kérato-acanthome n.m.
keratoacanthoma
Tumeur cutanée bénigne relativement fréquente survenant plus souvent chez la femme que chez l'homme, siégeant principalement dans la région centrofaciale et sur la partie distale des membres supérieurs, généralement unique, se présentant comme une saillie hémisphérique, de forme arrondie, nettement délimitée et contenant un bouchon corné central, augmentant rapidement de volume, mais sans dépasser 2 cm de diamètre, et régressant spontanément après une phase de prolifération en laissant le plus souvent une cicatrice parfois inesthétique.
Le diagnostic histologique, assez souvent difficile, repose davantage sur l'architecture générale de la lésion que sur l'aspect des boyaux tumoraux. Une coupe transversale passant par le centre de la tumeur montre une profonde invagination épidermique en forme de cratère qui englobe, sous deux éperons ou becs malpighiens, une masse cornée centrale. A partir des parois acanthosiques de la cavité, des boyaux tumoraux pénètrent dans le derme environnant; ils sont constitués de cellules volumineuses, contiennent de nombreuses atypies nucléaires et des mitoses et simulent l'image du carcinome spinocellulaire. La tendance des cellules à la kératinisation est toutefois plus précoce dans le kérato-acanthome que dans le carcinome spinocellulaire. Il existe des kératoacanthomes multiples, chroniques et récidivants, de caractère héréditaire dominant : les "épithéliomas multiples spontanément curables de Ferguson-Smith" en sont un exemple. Certains sont associés à des tumeurs viscérales ou évoluent sur un terrain immunologique déficient. Quoique le kérato-acanthome régresse spontanément, il n'est pas toujours indiqué d'attendre cette évolution en raison des cicatrices parfois inesthétiques. L'exérèse chirurgicale de la lésion initiale est le traitement de choix.
A. Rook et I. Whimster, dermatologues britanniques (1950)
Syn. molluscum sebaceum (obsolète), kyste sébacé atypique (obsolète)