Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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lavage gastrique l.m.

gastric emptying, gastric washing

Technique d'épuration consistant à remplir l'estomac avec une certaine quantité d'eau, puis à l'évacuer par siphonnage pour éliminer les toxiques ingérés sous forme galénique ou en solution diluée.
On utilise un tube de Faucher dont l'extrémité mousse est munie d'yeux latéraux. Il est adapté à une tulipe de 500 mL pour le liquide de lavage (eau salée à 37°C, isotonique à 9 g/L ). Après intubation trachéale chez les comateux (pour éviter les fausses routes), le tube de Faucher est lubrifié et introduit par voie oro- ou nasopharyngée, le patient étant soit assis, soit en latérocubitus gauche ou en procubitus. Avant le lavage, la position du tube doit être vérifiée par insufflation d'air et auscultation épigastrique. On procède au lavage par cycle pouvant aller de 25 à 30 litres chez l'adulte, renouvelable éventuellement. Lors du siphonnage on évitera de désamorcer le tube par une vidange trop complète. Le lavage peut être complété par l'administration de charbon activé associé à un émétique ou à un laxatif.
Un lavage gastrique abondant est le seul moyen d'évacuer les produits qui déposent sous forme de boue collante sur la muqueuse gastrique (p. ex. l'imipramine). L'efficacité du lavage dépend de :
- la nature du toxique dont les effets varient selon sa cinétique d'absorption, ses effets sur le transit gastro-intestinal et son aptitude à provoquer des conglomérats ;
- la quantité de toxique ingérée (on estime la dose en envisageant le pire) ;
- la précocité du lavage (le retard entre l'ingestion et la réalisation du lavage devrait si possible ne pas dépasser la demi-heure) ;
- la technique utilisée (sonde par le nez ou par la bouche, calibre de la sonde, position de la victime, volume utilisé pour chaque cycle de lavage, volume total du lavage).
L'efficacité est estimée par la clinique et par l'évaluation de la quantité éliminée par le lavage en comparaison avec la dose estimée initialement (ce qui nécessite de connaître exactement le volume de lavage et de faire un dosage précis de la concentration globale du toxique dans le liquide éliminé). Cela permet d'estimer les rapports entre la dose extraite et la quantité biodisponible, entre la quantité retirée et la dose toxique en particulier pour des toxiques lésionnels (paraquat, colchicine) ou fonctionnels aux conséquences graves (produits cardiotropes), et entre la quantité extraite et la dose thérapeutique. Chomstock a proposé de définir l'efficacité par comparaison avec un lavage ramenant plus de deux fois la dose thérapeutique. On peut aussi suivre la cinétique plasmatique et étudier la persistance de résidus toxiques dans l'estomac après le lavage (concentration significatives, mise en évidence de comprimés par la radiographie ou l'endoscopie).

charbon activé