dislocation n.f.
dislocation
1) Action de séparer, de disjoindre.
2) Perte de contact entre deux surfaces articulaires.
Étym. lat. dis : séparation ; locatio : arrangement
Syn. luxation
luxation n.f.
dislocation, luxation
Perte totale ou partielle des rapports anatomiques normaux entre les extrémités d’une articulation ; par extension, déplacement d’un organe hors de sa loge ou de sa position normale.
La luxation peut être complète ou incomplète et laisser une partie des surfaces articulaires en contact (subluxation)
1) La luxation traumatique peut atteindre toute articulation ; elle s’accompagne de lésions des moyens de fixation articulaire : distension, rupture ou arrachement capsulaire et ligamentaire. Elle peut être fermée ou ouverte par association à une plaie cutanée. La luxation-fracture associe au déplacement articulaire une fracture intra- ou extra-articulaire. Des complications vasculonerveuses peuvent se produire : compression ou arrachement en cas de déplacement important. Le traitement doit être entrepris en urgence. La luxation peut être incoercible si la réduction ne peut être maintenue ou irréductible par interposition capsulaire, musculaire ou osseuse ; dans ces cas la réduction et la contention nécessitent une intervention chirurgicale. Négligée, sans traitement, la luxation, dite ancienne, est devenue irréductible par rétraction capsuloligamentaire et organisation fibreuse. Les récidives sont liées à la persistance d’altérations des moyens de stabilisation de l’articulation (capsule, ligaments, muscles) ou à des lésions osseuses résiduelles.
2) Les luxations pathologiques surviennent au cours de nombreuses affections. Les paralysies des membres entraînent des luxations ordinairement progressives liées aux déséquilibres et aux rétractons musculaires péri-articulaires. Ces luxations survenant surtout en cas de spasticité et d’asymétrie de position des segments de membre pourraient être prévenues par des soins et des postures appropriés.
Les dystrophies ostéo-articulaires, musculaires et ligamentaires telle l’hyperlaxité) sont des facteurs de luxation. Une croissance asymétrique sur un segment de membre à deux os peut aboutir à la luxation d’une extrémité du segment le plus long, tête radiale, par ex.).
3) Les luxations congénitales peuvent être notées dès la naissance et même exister dès la vie intra-utérine en cas de malformations (luxation tératologique). Elles peuvent être liées à des anomalies congénitale articulaires ou ligamentaires et ne se constituer que secondairement. Dans ces cas un examen minutieux peut permettre de déceler précocement les facteurs favorisants, comme pour la luxation congénitale de la hanche.
4) Une luxation peut survenir sur d’autres parties de l’organisme que les articulations : luxation des tendons péroniers, luxation du tendon du long biceps ou des tendons extenseurs de la main par atteinte dégénérative, luxation traumatique de la cloison nasale, luxation dentaire, luxation du cristallin.
5) Au cours d’une intervention chirurgicale la luxation peut être provoquée pour accéder à la partie profonde d’une articulation. Au cours d’une anesthésie générale, la luxation ou subluxation antérieure de la mandibule permet de dégager les voies aériennes supérieures en évitant la bascule de la langue en arrière.
Étym. lat. luxare : déboîter, disloquer
→ luxation pathologique, luxation permanente, luxation récidivante, hanche (luxation de la), cristallin (luxation du)