Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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voies auditives l.f.p.

auditory tract

Structures anatomiques débutant au protoneurone du nerf cochléaire au niveau du pédicule cochléovestibulaire de la VIIIème paire crânienne et aboutissant à la première circonvolution temporale.
La réception périphérique s'effectue dans l'oreille moyenne qui, par la chaîne des osselets, transmet les vibrations du tympan à la partie acoustique de l'oreille interne, formée par la canal cochléaire. Celui-ci contient le ganglion ou organe spiralé de Corti, constitué des cellules ciliées réceptrices et de l'origine des fibres du nerf cochléaire, lequel chemine avec le nerf vestibulaire, atteint la jonction bulboprotubérantielle et se termine dans les noyaux cochléaires dorsal et ventral, sur la face latérale du pédoncule cérébelleux inférieur.
Au niveau central, la plupart des fibres effectuent un croisement : celles issues du noyau dorsal formant les stries acoustiques, situées sous le plancher du 4e ventricule, et celles issues du noyau ventral, le corps trapézoïde. Par le lemnisque latéral, elles rejoignent le tubercule quadrijumeau postérieur directement ou après un relais dans le lemnisque médian. Les noyaux cochléaires projettent aussi sur l'olive supérieure homo- ou controlatérale, d'où se détachent des fibres qui vont également au tubercule quadrijumeau postérieur par le lemnisque médian. De plus, des projections des noyaux cochléaires sur la formation réticulée jouent un rôle important dans les activités réflexes.
Par la suite, les afférences auditives gagnent le corps genouillé interne, puis l'aire corticale auditive primaire, située à la face supérieure de la première circonvolution temporale (gyrus transverse de Heschl, aires 4I et 42).
Il existe également des voies efférentes partant du cortex temporal pour atteindre la périphérie, dans l'organe de Corti. Leur rôle apparaît important dans l'inhibition des bruits de fond parasites et la focalisation sur les signaux sonores significatifs.
Les voies acoustiques sont explorées par les potentiels évoqués auditifs (PEA), dits potentiels évoqués du tronc cérébral.

A. Corti, anatomiste italien (1851)

cochléaire (canal), Corti (organe spiralé de)

corps trapèzoïde l.m.

corpus trapezoidum (TA)

trapezoid body

Large faisceau situé en avant de la partie dorsale du pont.
Il est constitué de fibres transversales issues des noyaux cochléaires et qui, après avoir traversé la ligne médiane (décussation du corps trapézoïde), se continuent par le lemnisque latéral. Des amas cellulaires sont répartis le long du corps trapézoïde et constituent le noyau du corps trapézoïde.

[A1]

Édit. 2015

fibres arquées internes l.f.p.

fibrae arcuatae internae (TA)

internal arcuate fibres

Fibres arciformes profondes de la moelle allongée, représentées par la portion d’origine horizontale et arquée du lemnisque médial (ruban de Reil médian) et par le tractus olivo-cérébelleux (faisceau olivo-cérébelleux de Mingazzini).

Syn. anc. fibres arciformes centrales

[A2,H5]

Édit. 2018 

somesthésie n.f.

Ensemble des perceptions intégrant divers types de sensations : de tact, de température, de kinesthésie (sens du mouvement), de pallesthésie (sens vibratoire), de pression profonde, de statesthésie (notion de position), de dynamesthésie (sens de la force

Le cortex somesthésique spécifique se situe au niveau de la circonvolution pariétale ascendante pour l'aire primaire et sur le bord supérieur de la scissure de Sylvius pour l'aire secondaire. Les afférences venues des récepteurs constituent la voie lemniscale, organisée de façon somatotopique jusqu'au cortex. Le premier neurone, aux fibres myélinisées, envoie son prolongement axonomyélinique dans le cordon postérieur homolatéral de la moelle (faisceaux de Goll et de Burdach). Une synapse se fait au niveau du bulbe. Les prolongements des deuxièmes neurones forment le ruban de Reil ou lemnisque médian, qui va faire relais dans le noyau ventropostérolatéral du thalamus, d'où partent les projections vers les aires corticales.

somatognosie

syndromes sensitifs alternes l.m.

alternate sensitive syndrome(s)

Syndromes sensitifs dissociés, réalisés au niveau du tronc cérébral, où les voies lemniscales, qui se sont croisées à partir des noyaux gracilis et cunéiforme pour former le lemnisque médian, et les voies extralemniscales demeurent séparées, notamment dans la région bulboprotubérantielle.
On peut ainsi observer une prédominance variable des sensibilités thermique et douloureuse ou des sensibilités tactile et articulaire.
Le type du syndrome sensitif alterne est celui de Wallenberg, par lésions latérales de la région bulboprotubérantielle avec, notamment : hémianesthésie thermique et douloureuse de l'hémicorps du côté opposé à la lésion (par atteinte du faisceau spinothalamique), et anesthésie thermique et douloureuse de la face du côté de la lésion, par atteinte de la racine descendante du trijumeau.
Des douleurs et une hyperpathie peuvent jalonner l'évolution, survenant alors tant au niveau de l'hémianesthésie croisée qu'à celui de l'anesthésie trigéminale. Les formes incomplètes ou dépassées sont fréquentes.
Des lésions vasculaires latéralisées sont prédominantes.

A. Wallenberg, médecin interniste allemand (1895)

Wallenberg (syndrome de)

trijumeau (noyau spinal du) l.m.

spinal nucleus of trigeminal nerve

Noyau sensitif étendu en hauteur dans le bulbe et la partie haute de la moelle.
Il reçoit les afférences de la racine descendante du V, surtout thermiques et douloureuses, et envoie des efférences vers le noyau ventropostéromédian du thalamus par le lemnisque médian.

Syn. noyau de la racine descendante