précaire (prisons, camps de réfugiés etc.). Ce sont les déjections des poux infectés qui sont contaminantes à la faveur des lésions de grattage ou par voie muqueuse ; ces déjections restent infectantes durant de très longues périodes dans les poussières, ce qui explique les contaminations par aérosol. Le réservoir est humain. La prévention repose sur la lutte contre les poux et l'hygiène corporelle. Il n'existe aujourd'hui aucun vaccin pour protéger les populations.

N. E. Brill, médecin interniste amércain (1910) ; H. Zinsser, bactériologiste américain (1934)

Syn. typhus épidémique, typhus à poux, typhus historique

rickettsiose, Rickettsia prowazekii, pou, tuphos, Brill-Zinsser (maladie de)

[D1]

Édit. 2019

blastomycose sud-américaine l.f. 

south american blastomycosis

Syn. maladie de Lutz, Splendore et Almeida

paracoccidioïdose

Édit. 2017

leishmaniose sud-américaine l.f.

south american leishmaniasis

Ensemble des leishmanioses cutanées et cutanéomuqueuses rencontrées en Amérique tropicale (du sud des États-Unis à l'Argentine) et dues à différentes espèces de Leishmania.

espundia, pian-bois, uta

[Il peut s'agir,suivant les cas,de formes cutanées pures (identiques au “bouton d’Orient”),des formes avec extension lymphatique (“Pian bois” de Guyane),des formes diffuses pseudolépromateuses,des formes cutanées avec envahissement profond ulcère du p]

Lutz-Splendore-Almeida (blastomycose sud-américaine de) l.f.

Lutz Splendore Almeida’s disease

A. Lutz, bactériologiste brésilien (1908) ; A. Splendore, médecin italien en activités au Brésil (1912) ; F. P. de Almeida, bactériologiste brésilien (1928)

paracoccidioïdomycose

ovalocytose du sud-est asiatique l.f.

Anomalie morphologique génétique des érythrocytes, de transmission autosomique dominante, fréquente dans le sud-est asiatique et en Mélanésie ; il s’agit d’une sous-variété particulière de l’elliptocytose héréditaire

Les globules rouges sont allongés et leurs extrémités arrondies. Les sujets homozygotes ne semblent pas survivre mais les adultes hétérozygotes demeurent asymptomatiques ou ne montrent qu'une très légère anémie. Les nouveau-nés peuvent présenter une anémie hémolytique temporaire. Sur le frottis sanguin, on observe que la majorité des hématies sont des ovalocytes, ce que confirme l'examen par ektacytométrie. Cette anomalie héréditaire de la membrane érythrocytaire, liée à une mutation de la protéine bande 3, confère aux érythrocytes un certain degré de résistance au paludisme. Elle est essentiellement répandue en Thaïlande, aux Philippines, en Indonésie et en Nouvelle Guinée.

Syn. ovalocytose mélanésienne

ovalocyte, elliptocytose héréditaire, ektacytométrie

Édit. 2017

prurigo actinique (sud-américain) l.m.

actinic prurigo

Variété de lucite polymorphe particulière aux Indiens d'Amérique du Sud, comportant des papules excoriées et des plaques eczématiformes très prurigineuses, remarquablement améliorée par la thalidomide.

Syn. lucite polymorphe des Indiens latino-américains

leishmaniose tégumentaire sud-américaine l.f.

south american leishmaniasis

Ensemble des leishmanioses cutanées puis cutanéomuqueuses rencontrées en Amérique tropicale (du sud des États-Unis à l'Argentine) et dues à différentes espèces de Leishmania.
Il peut s'agir, suivant les cas, de formes cutanées pures (rappelant le “bouton d’Orient”), de formes avec extension lymphatique (“Pian bois” de Guyane), de formes diffuses pseudo-lépromateuses, de formes cutanées avec envahissement profond [ulcère du pavillon de l’oreille des chicleros (récolteurs de latex)], de la forme uta des régions subdésertiques du Pérou et de l’Equateur, ou encore de formes cutanées avec atteinte des muqueuses et du cartilage, aboutissant à des lésions ulcératives végétantes à tendance progressivement extensive en profondeur, atteignant en particulier les lèvres, le nez, le palais, le larynx et le tractus respiratoire supérieur avec métastases à distance ; ces dernières formes, d'évolution chronique, peuvent ainsi entraîner des mutilations effroyables de la face, en particulier dans la forme espundia, avec des conséquences psycho-sociales majeures. Ces formes extensives peuvent survenir des années après la localisation cutanée initiale.

espundia, pian-bois, uta, leishmaniose, Leishmania, lèpre lépromateuse 

[D1,J1, P1]

Édit. 2019

encéphalite européenne à tiques l.f.

ticks european encephalitis

Encéphalite aigüe provoquée par un Flavivirus et transmise par les tiques.
En Europe Centrale, elle se manifeste, chez l’Homme, par un état fébrile associé à des manifestations neurologiques (convulsions, paralysies, méningo-encéphalite) avec un taux de létalité de 2 à 3 %. Cette maladie sévit en Alsace et en Lorraine, après piqûre de tiques, au cours d’activités en forêt. Un vaccin préventif inactivé est disponible en France.

Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)

vaccin contre l'encéphalite à tiques d'Europe Centrale

[H1, D1, D4]

Édit. 2019

encéphalites virales transmises par les tiques l.f.p.

tick-borne viral encephalitis

Arboviroses comprenant notamment les encéphalites vernoestivales russe et d’Europe centrale et le "looping ill", méningoencéphalite du Mouton parfois transmise aux éleveurs.

Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)

encéphalite européenne à tiques, arbovirose

[D1, D4, H1]

Édit. 2019

lymphadénopathie à tiques  l.f.  

tick-borne lymphadenopathy, Dermacentor-borne necrosis and lymphadenopathy

Rickettsiose due à Rickettsia slovaca, observée en Europe du sud et de l'est, notamment en France.
La maladie semble peu fréquente ; elle associe une escarre d'inoculation (lésion nécrotique entourée d'un halo érythémateux), une fièvre, une asthénie, des arthralgies, des adénopathies principalement cervicales et parfois un rash maculopapuleux. Le seul vecteur connu est la tique Dermacentor marginatus.

Rickettsia slovaca

méningo-encéphalite à tiques  l.f.

tick-borne meningo-encephalitis

encéphalite eurasiatique à tiques

pseudotumeurs inflammatoires myofibroblastiques l.f.p.

tumeurs myofibroblastiques inflammatoires

typhus à tiques du Queensland l.m.

Queensland tick typhus

fièvre à tiques du Queensland

typhus à tiques de Thaïlande l.m.

thai tick typhus

fièvre boutonneuse des îles Flinders

typhus à tiques de Tasmanie l.m.

Tasmania tick-typhus

Syn. fièvre boutonneuse des îles Flinders

fièvre boutonneuse des îles Flinders

typhus sibérien à tiques l.m.

siberian tick typhus

Rickettsia sibirica

vaccin contre l'encéphalite eurasiatique à tiques d'Europe Centrale l.m.

tick borne encephalitis vaccine

vaccin encéphalite eurasiatique à tiques d'Europe Centrale

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin encéphalite eurasiatique à tiques d'Europe Centrale l.m.

tick borne encephalitis vaccine

Vaccin inactivé préparé à partir du Flavivirus responsable de l’encéphalite à tiques.
Ce vaccin est plus particulièrement destiné aux personnes vivant en permanence dans les régions rurales des zones d’endémie (il est très utilisé dans certains pays d'Europe centrale : Autriche, Slovaquie, Rép. tchèque) ou devant y séjourner en plein air (campeurs, randonneurs, militaires, etc.), surtout d’avril à octobre. Efficace et bien tolérée, cette vaccination, comporte trois injections séparées de quinze jours , suivies d’un rappel un an plus tard, puis tous les trois ans.

encéphalite eurasiatique à tiques, Flavivirus

encéphalite eurasiatique à tiques l.f.

euro-asiatic tick-borne encephalitis

Encéphalite aiguë zoonotique provoquée par un Flavivirus (famille des Flaviviridae) transmis par des tiques.
Le virus en cause comporte plusieurs variants géographiques, dont les trois principaux sont le virus de l'encéphalite à tiques d'Europe centrale (Europe occidentale, centrale, orientale et septentrionale), le virus de l'encéphalite de Sibérie (encéphalite verno-estivale russe ou encéphalite de la taïga : massif de l'Oural, Sibérie, Nord-Est de la Scandinavie), le dernier dans l'Extrême-Orient russe, en Chine du Nord et au Japon. D'autres types viraux ont été décrits de Grèce et Bulgarie, de Turquie et d'Espagne. Le virus du louping-ill est habituellement rattaché également au virus de l'encéphalite à tiques.
Cette méningite ou méningo-encéphalite aiguë se manifeste, chez l’homme, par un état fébrile d'apparition brusque, associé à des céphalées, une raideur de la nuque, des myalgies, une anorexie et des signes digestifs. A cette phase de début, qui dure de deux à huit jours, font suite des manifestations neurologiques (convulsions, paralysies, myélite, ataxie, troubles de la conscience, etc.). L'évolution se fait vers la guérison, parfois avec séquelles neurologiques durables, soit vers le décès (létalité de l'ordre de 2 à 3 %). La gravité clinique varie avec la souche virale en cause : relativement bénigne en Europe occidentale et centrale (létalité : 5 %), la maladie est nettement plus sévère en Sibérie (létalité : 25 %).
Cette maladie sévit dans la plus grande partie de l'Eurasie, depuis les Vosges jusqu'à l'Extrême-Orient russe. En France, elle existe en Alsace et dans le massif vosgien (quelques cas observés en Lorraine; la tendance semble être à l'expansion). L'incidence annuelle est de l'ordre de 2 000 à 3 000 cas en Europe, de 6 000 à 8 000 cas en Russie, ce qui fait de cette maladie la première arbovirose européenne. Les principaux réservoirs du virus sont constitués par des rongeurs sauvages et sa transmission est généralement assurée par différentes espèces de tiques Ixodidae vivant en milieu forestier (notamment Ixodes ricinus en Europe, Ix. persulcatus à l'Est de l'Oural). Certaines professions (travailleurs de la forêt) sont donc particulièrement exposées. La transmission du virus peut encore avoir lieu par ingestion du lait cru d'un animal infecté (chèvre principalement). Un vaccin préventif inactivé est disponible pour la protection de ces professionnels et, plus généralement, des randonneurs et campeurs.

Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)

Syn. encéphalite à tiques

Sigle TBEV

vaccin contre l'encéphalite eurasiatique à tiques, Louping ill, Ixodidae

[H1, D1, D4]

Édit. 2019

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