Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1 résultat 

noyade n.f.

drowning

Asphyxie par la pénétration broncho-alvéolaire d'un liquide, le plus souvent de l'eau (eau de mer, eau douce, eau chlorée des piscines).
Parfois suicidaire, le plus souvent accidentelle, la noyade «primitive» peut se produire par épuisement musculaire du nageur, par accident de plongée ou par suffocation d'un sujet tombé à l'eau accidentellement, alors qu'il savait mal nager.
La noyade «secondaire» peut aussi succéder à une hydrocution par syncope cardiorespiratoire, par réflexe (irritation des muqueuses du carrefour aérodigestif), par réaction émotive (peur), allergique (plancton, algues, eau très froide) ou surtout thermo-différentielle (souvent après un exercice physique prolongé, une longue exposition au soleil ou un repas copieux).
Après une courte phase d'apnée volontaire, la noyade entraîne la déglutition et l'inhalation d'eau. Plus rarement il se produit un laryngospasme sans inondation. Dans les deux cas il y a arrêt de la ventilation avec hypoxie majeure. La situation se complique très souvent, surtout en eau de mer, par l'apparition rapide d'un œdème aigu pulmonaire, auquel il se surajoute, surtout en eau douce, une hémodilution avec hypervolémie, hémolyse et hyperkaliémie. Un arrêt cardiaque initial peut être récupérable après plus de 10 minutes en cas de noyade en eau très froide, surtout chez l'enfant.
Pendant les 8 premières heures après le sauvetage, l'arrêt cardiaque peut survenir à tout moment par asphyxie ou par hyperkaliémie, L'hypothermie est habituelle et les signes cliniques sont ceux d'une détresse respiratoire aigüe (œdème aigu du poumon, syndrome d'inhalation) avec souffrances cérébrale (agitation, trismus, rigidité, convulsions, hyperthermie) et cardiovasculaire (collapsus, pétéchies, hémorragies sous-conjonctivales). En outre on peut voir des signes digestifs (distension gastrique).
Devant une situation d'urgence, on peut distinguer quatre stades :
I- aquastress (hypothermie, épuisement, anxiété) ;
II- petite hypoxie, signes précédents puis encombrement trachéobronchique ;
III- grande hypoxie (apparition d'œdème aigu pulmonaire, troubles de la conscience, agitation, collapsus) ;
IV- mort apparente (coma, gasps puis apnée, inefficacité puis arrêt cardiaque).
La réanimation respiratoire (libération des voies aériennes, insufflation, oxygénation) et, éventuellement, cardiocirculatoire doit être réalisée le plus rapidement possible (déjà dans l'eau, sur la berge, dans l'ambulance ou l'hélicoptère) et complétée à l'hôpital (circulation extracorporelle en cas de grande hypothermie). Il peut y avoir des séquelles tardives, notamment par surinfection, même en cas de réanimation efficace.

accident de plongée, détresse vitale, hydrocution